‹ Méthode de dédoublement personnelChapitre 4 sur 32 · DÉFINITION - LA LÉGENDE - L'HISTOIRE — LA SCIENCE · texte numérisé non relu

DÉFINITION - LA LÉGENDE - L'HISTOIRE — LA SCIENCE

Ce phénomène de haute physiologie qui consiste à laisser le corps physique — disons le quasi-cadavre, pour être net — au lieu où il se trouve, tandis que le fantôme

Fig. 2. — Le double chez les Egyptiens.

Bas-relief relatif à la naissance d’Aménophis III. L’enfant et son double — qui porte sur la tête la bannière surmontée de i’épervier — sont présentés à Ammon-Râ.

est envoyé au loin pour y accomplir tel acte défini, a porte dans le passé et porte encore bien des noms.

Les anciens y voyaient des théophanies lorsqu’il s’agissait de la vision terrestre d’un personnage divin, des idolophanies lorsque le sujet était un être humain.

Le peuple de nos jours, le qualifie apparition ou revenance quand il s’applique aux morts, apparition seulement ou. vision quand il s’applique aux vivants.

Les annales religieuses emploient le terme de bÜQcation qui exprime bien ce qu’il veut dire: la présence simultanée de la même personne en deux endroits différents.

Les hagiographes utilisent plus particulièrement les mots bicorporéité lorsqu’ils veulent faire comprendre que le sujet possède effectivement deux corps dont chacun se voit en l’un des deux endroits; ou représentation quand ils pensent que l’un des deux corps appartient en propre au sujet alors que l’autre n’en est qu’une figuration modelée et animée par un ange.

Lorsqu’il s’agit des apparitions de Jésus, c’est le terme spécial de christophanie qui est employé.

Pour les sorciers qu’à tort ou à raison on croit se manifester sous des apparences animales et particulièrement sous la figure d’un loup, les appellations qui caractérisent leur vision sont celles de zoanthropie et de lycanihropie .

Les spirites, qui ont d’ordinaire affaire à l’esprit des morts, qualifient ce phénomène de matérialisation .

Les occultistes qui l’ont expérimenté et pratiqué de tous temps l’appellent très justement sortie en astral; en effet le mécanisme du phénomène consiste en ceci que la partie intelligente et semi-matérielle de l’être sort du corps physique et se projette sur le plan astral — intermédiaire entre le plan divin et le plan matériel — pour, de là, se manifester sur le plan physique selon le but proposé.

La science moderne qui s’en occupe a d’abord commencé par le ranger, pour ne point se compromettre, parmi les hallucinations télépathiques; à l’heure actuelle, elle lui applique les noms de dissociation de l’être, dédoublement , extérioration , etc., et dans les cas d’impression visuelle, celui de phantasmato phanie.

Les légendes foisonnent, tant dans l’antiquité que dans les temps modernes, de personnages vivants ou défunts qui se font voir corporellement.

Une des premières idolophanies connues se rencontre dans Y Iliade (xxm): Patrocle, tué par Hector, apparaît comme s’il était encore vivant.

Tout le monde connaît les récits qui ont été faits des dédoublements d’Appolîonius de Tyane, et Simon le Mage semble avoir eu une renommée au moins égale.

La Vie des Saints fourmille de récits légendaires de même nature, et cette croyance à la dissociation de l’être humain était bien établie, puisque nous voyons l’apôtre Paul citer (h Cor. 2-4) un homme qui fut ravi — corporellement ou non — au ciel pour y entendre des paroles ineffables.

A tort ou à raison, on a attribué le même pouvoir à tous les thaumaturges, à tous les personnages mystérieux du Moyen Age et des Temps Modernes, Cagliostro, le comte de Saint-Germain, etc., et les contes bleus de nos pères sont remplis de récits de nature identique.

Aujourd’hui, toutes les villes, toutes les campagnes ont leurs traditions spéciales relatives à tel personnage renommé pour ses vertus, le curé d’Ars, par exemple — sorcier émérite, tel Thorel — ou simplement ayant tenu un rôle marquant, d’une façon ou d’une autre dans la chronique locale, particulièrement dans les régions, comme la Bretagne, où la croyance au merveilleux est, en quelque sorte, article de foi.

Enfin, il n’est peut-être pas de famille où ne circule un récit de cette nature — apparition d’un vivant ou d’un défunt — plus ou moins bien établi, plus ou moins controuvé, né peut-être d’un fait réel et peut-être d’un fait imaginaire, qui, en passant de bouche en bouche, de l’ aïeul aux petits enfants, n’ait acquis, à la longue, droit de cité.

Tout ceci n’est que le côté légendaire de la question, mais il montre, par sa ténacité même, qu’il doit y avoir quelque base sérieuse à une si longue succession de croyances et de narrations surajoutées les unes aux autres.

Nous allons maintenant entrer dans l’histoire, c’est-àdire dans l’énumération de faits recueillis par des au-

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leurs sérieux, soumis à la critique et paraissant assez: nettement établis pour qu’on puisse leur faire foi.

