‹ Méthode de dédoublement personnelChapitre 23 sur 32 · SCHÉMA TECHNIQUE · texte numérisé non relu

SCHÉMA TECHNIQUE

Arrivé à son terme, ce travail nous apparaît plein d’imperfections causées, il est vrai, par la nature mêmedu sujet.

Certains chapitres traitant d’objets d’importance moindre, mais étant de compréhension plus malaisée, ont acquis une grande étendue, alors que d’autres plus importants mais plus facilement assimilables ne comportent que quelques pages.

D’autre part, il est des considérations spéciales et techniques qui ont, pour être bien saisies, nécessité des développements très étendus.

Au milieu de cet ensemble qui peut, au premier abord, et malgré tout le soin qui y fut apporté, sembler disproportionné, confus et compliqué, il se peut que l’idée maîtresse, le fil d’Ariane qui doit guider le lecteur dans les^ méandres du sujet, lui ait, à plusieurs reprises, échappé.

Aussi m’a-t-il paru bon de donner une vue d’ensemble de l’opération dans laquelle le lecteur pourra récapituler tout ce dont il a pris connaissance, et qui lui montrera les détails ayant pu lui être oubliés, détails à l’étude précise desquels il lui sera facile de se reporter dans le corps de l’ouvrage.

En même temps, au cours de ce sommaire général, seront notées quelques particularités n’ayant pas trouvé place au cours des chapitres qui précèdent.

Le phénomène de dédoublement personnel consiste à dissocier son propre organisme et à en laisser ici ou là; la partie matérielle, tandis que les éléments supérieure de l’être sont envoyés ailleurs.

Ce phénomène, que l’on regarde d’ordinaire comme très rare, est au contraire d’une grande fréquence. Le motif qui cause sa rareté apparente est que, la plupart du temps, il se produit inconsciemment chez l’agent, et se manifeste près de sujets qui, n’étant pas en état de réceptivité, ne sont pas touchés par sa manifestation; d’autre part, quand ils en ont conscience, ils n’y voient, par suite de l’inconscience de l’agent, que le résultat d’un rêve ou d’une hallucination.

Pour pouvoir étudier ce phénomène par voie expérimentale et non plus par simple et rare observation, il suffit donc que l’agent soit en état de conscience, et le percipient en état de réceptivité, ce qui, comme on le verra plus loin, n’offre aucune difficulté insurmontable, car, d’une part, on peut affirmer qu’il n’est aucun individu qui ne possède, en principe, la faculté de se dédoubler, et, d’autre part, le choix et la formation de sujets réceptifs sont relativement assez simples; dans la pratique, le dédoublement personnel et la réceptivité sont affaires de tempérament et d’entraînement spécial; nousi allons d’abord examiner ces deux conditions.

1. Le Tempérament. — Les expériences de MM. de Bochas, Baraduc, Hector Durville, etc., nous montrent que le substratum du: fantôme de vivant extérioré se compose avant tout de force neurique, puisque le corps astral (1) est dépositaire de la sensibilité individuelle —

(1) Le fantôme du vivant a été jusqu’à ce jour décomposé expérimentalement en sept parties, dont les trois principales — les seules qu’il importe de connaître en ce qui nous occupe ici — sont:

1° Le double aithérique, dépositaire de la vie physique, et ne s’écartant jamais du corps matériel; il forme le support du fantôme évoluant près du corps physique, où il rentre dès que les éléments supérieurs de l’être s’en éloignent.

2° Le corps astral, dépositaire de la sensibilité (force neurique) ; il constitue le support fluidique du fantôme ‘éloigné de son corps physique, et peut se matérialiser en certains cas, lorsqu’un double aithérique (le sien ou celui d’une tierce personne) lui fournit la substance nécessaire.

3° Enfin, le corps mental, dépositaire de l’intelligence.

Le premier élément a toujours la forme humaine; le deuxième la possède le plus ordinairement, mais peut dans certains cas la modifier — d’où le phénomène de la zoanthropie. Ces deux éléments donnent sa forme au fantôme. Le troisième (corps mental) constitue une aura qui enveloppe tout le fantôme et qui est particulièrement brillante au sommiet ( boule mentale du Dr H. Baraduc).

ce qui revient à dire que plus la neuricité est développée, plus la dissociation de l’être devient facile.

Ceci nous amène à parler du tempérament, que l’on confond trop souvent avec le caractère, et que je définirai: « Etat physiologique déterminé par la prédominance d’un élément, d’un organe ou d’un système » (1).

