J.1 RES
Ce bloc est en trusion interne. La douleur empêche la réduction
LS EN TO UE extemporanée de ce fragment qui, cliniquement, semble subir un commencement de consolidation.
Le 30 septembre, pose d’un appareil de redressement de blocs.
Le 2 octobre, réduction. Réparation des dents sous cet appareil désormais conservé comme soutien.
Le 5 octobre, pose d’un bridge (guérison physiologique) sous lequel se poursuit la suture osseuse.
OBSERVATION XX (Personnelle).
Fracture de 3 mois. Maxillaire supérieur. Réduite en 2 jours.
Dupont Léonce, 106° d'infanterie. Domicile civil, Saint-Quentin.
Blessé à Bouchavesnes, le 25 septembre 1916, par éclat d’obus au trou mentonnier droit.
Il nous arrive le 24 novembre seulement. Sa fracture n’a pas été traitée. Nous observons une fracture de la branche horizontale droite, au niveau de la dent de six ans qui à été emportée par l'éclat d’obus ainsi que les deux prémolaires. Il y a néanmoins peu de perte de substance (un centimètre). Le fragment droit est en linguoversion, surélevé, etc. Déviation classique, mais il ne comporte que
se branlante et < i__ à l’état de racines cariées.
Le grand fragment gauche est déjeté vers la lésion, la ligne médiane symphysaire venant à droite au niveau de la canine 3 l___ Joue aplatie. |
Le 30 novembre, arc d'urgence à volet. Le volet emboîte l'angle maxillaire droit, immobilise celui-ci en position forcée à l’aide d’um emboîtement, car la dent qui reste est inutilisable, et serait désalvéolée par le moindre effort; elle ne nous sert que d'indication d’occlusion, L’arc sert de point d'appui. Ficelage. Résultat incomplet.
Le 10 décembre, nous délivrons la bouche, Perte immédiate de la réduction obtenue.
Le 16 décembre, pose d’un appareil de redressement à volet (type fig. 19).
Le 18 décembre, réduction, Appareil passif.
Avril 1917, consolidation.
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OBSERVATION XXI (Personnelle). - Réduction extemporanée par ficelage.
Geffray Emmanuel, 4° zouaves. Blessé à Haudremont, le 25 octobre 1916, par balle.
Nous le voyons le 8 novembre. Fracture linéaire de la branche horizontale au niveau de __1__ Il y a peu de déviation, quoique tout le maxillaire soit désengréné vers la lésion.
Réduction immédiate par deux arcs d’urgence redressant le maxillaire dans le plan vertical et ficelage bouche fermée rétablissant l’occlusion,
Le 13 novembre, déficelage, On constate une déviation à l’ouverture.
Le 14 novembre, ficelage. Réduction plus difficile que la première fois.
Le 5 décembre, déficelage. Esquillectomie d’une parcelle osseuse tout à fait énuclée: Déviation moindre.
Le 10 décembre, ficelage. L'occlusion se fait normale, sans effort. Ainsi de suite jusqu’en février. Consolidation, sans déviation à l'ouverture.
OBSERVATION XXII (Personnelle).
Réduction extemporanée par ficelage.
Coupat François, 216* d'infanterie. Domicile civil, Amandin (Cantal).
Blessé le 25 octobre 1916, à Vaux, par éclat d’obus.
Le 8 novembre, nous le recevons à Bordeaux. Il présente une fracture linéaire, verticale entre — à gauche, La dent de douze ans gauche est branlante et en linguo-version, Le fragment qui la porte est versé en dedans et surélevé. Pose immédiate d’un arc d'urgence interne (fig. 5) rétablissant la forme normale de l’arcade; mais le petit bloc postérieur est toujours surélevé. Pose de deux arcs antérieurs (fig. 6) et par occlusion ficelée réduction ex-
temporanée.
14 novembre, déficelage. Constatation d'une petite déviation à gauche, à l'ouverture. Signe de non-consolidation. Il y a, du reste, du crépitement. La fermeture en occlusion est aisée, mais du trismus est apparu.
15 novembre, ficelage. Ainsi de suite, avec repos successifs jusqu’au 10 décembre où nous constatons qu'il n’y a plus de déviation à l'ouverture, ni trismus.
En avril, la consolidation est complète.
OBSERVATION XXII (Personnelle).
Double fracture réduite par arc d'urgence, progressivement.
Miraillet Charles, 261° d'infanterie. Domicile civil, Lalley (Isère).
Blessé le 27 juin 1916, à Thiaumont, par balle ayant traversé horizontalement la joue gauche, fracturant la branche horizontale gauche, puis la droite, pour sortir par la joue droite.
Le 7 juillet il arrive au service de stomatologie. Il présente une
double fracture : une à droite avec bris des dents suivantes
une à gauche avec bris de . Ce qui isole entre elles un bloc médian portant les dents — LD LE Ce bloc est affaissé verticale- AS2%1112345
ment, formant une béance de 12 millimètres, ce qui est énorme (type B 1).
Les deux branches montantes ne sont plus continuées que par un moignon portant chacun une dent | : intacte, mais -— fracturée, Nous les conservons parce qu’elles sont en occlusion normale, Extractions de racines dans les fovers.
Le 20 juillet, pose de deux arcs d'urgence. Nous commençons la réduction par traction forcée. Nous obtenons un gain de six millimètres. Bouche fermée.
Le 26 juillet, gain de trois millimètres. Entre temps, le bloc est monté de deux millimètres.
Le 5 août, déficelage. Repos.
Le 12 août, nous avons perdu un peu. Ficelage. Tractions.
Le 20 août, réduction totale, attente de consolidation avec périodes de repos jusqu'au 20 octobre, commencement de suture osseuse à gauche.