La science antique connaissait bien ce phénomène, que nous trouvons décrit figurativement sur les monuments de la vieille Egypte; nous donnons une reproduction de sculpture Egyptienne figurant un double et montrant qu’à cette époque reculée le phénomène était assez répandu dans le public pour faire partie de l’exotérisme religieux (Fig. 2).

D’autre part, la planche 1 montre que ce phénomène du dédoublement personnel était enseigné par le bouddhisme chinois dans une haute antiquité. Enfin la planche 3 nous représente le mythe de l’extérioration du fantôme tel qu’il était symbolisé dans l’enseignement mystérial chez les Grecs.

Il n’est pas dans mon idée d’écrire par le menu l’historique de la question. On trouvera ce travail fait — et fort bien établi, avec toutes les citations nécessaires — au chapitre lîl, du « Fantôme des vivants », de Hector Durville (1), auquel je renvoie le lecteur curieux de détails;; je me bornerai ici à attirer brièvement l’attention sur les citations les plus marquantes et à indiquer les ouvrages où l’on trouvera rassemblées les principales et les plus nombreuses relations de documents touchant le sujet qui nous occupe.

Dans saint Augustin (Civ.) on rencontre le cas d’extérioration, très étudié, d’un certain Prestantius.

Tacite ( Hist .) et Suétone (XII Cæs .) citent tous deux la Lilocation de Basilide.

Gœrres et l’abbé Ribet, dans leurs Mystiques rapportent de nombreux cas, les uns encore légendaires, mais d’autres appuyés sur des preuves sérieuses: la bilocation de saint Clément, pape, vu simultanément à Rome et à Pise — celle de saint Alphonse de Liguori qui était à la fois à Arienzo et à Rome — celle de saint François-Xavier qui fait acte de présence en même temps sur son navire et

(1) Le Fantôme des Vivants, Dédoublement expérimental des corps de V Homme. Un volume in-12 illustré, Faris 1909. (Henri UurviMe. imprimeuréditeur).

.■sur une chaloupe en perdition loin de là — les extases de Marie d’Agréda pendant lesquelles elle se trouvait à la fois en Espagne et en Amérique, etc.

Glanvil, philosophe anglais cite les cas d’extérioration, maintenant en quelque sorte classiques, de Jeanne Brooks et de Juliane Cox, toutes deux sorcières.

En 1851 le juge de paix d’Yerville évoquait à sa barre une affaire de dédoublement bien connue maintenant sous le nom d’affaire de Cideviile (1).

Outre les auteurs de Mystiques déjà cités, on trouvera de sérieuses discussions des faits dans les Principes de théologie Mystique, du P. Séraphin (2), dans l’Imagination et ses prodiges , de Mgr E. Méric (3) (un des écrivains religieux qui ont le mieux étudié les faces diverses du Mystère), dans le Merveilleux divin et le merveilleux démoniaque , de Boni Maréchaux (4) etc.

Les ouvrages de Mme Blavatsky, de Sinnett, du col. Olcott, du Dr Pascal et autres écrivains théosophiques fourniront de nombreux documents aux chercheurs. Il en est de même, au point de vue spirite, des œuvres de Gab. Delanne, notamment ses Apparitions matérialisées des vivants et des morts (5).

Les faits contemporains, innombrables, se trouvent exposés, sans discussion mais avec preuve à l’appui, dans The plantasms of livings ( fantômes des vivants ), des Drs Gurney, Myers et Podmore, traduits partiellement en «français, sous le titre les Hallucinations télépathiques, par Marillier (6) et préfacés par le Prof. Ch. Richet. On en trouvera nombre d’autres dans les ouvrages de Flammarion — notamment l’Inconnu et les problèmes psychiques (7), — du Dr Dariex, de Papus, du colonel de Rochas, de d’Àssier ( Essai sur l’humanité posthume) (8),

(1) On trouvera le détail et le texte du jugement dans la Sorcellerie < des Campagnes, du même auteur, (1 vol. in-8, Paris 1910).

(2) 2 vol. in-8, Paris, 1849.

(3) 1 vol. Paris, 1905.

(4) 1 vol. n-S, Paris, s. d.

(5) 2 vol. in-8, Paris, 1909.

(6) 1 vol. in-8, Paris, 1892.

(7) 1 vol. in-12, Paris, s# d.

(8) 1 vol. in-12, Paris, 1883.

Fig. 3. — Minerve sortant armée du cerveau de Jupiter. (Copie de M. A. Teyssandier, d’après un vase grec.)

Mythe de l’enseignement des Mystères symbolisant le dédoublement: — Minerve armée représente l’intelügence et la force; sortant de Jupiter, elle constitue l’extérioration, par qui est maître de soi, du fantôme çomposé dix corps astral (force neurique) dirigé par le corps mental (intelligence).

Se Gougenot des Mousseaux, dans le livre précité (le Fantôme des vivants ), de Hector Durville, etc.

D’autre part, il est des cas absolument prouvés, tel, entre bien d’autres, celui d’Emilie Sagée, dont toutes les élèves voient constamment le fantôme dans le jardin tandis qu’elle-même occupe sa chaire.

