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Cher Monsieur,
Vous ne vous imaginerez jamais combien j’étais ex^spc rée après vous cette nuit.
Mon mari m’a réveillée en me disant: « Ne vois-tu rieal la petite lampe vient d’être lancée sur le parquet!... » Je ' vois rien et je n’ai rien entendu.
Il me semble tout de même avoir tressailli depuis qutffques minutes. Je sentais le sommeil me gagner... Pan! Une. gifle!... Ahurie, je m’assieds et je vous vois tombant star tc‘ parquet (1). Je me recouche... Pan! une gifle plus forf&L. J’étais en colère. Je m’assieds et je vous vois de nouveafc tomber sur le parquet. — Je me recouche... Pan! une1 gitte .sonore/... Ça fait trois!... Et je vous vois encore avec votre' visage narquois, tombant sur le plancher.
Et à chaque fois, vous tombiez!... C’est dommage,, cm'"' j’aurais voulu vous parler.
Je passe la plume à mon mari.
Monsieur X...
Comme dit ma femme, les claques (car ce sont des efcr ques plutôt que des gifles) étaient très sonores; je les, ai entendues chaque fois, ainsi qu’un bruit singulier qui sW produit dans la chambre, sur du fer ou du verre, autant qu’il m’a semblé.
Enfin, vous devenez de plus en plus fort; je ne dé sesÿrê" re pas de vous voir vous matérialiser dans une séance qt£ serait de grande importance.
A quoi Mme A. ajoute:
Mon mari oublie de vous dire qu’il a entendu la Janvptë ’ tomber, ainsi qu’un coquillage venant de la bibliothèque* et sans doute lancé par vous.
Cette lettre nécessite deux remarques.
D’abord, il est certain que, d’une part, Mme A., éf uni un sujet médiumnique très puissant possède une grande faculté détérioration de sa neuricité, et, par suite*
(1) S'effondrant, disparaissant dans le parquet.
peut la communiquer facilement au fantôme de X...; et que, d’autre part, ce fantôme se matérialise de plus en plus, près de Mme A., au point de perdre à son contact cette timidité qui est la caractéristique de tout fantôme vivant exérioré. — Ces deux considérations suffisent pour expliquer F accroissement des forces de ce fantôme.
D’un autre côté, la production de gifles ou claques ne s’explique pas très bien, car, vraiment, c’est là une familiarité répréhensible et dont X... s’excusa tout d’abord auprès de la patiente. Mais il y a plus: comme jamais, au grand jamais, il n’avait été même effleuré par l’idée de voies de fait à l’encontre de son sujet réceptif, il douta d’abord que ce fût son fantôme extérioré qui eût eu recours à des procédés si éminemment regrettables; et il se demanda — Mme A., je le répète, étant douée d’une puissante médiumnité — si ce n’était pas une Entité extérieure qui avait pris sa forme près de ce sujet, dans un but encore inexpliqué. Mais l’air narquois de son visage, qu’a constaté Mme A., lui donne à penser que c’est bien lui qui, inconsciemment — je rappelle qu’il n’a pas encore acquis la maîtrise de ses actes en telle occurence — a eu recours, pour attirer l’attention du sujet réceptif à demi endormi, à -des procédés qui ne sont pas encore admis par les manuels de civilité. Mais la civilité astrale est-elle la même que la civilité humaine? Il semble, d’après quantité de faits antérieurs, et dont on retrouve maints exemples dans les Phaniasms of liuings des Drs Gurney, Myers et Podmore, que* sur le plan voisin, la répréherision ne commence à s’exercer que dans les cas de lésion effective et de blessure. C’est d’ailleurs là un chapitre très obscur de psychologie expérimentale et que l’avenir seul arrivera à élucider (1).
— « Enfin, voici le compte rendu d’une expérience postérieure qui montrera ce que peut produire l’exer-
(1) Depuis cette expérience, des années se sont passées; X... a déménagé, mais jamais il n’a retrouvé le morceau de verre emporté par lui; cet objet a dû tomber dans la rue à quelques mètres du sujet réceptif.
cice de cette faculté, arrivée au point de développement que nous connaissons, lorsqu’elle est mise à contribution en toute conscience, mais sans préparation préalable.
Le 14 décembre 1912, X... se trouvait dans le milieu où il avait déjà expérimenté trois fois en public; on lui demanda de faire un essai à l’improviste. Il accepta, désireux de procéder à cette expérience impromptu, non pour les assistants mais pour lui-même.
En effet, l’expérimentation publique en pareille matière, constitue la pire des conditions, en ce sens que, bien que pour utiliser les forces de l’assistance, on la prie de vouloir fermement, et conjointement avec l’opérateur, que le phénomène se produise, il y a toujours à compter avec un sentiment d’égoïste curiosité qui fait songer à toutes les personnes présentes: « Que va-t-il se passer? » et qui produit des fluides adverses dont l’opérateur est entouré, qu’il ne peut dominer que par l’intensité de sa volonté.
