EXPOSÉ DES FAITS
Avant d’aborder l’étude du procédé à mettre en œuvre pour arriver à se dissocier soi-même, il convient, me semble-t-il, de dire quelques mots de la façon dont je suis parvenu à l’établir, en indiquant la succession des conditions où je me suis trouvé et des déductions que j’ai été amené à faire, ce qui détruira, certes, l’auréole de merveilleux qui semble à première vue entourer ce phénomène, pour le faire descendre au rang d’une simple expérience de psycho-physiologie.
Qu’il me soit tout d’abord permis d’affirmer que les temps étaient venus — aujourd’hui que l’on dissocie avec tant de facilité un sujet magnétique pour en extériorer le fantôme — où un chercheur quelconque, placé dans les mêmes circonstances que moi, poursuivant les mêmes expériences, se livrant aux mêmes raisonnements et faisant la même série de déductions, devait fatalement aboutir au même point que moi. Aussi ne tiré-je aucune gloriole d’avoir été, plutôt qu’un autre — peut-être plus compétent que moi — favorisé par un heureux concours de circonstances.
Mais je ne suis pas un amateur du merveilleux, loin de là! Je ne suis qu’un modeste expérimentateur, et je crois utile de montrer par le simple exposé des faits tels qu’ils se sont passés, et de la série de conclusions que j’en ai successivement tirées, comment parfois le hasard - — ou du moins ce que l’on appelle à tort de ce nom — peut, quand on sait y réfléchir, faire trouver à ceux qu’il favorise ce qu’ils ne cherchent pas eux-mêmes...
Dès longtemps, le dédoublement personnel a constitue un phénomène bien connu de l'occultisme; mais les procédés qu’indiquent les théories occultistes — et qu’il est inutile de détailler ici — m’ont toujours paru très absorbants, et, au résumé, assez dangereux. En somme, en y réfléchissant, ils aboutissent au même moyen que je développerai plus loin, et que, j’en suis perpsuadé, les étudiants de la Haute-Science, dans les cryptes sacrées de Thèbes ou les temples souterrains de l’Himalaya, ont connu et mis en pratique; ce ne sont — au moins pensé-je ainsi — que les vulgarisateurs des temps plus rapprochés de nous, qui, pour écarter les imprudents, ont entouré l’opération de difficultés de toutes sortes — difficultés au premier rang desquelles il faut placer la longue retraite qui doit, affirment les ouvrages techniques, précéder l’opération pour la préparer.
Or, je dirai bien franchement que, il y a un certain temps, j’ai voulu me rendre compte, par expérience personnelle, de la possibilité de cette opération. Il y eut certes des résultats — au moins assez pour me prouver la possibilité du fait, mais, je le répète, considérant l’expérience comme dangereuse par elle-même et trop absorbante par ses préparatifs, j’avais dès longtemps abandonné tout essai — et des années s’écoulèrent.
En 1910, comme il est expliqué plus haut, je fus admis à suivre les expériences de Hector Durville, et je constatai avec quelle facilité — en une minute environ — unmagnétiseur dédouble un sujet pour en extériorer le fantôme.
L’opérateur était, il est vrai, un des maîtres du magnétisme, et les sujets très entraînés, mais il n’importe! La facilité, la rapidité de l’opération firent sur moi, dès la première expérience, une profonde impression. Et chacune des séances de Hector Durville auxquelles j’assistai: ensuite me confirma dans cette idée que le dédoublement d’un être humain est, pour qui sait, une opération d’une simplicité extrême.
Alors une question s’imposa à mon esprit — logiquement, fatalement, issue des circonstances mêmes: —
« Pourquoi ne pourrait-on pas faire sur soi ce que Von fait si aisément sur un sujet? » Et je n’eus pas besoin de réfléchir longuement pour donner, à cette question, une réponse affirmative — au moins théorique, — car l’automagnétisation, c’est-à-dire la réunion dans un seul individu à la fois du magnétiseur et du sujet, 11e date pas d’hier.
Telle était la réponse de principe ; mais alors il fallait approfondir l’idée jusque dans les moindres détails.
