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PRÉPARATION PSYCHIQUE

Pour les seuls initiés-

Ce chapitre, je me hâte de le dire tout d’abord, n’esi pas écrit pour les tenanciers de la science officielle qui pourront en rire à leur aise comme ils se sont égayés, sans doute de celui où, plus haut, fut étudiée la capta tion des forces hyper physiques; il s’adresse aux seuls occultistes, et à ceux qui pensent que la matière n’est pas tout et que l’échelle des êtres ne finit pas nécessairement à l’homme terrestre. Mais, ayant entrepris d’indiquer par quelles voies peut être réalisé le phénomène du dédoublement personnel, il eut été illogique, de ma part, de laisser de côté ce qui a trait aux aides extérieures.

En principe, le dédoublement est un phénomène purement animique, c’est-à-dire produit uniquement à l’aide de forces qui font partie intégrante de l’être humain et qui sont à la disposition personnelle de l'opérateur, sous les conditions que nous avons étudiées jusqu’à présent, et sous celles que nous étudierons plus loin.

Mais il n’en est pas moins vrai que l’opération ne se passe pas en totalité sur le plan physique; elle a bien*, comme point de départ, un être humain, c’est-à-dire une entité matérielle, pour aboutir sur un autre être humain, et cependant le phénomène n’est pas, en totalité, d’ordre matériel.

Si, en effet, on veut bien se reporter à ce qui fut dit plus haut de la constitution occulte de l’être humain, on verra que si, chez l’homme, le sarcosôme et le double ai-

ihérique vivent sur le plan physique, le corps astral (base du fantôme vivant extérioré et envoyé au loin) et les principes plus élevés, constitutifs de l’être humain, vivent sur des plans supérieurs et notamment sur le plan astral. Or, mes expériences personnelles, à ce jour, m’ont montré de façon indubitable que toute opération sur le plan astral suscite une lutte entre les Entités normales de ce plan, les unes étant favorables à l’opération alors que les autres, au contraire, lui sont hostiles.

Pourquoi? A quel propos? Nous n’en savons rien; mais le fait lui-même est indubitable, et si l’on veut tenter l’expérience avec le plus de chances possibles de réussite, il convient d’y avoir égard, bien que nous ignorions de la façon la plus absolue quelle part peuvent avoir les Entités du plan astral dans la production de phénomènes purement animiques.

Il est à ma connaissance que différents dédoublements, que je connais, ont été accomplis avec l’aide d’intelligences extérieures à la matière, et supra-normales; et, d’autre part, je ne sais aucun dédoublement expérimental où les sujets magnétiques mis en état de voyance n’aient signalé l’intrusion d’Entités de l’Astral, les unes pour y aider, et les autres pour y mettre obstacle (1).

Il nous faut donc dire quelques mots des Entités qui se rencontrent sur le plan le plus voisin de celui où nous vivons.

Que ce soient des êtres humains désincarnés comme l’enseigne la doctrine spirite ou des êtres en involution (élémentals) ou en évolution (élémentaires) comme l’afiirme l’occultisme, ou bien encore, qu’ils soient, selon les dires de la théosophie, les restes d’une vieille humanité plus évoluée que la nôtre, cela importe peu. L’essentiel est qu’ils existent, que leur existence ne peut être niée que par l’ignorance ou la mauvaise foi, et qu'en agissant sur leur plan, on entre forcément, fatalement en relation avec eux.

U) On rencontrera des faits de cette nature au cours du chap. XV: l tu.de pratique d’un développement.

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Or, leur mentalité semble, pour qui a été en rapport avec eux, être sensiblement adéquate à la nôtre; mais ce qui les distingue particulièrement de l’homme vivant, c’est, d’une part, qu’il en est, parmi eux, de formidablements puissants tant au point de vue du bien qu’au point de vue du mal, et que beaucoup d’entre eux savent manipuler la matière comme nous serons, sur terre, de longs siècles encore avant de le savoir. Nos voyants naturels ou factices (1) nous les décrivent comme ayant assez généralement la forme humaine, mais enveloppés, assez généralement aussi, d’une aura tirant sur le rouge ou sur le bleu (2), chacune de ces couleurs désignant des Entités de mal (rouge) ou de bien (bleu).

