QUI EXPOSE AUX MOINDRES ERREURS
PRÉSENTÉ LE iG SfcPTESMRE l8>f> A LA SOCIÉTÉ ROYALE DE I.OTTISÛIE.
Dans le Mémoire précédent, on a supposé que les quantités à déterminer, à l'aide d'observations imparfaites, fussent dépendantes de certains éléments inconnus, en fonction desquels on sut les exprimer : le problème consistait alors à déduire des observations, le plus exactement pos- . siblc, la valeur de ces éléments.
Dans la plupart des cas, c'est effectivement ainsi que la question se présente; mais quelquefois il en est un peu autrement, et l'on pourrait même se demander, au premier abord, si le problème se ramène au précédent. 11 n'est p;is rare, en effet, que les quantités auxquelles se rapportent les observations ne soient pas explicitement exprimées en fonction de certains éléments, et qu'elles ne paraissent réductibles à une telle forme que par des opérations difficiles ou ambiguës. Il arrive souvent, d'autre part, que la nature du problème fournit certaines conditions auxquelles les valeurs observées doivent rigoureusement satisfaire.
Cependant, en y regardant de plus près, on aperçoit que ce cas ne diffère pas essentiellement du précédent , et qu'il peut s'y ramener. Si l'on nomme, en effet, le nombre des grandeurs observées, cl ? celui des équations de condition ,
en choisissant, parmi les premières, o — <j quantités, rien ne nous empêche de les considérer comme nos seules inconnues, les autres étant regardées comme des fonctions de celles-là, que les équations de condition définissent. Par cet artifice, nous rentrerons dans le cas du Mémoire précédent.
Néanmoins, quoique cette marche conduise souvent au résultat d'une manière assez commode, on ne peut nier quelle ne soit moins naturelle, et il est, par conséquent, désirable de traiter le problème sous l'autre forme, qui admet, du reste, une solution très- élégante. Il y a plus : cette solution nouvelle, conduisant à des calculs plus rapides que la précédente toutes les fois que <j est moindre
que - or , ou, ce qui revient au même, toutes les fois que le
nombre des éléments que nous avons désigné par p dans le
Mémoire précédent, est plus grand que il faudra, dans
ce ras, préférer la solution nouvelle, quand bien même il serait facile, par la nature du problème, de faire disparaître sans ambiguïté les équations de condition.
Désignons par y, v' , i/'/etc, les quantités, en nombre tar, dont les valeurs sont fournies par l'observation. Supposons qu'une inconnue dépende de celles-là et soit exprimée par une fonction connue m, de y, \>* ', v h r , etc. Soient /, /', etc., i f que dev iennent les quotients différentiels
du du du
dv dv f ,/.."
lorsqu'on y substitue à (/, v" etc., leurs valeurs véritables. Si l'on substituait à i>, v* , etc., dans la fonction n , leurs valeurs véritables, on obtiendrait aussi la véritable valeur de u \ mais si les observations sont afl'eo-
tées d'erreurs e', e", etc., il en résultera pour u une erreur totale représentée par
le -f- /V4-/V-+-...,
pourvu que Ton puisse, comme nous le supposerons toujours (lorsque u n'est pas linéaire) , négliger les carrés et les produits des erreurs e, e', e", etc.
Quoique la grandeur des erreurs e, e', e", etc., soit incertaine , l'incertitude attachée à la valeur trouvée pour u . peut généralement se mesurer par Terreur moyenne à craindre dans la détermination adoptée. D'après les principes développés dans le premier Mémoire, celte erreur moyenne est
m y m', m' etc., étant les erreurs moyennes des diverses observations. Si toutes les observations sont affectées du même degré d'incertitude, cette expression devient
Il est clair d'ailleurs qu'au degré d'approximation auquel nous nous arrêtons, on peut remplacer/, /', /", etc., par les valeurs que prennent les coefficients différentiels
tin du dit
lorsqu'on y remplace v' y v n \ etc., par leurs valeurs observées.