Enfin, il existe des preuves indéniables que le vivant peut se dédoubler: c’est la photographie qui les donne. Parmi les photographies de cette sorte les plus connues, je citerai celle du prêtre, celle des demoiselles Pinard, obtenues par le commandant Darget, celles d’une jeune fille reproduites dans les Annales des sciences psychiques (octobre 1905) par le colonel de Rochas, celle de la fiancée du capitaine Volpi, etc. (1).

Mais ici nous sommes entrés dans le côté scientifique de la question; je vais le reprendre de plus haut.

Dès longtemps on avait remarqué que, dans certaines conditions, l’homme — comme toutes choses d’ailleurs — cmet des rayons lumineux que perçoivent certains sujets doués d’une sensitivité spéciale. Le chevalier de Reichenhach, qui avait eu l’occasion d’étudier ces radiations, les avait appelées odiques du terme od, que l’occultisme applique, après la Kabaie hébraïque, à une sorte de lumière mystérieuse.

Le magnétisme, en développant la sensitivité des sujets spéciaux, avait donné de plus grandes facilités pour observer les radiations dont il s’agit; néanmoins cette étude était restée stationnaire, lorsque le colonel de Rochas reprit les expériences de Reichenbach, à l’aide de sujets magnétiques plongés dans les états de sommeil de plus en plus profonds, afin de leur faire mieux distinguer le rayonnement qu’ils émettaient eux-mêmes, et qui était à la fois plus abondant et plus perceptible au fur et à mesure que leur état magnétique devenait plus profond.

D’abord ils remarquèrent que ces effluves formaient autour d’eux des courbes concentriques, une sorte d’aura

(1) La plupart de ces photographies et plusieurs autres, parmi les plus intéressantes de celles qui existent, se trouvent dans le corps du présent ouvrage.

plus ou moins éloignée du sujet, où l’expérience démontra que se trouvait extériorée la sensibilité de ce sujet (Fig. 4).

Cette couche sensible, invisible pour les individus nor-

Fig. 4. — Extériorisation de la sensibilité.

Schéma montrant les zones successives de la sensibilité extériorée du sujet. — Eu haut, le détail de la main tenant un coffret montre comment le sujet peut i^rendre connaissance des objets enfermés dans ce coffret.

maux, était très visible pour le sujet et pour les sensitifs adjoints, sur les indications desquels on pouvait léser, — par une piqûre, par un pincement — dans cette aura, la

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sensibilité du sujet alors que celui-ci percevait corporellement la sensation de la lésion (1). L

On poursuivit la magnétisation; les sujets voyaient s’échapper d’eux, à droite et à gauche, des nuées lumineuses, rougeâtres, d'un côté, bleuâtres de l’autre, qui, peu à peu, prenaient leur ressemblance, et formaient chacune comme un demi-fantôme du sujet, à droite et à gauche de lui. En continuant à approfondir le sommeil du sujet, celui-ci voyait les deux demi-fantômes se réunir en un seul fantôme unissant en soi les colorations de ses deux fragments constitutifs.

Dès lors, le fantôme humain, vivant, était extérioré (2).. Voici en quels termes le colonel de Rochas rend compte de son admirable découverte (3).

« Au: bout d’un temps variable, généralement après la septième ou huitième phase de léthargie, les couches dont

(1) Je prie le lecteur de bien remarquer cette particularité qui nous donnera plus loin la clé du phénomène dit de répercussion.

(2) Le magnétisme joue un tel rôle dans les cas de dédoublement objectif qu’il arrive parfois de produire ce phénomène sans s’en douter. — • Un des cas les plus curieux, et le seul cas subjectif que je connaisse dans ces conditions, est celui de M. Bouvier, magnétiseur bien connu à Lyon, qui le raconte en ces termes:

« 11 y a quelques années, c’était dans les premiers jours de septembre, je prenais le train léger de G h. 20 du soir, venant de Vienne à Lyon. Je me trouvai complètement seul dans le wagon de tête .et bien au milieu du premier compartiment, tournant le dos à la machine. A peine installé,, ne me trouvant gêné par personne, l’idée me vint de magnétiser mon chapeau afin de me rendre compte si je pourrais le faire mouvoir sous mon action personnelle, sans autre effort que celui de ma volonté.

« Après quelques minutes de magnétisation, pensant à autre chose après le coup de sifflet de la machine annonçant l’arrivée à Estressin, machinalement je remis mon chapeau sur ma tête, tout en suivant le cours de mes idées. Que se passa-t-il? Tout à coup je me vis assis en face de moi! La première idée qui me vint fut celle-ci: « C’est fait? le train a déraillé, un accident est survenu et je suis passé dans l’autre monde ». Pour me rendre compte de la réalité et savoir lequel des deux moi était le vrai, je me presse les flancs avec les mains, et, oh! stupéfaction! je ne sens aucune résistance; alors, je m’approche de celui qui était en face de moï et qui ne bougeait pas, je le saisis par le milieu du corps: mes bras passent également à travers! Cette fois, je fus piis d’une véritable angoisse; je pensai à ma famille, à mes amis; en quelques instants qui me parurent des siècles, je remontai le cours de ma vie dont les actes se déroulaient en une apothéose, qui finissait en me revoyant tout petit sur les. bras de ma mère; puis je me sentis, pour ainsi dire, me fondre en moi, tout en m’épaississant au lieu de me diluer, et finalement je repris possession entière de mon individualité.» (Cité par A. de Rochas, Les Vies successives, 1 vol. Paris, 1911).

