‹ Méthode de recherche microchimique pour certains constituants des huiles essentiellesChapitre 7 sur 55 · AE ESS · texte numérisé non relu

AE ESS

France, la mode des parfums ne disparut plus ; tout devint prétexte à odeurs : on plaçait au milieu du linge des sachets pour l’imprégner de senteurs. Au x1v° siècle, la haute société paraît avoir estimé surtout la lavande et la violette.

Au xv° siècle, les parfums préférés sont la poudre de violette et celle de Chypre, la civette, le muse, l’ambre gris, les essences de fleur d'oranger, de rose, de romarin. |

Charles VIII eut un parfumeur en titre. Catherine de Médicis eut le sien également. La composition des parfums devint une science à demi mystérieuse dont les secrets ne se prodiguaient pas et un parfumeur semblait bien proche parent d’un alchimiste.

À aucune époque on n’abusa autant du parfum qu’au xvu° siècle. L’odorat blasé par les senteurs que l’Inde et l'Amérique fournissaient depuis cent ans, ne pouvait se contenter que d'’essences et de quintessences. Les parfumeurs faisaient vite fortune et quelques-uns d’entre eux, honorés de la faveur des grandes dames, ont vu leur nom conservé par la postérité.

Mais les parfums eurent l’infortune d’incommoder Louis XIV. Dès lors pour eux, toute vogue cessa ; cependant, après la mort du Roi Soleil les parfums reparurent, mais ils ne retrouvèrent jamais l’éclatante faveur dont ils avaient joui au début du règne et cette mode ne survécut point à la Révolution.

Les muscadins du Directoire tentèrent une résurrection, mais elle fut de courte durée.

Le Consulat et l’Empire ne les connurent point, les

hommes ne vivant que dans l’odeur de la poudre des combats.

La bourrasque passée, la mode parfumée reparaît, . timide encore sous la Restauration.

Depuis, elle n’a fait que se développer et si aujourd’hui l’atmosphère est encore imprégnée en maints endroits de la surface du globe, de l’odeur de la poudre, cela n'empêche nullement le règne des parfums de se développer et on peut dire sans conteste qu’à aucune époque de l’histoire du monde ils n’ont été aulant en

faveur qu’à l'heure actuelle.

En France surtout, l’industrie des parfums s’est considérablement développée et la culture des plantes susceptibles de nous les fournir a pris depuis quelques années une grande extension dans le Sud-Est. On peut

dire que notre beau pays possède à l’heure actuelle le monopole de l’industrie des parfums.

Ce monopole, nous devons le conserver ; aussi doilon songer à un plus large développement de l’exploitation des plantes odoriférantes. Et si l’on veut qu’il en soit ainsi, il importe d'abord que les conditions de production soient assez économiques afin qu'il soit permis d’associer sans trop de parcimonie les produits naturels aux produits de synthèse.

C’est en étudiant chaque jour davantage le chimisme des parfums chez les plantes que l'on parviendra à

mieux résoudre les problèmes qui s’y rattachént.

La plante, en effet, constitue un véritable laboratoire,

où chaque jour, sous les diverses influences du milieu

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