A R T 1 K E X PE R I ME N T ALE
En outre, il importe de signaler un accident survenu chez un cobave : la thrombose d’une veine fémorale qui avait été intéressée par la piqûre. L'animal est mort, une heure après, d'embolie pulmonaire sans doute, et l’autopsie a montré une thrombose étendue, remontant jusque dans la veine iliaque. 11 est bon d’indiquer à ce propos le danger qui pourrait résulter chez l’homme d’injections faites dans le voisinage immédiat des veines volumineuses.
Après avoir étudié l’action du chlorure de zinc sur les tissus normaux, il importait de rechercher les modifications histologiques que cette substance pouvait imprimer aux tissus morbides. Deux moyens se présentaient pour arriver à ce but : d’une part, l’étude expérimentale; de l’autre, l’examen des tissus tuberculeux de l’homme après le traitement. Pour ce qui est des recherches expérimentales, nous les avons entreprises sur une série d’animaux auxquels ont été inoculées des cultures pures de tuberculose humaine, obligeamment fournies par M. Yignal. Mais ces recherches sont encore trop peu avancées pour qu’on en puisse tirer des conclusions solides. En effet, elles exigent plus de temps que nous n’avons pu en consacrer jusqu’à présent à cette étude; en outre, les lésions tuberculeuses obtenues chez les animaux, et notamment chez le cobaye, offrent une évolution différente de ce qui s’observe chez l’homme, surtout dans les cas de tuberculoses chirurgicales, auxquels le procédé que nous préconisons est surtout applicable. Aussi ne pouvons-nous, dans cette note préliminaire, entrer dans les détails d’expériences en cours d’exécution.
Quant à l’étude histologique des lésions humaines, modifiées par le traitement, nous avons eu l’occasion de la pratiquer dans un cas où le diagnostic était probant ; mais le résultat en est incomplet, attendu que le traitement n’a pas été achevé et qu’on était en présence d’un cas complexe. Il s’agit d’un enfant porteur de nombreux ganglions caséifiés dont plusieurs, réunis en une seule masse, ont été traités par les injections de chlorure de zinc. Au bout de quelques jours, il s’est produit un état inflammatoire avec suppuration qui a fourni l’indication d’extirper la masse ganglionnaire. Les ganglions traités ont été examinés comparativement avec les ganglions abandonnés à eux-mêmes.
Or les ganglions soumis aux injections montrent, au pourtour du magma caséeux qui les remplit en grande partie, une zone de tissu tuberculeux, contenant des cellules géantes, et qui ne paraît nullement différer de ce qui se voit sur les ganglions non traités.
TRANSFORMATION DES PRODUITS TUBERCULEUX
Celte zone tuberculeuse est entourée d’une coque fibreuse, peu épaisse, semblable également à celle des ganglions non traités. Mais tandis que ces derniers sont compris dans un tissu lâche, cellulo-adipeux, au contraire les ganglions traités sont plongésdans un tissu dense, lardacé, adhérent intimement à la coque fibreuse précédente, et dans lequel on trouve la série des modifications habituelles que présentent les tissus sains, sous l’influence des injections de chlorure de zinc. Ce tissu est presque entièrement fibreux; on y voit les restes d’hémorragies interstitielles et les artères sont le siège d’une endartèrite végétante qui les oblitère en grande partie.
Ainsi les tubercules eux-mémes, respectés par l’injection, ne subissent pas, au moins au début, de modifications appréciables, et ce fait suffirait à montrer qu’il n’y a aucune action spécifique exercée par le chlorure de zinc sur les tubercules. Mais les tissus sains qui entourent le tissu tuberculeux, et au niveau desquels se sont fait sentir les effets du liquide irritant, deviennent le sièged’une transformation fibreuse. Cette sorte de muraille de tissu scléreux, qui circonscrit les parties malades, vient renforcer considérablement la mince lame fibreuse que les seules forces de l’organisme parviennent à former déjà, mais qui, même dans ces cas de tuberculose pauvre en bacilles et à marche lente, n’oppose qu’une barrière insuffisante et temporaire aux progrès de l’infection. Tel est le mécanisme suivant lequel semble agir la méthode que nous venons d’exposer et dont le principe n’est en somme que de favoriser ou de provoquer, au besoin, le processus par lequelse produit spontanément, dans les cas heureux, la guérison des lésions tuberculeuses.
Il y aurait un grand intérêt à rechercher ce que devient à la longue le tubercule lui-même, entouré et encapsulé par le tissu scléreux. Finit-il par disparaître ou persiste-t-il à l’état inactif, en sommeillant, pour ainsi dire? C’est ce qu'il est encore impossible de dire. Dans un cas déjà cité (obs. XXII), où nous avons cru avoir affaire à une tuberculose de la paroi thoracique, symptomatique d’une lésion costale, l’extirpation de la plaque a montré une transformation fibro-graisseuse et l’examen histologique n'a fait découvrir que du tissu fibreux et des pelotons adipeux enflammés, sans nodules tuberculeux reconnaissables; d’autre part, l’inoculation au cobaye est restée négative. Mais ne nous sommesnous pas trompés sur le diagnostic de la tuberculose, et ne vaut-il pas mieux rester dans le cloute que de trop s’avancer?
l'ARTIË EXPERIMENTALE
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IY1ÉTH0DE SCLÉROGÈNE; SA TECHNIQUE
Je rappellerai le principe de la méthode: agir sur la zone saine la plus voisine des fongosités et des néoplasmes tuberculeux, c’està-dire sur les parties qui contiennent les vaisseaux alimentant les tissus tuberculeux.
