OBTENUS SIMULTANÉMENT
Nous connaissons maintenant à peu près les diverses formes cristallines et l’évolation de la réaction sulfu-
rique en ce qui concerne séparément le méthylanthra-
nilate de méthyle, le potassium, le calcium, et l’asparagine. Nous connaissons aussi leurs caractères de solubilité,
Mais l'étude de ces sulfates, au point de vue de nos recherches est loin d’être suffisante. En effet, tout d’abord la réaction a lieu sur une lame de verre et non au sein du protoplasme végétal. Cette différence de milieu a certainement pour effet d'offrir une réaction n’approchant que de très loin celle qui se fera au sein du tissu végétal. Én second lieu, il se peut que plusieurs matières minérales, en particulier celles que ‘nous avons spécialement envisagées, se trouvent réunies ensemble et leur présence, soit par parties, soit en totalité, modifie évidemment la physionomie et les résultats de la réaction.
Il y donc lieu de procéder maintenant à l’étude de la formation simultanée de ces sulfates.
Étude des cristallisations de sulfate de potassium et de sulfate de méthylanthranilate obtenues simultané-
ment.
Nous avons réalisé ainsi les conditions de l’étude :
4° On fait sur une lame un mélange de méthylanthranilate de méthyle et de chlorure de potassium en solution très diluée, puis on fait agir un peu de réactif sulfurique, on obtient ainsi les cristallisations propres aux deux sulfates et de plus les vagues arborescences figurées en a (fig. 13) avec de grands prismes solubles dans
l'alcool. Les cristallisations, parfaitement incolores,
Fig. 13.— Action du réactif sulfurique sur un mélange de chlorure de potassium et de méthylanthranilate de méthyle.
a, cristaux insolubles dans l’alcool absolu.
D, cristaux solubles dans l’alcool absolu.
sont PIE dans l'alcool. Si maintenant on aban-
donne des séries de préparations ainsi faites, à l’abri de
Fig. 14. — Réaction lente ; autres aspects cristallins des deux sulfates.
l'humidité, durant des temps variés, on a les cristaux figurés en a (fig. 14), insolubles dans l'alcool ; les cristaux petits, jaunâtres surtout nombreux au pourtour des préparations et qui sont aussi représentés dans la figure 14,se sont dissous dans l’alcaol.
La dissolution n’est pas rapide, et il y a formation de gouttelettes jaunâtres, pâles, qui rappellent le produit de la réaction sulfarique sur le méthylanthranilate de méthyle. A l’évaporation il se forme des cristaux identiques à ceux observés avant la dissolution, mais qui sont cette fois entourés d’un orbe verl jaunâtre, parfois bleu vert, couleur caractéristique des solutions du méthylanthranilàte de méthyle.
Une préparation a donné ces mâcles et ces arborescences représentées dans la figure 15 avec de petits fu-
Fig. 15. — Formes cristallines apparues au bout de 4 jours.
seaux. L'action de l’alcoo! sur ces cristallisations incolores a été nulle. Elle était nulle aussi sur les aiguilles
analogues à celles des figures 13 et 14 qui ont apparu dans
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ver =
une autre préparation. Sur une autre série enfin, qui avait été gardée quatre jours dans une chambre de dessication avec de l’acide sulfurique, on a obtenu les résultats suivants :
1° Cristaux isolés ou associés, verdâtres, grâce au liquide qui les enrobe, insolubles tous dans l'alcool (fig. 15).
2° Des aiguilles très fines associées, incolores, insolubles dans l'alcool et de grandes aiguilles plus fortes, solubles dans l’alcool.
3° Dans des plages de liquide jaunâtre qui est manifestement du réactif sulfurique en excès, de petites aiguilles et des masses à contours de plus en plus réguliers, solubles dans l’alcool,
En résumé, dans cette réaction -double, tous les cristaux qui se sont montrés solubles dans l’alcool appartiennent au sulfate de méthylanthranilate. Tout ce qui s’est montré insoluble dans ce liquide est du sulfate de potassium. Ce mélange a donné lieu à quelques nouvelles formes cristallines et à de nouveaux aspects de la réaction. En particulier, Les cristallisations du sulfate de méthylanthranilate sont très rares, et cela permet de prévoir qu’elles se montreront rares dans les recher-
ches que nous entreprendrons sur les végétaux.