D’abord, en telle opération quels étaient les éléments mis en jeu? De la part du magnétiseur, une volonté active et des passes; de la part du sujet, une volonté passive et un fantôme. Or, ces éléments peuvent-ils se trouver réunis dans un seul individu? Evidemment oui. Est-il possible, d’autre part, de les faire réagir les uins sur les autres en opérant sur soi-même? Théoriquement, le fait ne présente aucune impossibilité. Restait à se rendre compte, si, dans la pratique, il en serait de même.
Pour cela, il importait de savoir comment se comporte le fantôme du sujet en cas de dédoublement, car la volonté de ce même sujet, devant être purement passive,, c’est-à-dire annihilée, ne présentait aucun obstacle à l’expérimentation, et, de ce fait, ne nécessitait aucune étude préalable.
Le fantôme vivant, ainsi que je l’explique ailleurs, se compose de:
1° Double aithérique, détenteur de l’énergie vitale;
2° Corps astral, détenteur de la force neurique;
3° Corps mental, détenteur de l’intelligence;
4° Eléments supérieurs de l’être.
Lorsque le fantôme vivant est extérioré, il comporte en soi le double aithérique qui en est la base apparente tant qu’il évolue dans les environs immédiats du sujet; mais ce double aithérique, détenant la vie physique, est plutôt partie constitutive du corps matériel. En effet, s’il suit le* corps astral dans son extérioration, jamais il ne s’éloigne du sarcosôme, où il rentre dès que le corps astral — et avec lui, les éléments supérieurs de l’être — est envoyé an loin. La véritable base du fantôme est donc le corps.
astral, et, celui-ci étant dépositaire de la sensibilité, c’està-dire de la force neurique du sujet, c’est, par suite, du côté deda neuricité qu’il faut chercher le point de départ de l’opération.
Voilà pour ce qui regarde l’expérimentateur compris en tant que sujet; cette face de la question est des plus simples, puisque, dans ce cas, la passivité doit être entière — à tel point qu’il n’y a même pas à envisager la question de volonté. Il en va tout autrement lorsque, dans l’expérimentateur, on étudie non plus le sujet, mais l’opérateur. Celui-ci, à s’en référer «ru mode de production du dédoublement objectif, doit agir sur soi-même nu moyen de passes et par la mise en œuvre de sa propre volonté.
Donc, pendant un certain temps, j’étudiai tous les procédés d’auto-magnétisation afin de voir lequel conviendrait le mieux au but proposé: la dissociation de l’ expérimentateur lui-même.
Je ne trouvai, je le reconnais, aucun de ces procédés qui me satisfît, puisque les plus simples d’entre eux nécessitent chez l’opérateur une certaine dose de réflexion, c’est-à-dire une attention soutenue, alors que, compris en tant que sujet, ce même opérateur doit s’abandonner passivement. Il y avait là, en somme, dans le même individu une opposition radicale et nécessaire de dispositions qui présentait un obstacle, en apparence insurmontable, à la réalisation du phénomène, les deux facteurs de ce phénomène semblant inconciliables entre eux.
Pendant un certain temps, je creusai le problème sans même entrevoir une solution satisfaisante, lorsque, en y réfléchissant, j’eus l’intuition que je me heurtais de front à un obstacle qu’il était, en somme, on ne peut plus facile d’éliminer purement et simplement.
Quel est, en effet, le but des passes que fait le magnétiseur? Soumettre le sujet à sa propre volonté en faisant passer en lui cette volonté véhiculée par le fluide magnétique.
Or, dans le cas où l’opérateur et le sujet ne forment qu’un seul et même individu, le premier, en tant qu’opé-
rateur, voulant se dissocier, est par cela même, en tant que sujet, soumis à cette volonté: — par suite logique, les passes sont superflues.
On voit combien se simplifiait le problème qui se réduisait dès lors à l’étude de deux termes: neuricité et volonté.
Pour étudier le développement du premier facteur, il me suffit d’ouvrir quelques ouvrages de physiologie spéciale; mais il fut loin d’en être de même en ce qui concerne la volonté.
