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CHAPITRE PREMIER

ÉTUDE MICROCHIMIQUE DE L’ANTHRANILATE DE MÉTHYLE

L’anthranilate de méthyle est un éther méthylique de l’acide ortho-amidobenzoïque.

COOCH: (1 cac (1) NH: (2)

Il a été signalé jusqu'ici par des méthodes non microchimiques dans les essences du Champaca, de la fleur d'oranger (1) — dite essence de Néroli — dans les essences de Portugal, de Citron, de fleur de Limettier, de Robinia pseudo-Acacia, de Gardenia, de Jasmin, de Tubéreuse.

Les plantes chez lesquelles il est connu appartiennent aux familles suivantes :

1° Magnoliacées (Champaca) ;

2% Rutacées (fleur de l’oranger à fruits amers, fruit de l'oranger à fruits doux, fruits du citronnier, fleurs du Limettier) ;

3° Rubiacées (Gardenia) ;

1. H Wazsauw, J. für prakt. chem., Leipzig, 1899; (2), &. LIX, p. 550,

NO Es 4° Oléacées (Jasmin); 5° Amarvllidacées {Tubéreuse).

C’est un produit d’une grande puissance odorante,

ses caractéristiques sont les suivantes :

Ébullition (9 mm.) . . \ . . 124°-125°

RASLON ET SEE LE et RTE ETES CREME. à

Densité à 10 ere SEEN NRERRE 1,168

Ses solutions présentent une très jolie fluorescence bleue. de %

Par saponification avec la potasse alcoolique, on obtient l’acide anthranilique fondant à 144-145°.

Nous appliquerons notre méthode de recherche microchimique pour la recherche de l’anthranilate de. méthyle :

1° Dans l'essence de Néroli;

9 Dans les végétaux suivants : Oranger (fleurs), Jasmin (pétales et feuilles), Tubéreuse (fleurs), Nigelle (graine), Lupin (axe hypocotylé de la graine germée).

Les chapitres les plus intéressants sont ceux relatifs aux graines du ÂVigella damascena et du Lupin Rose.

Nous avons voulu montrer, par ces deux études et par

l’expérimentation qu’elles ont entraînée, que l'essence

ne doit pas être considérée comme un ensemble de produits d'excrétion, mais que les produits qui la composent abcompagnent toute activité cellulaire. Leur apparion varie suivant les plantes, suivant la composition chimique du protoplasme végétal, en un mot ils sont

spécifiques.

Action du réactif (acide sulfurique + éther)

sur l'anthranilate de méthyle.

Le produit pur qui nous a servi dans l'étude microchimique a été isolé par M. CHaraBor. On connaît la méthode d’extraction employée par ce chimiste ; elle a été décrite plus haut en traitant du méthylanthranilate

Le réactif sulfurique employé, même en faibles traces, provoque un précipité cristallin, blanc, abondant, et sa formation est si rapide que l'œil, au microscope, peut à peine suivre l’évolution des cristallisations depuis leur naissance jusqu’à leur taille d'équilibre.

Nous avons essayé — pour, mieux suivre cette évolution qui est particulièrement intéressante pour notre méthode d'investigation, car elle constitue un caractère supplémentaire important du corps qu’on aura à recher- . cher chez les plantes, — de réaliser ainsi la réaction :

Une gouttelette d’anthranilate de méthyle pur est déposée sur une lame frottée au préalable avec de la paraffine, afin de la rendre moins mouillable; ainsi, la gouttelette ne s’étale pas, elle demeure presque sphérique et mobile sur la couche de paraffine comme upe petite perle. On prend alors un crin dont l’ex- ‘trémité a trempé légèrement dans le réactif sulfurique, qu'on introduit au centre de la sphérule d’anthranilate ; malgré la délicatesse du procédé et malgré la faible proportion du réactif, la réaction est toujours

brusque et le précipité abondant. Le liquide qui baigne

LR ce précipité n’a plus l’odeur de l’anthranilate : celui-ci est passé tout entier à l’état de sulfate.