Suivant donc le but que se propose l’expérimentateur humain, il sera aidé par les unes et desservi par les autres. L’homme qui, par exemple, poursuivra la réalisation du phénomène dans un but de nuisance envers d’autres hommes, celui-là aura pour lui les Entités rouges, tandis que les Entités bleues s’efforceront de le faire échouer. Celui qui, au contraire, poursuivra un but élevé, science ou altruisme, sera aidé par les Entités bleues, et aura à lutter contre les Entités rouges.

Il s’agit donc, lorsqu’on se livre à cette sorte d’expériences, de se concilier les premières et de neutraliser les autres; Comment y arriver?

En principe, il n’est qu’un moyen: pratiquer soi-mê-

(1) Les sujets magnétiques mis artificiellement en état de voyance.

(2) De même que, comme on le sait maintenant, tout son correspond à une couleur, de même, sur le plan astral, tout sentiment revêt son possesseur d’une coloration particulière. Leadbeater et Annie Besant, dans leur ouvrage, Les formes-pensées, ont établi la gamme des principaux rapports psycho-chromatiques; nous y relevons, par exemple que le jaune très clair correspond à une bonne' intellectualité, le vert clair à la sympathie, le gris bleuâtre à la peur, etc. Or, dans cette gamme, les difféî entes nuances du bleu correspondent à des sentiments élevés: dévouement, religiosité, affection, etc.; les couleurs rouges ou rougeâtres se rapportent à des sentiments bas: colère, orgueil, etc. Toutes ces colorations donnent à chacune de ces Entités une tonalité particulière qui fait paraître aux voyants généralement colorée en bleu plus ou moins clair, plus ou moins foncé, toute Entité du plan astral de qui les sentiments sont empreints de bonté, et plus ou moins rouges celles qui éprouvent des sentiments bas, de l’égoïsme, de la haine, de la jalousie, etc. — Voir à ce propos le résultat de certaines expériences rapportées au chapitre de VEtudc pratique d'un développement .

me la bonté sous toutes ses formes, car c’est surtout sur le plan astral qu’est vrai le dicton de la sagesse populaire: Qui se ressemble s’assemble. En ne développant en soi que des sentiments élevés d’altruisme, de science et de bonté, on appelle autour de soi des Entités analogues qui aideront l’opérateur. Plus loin, lorsque nous étudierons les dangers hyperphysiques qui le menacent, nous verrons que, pour sa sécurité personnelle, il lui est nécessaire d’agir de la sorte; ici, je ne m’occupe que de l’aide qui peut lui être apportée, en vue de cette expérience, par les Etres du Mystère.

Un expérimentateur dont j’aurai à parler plus loin, à propos d’une violente lésion au ventre qu’il avait rapportée d’une de ses sorties en astral, a posé un jour, à l’Entité de Mystère qui le guide dans ses expériences, la question suivante: « Comment se fait-il, que, quand on ne possède pas encore la conscience de sa direction, on ne soit pas plus souvent blessé en cours d’expérience?» La réponse a été: « Il y a heureusement un Dieu pour les dédoublés; mais ce qui vient de t’arriver n’est rien à côté de ce qui t’attend tant que tu n’auras pas acquis le pouvoir de te diriger toi-même, et ce pouvoir, tu ne l’acquerras qu’à force de pratique et de volonté. »

Cette réponse est à approfondir.

« Il y a un Dieu pour les dédoublés » signifie, de toute évidence, que lorsqu’on est dans cet état, les Entités amies veillent sur l’opérateur, dirigent son fantôme et lui évitent autant que possible les dommages qui peuvent le menacer. Quant à acquérir la maîtrise de la direction, cela ne se peut qu’à la longue, à force d’expérimenter, à force de dynamiser la volonté dans ce sens, comme nous le verrons plus loin. La volonté, d’ailleurs,, a une grande influence, suivant le but qu’elle se propose, sur les Entités, bonnes ou mauvaises, de l’Astrah... Toujours la mise en œuvre de la volonté!