(3) Extériorisation de la sensibilité, 1 vol. in-8, Paris, 1899.

^intensité se développait principalement sur les côtés du sujet se coagulent pour ainsi dire en une sorte de fantôme bleuâtre placé à sa gauche, à la distance d’un mètre environ. Ce fantôme prend rapidement la forme et la position de la moitié gauche du corps du sujet qui ne sient plus que les actions exercées sur la portion de l’espace occupée par ce fantôme, ou (mais à un bien moindre degré) sur les liens qui réunissent les parties correspondantes du corps matériel et du corps lluidique. Ce dernier répète du reste, comme une ombre , tous les mouvements exécutés par le premier.

« De nouvelles passes déterminent la formation, à droite du sujet, et à peu près à la même distance, d’un second demi-fantôme jouissant des mêmes propriétés que le premier, mais qui est rouge au lieu d’être bleu.

« Poursuivons encore la magnétisation, et, après une ou deux nouvelles phases de léthargie, les deux sujets voyants s’accorderont à dire que les deux demi-fantômes de B. se sont peu à peu allongés du côté de l’opérateur en émettant des flammes mobiles, et ont fini par se souder, de manière à former, entre cet opérateur et le sujet, un fantôme complet bleu à gauche, rouge à droite.

« Ce fantôme devient de plus en plus matériel, et aussi de moins en moins sensible, à mesure que le fluide du magnétiseur remplace (c’est du moins une hypothèse qu’on peut admettre) dans le corps du sujet le propre fluide de celui qui s’extériorise dans le double. Ses vêtements qui, dans le début, ne présentaient qu’une forme indéterminée et rappelaient ces suaires blancs que la tradition attribue aux spectres, se précisent, prennent des formes nettes, tout en restant transparents, comme le reste du corps astral ià travers lequel les voyants aperçoivent les objets placés en arrière. »

\ oici, d autre part, un résumé très net de l’opération, paru dans les Annales Psychiques de 1895:

2 janvier 1894.

« Je me place en face de Laurent, et je le magnétise avec des passes dans une demi-obscurité. Au bout de quelque

temps, il voit une colonne lumineuse bleue se former à sa gauche, puis s’éloigner à mesure que se succèdent les états de l’hypnose, séparés par leurs phases de léthargie. En même temps se développait à droite une colonne lumineuse rouge qui avait apparu postérieurement à la colonne bleue, et qui s’éloigne également. Ces colonnes deviennent de plus en plus lumineuses, mais sans formes distinctes; ce sont des nuées de sa grosseur et de sa hauteur, représentant grossièrement le profil de son corps: quand il soulevait un de ses bras, un renilement apparaissait à la nuée du côté correspondant; j’actionnai alors vivement son épigastre, de manière à soutirer du fluide. Laurent déclara qu’il se sentait vider; au bout de quelques instants, il vit les colonnes se réunir entre lui et moi et former une colonne mi-partie rouge et bleue, représentant encore la forme de son corps.

« J’en approchai un tison enflammé; il accusa une forte sensation de brûlure. Quand je touchais son fantôme avec la main, il sentait le pincement, mais il ne le sentait plus dès que ma main cessait d’être en contact avec le fantôme. J’interposai pendant trente secondes ma main entre le fantôme et sa jambe; après le réveil, la jambe était complètement inerte, et je dus la frictionner énergiquement pour la ramener à son état normal... »

Pendant des années, la question resta stationnaire, le colonel de Rochas semblant l’avoir délaissée d’une part* et, d’un autre côté, le danger de l’expérience en détournant les chercheurs. Il semblait donc que l’on ne pùt pas aller au-delà; on savait que le fantôme vivant pouvait être, avait été extérioré; c’est tout.

C’est alors que, tout récemment, Hector Durville eut l’idée de reprendre les expériences du colonel de Rochas par des procédés qui simplifient les opérations.

Tout d’abord il constata certaines différences dans le mode de formation des fantômes; ceux-ci se condensaient bien à droite et à gauche du sujet mais sous forme de masses fluidiques n’offrant aucune ressemblance avec lui. Ils n’en présentaient pas davantage lorsque les deux masses fluidiques se réunissaient à sa gauche; c’était alors « une masse indécise, une colonne vaporeuse, sensiblement plus haute et plus large que le sujet;

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toujours sous l’action de la magnétisation dirigée sur celui-ci, cette masse diminue de volume, se condense, devient plus lumineuse, et prend peu à peu une forme humaine; bientôt, cette forme, qui se condense encore, prend exactement celle du sujet; c’est son double, son fantôme, qui est toujours debout à sa gauche, et parfois un peu en avant... les contours sont plus ou moins nets et précis, surtout à la partie supérieure qui est beaucoup plus active que l’inférieure. Sous l’action de la magnétisation qui continue, le fantôme se condense et devient plus lumineux, surtout vers la tête; arrivé à un certain point de condensation, il prend l’attituide du sujet; celuici étant confortablement assis dans un fauteuil, celui-là s’assied dans un autre disposé pour lui à la place qu’il doit occuper; et là, comme une ombre, il répète tous les mouvements et gestes du sujet; c’est l’image de celui-ci, image objective, réelle, car réfléchie par les glaces, réfractée en passant d’un milieu dans un autre, comme la lumière: on peut le photographier (1). »

Ainsi on est arrivé à avoir la preuve du dédoublement du sujet vivant, dont on peut protographier, à part, le corps physique et, à part, le fantôme; on n’en est plus réduit aux affirmations de sujets sensitifs — loyaux, certainement, mais enfin faillibles.