On sait que les tempéraments sont communément comptés au nombre de quatre: — Nerveux — Bilieux — Lymphatique — Sanguin — bien que certains physiologistes nient l’existence du tempérament bilieux qu’ils regardent simplement comme le début d’un état pathologique du foie.

D’autre part, mes observations personnelles m’ont montré que les individus nerveux sont les plus propres à produire activement les phénomènes psychiques; — les bilieux, les plus propres à les ressentir passivement;

— les sanguins, les plus prédisposés aux hallucinations;

— et enfin les lymphatiques, les moins propres à générer ces phénomènes et à les éprouver, mais aussi les moins prédisposés aux hallucinations. — Il faut tenir compte de toutes ces données dans la formation de l’agent et du sujet percipient.

D’un autre côté, le tempérament est très rarement absolu, mais au contraire d’ordre composite: nerveux-sanguin, bilieux-lymphatique, etc.

Partant de là, est-il possible de modifier un tempérament? — Oui, sous certaines conditions et dans une certaine mesure.

Le tempéramejit est la résultante de deux causes, l’une qui semble spécifique, innée, caractérisée dès la naissance de l’individu, et qui dépend de sa constitution anatomique et physiologique: cette cause, constitutionnelle et organique, est en dehors de notre action et nous ne pouvons rien sur elle. — L’autre, peut-être sous la dé-

(1) Physiologiquement, le tempérament n’est plus considéré aujourd’hui comme résumant un type d’organisme, ou plutôt il est considéré comme se rapportant à des types de classification différente (voir ce qui est dit à ce propos dans le courant de l’ouvrage) ; mais, pour être mieux compris du lecteur je l’examine ici dans son ancienne acception, qui n’a pas cessé d’être en usage parmi le public.

pendance de la première, réside dans la variété ou l'espèce de rendement et de fonctionnement de la machine humaine: c’est le coefficient d’activité des échanges organiques; sur cette autre cause, nous avons une réelle action, et nous pouvons la modifier jusqu’à un certain point par un régime approprié qui, en l’espèce, devra être naturellement dirigé dans le sens de la neurification de l’organisme.

J’ai décrit ailleurs ce régime qui embrasse l’alimentation, l’aération et le climat, le traitement hydrominéral,, et la stimulation nerveuse; il me suffira de dire qu’il est apte à développer la neuricité même chez les lymphatiques, qui en sont cependant les plus dépourvus.

Théoriquement, le nerveux pur est le tempérament qui se prête le mieux au dédoublement; mais je ne conseillerai jamais la pratique personnelle de ce phénomène, et encore moins l’entraînement du tempérament, au nerveux pur: il renferme en soi trop de germes de neuropathies diverses, que ces agissements développeraient infailliblement. Donc, les tempéraments qui conviennent le mieux pour supporter d’abord l’entraînement puis l’expérimentation sont, avant tous autres, les nerveux-bilieux, puis les nerveux-sanguins avec forte prédominance de neuricité: ce sont les plus aptes à produire la force psychique sur laquelle reposera la réalisation du phénomène.

Une autre considération est à examiner.

Cet entraînement spécial doit être surveillé et contrôlé de près par l’opérateur lui-même, car il y aurait quelque imprudence à s’y soumettre sans savoir où il doit mener: le meilleur des régimes, poursuivi à l’excès, peut amener une déséquilibration de l’organisme. Il convient donc que l’opérateur repère lui-même, et attentivement, ses propres progrès journaliers dans le sens de la neurification.

Il existe un certain nombre d’instruments destinés à mesurer l’émission de la force psychique, parmi lesquels l’appareil Fayol et le biomètre du Dr Baraduc occupent la première place; je ne parlerai que de ce

dernier dont le maniement m’est pins familier; mais ce que j’en dirai s’applique également à l’appareil Fayol qui, plus récent, est d’urne sensibilité supérieure. On sait qu’il marque, à droite et à gauche, l’attraction et la répulsion, c’est-à-dire l’absorption ou l’émission de la force psychique.

Théoriquement, il semble que la meilleure formule biométrique prouvant la facilité du dédoublement personnel soit la répulsion double, à droite comme à gau- , che. Dans la pratique, il n’en est rien, parce que la formule Répulsion/ Répulsion a dû être, chez l’intéressé, précédée d’une formule presque complètement inverse: elle indique donc un organisme très mal pondéré, et sujet à des oscillations énormes. C’est dire que, pour l’agent présentant, cette formule, l’opération de dédoublement personnel offrira des inconvénients, sinon même du danger.