Mais cette réponse nous jette aussi dans un ordre d’idées que, je le répète, j’aurais voulu éviter d’aborder, et auquel je suis amené par la force des choses. Il était dans mon dessein, en commençant ce travail, de me te-

ziir sur le terrain de l’expérimentation éclairé par les seules données de la psychologie et de la science normale, en évitant avec soin toute incursion dans le domaine — peu sérieux au regard de certaines personnes — de l’occultisme. Je n’ai jusqu’ici dérogé à cette règle de conduite que sur les points où, les indications de la science normale faisant défaut, j’étais obligé de recourir aux enseignements de l’occultisme occidental ou oriental.

Je me trouve, maintenant encore, dans une occurence où la science courante ne nous présente plus aucune indication parce qu’elle regarde toutes ces expériences comme autant de rêves ou de mystifications: — il me faut donc monter plus haut qu’elle et aborder l’aire immense de la science occulte.

Les lecteurs de ces pages qui croient que la science officielle est tout et qu’on ne peut que s’égarer en franchissant ses limites, en seront quittes pour fermer ici cet ouvrage dont les chapitres précédents, en somme, leur ouvrent d’assez larges horizons en leur donnant des possibilités en dehors de la banalité... Qu’ils se contentent donc de se dissocier normalement, s’en remettant au « Dieu • des dédoublés » pour éviter les dommages possibles ou faisant à l’avance le sacrifice du fatalisme a tout ce qui peut leur advenir! Pourvu qu’ils n’abusent pas des facultés acquises, de façon à éviter autant qu’ils pourront les lésions corporelles qui les attendent, leur essai aura du moins un bon résultat: — celui de se prouver à eux-mêmes que, dans tout ce que j’ai dit jusqu’à présent, il n’y a rien d’impossible et que toutes les indications données sont absolument sérieuses. Il va en être de même dans ces dernières pages, mais, par leur nature propre, je l’ai déjà dit et je le répète une fois de plus, elles ne s’adresseront qu’aux chercheurs résolus à abandonner les sentiers de la science officielle, pour aller plus loin qu’elle, pour monter plus haut qu’elle, et pour acquérir en dehors d’elle et au dessus d’elle des facultés supra-normales.

Il importe donc avant tout, si l’on veut aller au-delà.

d’entrer en relations avec les Entités qui protègent les sorties de l’expérimentateur, ce qui n’offrira d’ordinaire* aucune difficulté, puisque ce sent celles-là même qui se tiennent constamment, sans qu’il s’en doute, en rapportsavec lui, et qu’elles sont toujours à proximité, un simple mais énergique appel mental suffisant à les faire revenir quand elles s’éloignent momentanément.

Deux voies s’offrent à qui veut entrer en relation avec les Êtres du plan astral: la voie de l’occultisme qui mène l’être humain près de ces Entiés, qui le fait pénétrer dans leur domaine du plan astral, et qui est singulièrement facilitée à ceux qui possèdent déjà la faculté de s’extériorer, puisque tout dédoublement est une sortie sur le plan astral; et la voie du psychisme ou du spiritisme, qui amène les Entités astrales sur le plan physique. C est cette dernière que je recommanderai de préférence parce que, si les indications qu’on en tire sont moins nettes que celles fournies par les procédés occultes — puisque, à moins que l’expérimentateur ne se découvre personnellement une faculté médiumnique appropriée, elles sont données par l’intermédiaire d’un médium à qui il faut avoir recours — au moins sont-elles reçues par l’intéressé à l’état de veille, ce qui lui permet de les bien pénétrer et d’agir avec une conscience absolue.