Mais M. Hector Durville va plus loin (2). Par une série d’expérier -,es bien conçues et bien conduites, il étudie le fantôme . nsi produit, à toutes sortes de points de vue; il constate que ses sens sont identiques à ceux de l’organisme physique, mais infiniment plus développés; fl examine à part et successivement, chez le fantôme vivant, la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher, et constate l’acuité de ces sens; il expérimente son action sur d’autres fantômes vivants, sur les sujets non dédoublés, sur

(1) Hector Durville. loco citato . — Cette observation remonte au début de ces études. Maintenant, on sait que c’est le fantôme qui fait les gestes, et que c’est le sujet qui les répète.

(2) On trouvera dans l’ouvrage de M. Hector Durville: Le Fantôme de ? Vivants, déjà cité, la relation détaillée de toutes ces expériences. (Henri Durville, imprimeur-éditeur).

des assistants quelconques, sur la matière — et les réactions inverses qui s’ensuivent, des sujets magnétisés, des témoins, de la matière, sur le fantôme.

A cet égard, il me faut citer en entier un passage relatif à l’action qui, concurremment avec la photographie, permettra plus loin, de contrôler les dédoublements personnels.

« Le fantôme dégage des rayons N en très grande abondance qui iEuiminent les écrans phosphorescents de façon trèsremarquable.

« Je vais donner quelques indications sur ces rayons pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec les dernières découvertes qui ont eu lieu en physique.

« Au commencement de 1903, M. Biondlot, professeur de physique à l’Université de Nancy, en étudiant les rayons X, qui ne se réfractent pas, observa des rayons qui se réfractent. Bientôt il découvrit que ces rayons sont indépendants des rayons X, et qu’ils ont pour caractéristique principale d’augmenter l’éclat d’une petite flamme.

« Ces rayons se trouvent en abondance dans la lumière du soleil, dans la lumière d’un bec auer, lorsque le manchon est neuf; dans le corps humain, comme Charpentier, un autre professeur de Nancy l’a démontré, et dans certains agents de la nature, comme d’autres observateurs l’ont constaté.

« Les professeurs de Nancy ont donné à ces nouveaux rayons qui augmentent l’éclat d’une petite flamme, le nom de rayons N, comme ayant été découverts à Nancy.

« La pratique a démontré qu’on pouvait avantageusement remplacer la petite flamme par un écran noir sur lequel on a préalablement déposé, de place en place, des petites surfaces de sulfure de calcium, à condition que cet écran ait été soumis pendant quelques instants à une source de rayons N, ou, de préférence, à la lumière du soleil. L’écran ainsi insolé est conservé à l’ombre, dans un endroit sec, et, lorsqu’on veut s’en servir, on le met dans une obscurité relative, si l’on ne peut avoir l’obscurité complète, et l’écran devient lumineux dès que l’on approche de lui une source secondaire quelconque de rayons N.

« C’est avec ces écrans que j’ai fait mes expériences sur le fantôme. Voici la relation d’une séance d’étude:

« J’ai deux grands écrans et un certains nombre de petits. Pour les expériences que je vais exposer, j’ai pris les deux

grands écrans et un petit que j’avais exposés à la lumière du soleil. Voici le résultat d’une expérience faite dans l’obscurité complète. Le sujet est Mme François; les témoins sont M. François et M. Sigogne, professeur à l’Université de Bruxelles,

« Le sujet étant dédoublé, je prends les trois écrans en question et les présente aux témoins qui constatent qu’ils sont complètement obscurs. Laissant momentanément le petit de côté, je dépose l’un des grands sur l’abdomen du sujet, et je tiens l’autre dans le fantôme qui est assis sur un fauteuil, à la gauche du1 sujet.

« L’écran placé dans le fantôme s'illumine rapidement et celui qui est sur le sujet reste complètement obscur. Au bout de quelques minutes je les prends tous deux et les présente aux témoins qui sont très étonnés de ce phénomène. Je prends ensuite le dernier écran resté obscur sur le sujet, et le place dans le fantôme. Il s’allume immédiatement comme le premier; je les présente de nouveau aux témoins qui les voient suffisamment illuminés pour qu’il puissent très facilement compter toutes les taches de sulfure de calcium à un mètre de distance.

« Je prends ensuite le petit écran qui n’a pas encore servi et le place sur l’abdomen du sujet pendant deux à trois minutes sans qu’il donne la plus petite trace de luminosité. Je le place ensuite dans le fantôme et il s’illumine à un très haut, degré. Les témoins constatent qu’il éclaire assez pour permettre à l’un d’eux de voir l'heure que marque une montre.

