‹ Méthode des Grands Lavages Dans Le Traitement De L'Ophtalmie PurulenteChapitre 11 sur 32 · IS · texte numérisé non relu

IS

Lorsqu'on examine un peu de: près les conclusions de M. Abadie on s’aperçoit qu'un traitement aussi difficile ne peut réussir qu’en des mains expérimentées : c’est avouer par suite qu'il échoue dans un grand nombre de cas où l’ophtalmie purulente n’a été soignée que par un médecin dévoué et consciencieux mais nullement spécialiste.

Le nitrate d'argent n’est pas seulement difficile à appliquer, il est encore dangereux. Quand il v a des ulcérations, il peut hâter la destruction des cornées Desmarres, de Wecker, tous les auteurs sont de cet avis. Le nitrate peut lorsqu'il existe un exsudat diphtéroïde sur les tarses, exsudat dù à une infection streptococcique surajoutée, bâter l’apparilion des ulcérations cornéennes. Ce fait est . connu depuis longtemps ; les auteurs recommandent dans ces cas l'emploi du jus de citron et l’abstention des cautérisations : M. Abadie signale l’apparition d’un œædème dur. « Parfois, spécialement chez les nouveau-nés, à la suite d’une cautérisation faite au début dela maladie même avec une solution de nitrate d'argent relativement faible à 3 0/0, à plus forte raison si on emploie des solutions plus concentrées ou le crayon en nature la maladie semble changer dans son aspect, dans sa nature, dans son évolution ; une seule cautérisation suffira alors pour donner à la cornée une leinte laiteuse, si l’on continue c’est le sphacèle de la cornée ».

La nitratalion est donc une méthode parfois difficile à appliquer et parfois aussi dangereuse, voilà donc un traitement infaillible qui a de bien vilains défauts. Quels sont donc les résultats que donnent les cautérisations ?

Sa Or ES

Stellvag nous montre dans une statistique que sur 31: yeux d'adultes il en arriva 4 avec des cornées détruites. Sur les 27 autres 5 eurent des taies profondes, 8 des leucomes. Sur les 14 yeux qui arrivèrent sans ulcérations 6 en furent atteints et 3 fois il y eut perforation.

On n’a pas chez nous l'habitude de publier des statistiques suivies en notant les complications cornéennes. Ce n’est que de ci, de là qu’un insuccès grave est signalé, mais à propos de tout autre chose. Morax dans sa thèse (faite chez M. Parinaud) cite deux cas d’ophtalmie suite de vulvile chez des petites filles traitées dès les premières quarante-huit heures. Dans un cas il y eut perforation, dans l'autre infiltration cornéenne.

De Wecker (Traité, p. 300) dit « quand la facette survient dès le début, le pronostic est défavorable, il y a presque toujours perforation centrale.

Voici une observation récente prise aux Quinze-Vingts. Enfant de onze jours. Ophtalmie purulente double. Cautérisation au nitrate par la sage-femme faite dès le premier jour. Le troisième jour cautérisation faite très sérieusement dans les culs-de-sac par un élève très au courant des cautérisations. Deux le quatrième jour. Le cinquième jour on constate une ulcération profonde sur l’œil droit. En même temps, forte purulence non modifiée par le nitrate. La perforation est faite vers le huitième jour. Le permanganate employé à partir du septième jour supprime la purulence en trois ou quatre jours.

Ecoutons maintenant le maître incontesté de la médecine oculaire infantile, Horner. Sur 468 ophtalmies d'enfants, il y avait 346 enfants indemnes d'ulcéralion à l’arrivée,

Page 1