Étude des cristaux de aulfate de calcium et de sulfate de
méthylanthranilate de méthyle produits simultanément.
On peut faire cette étude de trois façons :
4° En étudiani les cristaux de sulfates des deux corps
mélangés entre lame et lamelle, étude directe où ne
DELAERILESS sont pas réalisées les conditions des recherches précédentes.
20, En provoquant leur formation entre lame et lamelle, à l’aide du réactif sulfurique agissant sur du calcium et sur du méthylanthranilate de méthyle.
3° En plaçant sous une même lamelle une trace de méthylanthranilate de méthyle et une gouttelette de solution très diluée de sulfate de calcium. On réalise ainsi à peu près ce qui se trouve dans Îa nature, dans les végétaux ; on fait alors passer le réactif sulfurique.
Premier procédé. — La première méthode est un procédé grossier ; il peut tout au plus servir à initier et à habituer aux formes cristallines, et il renseigne directement le débutant sur les caractères de solubilité des deux sulfates, ceux-ci se trouvant séparés. Mais il doit nécessairement, ne pas donner de formes cristallines, et il en sera de même dans le deuxième cas, parce que, dans les végétaux, les conditions physico-chimiques sont tout à fait différentes et ce sont celles du troisième procédé qui les réalisent le mieux, Nous préférerons cependant le deuxième procédé, parce qu'il nous a servi pour l'étude séparée,quoique sur une même préparation, du sulfate de méthylanthranilate d’une part, du sulfate de calcium d’autre part.
Deuxième procédé. — On obtient des cristaux insolubles dans l’alcool avec des plages également insolubles qu’il faut rapporter au sulfate de calcium, et dans d’autres plages, de petites aiguilles ou des masses non encore caractérisées géométriquement se dissolvant dans l’alcoo!l (fig. 16).
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— 5) — Sur une préparation, le mélange de ces deux corps et la proportion du réactif ont été heureux, ils ont pro-
voqué la formation assez rapide, presque instantanée de
Fig 16. — Réactif sulfurique agissant sur du calcium pur et sur du méthylanthranilate de méthyle.
Fig. 17. — Autre aspect de la réaction. Amas de sulfate de
méthylanthranilate de méthyle et aiguilles associées de
! sulfate de calcium. Le cristal isolé appartient également au sulfate de calcium.
ces grands amas cristallins, solubles dans l'alcool et dans l’acide acétique, qu’on retrouvera, après l’action du résout sulfurique, sur l'essence de mandarine pure (fig. 17). |
Après dissolution dans l’alcool, il y a recristallisation (a fig. 18).
Fig. 18. — Même réaction mais au sein d’une solution de sulfate de calcium très diluée. Aiguilles courbes, minces, insolubles dans l'alcool : appartiennent au sulfate de calcium.
a, forme soluble dans l’alcool.
Troisième procédé. — On obtient ainsi les cristaux représentés en b, dans la figure 48. Ce sont des cristallisations typiques qui seront observées dans l’action du réactif sulfurique sur l’essence de mandarine pure ; nous serions donc en présence d’un même corps. Mais comme ces aiguilles sont insolubles dans l’alcool, nous
avons donc affaire à des aiguilles de sulfate de calcium.
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Notons que, à mesure que pénètre l’éther dans la préparation, ces aiguilles se redressent. Les cristallisations, autres que les aiguilles représentées dans la figure 18, sont solubles dans l'alcool.
Enfin nous avons encore obtenu des cristallisations aplaties et larges égalementreprésentées dans la figure 18 (c), mais répondant au même type, et des arborescences sans caractères géométriques, solubles dans l’alcool et qu’il faut considérer également avec la mème attention. Remarquons encore que ces cristallisations se sont produites au sein d’une solution de sulfate de calcium très diluée.
En somme, avec le sulfate de calcium dilué, on obtient des cristallisations du sulfate de méthylanthranilate qui sont parfaitement caractérisées. Il semble bien que le sulfate de calcium favorise, dans une certaine mesure, la formation de ce sulfate sous sa forme cristalline! La présence de sulfate de potassium semblerait au
contraire entraver la formation de ces cristaux.