« Ces expériences répétées une dizaine de fois avec sept ou huit sujets différents, m’ont toujours donné des résultats analogues — résultats très intenses lorsque les écrans étaient bien insolés, moins importants lorsque l’insolation était insuffisante.

« Il est bon d’ajouter ici que j’avais préalablement constaté avec presque tous les sujets non dédoublés leur action sur les mêmes écrans. Lorsque, dans l’obscurité, ils approchent leur main de l’écran, surtout s’ils ferment énergiquement le poing, l’écran s’illumine plus ou moins, comme il le fait d’ailleurs avec n’importe quelle personne. Mais il est à remarquer que la luminosité est toujours considérablement moins grande que celle que l’on observe lorsque l’écran est posé dans le fantôme.

« Cette série d’expériences avec des écrans phosphorescents démontre une fois de plus que le corps physique du su-

jet dédoublé n’est plus le siège d’aucune activité; dans tous les cas, qu’il ne produit pas de rayon N, tandis que le fantôme devient une source extraordinairement intense de ces rayons » (1).

En poursuivant ses études sur le fantôme vivant, H. Durville constata des bruits divers, coups frappés, à proximité ou à distance, pesées sur une balance, déplacements sans contact d’objets, même assez pesants tels qu’un fauteuil, une table, etc., soulèvement d’objets et même d’individus, phénomènes lumineux, en. un mot tous les phénomènes que l’on a l’habitude de rencontrer dans une séances de matérialisation psychique; il constata l’action du fantôme sur le sthénomètre du Dr P. Joire, instrument dont on se sert pour mesurer la force psychique. Il va même jusqu’à étudier le vêtement du fantôme, ce qui l’amène à cette conclusion qu’il présente comme une hypothèse: Le fantôme est drapé [dans une gaze fluidique ou voile vaporeux ] lorsque , ri ayant pas de motif sérieux pour se montrer , il flotte indécis dans un état de matérialisation peu avancé; il est au contraire vêtu comme le sujet lorsque , pour une raison quelconque , il est plus lourd et plus matériel — et aussi, me permettrai-je d’ajouter d’après mes études et mes observations personnelles, lorsqu’il a intérêt à être reconnu des personnes à qui il se révèle.

Mais Hector Durville est allé plus loin encore.

Il a décomposé le fantôme vivant en:

a) Double, corps aithérique ou odique, semi-matériel, mais coloré de bleu à gauche, de rouge pâle à droite, détenteur de la vie du sujet dont il ne s’éloigne que très peu. Ce double a toujours la forme humaine et semble mourir quelques jours après le corps physique.

b) Corps astral, lumineux, détenteur de la sensibilité du sujet dont il peut s’éloigner à de grandes distances.

(1) Hector Durville, loc. cit. — Les rayons N, d’abord reçus par la science avec un enthousiasme irréfléchi, ont ensuite vu dénier leur objectivité à la suite d’expériences mal conduites; ils sont maintenant l’objet d’un injuste ostracisme dont ils sortiront certainement un jour prochain. (Note de l'auteur).

Il a, en principe, la forme humaine (1), mais il peut, dans certaines circonstances, modifier cette forme en une autre quelconque (2).

c) Corps mental constitué principalement par une boule lumineuse qui en occupe le sommet (3). Il détient l’intelligence du sujet, et suit toujours le corps astral qui en est, en quelque sorte, le support. Il semble n’avoir pas de forme propre mais alïecter une apparence ellipsoïdale dont la boule mentale occupe l’extrémité supérieure, et qui, chez l’individu intégral et normal, serait comme une aura débordant du corps physique qu'elle envelopperait (4).

C’est alors, au principe de 1910, que H. Durville voulut bien m’admettre — ce dont je le remercie ici bien cordialement — à ses expériences pour étudier un détail: la nature dui souffle froid qui se fait sentir au début de chaque séance, phénomène sur l’essence duquel il ne put me donner aucune indication, mais qui me paraissait analogue à celui qu’on éprouve au commencement de toute séance de matérialisation spirite, et qui est dû au

(1) De toutes récentes expériences, il semblerait résulter qu’il n’affecte la forme humaine que par son accoutumance à cette forme clans le corps physique, mais qu’en réalité il n’a pas de forme propre. En tous cas, lorsqu’il a la forme humaine, il est toujours plus peüt que le corps physique auquel il appartient.

(2) Ceci expliquerait le péhnomène de la zoantliropie (loups-garous).

(3) Le regretté Dr H. Baraduc, dans ses photographies psychiques, a souvent obtenu cette boule lumineuse que, par intuition, il avait dénommée boule mentale parce qu’elle lui paraissait, dans une personnalité normalement constituée, envelopper toujours le cerveau. Nous donnons ici plusieurs photographies de la boule mentale ( fig . \ à VIII).