Done, le premier résultat caractérisant la présence d’anthranilate est la formation avec le réactif sulfurique d’un rapide et très abondant précipité de sulfate blanc.

Dans les plantes où ce corps existe, nous devrons done obtenir plus vite la cristallisation du sulfate d’anthranilate de méthyle qu'on obtenait celle du sulfate de méthylanthranilate de méthyle et d’ailleurs la proportion du sulfate précipité doit être aussi plus grande.

Ensuite, les cristallisations de sulfate d’anthranilate se feront reconnaître par leur coloration blanche, colo- - ration due en réalité à la multiplicité des individualités cristallines, associées très étroitement.

Formes cristallines, — Comme le montre la figure 32, il n'apparaît avec le réactif sulfurique qu’une seule forme cristalline, Les figurations diverses qui sont re-

Fig. 32.— Action du réactif sulfurique sur l’anthranilate de méthyle. Apparilion des cristaux de sulfate d’anthranilate de méthyle.

présentées dans la figure 33 ne sont que des diversités de l’association. | La forme la plus élémentaire, c’est-à-dire l'unité cris-

Fig. 33. — Un second aspect de la réaction ; b, groupes « en éventail », typiques ; a, éléments isolés.

OÙ

talline, pourrait. être la forme désignée par a dans la figure 33. Mais nous ne l’admettons pas actuellement, car une extrémité de ce cristal était, ou paraissait être, engagée dans une association de cristaux, tels qu’en montre la figure 33.

Donc, comme second caractère important du sulfate précipité, noter l’absence totale de formes cristallines solitaires ; il n’y a que des associations de cristaux. On ne peut donc ramener à aucun type géométrique l’unité cristalline du sulfate d’anthranilate de méthyle, puisqu'elle nous reste inconnue.

En l'absence de ce caractère fondamental, il importe d'essayer de préciser les formes des diverses associations cristallines.

On voit que la plus abondante est la forme en éventail et que l'accroissement de ces associations se présente toujours sous cette même forme. En effet l’accroissement est unilatéral, un cristal peu individualisé, mais cependant précis, que nous appellerons cristalmaître, a été le point de départ de l’agglomération cristalline. Dans la figure 33 ce cristal b se trouve toujours occuper la droite de chaque groupe cristallin. Les cristaux qui se surajoutent, qui viennent nourrir le groupe, se présentent sur la gauche des associations que nous avons figurées. De plus, cet accroissement se fait dans un plan unique, si bien que chaque groupe ne

s’accroît pas en volume, mais seulement en surface (1).

f 1. Bien entendu le groupe cristallin a une épaisseur, mais nous faisons abstraction de cette dimension, d’ailleurs très petite relativement à la .

longueur des cristaux,

Ent CET

Les autres formes figurées dans notre esquisse représentent des groupes en voie de formation. Il arrive que les groupes s'associent encore, si bien qu’on obtient un complexe qui paraît illisible.

Pour le dissocier, on fait tomber une faible proportion de précipité de sulfate d’anthranilate de méthyle, lequel

forme un amas très cohésif (tant les groupes cristallins

sont intriqués étroitement les uns dans les autres),.dans un tube rempli d’éther. On sait que la dissolution des sulfates d’anthranilate et de méthylanthranilate de méthyle est si lente, si faible dans ce liquide, qu’on peut considérer que ces corps y demeurent insolubles. On bat vioiemment le précipité en agitant le tube bouché avec le pouce. On prélève alors une petite portion du liquide où voyagent les groupes cristallins dissociés et on porte cette portion sur une lame pour l’étude microphysique.

Passons mainténant à l'étude des caractères de solu bilité du sulfate, vis-à-vis des liquides choisis et que nous rappelons :

Eau, alcool absolu, acétone, ae acetique, xYlol, éther, acide sulfurique, réactif sulfurique (c’est-à-dire SO‘H° + éther), glrcérine pure, solutions saturées de

sulfate de calcium et de sulfate de potassium.

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