III
De la dévotion à Saint Joseph
.lésus, Marie, Joseph, ce sont les trois noms bien aimés de la piété chrétienne, qui ne sait pas sépa-
ver ceux que Dieu a réunis sur la terre et dans le ciel. Par rescrit du Saint-Siège, nous célébrons la fête du glorieux Saint Joseph le dimanche qui suit le 19 mars, et si ce dimanche est de première classe, nous célébrons à la place la fête du Patronage, le troisième dimanche après Pâques (1). La chapelle des étrangers, sorte de nef attenante à notre église, a été bénie sous son invocation. Plusieurs graves raisons nous ont fait choisir ce troisième patron, si universellement honoré dans TEglise.
1» Saint Joseph est le modèle de la vie intérieure à laquelle noitô sommes si heureux de pousser nos jeunes gens. Il nous fallait un modèle accompli de cette vie humble et cachée, il nous fallait un puissant intercesseur auprès de Dieu, pour pousser dans cette voie, par le plus grand des miracles, des âmes, que le bruit du monde étourdit presque continuellement.
2° Saint Joseph était ouvrier, ce qui prouve à nos jeunes gens combien leur profession est belle, quoique bien obscure, Saint Joseph, descendant des rois, s'était fait, volontairement, pauvre artisan semblable à eux.
(1) Depuis que ces pages ont été écrites, notre usage s'est modifié. La fête de Saint Joseph se célèbre en grande pompe, à son jour propre, par une messe basse à six heures du matin, avec de très nombreuses communions. Le soir après le travail il y a le Salut. La solennité est renvoyée au troisième dimanche après l'àquas.
3° Saint Joseph est le patron de la vocation dont il est le meilleur guide, puisque Dieu l'a choisi luimême pour être le conducteur des premiers pas de Jésus enfant. Nous avons dit que la vocation des jeunes gens devait être une des préoccupations principales d'un Directeur ; mais ce travail est difficile et délicat, il demande beaucoup de prudence et voilà pourquoi M. Allemand avait une grande dévotion à Saint Joseph, protecteur des bonnes vocations.
4° Saint Joseph est encore le protecteur de la bonne mort, et c'est principalement sous ce titre, que la dévotion de l'Eglise l'honore. Ayant eu le bonheur de mourir dans les bras de Jésus et de Marie, c'est à lui que nous devons confier les âmes de nos pauvres enfants, que nous voyons s'égarer chaque jour, pour qu'il leur obtienne la grâce finale d'une bonne mort.
5° Enfin, quel est le Directeur de nos Œuvres qui ne se trouve pas journellement exposé à toutes les gênes et quelquefois à toutes les humiliations de la pauvreté ? Les uns ne peuvent presque rien faire, faute d'argent ; les autres, plus hardiS;, ne savent comment faire face aux engagements qu'ils ont contractés ; tous désireraient un peu plus de ressources pour faire plus de bien, et ces ressources se font souvent beaucoup attendre. Saint Joseph a connu tous ces embarras, dans sa pauvre maison (le Nazareth, dans l'étable de Bethléem, dans sa fuite en Egypte ; et, si le bon Dieu donne aux saints.
des grâces spéciales d'intercession pour ceux qui s'adonnent aux vertus qu'eux-mêmes ont pratiquées ici-bas, quel saint plus gêné sur la terre, aura plus pitié des nombreux embarras où nous met notre vocation ? Je ne puis dire que Saint Joseph ait rempli tous nos désirs : on désire tant de choses et des choses si déraisonnables ; mais invoqué dans nos besoins, il nous a toujours obtenu de faire face à tous nos engagements, ce qui est le point principal dans les affaires d'argent.
A ces cinq titres, que je ne fais qu'indiquer, je ne puis trop recommander sa dévotion dans nos maisons ; les plus heureux résultats couronneront infailliblement notre piété envers ce grand Saint.
§ IV
De ((( dévotion aux Saints Anges et à Saint Louis de Gon^aguc
Toutes les fois que nous avons été appelés à concourir à la fondation d'autres Œuvres de Jeunesse, nous avons établi nos trois dévotions chéries, du Sacré-Cœur, de la Très Sainte Vierge et de Saint Joseph ; nous n'aurions pas cru pouvoir réussiisans ces trois protecteurs principaux. Quant aux patrons secondaires, la dévotion des fondateurs, les usages du pays, le choix des enfants concourent à les désigner. Pour nous, nous honorons spécialement les Saints Anges ; indépendamment des motifs
généraux, une de nos associations leur est consacrée. Le jour du Saint Rosaire, premier dimanche d'octobre, nous célébrons à la fois, par une permission de Rome, la fête de la Sainte Vierge, de Saint Michel et des Saints Anges Gardiens. Nos bons Anges nous ramènent vers cette époque toutes les brebis que les vacances, les bastides, la foire, la mer ou les chaleurs avaient éloignées du bercail, et c'est de ce jour que date ordinairement la reprise de l'Œuvre, ou, pour parler plus exactement, le renouvellement de sa ferveur. La dévotion aux Saints Anges sert beaucoup à maintenir les enfants dans la pureté, par la crainte dofïenser la présence de leurs célestes gardiens. Les membres de l'Association se préparent à cette fête par trois jours de petite retraite, et, quoique célébrée avec peu de bruit, elle compte toujours un grand nombre de communions (1).
Saint Louis de Gonzague a été donné par les souverains pontifes pour patron à la jeunesse chrétienne. Nous faisons précéder ou suivre sa fête, selon qu'elle est plus ou moins retardée, de la pratique des six dimanches, pratique bénie, qui nous conserve un plus grand nombre de jeunes gens
(1) En fait, notre fête des Saints Anges a été à peu prés supprimée. Depuis que l'adoration perpétuelle est établie dans C3 diocèse nous avons été clioisis pour la faire pendani deux jours à la fin du mois de septembre. Vne plus grande solennité a heureusemont rpmplacé la moindre.
pendant les plus mauvais mois de l'année. Il est indispensable, avons-nous dit ailleurs, de toujours tenir les jeunes gens en haleine ; nos pratiques de dévotion, si précieuses en elles-mêmes par les grâces qui leur sont propres, ont encore l'avantage d'empêcher nos jeunes gens de tomber dans cette apathie, d'où il est si difficile de les retirer. La lecture de tous les soirs, pendant ces six. semaines, se fait dans la vie de Saint Louis de Gonzague, du P. Cépari, si pleine d'enseignements pratiques pour les jeunes gens.
Voilà toutes les dévotions de notre Œuvre. Jointes aux fêtes de l'Eglise, elles complètent cet admirable cycle ecclésiastique qui fait vivre notre âme de la vie du ciel, pendant que notre corps vit encore de la vie de la terre summa religio, imiiari qiiod colimus. Une Œuvre qui ne se contente pas de faire la fête de ses patrons, mais qui cherche à participer à leur vie, à se remplir de leur esprit, à imiter leurs vertus, est une Œuvre que Dieu bénira, et à cause de ses propres efforts, et bien plus encore par la protection que ses patrons lui donneront dans le ciel .
ARTICLE DOUZIÈME