(4) On est, depuis lors, allé encore plus loin dans cette voie, et le corps causal, — caractérisé par une flamme dont le sommet est circonscrit d’un halo — détenteur de principes intellectuels supérieurs, mémoire, volonté, etc., a été isolé par M. L. Lefranc, un élève et collaborateur de Hector Durville; depuis, j’ai repris personnellement ces expériences; j’ai pu constater que tous ces éléments font partie d’un intermédiaire plastique entre l’esprit et le corps, lequel intermédiaire plastique constituerait l’âme; de plus, en poursuivant la série des dédoublements, j’ai mis successivement en liberté et étudié isolément: — un 5© élément, l’âme morale (distinction du mal et du mal; forme: soleil éblouissant); — un 6e, l’âine intuitive (relations avec l’esprit; forme: fer de lance); — et un 7e, l’âme conscientielle (siège du moi ; forme: sorte d’ostensoir. J’ai moimême pu extériorer l’esprit, sous forme de petite flamme à facettes, mais cette extérioration est assez dangereuse, par suite de la difficulté de réintégration. (V. l’Ame humaine, du même auteur, f vol. in-12, Paris, s. d.).

mélange clés fluides des assistants. Par suite, il me fut donné de palper le fantôme vivant (avec précaution puisqu’il n’est pas solide et comporte en soi la sensibilité du sujet), ce qui me produisit une sensation analogue à celle qu’on éprouverait en plongeant les doigts dans un milieu glacé.

Donc, le fantôme ainsi obtenu n’est ni solide ni visible pour les assistants dont la sensitivité n’a pas été développée dans ce sens.

Tandis que Hector Durville cherchait à le condenser davantage par des procédés magnétiques de façon à lui donner ces deux qualités, de mon côté j’étais amené à poursuivre le même but par des moyens tout différents: l’emploi d’opérations et d’aides hyperphysiques.

Ce n’est pas ici l’endroit de développer le récit de ces expériences dont on trouvera le détail dans un autre ouvrage (1) et qui seront reprises et complétées en temps et lieu.

D’autre part, je donnerai plus loin (2) la preuve matérielle de la réalité objective du fantôme ainsi produit.

Il reste à tirer la conclusion générale de ce chapitre qui est celle-ci :

A l’heure actuelle, par des procédés magnétiques, on est arrivé à séparer le fantôme d’un sujet de son corps physique (3). Ce fantôme vivant se meut et agit comme un individu normal, dont il porte en soi l’intelligence, la

(1) La Sorcellerie des Campagnes, 1 volume in-8, Paris, 1910 (Henri Durville, imprimeur-éditeur, 23, rue Saint Merri, Paris). — Voir la note finale ajoutée, relative aux conditions d’une collaboration occulte, à des cas de répercussion de blessures, etc.

(2) V. chap. vi.

(3) On est même arrivé à extériorer, d’un corps physique et isolément, la partie aérosomatique des organes sensoriels. Cette découverte, au premier abord un peu bizarre, a été l’effet d’un hasard; voici comment elle s’est produite: — Pendant l’hiver 1910-1911, le commandant Darget a été amené à photographier, au cours d’une séance de médiumnité, un jeune garçon médium auditif. La plaque, au développement, montra une sorte de boule reliée à l’oreille droite du sujet par un cordon fluidique. Le commandant Darget ne vit d’abord dans cet appareil étrange que l’image d’une sorte de téléphone ou de cornet acoustique à l’usage des « Esprits » et utilisé par eux dans leurs communications auditives avec les êtres humains. Il apporta cette curieuse photographie que nous donnons ci-contre (/'if/. IX) à 1 "Institut des recherches psychiques de France, où H. Lcfranc soupçonna qu’elle pouvait bien représenter la prise sur le fait

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volonté et la sensibilité; il est doué des mêmes sens que le vivant, mais, semble-t-il, à un plus haut degré que ce dernier. Il a action sur la matière et sur les êtres vivants. Mais il n’est pas normalement tangible, et n’est complètement visible que pour les sensitifs d’ordre spécial et pour la plaque photographique (i). Toutefois ce manque de tangibilité et de visibilité normales n’est que partiel et temporaire, puisque d’une part le fantôme meut des objets et que, d’un autre côté, il est des moments où l’on aperçoit à la place qu’il occupe des luminosités vagues qui sont ses lluides en travail de condensation: ces deux lacunes disparaîtront donc un jour ou l’autre, cela peut être considéré comme certain.

Or, ceci étant admis, puisque absolument, indubitablement acquis par l’expérience, est-il possible à un être humain normal et normalement constitué d’extériorer son propre fantôme?

Oui, puisque l’extérioration expérimentale du fantôme est causée par l’emploi de procédés hypnotiques ou magnétiques, qu’il existe des procédés bien connus d’automagnétisation et d’auto-suggestion — la suggestion, je le rappelle, étant le ressort majeur de toute hypnotisation — basés sur la volonté, et que la volonté est une faculté psychologique entièrement personnelle.

Est-il possible, d’autre part, de diriger ce fantôme extérioré de façon à lui faire accomplir tel acte délibérément voulu?

Oui, puisqu’il emporte avec soi, en sortant du corps

de l’extérioration fantômale de l’appareil auditif; des expériences faites à la suite démontrèrent le bien fondé de cette hypothèse; après avoir magnétiquement extérioré le sens de l’audition des sujets, le pincement de l’air à l’endroit que devait occuper cette partie de leur corps astral, donna le schéma d’une petite sphère reliée à l’oreille physique par un cordon iluidique d’une sensibilité extrême. Dès lors, on était sur la voie, et d’autres sens furent extériorés de la même façon. Il est certain qu’à ce point de vue, il reste encore beaucoup à faire aux recherches expérimentales, mais il n’en est pas moins acquis que, à l’heure actuelle, on peut extériorer le corps fluidique d’un sujet non seulement dans son ensemble mais aussi dans chacune de ses parties.

