DE MÉTHYLE DANS LA FLEUR DE TUBÉREUSE
(Polianthes tuberosa L. Amarytllidacée).
Localisation de l'essence. — La recherche de la localisation de l’essence nous a donné des résultats assez comparables à ceux qui ont été obtenus sur le Jasmin.
Les gouttelettes d’huile essentielle se sont quelquefois signalées (grâce au Soudan HI) à l’intérieur des cellules de parenchyme externe et au voisinage des faisceaux libéro-ligneux. (Côté externe aussi.)
Il existe en outre à l’extrémité des pétales de la fleur des groupes de poils unicellulaires serrés les uns contre les autres et dont la teneur en huile essentielle est considérable (fig. 49). Aussi les fleurs qui ont séjourné dans
une solution de Soudan III ont-elles l’extrémité des
fe el Fig. 49. — Kleurs de Tubéreuse, soumises à l’action du Soudan III ; les! pointes des pétales seules se montrent colorées par ce produit. A
droite, poils de la pointe d’un pétale, colorés par le Soudan III. En dessous, aspect des poils vus À un faible grossissement. |
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pétales très violemment colorée en rouge. C’est là surtout qu'il faut rechercher l’essence et c’est au voisinage de ces appareils d’ailleurs que la recherche microchimique a donné les meilleurs résultats.
Produits de la réaction. —- Les cristallisations sont très rares, comme le montrent les figures, etes formes cristallines offrent peu de variété. La plupart des cristaux appartiennent de par leur forme au sulfate de potassium, et ils ont aussi présenté les caractères de solubilité de ee corps.
Dans le cas de la Tubéreuse, le sulfate de potassium se montrerait plus soluble dans l’eau que dans le cas du Jasmin, et cette solubilité facile coïncidant avec un très petit nombre de cristaux, c’est pourquoi nous avions
cru devoir identifier, malgré son caractère de solubilité
négatif pour l’eau, le corps cristallisé si abondant dans le jasmin avec un sulfate de potassium dont la masse encore cristallisée saturerait constamment l'eau.
La forme désignée par g dans la figure 50 s’est montrée soluble dans l'acétone et l'alcool absolu. Elle était très rare et isolée. L’addition d’éther faite lors de la dissolution dans l’alcool absolu, dans l’acide sulfurique pur, là reprécipitait. Comme les caractères de solubilité répondaient à celui du sulfate d’anthranilate, nous admettrons qu’il s’agit de ce corps.
Malgré de nombreux essais, nous n'avons jamais pu mettre en évidence d’autres formes cristallines que celles qui sont contenues dans la figare 50.
Aussi, jusqu’à nouvel ordre, nous pouvons dire que
l'anthranilate de méthyle semble n’exister qu’à l’état de
traces dans la fleur de Tubéreuse, qui n’a pas été sou-
mise à « l’enfleurage ». \
Ces résultats confirment ceux qu'avaient obtenus
Fig, 50.— Action du réactif sulfurique sur la fleur de Tubéreuse ; en g, cristaux de première formation.
Hesse (1903) (1) et, en ce qui concerne la tubéreuse, ils apportent à l'hypothèse de CHARABOT et GarTIN (1908) (2) une vérification définitive. « Il est hors de doute que les produits cdorants prennent naissance pendant que se prolonge la vie de la plante. »