Lorsque les quantités y, f', v" , etc., sont indépendantes, l'inconnue ne peut se déterminer que d'une seule manière, et l'incertitude attachée au résultat ne peut être ni évitée ni diminuée. Les observations fournissent une valeur de l'inconnue qui n'a, dans ce cas, rien d'arbitraire. 11 en est tout autrement lorsque les quantités i'', v", etc., sont
liées par des relations nécessaires , que nous supposerons exprimées par a équations,
X,Y,Z,elc, désignant des fonctions données des indéterminées t>, y', v" , etc.; car, à la fonction m, on peut, dans ce cas, substituer toute autre fonction U telle, que la différence U — u s'évanouisse identiquement en vertu des équations
Si les observations étaient rigoureusement exactes, cette substitution ne changerait en rien le résultat; mais, en raison des erreurs inévitables , à chaque forme adoptée pour u correspondra un résultat di lièrent, et Terreur commise, au Heu d'être
deviendra
Le -f- LV -+ LV +. .
en désignant par L, L', L", etc., les quotients dillérentiels
rfU <TU iiV ~<U> ' ih' ' ds>""
Quoiqu'il soit impossible d'assigner la valeur des diverses erreurs , nous pouvons cependant comparer les erreurs moyennes à craindre dans les diverses combinaisons. La combinaison la plus avantageuse sera celle qui donnera, à Terreur moyenne, la valeur minimum. Cette erreur étant
yJUm* t L"/«' 2 L'"///"' + . . . , nous devons chercher à rendre la somme
L J //< 3 H- L"///- -+ L" W* -+-..., aussi petite que possible.
Les fondions U, en nombre infini, par lesquelles on peul remplacer m, ne différeront les unes des autres, dans nos recherches, que par les valeurs qu'elles fourniront pour L , L', L", etc. : nous devons donc, avant tout, chercher les relations qui existent entre les systèmes de valeurs que peuvent prendre ces coefficients. Désignons par
les valeurs que prennent les coefficients
Ta/'
dY
dY
ITv'
dZ
si l'on y substitue pour i>, ^ ', y", etc., leurs valeurs véritables. Il est clair que si Ton donne à r, \>\ v", etc., des accroissements dv, dv' , dv" , etc., qui ne changent pas X, Y, Z, etc., et leur laissent, par conséquent, la valeur zéro, ces accroissements, qui satisferont aux équations
o = adv -f- a'dv' 4- a"dv" H- . . . , o = bdv 4- b'dv' ~h Vdv" 4- . . . , o = c dv 4- c'dv' 4- c"dt>"-h. . . ,
ne changeront rien à la valeur de U — m, et Ton aura , par conséquent,
o = (/ — L) dv 4- [t — V) dv' 4- [I" — V) dv" 4-
On en conclut facilement que L , L , L", etc., doivent avoir
la forme
L = / -h ax -f- b y -f- cz -f- . . . , L' = ï -\- a'x -f- b'y + </» + ..., L"= /"-h- 6" 7 -f- c"z 4- . . . ,
or, j, 2, etc., désignant des multiplicateurs déterminés. Réciproquement, il est clair que, pour toutes les valeurs de x, y, s, etc., on pourra former une fonction U, pour laquelle les valeurs L, L', L", etc., seront précisément celles que fournissent ces équations , et cette fonction pourra , d'après ce qui précède, être substituée à u. La forme la plus simple . qu'on puisse lui donner est
U = « -h j?X+/Y+ zZ . .4- u' ,
m' désignant une fonction de y, v" , etc., qui s'annule identiquement lorsque X, Y, Z, etc., sont nuls, et dont la valeur, dans le cas actuel, sera maximum ou minimum (car ses dérivées devront toutes s'annuler). Mais Y introduction de celte fonction n'apporte aucune différence dans les résultats.
Il est maintenant facile d'assigner àx,y,r, etc., des valeurs telles, que la somme
soit un minimum.
Il est clair que pour atteindre ce but, la connaissance des erreurs moyennes absolues wi, m', m", etc., n'est pas nécessaire; il suffit de connaître leurs rapports. Introduisons, en effet, au lieu de ces quantités, les poids des observations , p, p',p", etc., c'est-à-dire des nombres réciproquement proportionnels à m'*, m"*, etc. Les quantités x, y, z, etc., devront être déterminées de telle sorte que le polynôme
P P acquière une valeur minimum. Supposons que a. 0 , y",
s°, etc., soient les valeurs déterminées de x y j^ z, etc., auxquelles répond ce minimum, et adoptons les notations suivantes :
au
ac
.= (cc),
al
bl
La condition de minimum exige évidemment que Ton ait
o — (aa)x ù 4- (ab) y" 4- (ac) s° 4-. . . 4- («/), o " (ba) x° j°4- (Ac) z° 4- . . .4- (A/),
o = (ca) x* 4- (c£)/ u 4- [ce) 2° 4- ... 4- (r/),
Après que ces équations auront fourni les valeurs de a? 0 , y 0 , z°, etc., on posera
et la fonction la plus propre à déterminer notre inconnue, à laquelle correspond Terreur moyenne minimum, sera celle dont les coefficients différentiels, pour les valeurs con-
sidérées des variables, seront égaux à L, L', L", etc. Le poids de la détermination ainsi obtenue, sera
c'est-à-dire que ~ sera précisément la valeur que prend le
polynôme considéré plus haut, pour les valeurs des variables x,f, z,etc, qui satisfont aux équations (i).
