Cuaragor et Gain, 1908, loc. cit
2, CarABor et Lazoue, C.R. Ac. Sc., Paris, 1904, t. CXXXVIII,p. 1513.
étaient plus élevés à la fin de la récolte qu’au début.
Pour les fleurs, on séparait les pétales des autres parties de la fleur : ce sont les pétales qui renferment Ja majeure partie de l’huile essentielle de la fleur, et qui en contiennent la plus grande proportion centési- : male. | |
Mais les recherches de MM. A. Hesse et ©. Zerrs- CHEL (1) ont montré que, à l’inverse de ce qui se passe chez les fleurs du Jasmin et de la Tubéreuse, la fleur d'oranger ne continue pas de produire du parfum durant l’enfleurage, en un mot lorsqu'on prolonge sa vie.
Localisation dans la fleur. — Lorsqu'on examine la coupe d’un pétale, figure 38, on constate que les cellules de l’épiderme du pétale qui regarde l’axe de la fleur, sont relevées en papilles et que tout le parenchyme, homogène, renferme des poches sécrétrices. La localisation de l'essence a été étudiée au moyen du réactif au Soudan III. Cette étude a montré qu'il existe bien de l’essence dans le canal sécréteur qu’on voit sur la figure’ 38, mais il en existe aussi bien, et d’ailleurs en plus grande quantité, dans les cellules du parenchyme périphérique.
M. HÉraiz (2) a déjà mentionné cette large localisation : « Les réactions mierochimiques et en particulier les essais de localisation au Soudan III montrent que
l'huile essentielle est localisée non seulement dans ces
1. A. Hesse et Zerrscuer, 1901, Journ. f.prakt. cherm., 1901 ; (2), t.LXIV, p. 245-260.
2. Hérais. Traité de matière médicale. Deuxième édition, J.-B. Baillière et fils, Paris, 1919; p, 263.
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poches réservoirs spécialisés, mais aussi dans les cellules des deux épidermes. » Ces gouttelettes paraissent
être un résultat de l’activité cellulaire, aussi augmen-
Fig. 37. — 1. Rameau fleuri de l’oranger. — 2. Localisation générale de l’essence dans la fleur d’'oranger.Coupe transversale. Les gouttelettes d’essence sont figurées en noir.
tent-elles à mesure que vieillit la fleur. Dans une vieille fleur, on trouve à l’aide du Soudan III des gouttelettes
dans presque toutes les cellules et nous avons constaté
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Fig. 38. — Localisation dans le pétale.
1) Coupe transversale traitée par le Soudan III.
2) Coupe tangentielle, traitée par le Soudan III. L'épiderme de la face externe du pétale est respecté. L’essence est localisée dans toutes les régions avoisinant les faisceaux libéro ligneux.
qu'elles sont rares ou nulles dans les pétales d’un bouton (fig. 39).
Fort de cette remarque, nous nous sommes livré à une petite étude expérimentale qui ne manque pas d’intétèt.
Un loi de pétales d'oranger entiers fut soumis à l’action du Soudan III ; lorsque ceux-ci étaient jeunes, ou mieux, provenaient de boutons en train d’éclore, on ne trouvait que fort peu de gouttelettes, dans le tissu du pétale, qui fussent colorées par le Soudan ; les pétales provenant de fleurs vieilles en présentaient un nombre extraordinairement élevé, mais c’est surtout les fleurs meurtries qui se montraient le plus riche en huile essentielle. Aussi un lot de pétales découpés à dessein avec
des ciseaux fins, ou mâchés avec une pince à dents.
Fig. 39. — Coupe transversale d’un pétale passant par une poche sécrétrice. Localisation.
nous donnèrent-ils les plus beaux résultats, La figure 40 en témoigne sans autre explication. .
Action du réactif sulfurique. — Nous avons fait agir le réactif sulfurique : 1° sur des coupes pratiquées transversalement et longitudinalement dans le pétale de la fleur ; 2° sur des pétales entiers placés au fond d'un tube. Dans ce cas, on centrifugeait de nouveau et on puisait avec une fine pipelte une petite portion du fond. Les cristallisations étaient rares, mais elles étaient ca-
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Fig. 40. — Pétale de fleur d'Oranger soumis en entier à l’action du Soudan III. En x, le pétale a été incisé avec des ciseaux. En y, les tissus ont été écrasés et rompus par une pince. La { base du pétale sectionnée offre aussi une quantité élevée d'huile essentielle,
ractéristiques. Parmi elles on retrouvait notamment celles du sulfate d’anthranilate et du sulfate de potas- sium (fig. 41). | Elles étaient totalement absentes dans le parenchyme des pétales qu’on avait mis dans l’éther. Pour les rechercher, après avoir soigneusement lavé ceux-ci dans l’éther, on dilacérait leurs tissus ou bien on pratiquait des coupes comme sur des pétales frais ; cette recherche fut négative..
Les coupes fraiches ont donné de meilleurs résultats (fig. 42), mais on n'obtient pas de cristallisations spon-
tanées comme en partant de l'essence de Néroli. La
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Fig. 41: — Action du réactif sulfurique sur la fleur entière. / . Formes des cristaux accumulés dans le fond du tube.
Fig. 42. — Action du réactif sulfurique sur des coupes de la fleur de l’oranger.
w, cristaux de formation immédiate.
u, cristaux formés sur le pourtour de la préparation. y, cristaux de seconde formation. | z, seuls cristaux obtenus sur le bouton de la fleur d'oranger.
formation de ces cristaux était toujours.lente. Cependant on retrouve toutes les formes observées dans la réaction sur l’essence pure et les mêmes caractères de
solubilité.
2% Dans la feuille d'oranger (fig. 43).
L’épiderme ne porte pas de poils et présente des cellules renfermant de gros cristaux isolés d’oxalate de
Fig. 43. = Feuille d'Oranger.
calcium. Le parenchyme est différencié ; à la partie supérieure on remarque un tissu en palissade sur deux assises cellulaires renfermant des glandes sécrétrices (fig. 44).
L’odeur aromatique est faible, la saveur est légèrement amère et un peu « aromatiqüe ».
Les feuilles d'oranger renferment de l'huile essen-
tielle, un principe amer, et, parmi les autres substances:
organiques, des bases dont la plus abondante est la
Stachydrine.
Fig. 44. — Coupe transversale de la feuille d’Oranger.
L’huile essentiellé de la feuille d'oranger est connue sous le nom d'essence de petit grain, parce qu’on la préparait jadis avec de très jeunes fruits d'oranger ; elle renferme du linalol, de l’acétate de linalyle, du limonène et un sesquiterpène. On a aussi signalé du géraniol, de l’acétate de géranyle et d’autres composés oxygénés. |
Notre pracédé de recherche n’a décelé aucun cristal rappelant le sulfate d’anthranilate de méthyle.