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Dans ces conditions, on peut dire de la Volonté qu'elle est une des deux formes de Vactivité . L’activité, c’est la force en action; mais l’action comporte deux modes de production: elle se produit, spontanément ou volontairement; la spontanéité et la volonté sont donc les deux formes de l’activité.
Je laisserai ici de côté la spontanéité qui ne nous offre aucun intérêt, pour ne m’occuper que de la volonté.
La volonté est donc une force, en tant que forme de l’activité, qui est, comme il vient d’être dit, la force même en action.
Mais, en tant que force, la volonté possède des organes matériels: Quels sont ces organes?
Voici ce qu’en dit le Dr Lavrand (1) :
Une volition se compose d’un concept, une délibération, une décision et une exécution (2). Par conséquent, on ne saurait prétendre que la volition est un phénomène purement psychique; il comprend donc à la fois des éléments psychiques et des éléments physiologiques ou somatiques. Il y a, en effet, une union si intime entre l’âme et le corps, qu’ils demeurent toujours associés et participent à des degrés divers à tous les actes de l’homme, moraux et physiques, à l’état sain ou à l’état pathologique. Dans l’acte de volonté, on trouve encore des phénomènes conscients et des phénomènes qui ne sont pas perçus actuellement par la conscience; parmi ces derniers rentrent une partie des éléments physiologiques prenant part à l’acte de volonté. Nous croyons utile de dire un mot des éléments physiologiques, car ils exercent, comme nous le verrons, une influence non négligeable sur la volonté.
On considère généralement la volonté comme reliée aux actes réflexes, mais à une des formes les plus compliquées des réflexes. Sans doute, il semble que la volition aboutit seulement à déterminer l’apparition d’idées; comment alors faire intervenir les réflexes? Or, on est porté
(1) Traitement de la volonté et Psychothérapie, 1 br. in-12, Paris, 1909.
(2) Ces éléments seront étudiés plus loin.
à admettre que toute idée tend à sa réalisation, qu’elle s’accompagne toujours de mouvements plus ou nioins apparents; on arrive donc à des actes réflexes aussi bien quand la volonté aboutit à des idées que quand elle engendre des phénomènes moteurs.
L’arc réflexe le plus simple est constitué par un nerf centripète ou sensitif, par un centre cellulaire et unj nerf centrifuge ou moteur. Tout en bas de l’échelle, nous avons les centres de la moelle épinière et du bulbe; plus haut, nous rencontrons les centres réflexes supérieurs; ils sont localisés dans les ganglions de la base de l’encéphale (tubercules quadrijumeaux, couches optiques, corps striés, etc.), et aussi dans l’écorce cérébrale. Grasset distingue les actes de l’auitomatisme inférieur, ceux de l’automatisme supérieur, ou psychiques inférieurs réflexes: la conscience et l’intelligence y interviennent à des degrés variables, et enfin, au degré le plus élevé, les actes psychiques supérieurs, c’est-à-dire conscients, volontaires et libres. Le centre hypothétique O groupe les centres du psychisme supérieur, les autres centres constitueraient ce que cet auteur appelle les centres polygonaux (1).
Pour tous ces réflexes, il existe des groupes de neurones de plus en plus élevés dans l’axe nerveux; seuls, les actes du psychisme supérieur prêtent à la controverse. — * En effet, Grasset croit à l’existence d’un groupe spécial de neurones (2) pour les actes conscients, volontaires et libres, — cependant, il ne veut pas, dit-il, fixer là le siège de l’âme, et il avoue que cette hypothèse « n’a pas une base précise en anatomie topographique », mais pourtant, puisqu’il y a des fonctions supérieures et des fonctions inférieures, il faut admettre des neurones correspondants, ou attribuer aux mêmes neurones des fonctions diverses.
Soit un exemple banal: dans une grande ville, je traverse une rue fréquentée; j’entends tout à coup un a ver-
(1) Grasset, Hypnotisme et suggestion,
(2) Baltus, Le système nerveux. Le cerveau.