‹ Méthode de recherche microchimique pour certains constituants des huiles essentiellesChapitre 46 sur 55 · C. — RECHERCHE MICROCHIMIQUE DE L’ANTHRANILATE · texte numérisé non relu

C. — RECHERCHE MICROCHIMIQUE DE L’ANTHRANILATE

DE MÉTHYLE DANS LA FLEUR DU JASMIN (Jasminum grandiflorum L. Oléacée). :

Localisation de l'essence. — On sait que les deux étamines de la fleur du Jasmin sont respectivement concrescentes avec deux des pétales soudés de la fleur jusqu’au niveau où le tube floral se divise (fig. 45).

Fig. 45. — Extrémité fleurie d’un rameau de Jasmin.

La partie libre du pétale du Jasmin coupée transversalement présente 9 à 12 faisceaux libéro-ligneux, que le Soudan III colore fortement, ainsi que les cellules de: l’épiderme (subérine et cutine/. C’est au nombre élevé de ces faisceaux que l’on doit la forte coloration com-

muniquée à la partie libre du pétale de la fleur de Jas-

min; car un examen des plus minutieux ne permet pas de relever la moindre gouttelette d'huile essentielle. La région de la fleur occupée par les anthères en présente au contraire un très grand nombre (fig. 46) mais, comme le montrent les’ essais de localisation dans les coupes transversales, elles ne sont pas dues au pétale lui-même mais proviennent des grains de pollen répandus sur lui. On n’en trouve ni dans la partie médiane du parenchyme, entre les faisceaux, ni dans le parenchyme sous-épidermique interne. Aussi les deux uniques anthères sont-elles colorées électivement par le « Soudan IIT», au plus haut degré (fig, 46).

Les grains de pollen semblent les seuls organes riches en buile essentielle.

Sous l’action du Soudan III, la cutine et [a subérine sont colorées en rouge jaunâtre, les gouttelettes d’huile essentielle, en rouge vif clair.

Dans la figure 47 l’huile essentielle existe sur tous les grains de pollen, et extérieure semble-t-il; comme si elle était produite par eux. Ne provient-elle pas plutôt de l’anthère elle-même ? L'étude microchimique semble le faire croire.

Action du réactif sulfurique. — La réaction est intense au voisinage des anthères. On assiste d’abord à la formation de menus cristaux, z figure 47; puis à l’apparition de cristaux tabulaires. Une cristallisation typique est celle qui est représentée dans la figure 47, en x. Elle se produit dans la fleur comme dans la feuille. Celle qui est représentée a été dessinée lors de la réaction

sur la feuille du Jasmin.

Fig. 46.— 1, Fleur coupée dans son sens longitudinal et soumise

à l’action du Soudan III. La région contiguë à l’anthère et.

Janthère elle-même révèlent la présence de l’huile essentielle.

II, Coupe transversale de la fleur de Jasmin, au niveau des 3

anthères, soumise à l’action du Soudan ITl. L’huile essentielle est localisée sur les grains de pollen.

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Fig. 47. — Action du réactif sulfurique sur la fleur du Jasmin ; un pétaie soumis à cette action ne présente de cristaux qu’au niveau de l’anthère qu’il soutient.

z, cristaux de première formation.

r, rebord de l’anthère, couvert de cristaux.

v, grain de pollen, vu à un plus fort grossissement, hérissé de cristaux ; à gauche, cristaux nés sur des gouttelettes d’huile essentielle libres.

Les arborescences figurées en k, figure 48, avec le gros cristal pyramidal / et les mâcles /” de la figure 48, à Ne L

du même type géométrique, sont tous des cristaux qui

apparaissent spontanément, à la suite de l’action du

réactif sulfurique.

En x, se trouvent figurées des cristallisations spéciales lancéolées et toujours groupées de cette façon, mais elles présentent des caractères de solubilité tout autres que celles des substances qui nous occupent. Enfin,

dans les préparations laissées quelques jours, mais à l'abri de l'humidité, on obtient les grandes aiguilles

Fig. 48. — Évolution de la réaction.

Lt et l’, Formes cristallines provemant de la réaction dans un

tube ; la fleur entière était plongée dans le réactif sulfurique.

&, Cristaux de seconde formation, apparaissant sur le pourtour ‘de la préparation.

figurées en y, et qui sont toujours associées. Tous les cristaux obtenus quels qu’ils soient, étaient incolores. De nombreusés mâcles composées de finés aiguilles

occupaient l’intérieur des cellules. Mais dans celles-ci,

nous n’avons pas observé d’autres formes cristallines.

VS

Les formes cristallines les plus nombreuses et les plus caractéristiques proviennent (ici encore) de la réaction en tube (fig. 48, Let [’). On reconnait aisément la forme des cristaux de sulfate d’anthranilate.

Caractères de solubilité. — Tous les cristaux autres que éeux représentés en x, figure 47, et en / figure 48, sont insolubles dans l’eau, dans l’alcoo!l absolu, dans le xylol, dans l’acétone, dans l’acide acétique, dans le réactif sulfurique, dans l’éther pur, dans l’acide sulfurique pur, dans les solutions de SO‘K’ et de SO:Ca, dans la

+ glycérine.

Les cristalliéètions désignées par x et par L, se sont montrées un peu solubles dans l’éther, solubles dans l'alcool absolu, dans le xylol, très lentement dans l’eau,

fort peu dans l’acétone et dans l’acide acétique, qui les reprécipitent de leur solution dans l'alcool, dans l’acide sulfurique pur, dans le réactif sulfurique et dans les solutions saturées de SO:K* et de SO‘Ca, dans la glycérine. Ces formes cristallines doivent donc être rapportées au sulfate d’anthranilate de méthyle.

Identification des cristaux

par leur forme et par leurs caractères de solubilite.

La plupart des cristaux de la figure 48 (cristaux L) représentent le sulfate d’anthranilate de méthyle; ils en ont la forme caractéristique et tous les caractères de solubilité. |

Les cristaux représentés dans la figure 48 qui n'ont

pas les caractères de solubilité du sulfate de l’anthrani-

late de méthyle affectent aussi des formes nettement différentes. Nous y retrouvons les cristaux isolés en forme de double # que nous avons rencontrés dans l’action du réactif sulfurique sur l’essence de Néroli.

2° RECHERCHE MICROCHIMIQUE

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