Dans l'article précédent, nous avons montré à déterminer la fonction U qui fournit la détermination la plus convenable- de l'inconnue u. Examinons actuellement quelle est la vafeurqui en résulte Désignons-la par K: on l'obtiendra en substituant, dans U, les valeurs observées des quantités f, i^', v" , etc. Soit A la valeur que prend u lorsqu'on y fait les mêmes substitutions, soit enfin y. la véritable valeur de cette inconnue, telle qu'on l'obtiendrait par la substitution des valeurs véritables de y, v f , v ff , etc., soit dans m, soit dans U. On aura
/ = x + /V -h te" . .
K=« + Le + LV+LV...,
et , par conséquent ,
Substituant, dans cette équation, à la place de L — /, V — L" — etc., leurs valeurs fournies par (2), et posant
' ae -H a'e -h a" e" 4-. . . = A, ■ A 1 k ce -h c'e' + c"e"+. . .= G,
nous aurons
(5) K = k-hAx* + '&y 9 + Qz 1> -h
11 n'est pas possible de calculer <l , £, elc, par le moyen des formules (4), car les erreurs <?,e',e", etc., qui y figurent, ont des valeurs inconnues , niais on voit facilement que ces quantités JW, ift», C, etc., ne sont autre chose que les valeurs deX, Y, Z, etc., qui correspondent aux valeurs observées de t>, y', v", etc., et alors le système des équations (î), (3), (5), forme la solution complète de notre problème. Il est clair, en effet que Ton peut appliquer au calcul de a, a', a'\ . . . , b , b f , b" , etc., la remarque faite à la fin de l'article 2, à l'occasion des quantités /, l'\ etc., c'est-àdire remplacer les valeurs véritables de y, v* , v ,r y etc., par les valeurs observées.
On peut substituer à la formule (3), qui représente le poids de la détermination la plus probable, plusieurs expressions qu'il est utile d'indiquer-, remarquons, d'abord, qu'en ajoutant les équations (2) après les avoir multipliées
par-î — -77Î etc., on aura 1 P P P
. . . . , aL a'V a"L"
laa) x» + (ab)f -+- (ac) z> -h. . . = + — -h -y- +
Le premier membre est nul *, en désignant donc, d'après la notation adoptée, le second membre par (aL), on aura
(aL) = o,
et de même
(6L) = o, (cL) — o,....
Multiplions ensuite les équations (2) par -1 etc. \
nous aurons, en les ajoutant,
IL l'V V'L" L 1 L" L"'
et , par suite , nous avons cette seconde expression du poids,
IL l'V l L
Si, enfin, nous ajoutons 1rs mêmes équations (2) après
les avoir multipliées par - , — , - , cte. , nous obtiendrons une troisième expression du poids ,
(«/)*•+ {bl) y* -h {cl)z> + . .. + (//)' où l'on a posé, conformément à la notation précédente,
On passera facilement de là à la quatrième expression du poids ,
i = (//) — (««) x"— (bb)y»- (fc)a" — ...
La solution générale que nous venons d'exposer s'applique principalement au cas où Ton n'a qu'une seule inconnue à déterminer. Lorsqu'on cherche, au contraire, les valeurs les plus plausibles de plusieurs inconnues, dépendant des mêmes observations, ou lorsqu'on ignore quelles sont les inconnues qu'il faut, de préférence, déduire des observations, il convient de procéder d'une manière différente, dont nous allons actuellement nous occuper.