En principe, l’organisme bien pondéré est celui qui présente le même degré d’attraction et de répulsion: il s’agit donc de diminuer le degré d’attraction dans une certaine mesure, et d’augmenter, au contraire, le plus possible le degré de répulsion. On y arrivera par le développement de la neuricité au moyen du régime indiqué ci-dessus.

L’entraînement dont il s’agit doit être double. Nous venons de voir la partie de cet entrainement qui intéresse le corps astral. Mais il ne faut pas oublier que toute opération psychique et hyperphysique est basée sur la volonté; donc, pendant que le régime neurifiant met l’instrument corporel en état de bon fonctionnement en vue de sa dissociation à venir, il convient de .développer parallèlement la Volonté de l’agent.

IL La Volonté . — Il existe un certain nombre d’ouvrages précisément relatifs au développement de la volonté, mais ces ouvrages ne s’occupent que de la volonté àj l’état de veille, et le développement ne peut avoir lieu, sauf pour les individus très entraînés, qu’à l’état de

sommeil; il me faut donc dire quelques mots du fonctionnement de la volonté durant le sommeil.

Le sommeil, au point de vue physiologique, est une période caractérisée par le repos des organes servant à la vie de relation, et par un redoublement d’activité dans les fonctions de la vie intérieure.

La volonté a donc, dans la période de sommeil, une action infiniment moindre sur les organes de relation, et l’on peut dire qu’elle-même s’assoupit.

Or, il y a une corrélation remarquable, au point de vue sommeil, entre les fonctions du corps et celles de l’esprit. De même que, dans cette période, il y a affaissement des organes de relation et au contraire redoublement des forces vitales, internes et passives du corps humain, favorisé par la suspension des forces expansive d’action, de même il y a augmentation de puissance et d’intensité dans ce qu’on peut appeler les forces passives intellectuelles, par exemple la mémoire, l’imagination lorsqu’elle est abandonnée à elle-même, etc., tandis que, sensiblement affaiblies, l’attention et la volonté, ces forces expansives de l’âme, ne peuvent plus s’exercer sans effort.

Le processus de l’opération semble donc tout indiqué: il suffit de remplacer la volonté normale, qui s’assoupit, par la mémoire qui veille, ou, en d’autres termes, de rempacer l’action propre de la volonté par celle d’un monoïdéisme spécial, qui, confié à la mémoire, agira pendant que la volonté elle-même demeurera endormie.

Dans la pratique, on obtiendra ce résultat en voulant fermement se dédoubler avant de se livrer au sommeil, avant surtout d’être envahi par l'engourdissement qui précède immédiatement le sommeil, c’est-à-dire pendant que la volonté possède encore toute son énergie. Quant à la période d’engourdissement préalable au sommeil, j’indiquerai plus loin comment elle doit être utilisée.

J’ai dit plus haut que nombreux sont les ouvrages traitant du développement de la volonté. Mais il est un point que je n’ai vu abordé en aucun d’eux et dont je vais par-

1er parce que j’y trouve îe moyen de doubler l’énergie de l’entraînement.

La Volonté peut se décomposer en quatre éléments: — Possession — Délibération — Détermination — et Action — qui sont solidaires les uns des autres.

Or, il est à remarquer que la possession, ou maîtrise de soi, généralement subordonnée à la volonté, réagit sur elle dans beaucoup de circonstances; il en résulte que l’on peut avoir un double moyen d’action pour dynamiser la volonté: l’action directe sur la volonté ellemême et l’action indirecte sur la maîtrise de soi.

L’action directe, tout le monde la connaît: elle est basée sur l’auto-suggestion. L’homme qui se répétera sans cesse en se pénétrant bien du sens des mots: « J’ai de la volonté! j’ai de l’énergie! » et qui, à chaque occasion, saura faire passer cette formule dans la pratique, celui-là dynamisera sa volonté; mais aussi l’homme qui acquerra une parfaite maîtrise de soi arrivera à hyperdynamiser sa volonté.

Il existe plusieurs procédés pour acquérir la maîtrise de soi: je crois que le principal, le plus efficace, est celui qui consiste chaque matin à se tracer l’emploi de sa journée jusque dans ses détails, et à ne s’écarter de son programme que pour des motifs supérieurs. La maîtrise de soi, ainsi obtenue, réagit à son tour sur la volonté, et lui inculque une énorme énergie: c’est l’action indirecte.