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Le 10 décembre, commencement de suture osseuse à droite. Repos de plus en plus long.
En avril 1917, consolidation parfaite en articulé normal.
OBSERVATION XXIV (Personnelle).
Fracture. Trismus. Réduction. Résolution par ficelage.
Magny André, 33° d'infanterie, Domicile civil. Bûcheron à Vaucourt (Meuse).
Blessé le 14 septembre 1916, par éclat d’obus. Entré dans la région sous-orbitaire droite, sorti à l'angle inférieur droit. Nous le recevons près de deux mois après.
Le 8 novembre, la radiographie nous montre une fracture linéaire, oblique angulaire, à droite. L'examen clinique montre une déviation vers la lésion, et surtout un trismus extrême. Le blessé ne peut ouvrir la bouche de plus d’un millimètre. La pression pour forcer l’ouverture provoque une douleur insupportable et l’on sent sous cet effort la fracture crépiter et se décaler davantage. C’est devant la difficulté d'adaptation d’un arc ordinaire qu’on ne lui a encore rien fait, « On a jugé que c'était impossible », dit-il.
Malgré cette quasi-occlusion des dents, nous appliquons deux arcs d'urgence Duchange, à pointes interdentaires, et non ligaturés aux dents, puisqu'il n’y a pas l’espace nécessaire à l'introduction de la pince d’Angle entre les mâchoires.
Nous pouvons ainsi, néanmoins, réduire extemporanément la déviation.
Le 15 novembre, déficelage pour repos, Le malade ouvre la bouche de près de deux millimètres, mais toujours déviation, même à la fermeture.
Le 16 novembre, ficelage.
Le 20 novembre, repos. L'ouverture possible est de six millimèetres. L'ouverture et l’occlusion se font presque sans déviation. Il semble y avoir un début de consolidation.
Le 22 novembre, ficelage.
Le 1 décembre, repos. Plus de déviation. Ouverture possible, 9 millimètres.
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Le 3 décembre, ficelage.
Le 10 décembre, fepos. Le malade commence à manger de la croûte de pain sans douleur.
Le 23 décembre, consolidation, Il peut manger de la viande. Ouverture, 18 millimètres.
Guérison parfaite quelques semaines après.
OBSERVATION XXV (Personnelle).
Double fracture. Suppuration. Trismus. Réduction, résolution par ficelage.
Kuklinsky August. Prisonnier allemand. Domicile civil, Sawada (Westpreussen).
Blessé à Chaulnes, le 4 septembre 1916, par balle qui fracture le col du condyle gauche, traverse la cavité buccale et sort en fracturant l’angle maxillaire droit.
Le 22 septembre 1916, nous constatons une déviation à droite avec palato-version de la branche montante droite. Comme dans le cas précédent : trismus irréductible. La bouche ne peut s'ouvrir de plus de deux millimètres. De plus, il y a Suppuration des deux côtés. Malgré cela, nous appliquons nos arcs d'urgence à pointes interdentaires, et nous réduisons extemporanément.
Le 18 octobre seulement, nous déficelons. Le trismus est moindre. Il ouvre de 3 millimètres, mais déviation au lâcher.
Le 20 octobre, ficelage.
Le 20 novembre, c’est-à-dire après un mois d’immobilisation (le prisonnier ayant entre temps changé de camp), nous déficelons. Et tout en constatant un amaigrissement général notable, la fracture a subi un début de consolidation. Sans déviation, l'ouverture est de 12 millimètres.
Le 24 novembre, ficelage.
Le 10 décembre, repos. Consolidation avancée. Ouverture possible, 20 millimètres.
En février, consolidation complète et béance normale.
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OBSERVATION XXVI (Personnelle).
Déviation paradoxale. Trismus.
Voyer Alphonse, 150° d'infanterie. Domicile civil, Chauday (Orne).
Blessé en Champagne, le 25 septembre 1916, par éclat d’obus, joue gauche.
Nous arrive le 5 avril 1916, après six mois pendant lesquels il n'eut, dit-il, aucun traitement, car on n’a nulle part constaté de fracture. En effet, la radiographie n’accuse rien comme lésion des mandibules, mais fait découvrir une fracture de l’apophyse styloïde, et, cliniquement, on diagnostique une lésion du ptérygoïdien interne gauche. Le résultat en est une déviation dite paradoxale parce qu'opposée à la lésion. Le diastème inférieur est déporté vers la droite à la hauteur de la 2 1 , c’est-à-dire d'au moins 10 millimètres. La branche montante gauche est déportée en dehors, vers la joue, et le condyle, à la palpation, semble avancé.
L'ouverture est limitée à 5 millimètres.
Le 6 avril, nous tentons la réduction en force par arcs de ficelage et avec des repos de un jour tous les cinq jours, nous continuons ce traitement pendant quatre mois. Le résultat est quasi nul.
Le 2 août, nous essayons, non plus la fixation immobile, mais le ficelage unilatéral par des élastiques qui permettent l'ouverture en luttant contre la déviation. Traitement pendant quatre mois. Résultat nul.
Le 1‘ novembre, abandon de tout arc de ficelage. Nous pensons qu’il faut faire un traitement inverse, c’est-à-dire non chercher à réduire pour obtenir l'élimination du trisnrus comme c’est la règle quand il y a déformation de l’arc mandibulaire, mais réduire le trismus pour que la synergie musculaire s’en suive et obtenir subséquemment la fermeture en articulé,
Chaque matin, séance de massage et ouverture et occlusion normales forcées. Dix minutes chaque fois.
Le 19 novembre, la réduction est possible sans grand effort.
Le 22 novembre, ouverture et occlusion naturelles. Les muscles ont compensé.
D'où, après’ huit mois d'échec, résultat en trois semaines.