Il convient donc d’aller trouver un bon médium écrivain, auditif ou intuitif, et d’entrer, par son intermédiaire, en relation avec l’Entité protectrice des sorties, pour qu’elle suive attentivement le fantôme et lui évite, dans la mesure du possible, toute mésaventure dangereuse (1). Le moyen employé n’est, en somme, qu’une collaboration, dans ce but déterminé, entre un être humain et une Entité du Mystère. Pour étrange qu’il puisse paraître, ce système d’action est très souvent utilisé en vue d’atteindre nombre de buts, mais la plupart du temps inconsciemment, je veux dire à l’insu de l’être humain qui doit en profiter. Les collaborations cons¬

ul) On verra plus loin que ce même moyen pourra servir, dans bien des cas, pour arriver à connaître les procédés les plus efficaces, chez chaque individu, d’acquérir la conscience de direction.

cientes de cette nature existent aussi, mais seulement* cela va sans dire, à la portée de ceux qui savent les organiser (1).

Lorsqu’on sera arrivé, de cette façon, à entrer en communication avec l’Entité qui est le mieux en mesure de rendre compte de la façon dont se fait le dédoublement et dont se comporte le fantôme, la voie à suivre est très simple. Il faut d’abord étudier froidement, sans partipris dans quelque sens que ce soit, je veux dire sans enthousiasme comme sans dédain, les communications obtenues de la sorte, de façon à voir si l’on a affaire à un ^

être léger et railleur, ou bien à une Entité sérieuse et

élevée.

Dans le premier cas, il faut interrompre tous rapports avec l’Etre dont les conseils ne sauraient être que nuisibles, et procéder, si l’on veut poursuivre, avec ses seules forces, c’est-à-dire en exacerbant sa volonté vers le but à atteindre d’une part, et, d’autre part, en renouvelant très fréquemment les dédoublements, pour acquérir une accoutumance au cours de laquelle on pourra peu à peu prendre conscience de ce qui se passe durant les sorties: c’est ce que nous verrons en étudiant plus loin comment on peut acquérir la conscience de direction.

Dans le second cas, si l’Etre avec lequel on est entré en rapport se montre évolué et serviable, le mieux est de se laisser guider et protéger par lui, au moins pour les premières tentatives; plus que l’opérateur, il sait les pièges possibles de la route, et mieux que lui, il est en état de les lui faire éviter; mieux que lui, enfin, il connaît son organisation psychique et mentale, ainsi que les procédés et moyens qui lui sont les plus appropriés pour atteindre son desideratum: par conséquent, une Entité astrale — bonne, cela va sans dire — à qui vos sentiments de bonté vous auront rendu sympatlii-

(1) Je mentionne un cas de cette sorte, qui m’est personnel, dans la note terminale de l’ouvrage déjà cité: La sorcellerie des campagnes. (Henri Durvill e, imprimeur-éditeur) .

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/que, sera toujours pour vous le protecteur le plus efficace, et le guide le plus appréciable.

La difficulté en ceci est de savoir exactement la nature de l’Entité avec laquelle on entre, en relations pour ne pas devenir, à un moment donné, sa victime. Aussi, de même que lorsqu’il s’est agi d’un entraînement vers le développement de la neuricité physique il a été donné le conseil, bien sérieux, de s’appuyer sur des avis .éclairés pour éviter tout accident, toute maladie nerveuse, de même, dans la circonstance présente, l’opérateur qui veut avoir recours à une aide du Mystère agira-t-il très prudemment, s’il n’est pas absolument au courant de ces questions, en se faisant accompagner, chez le médium choisi, par un témoin perspicace, connaissant aussi bien la généralité des Entités qui répondent en pareil cas, que les procédés de dédoublement, et capable de discerner les pièges qui pourraient être tendus à l’ignorance de l’expérimentateur.

Je m’excuse encore une fois, près du lecteur ordinaire, d’avoir écrit ce chapitre qui lui 'aura semblé puéril: il paraîtra, par contre, nécessaire — et il m’a paru tel — à tout occultiste et à tout psychiste, ainsi, pensé-je, qu’à tous ceux qui estiment que. dans les cas où la science normale reste muette, il vaut mieux puiser quelque lumière en dehors d’elle, plutôt que de /ester à se débattre dans l’obscurité.

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