Il y a là, en somme, deux procédés d’action qui peuvent s’employer simultanément: c’est pourquoi j’ai cru devoir les noter.

La volonté ainsi hyperdynamisée créera facilement, avant de s’assoupir, le monoïdéisme qu’emmagasinera la mémoire durant le sommeil. Ce monoïdéisme, c’est l’ordre de se dissocier auquel obéira l’organisme s’il a été lui-même préparé au dédoublement par le régime précité.

En résumé, au point où nous sommes arrivés, l’entraînement a donné à l’indivdu à la fois l’instrument approprié, c’est-à-dire un organisme susceptible de se dissocier, et ce que l’on peut appeler le levier du phénomè-

ne, c’est-à-dire line volonté capable de se faire obéir. Autrement dit, l’agent est prêt pour le dédoublement.

Mais avant de se dissocier, et pour le faire utilement, il importe de se prémunir d’un sujet percipient.

III. Le sujet percipient . — Le véritable sujet réceptif, en pareil cas, est le médium voyant; immédiatement rprès lui se place le, bon sujet magnétique que l’on peut mettre en état de voyance; à défaut de ces deux types principaux, il convient d’utiliser, comme sujet percipient, le sensitif doué de voyance; mais, neuf fois sur dix, ce sujet s’ignore soi-même, et il s’agit de le découvrir.

Si l’on se reporte à ce qui- a été dit des tempéraments, on verra que le bilieux est plus propre que tout autre à la perception des phénomènes psyfchiques: il faudra donc prendre ce sujet parmi les bilieux, et ce serait parmi les bilieux aussi purs que possible qu’il conviendrait de le choisir si son rôle devait se borner uniquement à la perception du phénomène.

Mais il faut aussi que le sujet réceptif puisse aider l'agent dans l’opération de dédoublement (au moins pour les premiers essais), et l’attirer en quelque sorte vers soi. Dans ces conditions, son rôle est moitié passif, moitié actif, et il doit pouvoir lui-même s’extériorer dans une certaine mesure; il conviendra donc de le choisir parmi les individus à tempérament bilieux-nerveux, et, autant que possible, légèrement lymphatique, savoir: — l’élément bilieux pour percevoir le phénomène — l’élément nerveux pour y aider — et l’élément lymphatique pour éviter les hallucinations.

Il existe des procédés pour développer le côté bilieux ou lymphatique d’un tempérament comme pour accentuer sa neuricité: je me borne à les rappeler sans m’attarder à les décrire par le détail.

Il suffit, en somme, de prendre un sujet présentant les caractères physiologiques convenables, que l’on développera dans la mesure nécessaire; mais il faut surtout éviter de choisir le sujet réceptif parmi lés tempéraments tant soit peu sanguins, tout individu sanguin

jétant exposé aux hallucinations objectives et subjectives.

Le sujet . percipient devra, de plus, réunir certaines conditions particulières qui sont:

1° Etre lié à F opérateur par une sympathie réciproque;

2;° Etre entièrement favorable à l’expérience;

3° Etre doué d’un sang-froid lui permettant d’analyser sérieusement ses sensations;

4° Etre» possesseur d’une certaine instruction technique;

5° Et enfin, si possible, ne pas habiter trop loin de l’agent, au moins pour les premiers essais.

D’autre part, quel sexe convient le mieux? L’homme, en général, possède plus de sang-froid, et la femme plus de sensitivité; la première qualité s’acquérant plus facilement que la seconde, la femme devra être préférée — ou mieux encore, on peut, si cela est possible, prendre deux sujets, le mari et la femme.

IV. Les conditions de l’expérience. = Humidité. — Le fantôme étant une sorte de coagulât de nature électrique, les temps et les milieux humides devront être évités. L’humidité a particulièrement action sur le double aithérique, dont elle peut empêcher le dégagement.

Electricité atmosphérique. — Pour la même raison, on devra éviter les temps et les milieux imprégnés d’électricité, car cette électricité peut influer sur l’opérateur qui est dans un état de déséquilibre nerveux; — sur l’opération qui présentera plus de difficulté; — et enfin, sur le fantôme qui aura personnellement à en souffrir.

Température. — La chaleur favorise l’expansion du corps astral; il faut donc donner au milieu où se prépare le dédoublement une température un peu supérieure à celle du corps physique, ou, tout au moins, telle que l’agent s’y sente dans un parfait bien-être.

Vêtements. — Tout vêtement qui gêne, de quelque façon que ce soit, doit être évité; on doit le prendre plu- / tôt chaud que léger.

