‹ Méthode de direction des œuvres de jeunesse (volume 2)Chapitre 38 sur 55 · DU JEU DE SAUTS · texte numérisé non relu

DU JEU DE SAUTS

Si on peut prévoir et empêcher les graves accidents qui résultent ([uelquefois des sauts, il y a peu de jeux aussi utiles et aussi agréables. Dans leur genre, ils valent les barres et autres jeux savants(l), parce qu'ils demandent beaucoup de force et d'adresse, seuls moyens, nous l'avons déjà dit, •l'assurer la durée d'un jeu. Le saute mouton., que nous appelons ici le chapelet, est un petit jeu qui lasse bientôt. Il en est autrement de ce que nous appelons la patenche ou la semelle, jeu aussi vieux que le monde, et qui durera probablement jusqu'à la fm des temps. Quoiqu'on en dise, je n'ai jamais vu d'accident pour celui qui est dessous, parce que son corps plie nécessairement à proportion du coup qu'il reçoit ; mais la hardiesse et l'amour propre des sauteurs les exposent souvent à des malheurs, que nos bons anges seuls ont pu nous épargner jusqu'ici. J'ai vu, dans un collège, un seul jeune homme," successivement se démettre un coude, se casser les deux bras et s'emporter la rotule du ge-

(1) Il ne faut pas prendre ce mot savant dans son sens rigoureux. C'est un terme usité dans notre Œuvre pour désigner les jeux qui ne demandent pas seulement des jambes, mais surtout do la tête, du coupd'œil, de la réflexion.

HOU. Ces choses font frémir quand on est à la tête d"un établissement et cependant on ne peut pas tout défendre, seulement il faut s'entourer de précautions ; par exemple, mettre quelqu'un de raisonnable, qui reçoive les sauteurs dans ses bras, malgré leurs vives oppositions, parce que ce vis à vis les trouble et empêche leur élan, petit inconvénient pour nous.

Ces jeux de sauts ont un grand nombre de variétés. Il y a les trois sauts sur un pied, les trois sauts à pieds joints, les sauts au-dessus d'une corde, qui doit facilement céder au moindre choc ; les sauts par dessus une barrière, en appuyant ou sans appuyer les mains. Dans ce dernier cas, il faut encore quelqu'un pour recevoir le sauteur de de l'autre coté.

Chacun connaît ces jeux, et une foule d'autres mieux que nous ; nous voulons seulement dire combien nous les aimons. De temps à autres j'achète quelques friandises pour les mettre en train, et les plus forts sauteurs ou meilleurs joueurs, s'épuisent pour gagner mes biscuits. Avec quelques sous, toute l'Œuvre s'est bien amusée. J'ajouterai que ces jeux demandent des jours un peu longs, et que nous les permettons difficilement dans la grande salle, la dureté et le glissant du parquet les rendant beaucoup plus dangereux.

ARTICLE SEPTIÈME

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