De plus, chaque fois que X... sait devoir procéder le soir à son dédoublement devant une assemblée, son curriculum vitæ du jour est le suivant: — Il se lève vers 9 heures, de façon à n’être pas fatigué 'de sa matinée, et jusqu’au déjeuner, il cherche dans les menus événements de la matinée toutes les causes les plus futiles d’irritation, les accumule, les exagère à plaisir, de manière à exacerber à la fois sa mentalité et son système nerveux. Le déjeuner est, pour lui, très modéré, de façon à ne pas surcharger l’estomac. Après ce repas, autant il évite les causes d’irritation de façon que le corps astral, bien équilibré, soit en pleine possession de soi-même et accroisse dans la mesure du possible sa puissance de domination sur l’organisme matériel, autant il cherche tous les moyens de s’énerver, au hasard des incidents de la journée, en vue de se mettre, pour le soir, dans cet état où, suivant son expression, ou éprouve le besoin de casser quelque chose. Au repas du soir, il prend simplement quelques cuillerées de bouillon, très lentement absorbées, et qui ont simple-
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ment pour but de tromper l’estomac, de telle façon les exigences de cet organe ne lui soient pas un stâjjel de trouble au cours de la soirée. En un mot, il orga:«iœ son existence de la journée de manière à arriver aix moment de l’expérience avec un estomac aussi vide possible, avec une volonté sûre d’elle-même,, et awr une neuricité absolument exaspérée. ,
Or, ce jour-là, rien de tel.
De vieux amis étaient venus déjeuner chez lui, et. la conversation aidant, il avait mangé plus copieusement qu’à son habitude, sans cependant faire d’exœ& L’après-midi s’était ensuite passée pour lui en conversations d’une certaine gaîté; enfin, le soir, il avait d&ue à son ordinaire, c’est-à-dire modérément, mais à faim.
Il était donc, au moment de l’expérience, dans tesplus fâcheuses conditions qui pussent se présenter: I*r mental sans aucun entraînement, la neuricité ahsote— ment normale, et l’estomac en plein travail de digestion.
Il vit là une expérience particulière à tenter pour s® personnellement, afin de savoir si, dans ces conditions II obtiendrait quelque résultat, et résolut de risquer ce qus pour lui, était une véritable aventure.
Il avertit d’abord les assistants des conditions défavorables où il se trouvait, pour qu’il n’y eut pas de mécompte en cas d’échec. Puis, sans aucun entraînement, samaucune prépartion autre que celle qui consiste à amener l’anéantissement momentané des cinq sens, étendu d'aiœ un fauteuil, il procéda à son dédoublement.
Un seul sujet magnétique était présent qui devait servir à la fois de voyant et de sujet réceptif, et que l’opérateur se proposait de frapper à l’épaule gauche. Mis em sommeil magnétique, ce sujet déclara que le fantôme sfe l’opérateur s’extériorait, mais sans s’éloigner du em$m physique, probablement par insuffisance de force. Ou le rapprocha de l’opérateur, mais, dans ces conditions dL par suite du manque absolu de l’entraînement préalaMcu
le fantôme ne put accomplir aucun acte, et après quelques minutes on réveilla l’opérateur et le sujet.
Une dame T., qui est voyante et qui se trouvait dans l’assistance, déclara, après l’expérience, que, conformément à ce qu’avait annoncé le sujet magnétique, ellemême avait vu le fantôme extérioré à la gauche de l’opérateur, mais terne, mal condensé et sans force.
Quoiqu’il en soit, cet essai démontre que X... est apte à se dédoubler même dans les plus fâcheuses conditions, h l’improviste et sans préparation aucune, mais que par contre, il ne peut, en cet état, aboutir à aucun résultat effectif sans préparation préalable; c’est ce qu’il voulait savoir en faisant cette tentative, et la réalité du. fait est acquise pour lui. En poursuivant cependant son entraînement et à force d’essais, il compte arriver à donner à son fantôme extérioré la force qui lui manque encore dans cette sorte d’expérimentation improvisée. L’avenir seul dira si la chose est possible.
Ainsi, au point où en est actuellement arrivé X... il /est en possession de plus de la moitié des éléments qui constituent une parfaite sortie en astral:
— Son organisme a acquis la faculté de se dissocier.
— Il sait déployer la volonté nécessaire pour arriver au dédoublement (1).
— Il peut envoyer son fantôme à tel endroit voulu par avance (2).
— Il possède la tangibilité, la visibilité et l’audibilité.
— Il réintègre son sarcosome avec une facilité satisfaisante, et en quelque sorte mécaniquement.
Par contre, il lui manque trois facultés spéciales:
— La possibilité d’accomplir, en état de dégagement, tel acte préalablement voulu (3).
(1) Ses réussites montrent par la force même déployée par le fantôme, qu’il est très bien condensé et que les échecs ne doivent provenir que de conditions extérieures, état défectueux de l’atmosphère ou du milieu, etc.
(2) Quitte à y rencontrer un sujet capable d’extériorer sa propre force aithérique et de la lui communiquer pour lui permettre de manifester sa présence, et doué des facultés de perception nécessaires pour le voir ou le sentir.
(3) Cependant, comme on a pu le voir au cours des expériences qui précèdent, il commence à se faire obéir par son fantôme.
— La conscience de sa direction.
— Le souvenir de ce qui s’est passé et de ce qu’il a fait durant ses périodes d’extérioration.
C’est à l’heure actuelle ce qu’il s’efforce d’acquérir en se soumettant à une série de tentatives conduite scientifiquement, dans des conditions particulières que ce n’est pas ici le lieu de détailler, car ce ne serait que répéter ce qui a été dit plus haut dans les chapitres spéciaux relatifs au développement de la faculté d’extérioration.
Depuis cette époque, X... n’a fait aucune expérience en public: elles répuisaient. Mais il s’est manifesté auprès de plusieurs personnes, et — c’est son principal progrès — il s’extériore très facilement à l’improviste et sans aucune préparation.
Il existe des quantités de photographies de dédoublement obtenues très généralement par hasard: nous en donnons une (fig. XXXIY) qui compte parmi les plus remarquables.