Eclairage. — La lumière étant un dissolvant de toute

substance fantômale, une obscurité complète est préférable à un éclairage même artificiel, même faible.

Assistance. — Le mieux est d’agir isolément; mais si Ton est forcé d’avoir un témoin, si, par exemple, on est marié, le témoin doit être mis au courant de l’expérience pour ne pas s’effrayer des suites possibles, et s’arranger pour passer aussi inaperçu qu’il pourra, évitant tout motif de distraction à l’agent.

Silence. — La pièce où l’on veut opérer doit être à l’abri de tout bruit extérieur, qui ne pourrait être qu’un motif de trouble; elle doit donc être isolée, garnie de tentures et de tapis, etc., en un mot, aussi silencieuse que possible.

Moment. — L’instant le plus propice pour procéder à une auto-extérioration, paraît être, au moins pour les premiers essais, entre 11 heures du soir et 3 heures du matin; c’est à la fois l’heure où il est le plus facile d’avoir du silence et de l’obscurité, et l’heure où, par suite du sommeil habituel, le corps astral a le plus de tendance et de facilité à s’évader du sarcosôme.

Position. — La meilleure position, pour l’agent, est d’être étendu dans un fauteuil ou sur un sopha — ou mieux encore, dans son lit où il s’endormira comme d’habitude, mais autant que possible sur le dos ou sur le côté droit, de façon à éviter la compression du cœur.

Dispositions morales. — Un calme complet de l’esprit est d’une absolue rigueur. Il y a donc contre-indication formelle en cas de maladie, de simple malaise, de soucis, d’ennuis, ou même de vagues appréhensions. L’esprit, en un mot, ne doit avoir aucun motif de distraction qui l’empêcherait de créer, par sa volonté, le monoïdéisme devant amener la production du phénomène.

Dispositions corporelles. — Ces dispositions doivent résulter de toutes les conditions qui précèdent; bien-être du corps, calme de l’esprit, commodité de position, etc. De plus, il convient de manger très sobrement le jour de l’expérience (et les jours qui la précèdent), non pas en jeûnant, mais en restant sur son appétit de façon à éviter toute gêne de digestion.

V. L’Expérimentation. — Tout ceci étant bien observé, et le double entraînement de la volonté et de la neuricté ayant produit son effet, nous allons examiner le mode opératoire.

Je passerai sous silence les essais préliminaires que l’on peut faire seul, par exemple en essayant de jeter à terre un corps léger, feuille de papier ou allumette, préalablement déposé sur un meuble, dans la pièce même où l’on se dédouble (1).

J’arrive immédiatement aux premiers essais avec sujet réceptif.

Avant de se dégager, quelques préparatifs sont à accomplir, en vue de faciliter l’opération.

D’abord, l’agent aura fait à plusieurs reprises le trajet de la chambre où il doit se dégager, à celle où il doit se manifester, en observant bien et en se mettant en mémoire tous les détails de la route. De même, dans la chambre où il sera attendu, il remarquera la disposition des meubles, l’endroit où l’attendra le sujet percipient, etc., etc.

Il va sans dire que le sujet percipient sera, au moins pour les premières tentatives, prévenu du jour et de l’heure (laquelle devra être celle où l’agent s’endort habituellement), et que ce sujet réceptif attendra le fantôme extérioré à l’heure et à l’endroit indiqués, dans une obscurité aussi complète que possible.

D’autre part, avant de se coucher, l’agent devra préparer l’aimantation ultérieure de son corps astral, par exemple en plaçant sous son traversin des objets, lettres ou autres, émanant du sujet percipient, ou bien, si celui-ci use habituellement d’un parfum caractéristique* en répandant sur son oreiller quelques gouttes de ce parfum, etc.

(1) Dans les expériences avec sujet réceptif, c’est le double aühérique de ce sujet qui fournit au fantôme de l’agent la substance dont il a besoin pour se matérialiser plus ou moins, et sans laquelle le corps astral serait sans action sur la matière; pour les expériences faites par l’agent isolé, dans la pièce même où a lieu le dédoublement, le fantôme ne s’éloignant pas du corps physique, possède en soi le double aithérique de l’agent lui-même, qui lui i^ermet d’agir sur la matière. (V. la note p. 443).

