‹ Méthode des Grands Lavages Dans Le Traitement De L'Ophtalmie PurulenteChapitre 12 sur 32 · HOUSE · texte numérisé non relu

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38 d’entre eux, soit 8 0/0, furent atteints d’ulcérations en cours de traitement (glace, crayon miligé ou nitrate à 1/60° par jour) (Corresp. Blatt. f. Schweiz. Aerste, 1882).

Tout récemment (décembre, 1894) Rohmer, de Nancy, s'étend longuement sur la véritable impossibilité dans laquelle se trouve parfois le praticien, de faire appliquer le traitement par la nitratation.

Rohmer montre en les déplorant les accidents consécutifs à un traitement aussi insuffisamment pratique.

« Je n’entends pas parler des cas où l’on a occasion de soigner les enfants dans leur famille, par les parents euxmêmes ou par un entourage plein de bonne volonté, mais qui s’émeut aux moindres cris de l'enfant etne remplit pas strictement le programme assez simple mais faligant et énervant que le médecin a tracé. Au moment de votre visite et en présence de vos observations bien senties, on proteste de la bonne volonté de bien faire. En pareil cas ils ne peuvent pas grand’chose etne font généralement rien, car il est difficile souvent de retourner les paupières; il est pénible pour des gens du monde de nettoyer les culs-desac de la conjonctive et de répéter ces manœuvres en interrompant le sommeil et le repos des malheureux enfants. Je laisse de côté ces cas el j'entends parler des cas que nous médecins, que nous spécialistes nous voyons quelquefois évoluer sous nos yeux, foudroyants dans leur marche, véritablement terrifiants dans leurs effets, en tout cas absolument désespérants pour le médecin et pour les familles... »

« La maladie existe et il faut la traiter malgré tout.Pen- . dant longtemps sur la foi des déclarations des maîtres en

ophtalmologie, j'ai pour ma part employé les cautérisations au crayon de nitrate d'argent pur ; celui-ci est accusé de produire sur les conjonctives des fausses membranes qui, lorsqu'on les arrache, laissent la muqueuse sous-jacente saignante ou partant plus apte à s’enflammer. J'ai alors sur la foi de nouvelles déclarations, abandonné le crayon pur, pour une solution de nitrate d'argent à 3 0/0 employée en badigeonnages avec le pinceau ; l’action du caustique est dans cette manière de faire plus difficile. à limiter qu'avec le crayon. Mais je n'ai vu ni plus ni moins de succès ou d’insuccès avec l’une qu'avec l’autre manière de faire. Sous ce rapport elles se valent à peu près, c’està-dire que ce n’est là que le côté important du traitement, ce qui prime tout ce sont les lavages. »

Rohmer déclare ensuite qu'il est entièrement décidé à laisser de côté les cautérisations sous quelque forme et à quelque titre que ce soit pour ne plus faire que des « lavages soignés et répétés » qui seront, dit-il, aussi efficaces à eux seuls que s’ils étaient unis à la nitratation.

Nous devons savoir gré à Rohmer de sa franchise. On nousexcusera d’avoir cilé un aussi long passage de son article, mais n'est-il pas le résumé de tout ce qu'on peut dire ou écrire sur le traitement de l’ophtalmie purulente ? L’auteurestun médecinconsciencieux, expérimenté, voyant et soignant un très grand nombre d’ophtalmies. Devant les insuccès d’une méthode infidèle, il est pris de découragement. Sans parti pris il a essayé la méthode de la nitratation, il l’a modifiée d’après les recherches et les nouveaux résultats indiqués par des ophtalmologistes ; sans parti pris également il a essayé les lavages et bien vite

toute hésitation a disparu chez lui ; le lavage soigné et répété devient son traitement et au besoin son traitement unique.

Devant les résultats incertains et parfois dangereux donnés par la méthode des cautérisations, un traitement simple, pratique, efficace, de l’ophtalmie purulente manquait aux praticiens. La méthode des irrigations antiseptiques comble cette lacune.

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