L'ANTHRANILATE DE MÉTHYLE DANS L’AXE HYPOCOTYLÉ DU LUPIN ROSE
L'anthranilate de méthyle n’a pas été signalé chez cette plante. C’est une remarque de GATIN à propos du Nigella damascena qui nous a suggéré cette étude. GATIN étzit persuadé que la graine du Vigella damascena, quand elle commence à devenir le théâtre des phénomènes de la germination, contient de l’anthranilate de méthyle. Il pouvait en être ainsi chez le Lupin rose ; c’est ce que nous avons recherché. En même temps, nous avons été amené — d’ailleurs sur le conseil de GATIN lui-même — à faire la mème recherche sur la graine du Vigella damascena.
Dans un verre à essais rempli de sciure de bois, main-
8 tenue humide, nous avons placé plusieurs graines de Lupin rose. Au bout de quelques jours, les graines de Lupin ont germé et c’est le surlendemain de cette germination que nous avons pu pratiquer dans l’axe hypo-, cotylé de ces jeunes plantes des coupes pour les soumettre à l’action du réactif sulfurique.
Nous avons placé des séries d’axes hypocotylés entiers dans des réactifs de teneur variable, assez riches
en éther, contenus dans de pelits tubes soigneusement numérotés.
Assez fréquemment à la surface de l’axe hypocotylé nous observions de petits cristaux rougeâtres : qu'on ne pouvait enlever sans entraîner des fragments du tissu de l’axe. À l’examen microscopique, ils se présentaient comme des cristaux plus grands que ceux qu’on a observés ordinairement dans toute la série des réactions de cette étude, et ils se trouvaient toujours accolés les uns aux autres. À cause de cette association et de leur forme, vaguement conique et allongée, ils rappelaient des tuyaux d'orgue. Ils se sont montrés insolubles dans l’alcool, dans l’éther, dans le xylol. Dans les coupes pratiquées à ce niveau, nous avons constaté la présence constante de masses rouges, parfois cristallisées, à l'intérieur. de l’épiderme ou dans les faisceaux libéro-ligneux. Quand elles étaient cristallisées, elles avaient aussi la forme que nous venons de décrire.
Ces masses rouges étaient également insolubles dans l’alcoo!, l’éther, le xylol. | :
Mais, outre ce corps, on retrouve des cristaux incolores, en forme de prismes triangulaires, comme ceux de la figure 23, insolubles dans l’alcool, et toutes les formes habituelles du sulfate de potassium ; enfin des cristaux qu'il faut rapporter, à cause de leurs caracières de solubilité, à l’asparagine (fig. 51).
Rappelons à ce propos, le travail de Suzukt (1) cons-
1. Suzurt (U). Bildung von Asparagin im Keimpflanz. Bull. Col. Agric.
Tokio, mars +002, p. 4.
tatant la présence générale de l’asparagine chez les plantes en germination. L’auteur a conclu que l’aspara-
Fig. 51. — Asparagine mise en évidence par le réactif sulfurique, dans l'axe hypocotylé de la graine de Lupin germée.
gine se produisait par oxydation partielle aux dépens des acides amidés.
Examen du dépôt des petits tubes.
Toute une série nous a donné des résultats totale- : ment négatifs, et généralement les coupes pratiquées dans ces axes hypocotylés n’ont présenté aucune cristallisation. |
® Voici d’ailleurs le tableau d'examen des dépôts, tel
qu’il se trouve dans nos notes de laboratoire.
Tubes 1. — Pas de cristaux.
Tubes 2. — Cristaux, aucun soluble dans l'alcool, dans l’éther et dans les solvants du méthylanthranilate.
Tubes 3. — Quelques cristaux, mais identiques aux précédents.
Tubes 4. — Cristaux très nombreux, la plupart ayant des caractères de solubilité du SO4K?. Aucun n’a les caractères cherchés.
Tubes 3. — Cristaux nombreux autres que ceux du SO'K?, mais aucun
de ceux que l’on recherche.
Tubes 6. — Durée du séjour dé l'axe hypocotylé dans le réactif ; 24 heures. Cristaux assez abondants : insolubles dans l’alcool et dans tous
les réactifs.
| Examen des coupes pratiquées dans les axes hypocotrlés.
1° Pas de cristaux ;
2° Pas de cristaux ; 3° Cristaux rares et n’ayant pas de caractères de solubilité positifs. 4° Pas de cristaux 5 5° Pas de cristaux ;
60 Pas de cristaux.
Mais les axes hypocotylés, ayant été conservés dans de petits tubes remplis d’éther pur, présentaient un culot huileux dans lequel nous avons relevé de nombreux cristaux prismatiques très grands, et solubles dans tous nos dissolvants sauf dans l’alcool absolu et le xylol.
En outre nous avons retrouvé les grands cristaux de SO'K*? que nous avons rencontré dans la fleur de Tubéreuse et dans la fleur de Jasmin.
En résumé, que les coupes soient transversales, ou radiales, ou tangentielles, nous n’avons jamais pu y relever de cristaux, mais on en trouvait dans le fond des tubes où ces organes soumis au réactif sulfurique avaient séjourné ; ces cristaux n’ont pas les caractères de solubilité du sulfate d’anthranilate de méthyle.
Coupes montées dans le réactif. — Elles ont toutes donné des résultats négatifs. Mais les coupes conte-
paient des cristallisations d’asparagine, et il est à noter
que celles-ci apparaissaient même quand les coupes n'avaient pas subi lPaction du réactif ou lorsqu'elles avaient séché à l'air.
Encore faut-il remarquer que ces cristaux d’asparagine n'étaient présents que dans les plus jeunès g'er minations. On ne les rencontre jamais dans les germinations plus âgées. ul l
Essais de localisation au Soudan III. — Sur cinq germinations, une seule m’a donné un résultat positif et encore est-il minime, puisque sur toutes Les coupes pratiquées dans cet axe hypocotylé, il n’a été signalé pour tout l’ensemble qu’une seûle goutte d'huile. Celle-ci était “contenue dans une cellule de l’épiderme.
Identification des cristaux.— Les cristaux n'étant pas solubles dans les solvants proposés, ne peuvent appar-
tenir au sulfate d’anthranilate de méthyle.
Ne