Ensuite, il se couche, 20 ou 30 minutes avant l’heure où il s’endort d’habitude. Il éteint la lumière, et, tant que la différence de température du corps et du lit le tient éveillé, il veut — fermement, mais sans violence — continûment et sans à-coup — aller trouver le sujet percipient; la volonté déployée doit être telle, qu’elle agisse de façon régulière, pondérée, et sans amener à sa suite un sommeil agité qui entraverait toute expérience. L’agent devra ainsi créer, de façon énergique mais calme et continue, le monoïdéisme qui veillera dans sa mémoire après l’assoupissement de sa volonté.

Quand il se sent envahir par l'engourdissement précurseur du sommeil, le monoïdéisme doit être créé. L’agent ne s’occupe plus dès lors que du sujet qu’il veut aller retrouver: — il pense que lui-même se lève; sa pensée ouvre la porte de la chambre, traverse l’antichambre, franchit le seuil de l’appartement, descend l’escalier, se trouve dans la rue; là, aidée de la mémoire, elle refait tout le chemin, se rappelant les menus détails de la route; elle pénètre chez le sujet réceptif, se dirige vers sa chambre, dont elle revoit les détails, où elle est attendue... Au cours de cette série d’opérations mentales, le sommeil est venu. Que se passe-t-il alors?

Le sujet réceptif, prévenu, a envoyé, lui-même, sa pensée vers l’agent, et son désir de mener à bien l’opération» Autour de l’agent se trouve donc créée une ambiance d’effluves sympathiques qui va puissamment aider au dédoublement.

Au moment où le sommeil envahit l’agent, son corps astral s’épand hors de son sarcosôme. 11 est d’abord dans un certain état de trouble, où il n’a pas encore conscience de soi, mais où il se sent attiré hors du sarcosôme par une ambiance sympathique. Son état de trouble diminue à mesure que, le sommeil devenant plus profond, il rayonne davantage. Au cours de ce rayonnement, il rencontre les objets qui doivent l’aimanter dans la direction voulue, les lettres du sujet, son parfum, etc. Quand il a pris complètement possession de soi, il se trouve en présence du monoïdéisme préalablement créé par la vo-

lonté de ragent, et qui veille dans sa mémoire. Il sait qu’il doit aller vers le sujet percipient. Ou se trouve ce sujet? Il n’a, pour le savoir, qu’à remonter à la source des effluves qu’émanent les lettres ou le parfum; il trouve d’autres effluves dans l’ambiance, émanés par la pensée sympathique du sujet réceptif: il n’a qu’à se laisser conduire en quelque sorte par la main.

N’oublions pas que, pendant le sommeil, la mémoire veille: or, la mémoire lui montre tout le chemin, et le trajet se fait, pour ainsi dire, de façon automatique.

Arrivé à la source des effluves, c’est-à-dire près du sujet réceptif, que fera-t-il?

Ici, il est impossible de fixer aucune règle: il agira suivant sa force du moment, suivant aussi la pensée qui lui est particulière, les occasions, les circonstances, etc. Je connais personnellement un opérateur qui, lorsqu’il arrive près d’un sujet n’a que trois façons de se manifester: ou il l’appelle, — ou il lui tire les cheveux, — ou il lui secoue la main. Mais il faut bien dire que cet opérateur n’a, comme sujets réceptifs, que des organismes très nerveux, qui, extériorant facilement leur force psychique, la communiquent au fantôme et lui donnent la vigueur nécessaire. C’est en cela surtout qu’il est bon que le sujet ne soit pas seulement d’un tempérament bilieux,, mais plutôt bilieux-nerveux.

On ne peut donc rien dire de la façon dont le fantôme extérioré peut manifester sa présence, et c’est au sujet réceptif à exercer sa sagacité, d’observation à cet égard.

Si le fantôme est soit visible, soit audible, soit tangible, rien de plus simple pour que le sujet réceptif puisse contrôler sa présence. Mais si l’aérosome ne possède aucune de ces qualités, est-on pour cela dépourvu de moyens de contrôle? Non. Ce contrôle sera alors d’une application plus délicate et plus difficile, mais on peut l’organiser de la façon suivante:

Les expériences de Hector Durville ont prouvé que le

fantôme vivant dégage des rayons N (1) en grande abondance, même s’il n’est pas visible. D’autre part, on sait que les rayons N illuminent le sulfure de calcium préalablement insolé. Il suffit donc au sujet réceptif de s’entourer d’écrans garnis de sulfure de calcium, pour juger par leur illumination — et aussi par leur photographie ultérieure, puisque le sulfure de calcium reste longtemps sous l’influence lumineuse — si l’aérosome de l’agent est venu le trouver.

