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la seconde ; de là nécessité pour ce dernier de ne pas ignorer le côté médical.
« Pour les conjonctivites supposées de nature infectieuse, il faut au plus tôt instituer un traitement abortif sous peine d'assister à la destruction de la cornée. Ces cas sont heureusement l'exception ; mais comme au début, il n’est pas facile de différencier la conjonctivite catarrhale aiguë de celle purulente, mieux vaut pécher par excès de soins, l'expérience ayant démontré que l’œil tolère parfaitement les caustiques à la condition de ne pas les employer trop concentrés. »
Le nitrate d'argent en solution aqueuse à 0,50 à 3 0/0 constitue un des meilleurs topiques. On l’applique après renversement des paupières. Plus loin M. le Professeur Panas ajoute: comme il importe que l’action du médicament porte sur tous les points de la conjonctive on n’hésitera pas à débrider la commissure externe. Aux cautérisations M. Panas joint des lavages des paupières avec le naphtol, l’acide borique, etc., etc.
La conception actuelle semble donc être celle-ci : « Cautériser une à 2 fois par Jour avec une solution de nitrate à 3 0/0 en passant le pinceau dans les culs-de-sac.
$ 1. — Inconvénients de la mitratntion.
Il peut paraître singulier à beaucoup de bons esprits nourris de la doctrine classique, que les vieilles et bonnes cautérisations puissent être suspectées. N'avons-nous pas appris dès le début de nos études médicales que l'ophtal-
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mie appelait la cautérisation, que selon\’expression origivale, conjonctive et nitrate élaient faits l’un pour l’autre ? Cette union consolidée par la parole des maîtres et aussi par une vénérable routine devra nécessairement aboutir à une séparation le jour où il sera démontré que l’ophtalmie grave peut guérir par une médication plus en rapport avec les idées modernes. Tous ceux qui ont pratiqué les cautérisations sur une grande échelle savent à quelles difficultés on se heurte. Ce n’est rien de retourner la paupière supérieure normale et saine d’un adulte. Et pourtant combien de médecins ne peuvent pas le faire sans violence ? Mais combien plus grande est la difficulté lorsqu'il s’agit d’un nouveau-né? La fente palpébrale est étroite et serrée, la paupière est petite et sans consistance aux doigts. Si la cornée est ulcérée, quelle crainte d'appuyer sur le globe, de voir le cristallin, à la suite de l'humeur aqueuse, jaillir sur la joue ? Ces accidents-là, on les connaît, au moins par ouï-dire et on les redoute. Que l’on consulte les médecins non spécialistes, qui ont été appelés à soigner des ophtalmies d'enfants en présence d’une famille affolée ; qu’on leur demande leurs impressions quand ils ont tenté de mettre à nu le tarse supérieur, leurs angoisses de mal faire, « de crever peut-être l'œil ». Cette lutte s’est terminée le plus souvent il est vrai par un compromis. N’arrivant pas à relourner la paupière, le médecin s’est contenté de badigeonner consciencieusement le bord libre et d’instiller Le collyre entre les paupières, puis il est parti le cœur soulagé. L’ophtalmie a-t-elle guéri ? il n’a pas hésité à reconnaître l'efficacité de son traitement et de sa thérapeutique, « j'ai guéri cet enfant avec le nitrate ?» Une autre
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fois il n’hésitera pas et instillera son collyre en toute confiance. Malheureusement l’ophtalmie sera peut-être très virulente et le surlendemain une cornée sera détruite, peutêtre Les deux se perforeront-elles. Quelle désillusion ! Le médecin prend conseil. Il apprend alors que pour être certain de l'efficacité d’une cautérisation il faut retourner complètement la paupière, passer le pinceau dans le culde-sac supérieur et cela quelles que soient les difficultés matérielles et les cris de l'enfant.
Un médecin seul pour ne pas dire un spécialiste peut bien appliquer la nitratation. Que va donc devenir le nouveau-né que l’on sera obligé de confier aux soins d’un aide même intelligent et dévoué. Retourner les paupières n’est pas facile et cependant cette manœuvre est absolument indispensable. |
M. Abadie ne va-t-il pas jusqu’à dire. « J’estime coute que coûte que dût-on employer le chloroforme, si la douleur est trop vive, on doit fendre largement les commissures si la fente palpébrale est trop étroile, mais il faut retourner complètement la paupière supérieure. Alors, mais alors seulement on est sûr d’avoir fait une cautérisa- ‘ tion efficace et quand vous l'aurez répétée de la même fa-
çon trois à quatre jours vous serez maître de la situation et vous guérirez votre malade.
« Mais si soit par difficulté matérielle, soit étroitesse de la fente palpébrale vous faites un renversement incomplet et n’effleurez que la conjonctive: tarsienne, vous échouerez et vous accuserez le traitement d’être infidèle alors que c’est vous qui n’aurez pas dû l’employer. (Abadie, Annales d'Oculistique, décembre 1894).