En effet, à notre époque où cette faculté tend de plus en plus à être regardée comme une force de l’être humain, analogue sinon supérieure aux forces musculaires ou nerveuses (1), les ouvrages foisonnent où elle est envisagée sous les aspects multiples des services qu’elle peut rendre, et des différents développements dont elle est susceptible. A peine toutefois quelques-uns d’entre eux peuvent-ils être considérés comme sérieux, la grande majorité résultant de simples compilations et n’étant, en somme, que de banales entreprises de librairie. Les plus appréciables me fournirent une base pour établir un mode de développement; mais il est un point spécial que je ne pus atteindre que par mes recherches et expériences personnelles, c’est celui-ci:
— Tous les livres en question s’occupent uniquement de la volonté telle qu’elle est à l’état de veille; aucun d’eux ne l’envisage au point de vue du sommeil.
Or, mes premières tentatives pour réaliser le phénomène me montrèrent, sans doute possible, qu’il faut, à peine d’échec, se placer soi-même dans un état hypnoïde
(1) Il semble être une loi de nature que la puissance d’une force est en raison inverse de sa matérialité. Pour s’en rendre compte, il suffit de comparer entre elles les diverses espèces de forces: — solides (musculaires et mécaniques) — liquides (presse et bélier hydrauliques, etc.) — gazeuses (vapeur d’eau, déflagration des explosifs, etc.) — impondérables (lumière, chaleur, électricité, etc.). La volonté est donc une force (magnétisme, hypnotisme, etc) qui n’est pas totalement immatérielle, puisque, sa production amène la destruction de cellules cérébrales, et qui, à ce titre, peu agir sur d’autres forces ayant elles-mêmes action sur la matière: il suffit de la diriger convenablement... — mais combien peu de gens savent vouloir?
spécial, plus superficiel certes que le sommeil magnétique, mais analogue à lui. Il y a même plus: pour les débuts, un sommeil profond — sommeil ordinaire et non magnétique — est, ou du moins me semble jusqu'à présent, absolument indispensable.
Il me fallut donc expérimenter sur moi pour savoir exactement ce que devient la volonté pendant la période de sommeil, et, après avoir constaté son presque total anéantissement durant cette période, étudier pratiquement le sommeil lui-même pour me rendre compte des forces et des facultés de l’homme qui subsistent dans cet état, et peuvent être appelées non pas à suppléer à la volonté qui doit être des plus fortes au début de l’expérience, mais à la prolonger, en quelque sorte, dans cette phase malgré son anéantissement presque total. Et c’est ainsi que je fus amené à lui allier, pour aboutir au résultat cherché, la mémoire qui emmagasinera l’ordre donné par la volonté à l’état de veille, pour le présenter au corps astral au moment où le sommeil, assoupissant la volonté, relâchera en même temps les liens qui unissent le corps astral au corps physique.
Il ne subsiste donc plus que deux éléments du phénomène: une volonté assez développée pour savoir donner un ordre, au premier abord terrifiant, que devra conserver la mémoire; et une neuricité assez entraînée pour pouvoir exécuter cet ordre que lui transmet la mémoire, après l’avoir reçu de la volonté.
En résumé, au point où j’en suis arrivé, la production du phénomène peut se comprendre à l’aide d’une très simple comparaison.
Une éprouvette — un simple verre à boire — représentera un organisme humain; le liquide qu’elle contient à hauteur moyenne nous figurera la neuricité du même organisme à son état normal.
Quels moyens ai-je à ma disposition pour faire sortir l’eau de l’éprouvette, c’est-à-dire pour extériorer la neuricité de l’organisme? — Deux seulement, à première vue: — ou renverser l’éprouvette (rendre l’organisme malade) — ou la briser (tuer l’organisme).