On peut, il est vrai, utiliser dans le même but la répercussion du corps astral au corps physique, soit des traumatismes, soit des colorations artificielles, en le faisant blesser par exemple par le sujet réceptif, ou bien en le faisant couvrir d’éosine ou de tout autre colorant tenace; mais ces moyens sont à déconseiller, le premier comme dangereux pour l’opérateur, et le second comme trop aléatoire. L’agent peut aussi, à la rigueur, vouloir que, à l’endroit de la manifestation, son aérosome trempe sa main dans une solution d'éosine préparée; mais, outre que le fantôme' (d'une nature toujours craintive tant que chez lui l’accoutumance n’est pas faite), peut se refuser à cette épreuve, remploi de ce procédé compliquerait de façon fâcheuse le monoïdéisme qui est la base du phénomène et qui, pour les premiers essais, doit être créé aussi simple que possible. Il vaut donc mieux, à tous points de vue, s’en tenir à l’emploi du sulfure de calcium.

C’est seulement lorsque l’aérosome extérioré a prouvé sa présence près du sujet percipient, que l’agent peut songer à amener le développement progressif du phénomène.

VI. Le Développement . — Quand un opérateur a réussi à manifester sa présence près d’un sujet sensitif bien

(1) Une explication est ici nécessaire. Personne n’ignore que les rayons N, découverts — après Paracelse qui en avait signalé l’existence — par MM. Blondlot et Charpentier, ont d’abord été constatés partout et par tous, et se sont vus ensuite l’objet de dénégations unanimes: action, réaction — excès dans un sens comme dans l’autre. Je n’ai pas à prendre parti, je constate seulement, en ce qui fait l’objet de cette étude, que le

doué au point de vue de la neuricité, il est Certains degrés de développement qu’il atteint très vite, et d’autres, au contraire, dont la possession ne s’affirme qu’à la longue et péniblement.

Mais avant de procéder à ce développement, il lui faut acquérir une certitude sur laquelle est basée sa propre sécurité: — c’est que la réintégration de son être, apres chaque dédoublement, se fait normalement et sans efforts. C’est, il faut le dire, le cas le plus ordinaire; mais s’il y a quelque difficulté dans l’opération, l’agent peut en être averti à son réveil par une fatigue plus ou moins grande, qui est surtout cérébrale. Il faut donc continuer les essais jusqu’à ce que cette fatigue particulière ait disparu, ce qui lui servira d’ailleurs en ce qu’il acquerra l’accoutumance nécessaire, et que son fantôme extérioré s’y condensera de mieux en mieux.

Alors seulement, il pourra poursuivre son développement.

La tangibilité et l’audibilité sont d’ordinaire les facilitée qui se manifestent les premières; la visibilité ne vient qu’ensuite; toutefois, ceci n’a rien d’absolu. Il n’est pas besoin, pour acquérir ces facultés, de compliquer le monoïdéisme de principe: à force d’essais, le fantôme se condense mieux et les acquiert presque mécaniquement.

Lorsque l’aérosome extérioré a acquis la tangibilité ou la visibilité, le sujet réceptif peut essayer de le blesser légèrement, pour que la répercussion de la blessure sur le corps physique prouve indéniablement le dédoublement.

Les autres degrés de développement s’acquièrent plus difficilement, et seulement à la fois par la pratique et par la volonté, c’est-à-dire par la complication du monoïdéisme de début.

Le premier degré est la faculté d’accomplir, en état de

sulfure de calcium, préalablement insolé, s’illumine dans le voisinage du fantôme, par suite des rayons qu’émane celui-ci, et qui me paraissent être des rayons N; mais le nom importe peu; le fait seul a de la valeur en ce qui nous occupe, et le fait est celui-ci: le fantôme vivant émet des rayons d’une nature particulière, quel qu’en soit le nom qni agissent .sur je^sulfure de calcium nhosphoresçent

dédoublement, tel acte préalablement voulu; il permet encore de fournir la preuve de la dissociation effectuée en forçant le fantôme à tremper les mains dans une solution colorante ou à laisser ses empreintes digitales sur une glace recouverte d’une légère couche de talc (1). Il est à remarquer, à ce propos, que, tandis que la répercussion des blessures est immédiate, ce qui tient vraisemblablement à ce que le traumatisme force l’aérosome à réintégrer au plus vite le corps physique, celle des colorants ne se fait qu’à la longue, au bout de plusieurs, heures, parfois même le lendemain, lorsque l’organisme' est complètement réintégré.

