DE MÉTHYLE DANS L'ÉCORCE DE LA MANDARINE
L’essence de la mandarine s’accumule dans des poches sécrétrices du péricarpe. Dans une coupe, à moins qu’elle ne soit très épaisse, la poche sécrétrice rencontrée est naturellement vidée de son essence, mais on voit les globules d’essence dans jes cellules qui limitent la poche et dans celles qui l’avoisinent,
Le « Soudan III > met d’ailleurs en évidence des gouttelettes infiniment petites sur le pourtour de la poche,
à l’intérieur des cellules (fig. 27).
Fig.27.— Localisation de l’essence dans l’écorce du fruit du mandarinier.
Réaction microchimique.— Dès qu’on fait agir le réactif sulfurique entre lame et lamelle sur une coupe fraiche d’écorce de mandarine,on observe la formation de cristaux tels que ceux qui sont représentés dans la \ |
figure 98 ; ils n’ont pas les caractères de solubilité cher-
Fig. 28. — Action du réactif sulfurique sur les tissus { de l’écorce de la mandarine.
chés (Insolubilité dans l'alcool). Puis apparaissent des amas d’aiguilles bien caractéristiques, amas jaune-brun sur les bords des poches sécrétrices. Dans les coupes épaisses, ces paquets d’aiguilles s’observent aussi dans l'épaisseur des tissus au voisinage des poches sécrétrices (fig. 28). |
Ces aiguilles se sont montrées solubles dans l’alcool,
l’eau, l’acide acétique et l’acétone, très lentement dans le xylol et la glycériné, très solubles dans l’acide sulfurique, insolubles dans l’éther. Aussi, à cause de leur s0lubilité dans l'acide sulfurique, la réaction ne réussit-
elle pas si le réactif sulfurique-éther est employé en
RTE irop grande quantité. Ce sont des cristaux de sulfate de méthylanthranilate de méthyle.
Réaction dans un tube. — Nous avons réalisé trois essais : dans les deux premiers essais, les cristaux de méthylanthranilate ne sont pas apparus à cause du réactif en excès.
L’essai n° 3 représente la proportion favorable du réactif et de l’éther pur (2 parties d’éther pour 1 partie de réactif) dans lequel les cristaux cherchés ne se dissolvent pas. Le culot de ce tube contenait des aiguilles jaunes en amas, caractéristiques, identiques à ceux de la recherche précédente.
A côté de ces cristallisations du sulfate de méthylanthranilate de méthyle, il existe toujours plusieurs formes cristallines dont la plupart appartiennent au sulfate de: calcium et au sulfate de potassium. Aussi était-il logique pour étudier le méthylanthranilate de méthyle sous la forme de son sulfate, de le dissoudre dans un mélange de sulfate de calcium et de potassium en cherchant à reproduire les conditions naturelles. On sait que dans la nature les sels libres de calcium sont toujours dominants.
Remarque. — Il est très important de remarquer l’absence, dans l’écorce de mandarine, des grosses cristallisations que nous avons obtenues avec le méthylanthranilate de méthyle pur, puis avec l'essence de mandarine pure et qui étaient les formes caractéristiques du sulfate de méthylanthranilate. On peut se demander pourquoi cette absence de grosses formes cristallines ?
Sans doute parce que les quantités de méthylanthrani-
Tete
late de méthyle contenues dans les coupes sont trop faibles.