Mais à la réflexion, un troisième moyen se présentera à faide duquel je pourrai faire passer le liquide en dehors de l’éprouvette sans avoir besoin même de toucher celle-ci: il suffira d’emplir l’éprouvette de liquide, au point de créer un ménisque au-dessus de ses bords, de façon que le liquide soit tout prêt à s’épandre au dehors (développer la neuricité suffisamment pour que la moindre cause détermine son extérioration) ; placer ensuite sur les bords de l’éprouvette une mèche de coton, jouant le rôle de syphon, qu’imbibera rapidement l’excès de liquide formant Je ménisque et qui amènera l’écoulement du liquide par capillarité; cette mèche représente l’action de la volonté aidée de la mémoire pour la production du phénomène de dédoublement personnel.
Dès lors, je possédais du phénomène une théorie suffisamment assise pour me guider sur ce terrain encore complètement vierge d’investigations. Pendant deux années je suivis de très près des expériences de dédoublement objectif qui ne firent que confirmer la théorie que j’avais, en fin de compte, dégagée des faits!
Donc, il ne me restait plus qu’à expérimenter et faire expérimenter pratiquement cette théorie; — c’est ce que je fis, et les résultats acquis me prouvèrent que je ne m’étais pas trompé dans l’ensemble, et que seuls quelques détails étaient à modifier dans la pratique.
Voilà donc où et comment j’ai abouti.
Certes, le phénomène en lui-même paraît inadmissible; il n’en est rien quand on considère la simplicité des moyens qui ont été employés et la logique des déductions qui in’ont amené au but poursuivi. Peut-être un autre chercheur eut-il, mieux que moi, résolu le problème posé, cela est possible — cela se produira même presque certainement dans l’avenir.
En somme, le premier observateur venu, placé dans les circonstances où je me suis trouvé, aurait pu — aurait dû arriver au même point que moi; il y eut donc affaire de simple hasard si ce fut moi, plutôt qu’un autre, qui me trouvai dans les conditions favorables; je u’en tire, par suite, je prie de le croire, et je le répète.
aucune vanité. Un seul point, dans cette série d études et de déductions, m’est rigoureusement personnel: l’alliance que j’ai pu établir entre la volonté et la mémoire, celle-ci se substituant à celle-là pour amener la réalisation de l’expérience.
Mais, m’a dit une personne à qui je soumettais ces résultats, ceci est véritablement de la magie!
Cette personne ne croyait pas dire si vrai, mais encore faut-il s’entendre. La magie, celle qui, émanée des sanctuaires antiques, est arrivée jusqu’à nous sous l’égide mystérieuse des initiés, cette science hautaine et formidable que, pour rompre avec un vocable décrié, l'on appelle aujourd’hui hyper physique, n’est nullement, comme le pense le vulgaire, l’art grotesque de prononcer une barbare formule aussi incomprise par les fabricants de grimoires qu’incompréhensible pour ceux qui la répètent (1), en vertu de laquelle le soleil, par exemple, doit se muer en lune, ou l’homme en animal... non! Cette magie-là est purement d’imagination: c’est celle des naïfs et des escrocs — elle n’a aucune réalité, et ses phénomènes sont de purs tours de passe-passe.
Au contraire, la magie réelle, celle qui faisait jadis partie de l’enseignement mystérial de l’Inde, de l’Egypte, de la Grèce et des Druides, qui nous a été transmise par de dévoués prosélytes, et qui détient des secrets formidablement dangereux, cette magie-là existe à l’heure actuelle comme elle a toujours existé, comme elle existera toujours, de plus en plus désoccultée par les recherches et l’expérimentation de la science normale (2); les formules qu’elle emploie sont ou des memtrams sanskrits, des invocations hébrœo-chaldaïques, ou des prières grec-
(1) J’ai eu l’occasion, dans un autre ouvrage, de montrer la prière latine: Fragiles fossasque déniés et dentium dolorem persana, devenue, dans certains grimoires: Strugoles fasque dentatœ dentium dolorum per sana te, et se corrompant encore davantage dans d’autres pour se muer en la formule baroquement dénué de sens: stregoies fainsque secutate te decutinem dolorum persona.