Il est facile dans la plupart des articulations, et possible dans presque toutes, de créer le tissu modulaire dur et compact à la surface et dans les fongosités. Pour cela, il convient de porter le médicament a la limite des fongosités et de 1 y déposer à la dose voulue en établissant un certain nombre de points de contact; grâce à ses propriétés diffusibles, les effets ne tardent pas à se montrer bien au delà du lieu de son application.
Sauf quelques cas exceptionnels, je ne me sers plus guère que que de solution au 1/1 0e et |’en dépose de deux à trois gouttes sur un point déterminé; l’opération est répétée plusieurs fois, soit par la même piqûre en dirigeant autrement l’aiguille, soit presque toujours en faisant plusieurs piqûres. J’arrive en une séance à déposer ainsi de six, huit, dix, à quinze ou vingt gouttes suivant le cas, cle la solution titrée, dans une région articulaire.
Pour bien montrer la manière de procéder, je prendrai le genou comme type de son application dans les osLéo-synovites articulaires. Il sera facile ensuite d’indiquer pour les autres organes les modifications de détail, relevant uniquement d’ailleurs de particularités anatomiques. Il s’agit ici de substituer une ostéo-synovite fibreuse à la fongueuse. Or, on peut aisément et en très peu de jours pourvoir à cette véritable fabrication du nouveau tissu.
Chaque région de la synoviale doit être considérée à part, car on peut la traiter isolément en quelque sorte. Le cul-de-sac supérieur et les latéraux qui lui fontsuite accusentneltement leurs contours; j’enfonce une aiguille au-dessus du cul-de-sac supérieur de manière à atteindre le fémur au niveau de la réflexion de la synoviale fongueuse, et je dépose la solution sur le fémur même, au point indiqué au-dessus ou au-dessous du périoste. Je cherche même toujours à injecter sous le périoste. Il est ainsi déposé en quatre ou cinq piqûres, profondément sur la demi-circonférence du cul-de-sac supérieur, huit] à dix gouttes de solution pour le genou d’un enfant de dix ans; j’estime qu’il faudrait un tiers en plus ou près du double pour un adulte.
TRANSFORMATION DES PRODUITS TUBERCULEUX
Les parties de la synoviale placées au-dessous de la rotule de chaque côté du ligament rotulien sont aussi accessibles, mais il importe de faire ici quelques remarques et de ne pas se livrer au hasard en injectant indifféremment dans un point ou un autre, il convient deprocéder avec méthode. Je prends le quartier de synoviale placé au-dessous de la rotule en dedans du ligament rolulien. J’enfonce l’aiguille sur le bord de la rotule et je la dirige parallèlemment au bord du ligament rotulien, un demi-centimètre à un centimètre en dedans de ce bord ; je laisse ainsi tomber deux gouttes de solution; il importe ici, pour éviter une escarre, de faire que l’aiguille soit sous l’aponévrose, c’est-à-dire engagée dans la couche superficielle des fongosités; on peut incliner l’aiguille et faire une seconde injection plus en dedans; et pour rendre la transformation plus rapide et plus sûre, j'injecte la même quantité parallèlement au bord supérieur de l’épiphyse du tibia au niveau de la réflexion de la synoviale sur ce bord. On n’oubliera pas que celte rétlexion est très près du bord articulaire de l’épiphyse du tibia.
On procède de la même façon pour la région ou le quartier externe delà synoviale sous-rotulienne. On se rappellera, d’ailleurs, que ces régions sont souvent moins fongueuses que le cul-de-sac supérieur, et que surtout les parties postérieures de la synoviale des régions externes ou internes au niveau du tibia sont beaucoup moins altérées d’habitude que le reste de cette membrane. On arrive ainsi jusqu’aux parties postérieures de la synoviale qu’on peut atteindre de la même façon.
Si du genou on passe à l’articulation tibio-larsienne, dont toute la synoviale est fongueuse, on procédera à desinjections : en avant sur le bord antérieur du tibia au-dessous des extenseurs, en pratiquant deux ou trois piqûres sur le bord antérieur du tibia sous les tendons; on ne se préoccupera point des gaines tendineuses qui sont d’ailleurs très souvent atteintes. En dedans, on injectera au-dessous de la malléole et le long de cette saillie osseuse en arrière et surtout le long du tendon d’Achille. Je répète que dans ces régions on doit enfoncer l’aiguille sous l’aponévrose et pénétrer même dans les fongosités à leur périphérie. Enfin, on termine delà même manière en dehors. Je n'hésite plus à injecter actuellement 12 à 15 gouttes chez un enfant de cinq, six et sept ans, dans ces différentes régions.
Je ne poursuivrai pas dans chaque articulation la description du procédé opératoire; qu’il me suffise seulement d’énoncer quelques