La seconde faculté à acquérir est la conscience de direction qui est très utile, car sans elle l’aérosome extérioré est exposé à des quantités d’accidents de route que que l’agent n’a pu prévoir et que la maladresse du fantôme ne lui permet pas d’éviter. Un opérateur que je connais a été de la sorte, au cours d’un dédoublement, blessé au ventre par un violent coup de matraque reçu dans une bataille d’apaches qui se trouvait sur son droit chemin et dont il n’avait pas su se garer.

Enfin, il y a le souvenir de ce qui a été fait durant le dédoublement, qui est peut-être la faculté la plus difficile à acquérir; on ne paraît y arriver que par un entraînement spécial de ta mémoire, et surtout à force de pratique et de volonté.

Ce n’est qu’après s’être rendu maître de toutes ces possibilités diverses que l’opérateur peut songer à envoyer son aérosonie vers d’autres personnes que ses sujets ordinaires (2); mais encore ne doit-il le faire qu’avec une souveraine prudence, et en prévenant ses correspondants éventuels, car son corps astral peut se trouver à la merci d’un homme déterminé et prenant le fantôme

(1) Eviter le noir de fumée, de même que tout corps pulvérulent de couleur noire ou même sombre, pour lesquels l’expérience semble avoir démontré que le fantôme éprouve de la répulsion.

(2; Etant bien entendu qu’il recevra d’elles ou trouvera dans leur ambiance la force substantielle nécessaire à la manifestation matérielle de son propre fantôme.

pour un malfaiteur: il existe des exemples de mort causée par cette pratique.

VII. Les dangers. — J’ai parlé en détail, plus haut, des dangers multiples que peut faire courir cette expérience, et j’ai indiqué les précautions qu’il y a lieu de prendre pour se prémunir contre eux. Je me bornerai à les énumérer de façon succincte pour attirer sur leur existence et leur gravité éventuelle l’attention de l’opé- Tateur qui pourrait croire que la lecture de ce seul chapitre peüt remplacer l’étude de l’ouvrage.

Ces dangers sont de plusieurs sortes:

Dangers matériels. — Je n’étonnerai personne en signalant leur existence: la dissociation de l’être en ses

parties constitutives et l’envoi au loin de certaines de ces parties, présentent un péril évident.

Dangers intellectuels et moraux. — Ils existent surtout pour les caractères faibles et les gens pusillanimes: à qui n’a pas la complète maîtrise de soi, à qui n’a pas une intelligence solide et un grand fonds de connaissances spéciales, on ne peut que déconseiller une telle expérience.

Dangers psycho-physiques. — Ceux-là sont causés par les accidents de la route qui, par suite de la répercussion des blessures du corps astral au corps physique, peuvent léser grièvement ce dernier.

Ddngers hyperphysiques. — L’occultisme nous apprend que tout corps vivant laissé à l’abandon par ses principes supérieurs est aussitôt visé par des Entités de mal: il nous apprend aussi comment on peut s’en défendre.

En résumé, pour se livrer à cette expérience avec chance de réussite et pour éviter les dangers qui l’entourent, îl faut allier une grande instruction technique à beaucoup de prudence, à un caractère ferme, à un sang-froid absolu et à une force morale sûre de soi.

Je n’ai voulu, en tout ceci, que résumer l’ouvrage pour «donner au lecteur une vue d’ensemble de l’opération; mais il se tromperait s’il croyait que ces lignes y sup-

pleent; il ne doit résulter de leur lecture qufun fait: la possibilité du dédoublement personnel inhérent à chacun de nous puisqu’elle est affaire de neuricité et de volonté, et qu’il existe des procédés pour neurifier les tempéraments meme lymphatiques et pour douer la volonté de l’énergie nécessaire.

Je n’ai qu’un mot à ajouter: Je crois à l’efficacité des procédés exposés au courant de l’ouvrage, car je les ai vus personnellement donner des résultats positifs chez plusieurs opérateurs — un, notamment, que j’ai suivi avec attention, qui n’a pas encore, à la vérité, atteint les trois derniers degrés de développement, mais qui s’y applique, qui, en tout cas, par l’usage de ces procédés, s’est mis en possession de tous les stades qui précèdent, et qui n’a pas, pour cela, la vanité de se croire constitué autrement que le commun des mortels... Donc, ce qu’il a fait, d’autres peuvent le faire, et ces autres, c’est vous* c’est moi, c’est tout le monde...

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