(1) Encore ne connaissons-nous pas complètement les conditions dans lesquelles il impressionne la plaque sensible.

physique, cette même volonté qui Fa extérioré et qui le dirige.

Est-il possible, enfin, à ce fantôme extérioré de se rendre absolument visible, audible et tangibles?

Oui encore, répondrai-je, malgré la lacune qui existe à cet égard dans les extériorations de laboratoire opérées à ce jour, mais en m’appuyant sur deux motifs probants par eux-mêmes: 1° Les dégagements opérés jusqu’à présent en laboratoire ne le sont que par l’effet d’une volonté étrangère: les fantômes qui en résultent ne représentent donc qu’un « reflet » de volonté (1) et seraient infiniment mieux condensés si la volonté qui les anime était en euxmêmes aü lieu de leur être extérieure. — 2° Les centaines de cas, observés et étudiés à ce jour, de dégagements fortuits ou volontaires nous prouvent que le fantôme extérioré qui se manifeste jouit toujours d’une de ces facultés (sans quoi sa présence serait imperceptible), très

(1) Parfois même, ces fantômes résistent à la volonté de l’opérateur. A cet égard une photographie prise par Hector Durville est singulièrement suggestive {fig. X); le fantôme extérioré, amené devant l’objectif, y oscillait dans un constant balancement de droite et de gauche malgré l’énergie de volonté déployée par l’opérateur; si bien qu’on ne put le photographier qu’à l’extrémité d’une oscillation, pendant le temps d’arrêt très court qui séparait celle-ci de la suivante: l’image du fantôme, sur la plaque, est inclinée à 30°. Or, il n’y avait dans la pièce, ni courant d’air (tout avait été soigneusement clos), ni courant de fluide (toutes les volontés présentes tendaient vers le même but: la photographie du fantôme). D’où donc provenait ce curieux balancement qui résistait à la volonté de Durville? Je n’ai d’abord trouvé l’exprication du phénomène que dans une hérésie philosophique: l’homme posséderait deux volontés, l’une actionnant le corps physique, l’autre particulière au corps psychique: la première soumise à l’ordre du magnétiseur, et la seconde lui échappant. Mais, ceci admis, la différence de conscience dans chacun des trois états de l’hypnose me conduisait fatalement à admettre l’existence de trois volontés: une pure absurdité! Je ne savais plus que penser, lorsque j’eus l’idée de soumettre la question à l’une des Entités du Mystère qui veulent bien me suivre dans mes recherches et m’aider dans mes études. J’ignore si la solution donnée par cette source est conforme à la réalité des faits: elle est en tous cas d’une remarquable ingéniosité: « Dans l’être vivant, ce que nous appelons « mouvements réflexes », ne serait pas propre à l’organisme matériel, mais trouverait sinon sa similitude, au moins son analogie dans les autres parties de l’individu, psychique et moral, et c’est justement la volonté intense du magnétiseur qui amenait cette réaction de la volonté du sujet manifestée par le fantôme. » Ainsi donc le fantôme conserve sa volonté propre qui résiste à celle de l’opérateur C’est ce que, au cours d’une expérience, me disait fort bien Hector Durville; « Ne vous y trompez pas: le fantôme du sujet se dégage sous l’action de ma volonté, mais Uhe fois dégagé, il est son propre maître et je ne lui fais faire que ce qu’il veut bien faire. »

souvent de deux d’entre elles, et assez fréquemment des trois réunies.

Il est donc possible, cela est hors de doute, de donner au fantôme consciemment extérioré des qualités de visibilité, d’audibilité et de tangibilité sinon complètes au moins suffisantes.

A chaque instant, d’ailleurs, la plaque photographique enregistre des images d’extérioration partielle de l’aérosome, obtenue volontairement ou involontairement Ces images sont d’une telle fréquence qu’elles ont reçu un nom particulier: on les appelle des ef fluviographie s; les Drs Baraduc, de Paris, et Narkiewicz-Iodko (1) ont donné, dans leurs ouvrages, l’indication de techniques propres à les obtenir.

L’action matérielle du fantôme extérioré ne s’exerce pas seulement sur la plaque photographique mais encore sur n’importe quelle substance, en laissant des traces de son passage lorsque cette substance est plastique. On peut se référer à cet égard, aux diverses empreintes obtenues sur de l’argile avec Eusapia Paladino par le Dr Scozzi et par M. Gellona.

Nous verrons, plus loin, à utiliser cette propriété du fantôme vivant pour établir son identité en lui appliquant les procédés ordinaires de l’anthropométrie.

(1) Voii aussi l’étude du Dr G. de Régare: L’Extériorisation de la Force nerveuse (force magnétique) et les travaux de M. de Iodko avec 5 fig. Revue du Psychisme expérimental , juillet 1911 (Henri Durville* imprimeur-éditeur).

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