CHAPITRE II
Méthode desirrigations antiseptiques. Liquides et appareils laveurs.
C’est en 1882 que semble avoir débuté la méthode des lavages antiseptiques dans l’ophtalmie purulente. Liebrecht (Centratblatt f. Augenh.) cite 50 cas d’ophtalmies traitées par le sublimé injecté avec la poire. Il lave à fond le culde-sac une fois par jour et n’aurait pas eu d’ulcérations au cours du traitement, À partir de cette époque la pratique du lavage est admise par beaucoup d’ophtalmologistes Dès lors nous allons voir les expérimentateurs essayer différents liquides antiseptiques. Nous les verrons de même chercher un instrument capable d’irriguer convenablement les culs-de-sac conjonctivaux.
Browne dès cette date recommande les grands lavages pratiqués deux fois par jour pendant un quart d'heure avec des élévateurs creux dont le bord libre est percé de trous. Le réservoir placé à six ou sept pieds de haut contient une solution à 2 0/0 puis 1 0/0 de trichlorophénol-magnésien.
En 1890 Burchardt préconise les grands lavages salicylés à 1,5 0/0 et Valenta propose de remplacer le Crédé par des lavages et des instillations au permanganate de potasse.
A partir de 1890 les expériences se mulliplient.
Tour à tour Andrews, Gayet, Terson, Lagrange (de
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Bordeaux), M. Brun, M. Kalt présentent des laveurs destinés à faciliter la méthode des irrigations oculaires.
Osio, de Madrid, avait fait construire depuis longtemps déjà un instrument ayant la forme d’un écarteur de Desmarres dont le manche est creux et dont l’extrémité oculaire est percée de trous sur ses deux faces et sur son bord libre. Les appareils d’Andrews, de Gayel sont comme celui d’Osio des blépharostats modifiés.
Terson en 1892, partant de l’action du permanganate sur le gonocoque, essaye les solutions de permanganate à 1/2000 et à 1/5000. Ces irrigations sont, dit-il, « très peu douloureuses. Leur résultat est de transformer l’écoulement purulent en un écoulement séreux, laissant persister un œdème palpébral sans la paupière lardacée caractéristique. Nous n’avons jamais constaté de troubles cornéens altribuables à l'emploi de ce remède ».
Les irrigations de M. Terson furent faites au moyen d'un irrigateur en forme de pelle qu’on introduit et promène dans les euls-de-sac. Les deux faces de la pelle sont percées de trous par où s'échappe le liquide. |
M. Lagrange, de Bordeaux, se sert à son tour de lavages antiseptiques dans son service et une note parue dans les Annales d'oculistique (décembre 189%) explique sa méthode.
« Depuis deux ans, exactement depuis le mois de novembre 1892, le Docteur Lagrange se sert quotidiennement pour nettoyer la conjonctive d’un laveur qui n’est autre chose qu’un écarteur à manche creux au lieu d’être plein et pouvant alternativement remplir les deux rôles, celui d’écarteur ordinaire et celui de laveur. Son intro-
duction sous la paupière est très facile puisqu'il a exactement la forme de l’écarteur à manche. Quand on l’a introduit sous la paupière il suffit de l’écarter légèrement du globe de l'œil pour permettre l'issue du liquide antiseptique qui est lancé en jets vigoureux dans les profondeurs des culs-de-sac. On peut allernativement laver l’un ou l'autre
Fig. 2. — Blépharostat laveur de Brun.