(2) La circulation de la vie a été désoccultée par Harvey; l’unité de la matière est aujourd’hui un fait acquis; la microbiologie nous amène à comprendre la théorie des élémentals, etc., etc. L’occultisme d’hier est la haute science d’aujourd’hui qui deviendra la science banale de demain.
ques et latines; on peut la définir: la domination des forces humaines ou naturelles connues ou encore inconnues de la science normale, par la volonté hyperdynamisée de riiomme.
A ce titre, l’hypnotisme n’est pas autre chose qu’un fragment détaché de la magie initiatique de l’antiquité sacrée, et l’illustre savant allemand Cari de Prel a pu publier, sous le titre: La Magie , science naturelle (1), un ouvrage où il étudie la physique magique et la psychologie magique.
Je viens de dire que cette magie-là, la vraie, dont les adeptes portaient autrefois le nom sacré de « Mages » et portent aujourd’hui celui de « Magistes », résulte de l’action de la volonté humaine sur les forces connues ou encore inconnues de l’être et de la nature... Elle ne peut, en effet, opérer que sur un élément réel et non sur un élément fictif.
C’est ainsi qu’un Yoghi hindou (2) saura, en quelques minutes, faire germer, croître et fructifier une plante, parce qu’il trouve dans la nature la force nécessaire qu’il lui suffit d’actionner par l’énergie de sa volonté; mais il ne pourra pas produire le phénomène beaucoup plus simple, en apparence, de faire pousser un ananas sur un manguier, car il n’a à sa disposition aucune force naturelle susceptible d’amener ce résultat.
Or, à quels termes se résume le phénomène que nous étudions en ces pages? A l’action de la volonté sur le corps astral, inconnu de la science normale, mais dont l’existence est indéniable puisque nous l’isolons journellement dans nos laboratoires.
Ceci est donc indéniablement de la magie, comme s’en étonnait la personne de qui je viens de parler, mais de
(1) Traduit en français par Nissa, 2 vol. Paris, 1908.
(2) Les fakirs, qui sont seulement de hauts prestidigitateurs, ne produisent que l’imitation des phénomènes dont les Yoghis donnent la réalité; ils ne connaissent qu’un seul point de la haute science cachée, mais ce point ils le connaissent et le pratiquent avec une maîtrise qu’on ne peut soupçonner en Occident: c’est l’art de susciter des hallucinations collectives; à ce titre, ils produisent, ou du moins semblent produire des phénomènes qu’un Yoghi ne saurait réaliser, précisément parce que les fakirs sont de simples fauteurs d’illusion.
la magie scientifique, de l’hyperphysique, et non de la magie de basse sorcellerie — inexistante — des charlatans et de leurs dupes.
D’autre part — qu’il me soit permis de le dire ici — j’ai beaucoup étudié cette haute science des initiations antiques qui se résume en deux termes: hyperdynamisation de la volonté et connaissance des forces subtiles de la nature, non encore cataloguées par la science officielle, sur lesquelles la volonté peut agir. Or, l’étude qu’il m’a été donné de faire de la volonté humaine et de certains dynamismes particuliers, propres à l’homme bien qu’encore inconnus de la science normale, et — à plus forte raison — du public, me permettra de donner à ce travail toute l’ampleur à la fois et la précision que peut en exiger le lecteur.
Ceci dit, je clos la parenthèse et reviens à mon sujet.
Pour résumer ce qui précède, il existe, dans l’étude de ce phénomène, trois éléments à considérer:
a) l’agent, c’est-à-dire la volonté produisant le dégagement du fantôme;
b) l’objet, c’est-à-dire l’organisme' vivant qu’il faut amener à se dissocier;
c) et enfin les conditions extérieures qui aident ou nuisent au dédoublement;
En d’autres termes, pour arriver à l’accomplissement du phénomène, il est trois objets qu’il faut préalablement étudier et connaître:
a) la volonté, son essence et ses moyens de dynamisation;
b) la constitution de l’homme et les moyens d’entraînement que l’on peut appliquer à son organisation triple, pour atteindre le but proposé;
c) l’ensemble des conditions extérieures de l’opération, et l’étude des moyens propres à neutraliser celles qui sont nuisibles, à utiliser au contraire celles qui sont favorables.
C’est ce dont vont traiter les pages qui suivent.