Considérons x, y, z , etc., comme des indéterminées, et. posons
/ (aa)x -h [ab) y -+- (ac) z -+- . . . = £,
(6) \(ab)x + (bb)y+{bc)z+ ..= «, [ ' ) (ac) x-t-(bc) y -4-(«r)zH-...= Ç,
Supposons que l'on en déduise, par l'élimination,
(aa) Ç H- (a£) »j -H ( ay) Ç 4- . . . = jr,
(7) Wpa)Ç-h(P?)»4-(p 7 )^+-.- = r, 4 (ya) Ç -H (7p) » -h (77) Ç -h. . =2;
et remarquons, avant tout, que les coefficients placés symétriquement sont nécessairement égaux, c'est-à-dire que
(fSa) = («?), ('/*) = ( a ï)> (7P) = (P7).
comme cela résulte de la théorie de l'élimination et comme d'ailleurs nous le démontrons plus loin ; nous aurons
x° ~ — (aa) {al) — («?)(/>/) — (ay)^/) - . . . ,
et en posant
(*a) t k -h (a£) 1)1,4- (ay) C -h. . . = A,
(j5«) -h(^) ifl»-r-(?y) 3 -h. . .= H,
(ya) X -f- (y t 5) Ui> -+- (yy) G -}-...= C,
nous obtiendrons
et si nous posons de plus ,
a A -f- 6 B + c C + ...=/> «, rt' A + B 4-c'C 4-. . . = /?V, <?"A 4- *"B4-*"C -h...=r//V\
il viendra
La comparaison des équations (7) et (9) nous apprend que les quantités auxiliaires A , B, C, etc., sont les valeurs que prennent les indéterminées .r,^, z , etc., lorsque Ton suppose
£ = A, , >? — tf> , £ = £,... 5
on i'ti conclut évidemment,
(an) A -h (ab) B+ (ne) C+... = «l, \ba) A -h (bb)ft-h(bc)C -h... = i&, (en) A -h (c£)BH-(cc)C
En ajoutant les équations (10) après les avoir multipliées
par — » — » etc., on obtient r P P P
X = aî + a's' +ûV + . • • ,
et de même
X étant, comme on Ta dit, la valeur que prend X lorsqu'on substitue à y, v\ v", etc., leurs valeurs observées; on aperçoit facilement que si Ton applique à ebacune de ces quantités les corrections — e, — e', — e", etc., la valeur de X devient égale à zéro, et que de même Y, Z, etc., s'évanouissent par cette hypothèse. L'équation (i i) prouve aussi que K est la valeur que prend u par suite des mêmes substitutions.
En nommant compensation des observations, l'application des corrections — e, — c', — e", etc. , aux grandeurs directement observées, nous sommes conduit à une conséquence très-importante :
Les observations compensées comme nous l'avons indiqué, satisfont exactement à toutes les équations de condition, et font prendre à toute fonction des quantités observées la valeur qui résulterait de la combinaison la plus convenable des observations non modifiées-, et puisque les équations de condition sont trop peu nombreuses pour qu'on puisse en déduire les valeurs exactes des erreurs, nous aurons au moins trouvé, par ce qui précède, les erreurs les plus plausibles. C'est sous ce nom que les quantités e, e', e", etc., seront désormais désignées.
Le nombre des observations étant plus grand que celui des équations de condition, outre le système des corrections les plus plausibles, on peut en trouver un nombre infini qui rendent les équations de condition exactement satisfaites.
Il importe d'examiner les relations qui lient entre eux ces divers systèmes. Soit — E, — E', — E", etc., un pareil système de corrections , autre que le système le plus plausible ; nous aurons
flE + a'E' ■+- a"E"H-, . . = X , bE-hb'E' + £"E"H-...= ift,, cE-hc'E'-f-c"E"-f-...= e,
Multipliant ces équations par A , B, C, etc., et ajoutant, il vient, en ayant égard aux équations (10),
peE 4-pVE' -4-p'V'E" + ...= A Jt. -f- Bift> CG-h ....
JVlais les équations (i3) combinées de la même manière donnent
de la combinaison de ces résultats on déduit facilement p E' -4- p' E" 4- p" E'" H- ...=/>«' + p' t" + p" g"' -f-...
et, par suite, la somme
est, nécessairement, plus grande que
ce que Ton peut énoncer de la manière suivante :
Théorème. — Les carrés des corrections qui peuvent
concilier les observations avec les équations de condition étant respectivement multipliés par les poids des observations correspondantes , donnent une somme minimum quand on adopte les corrections les plus plausibles.
On reconnaît précisément le principe des moindres carrés dont, au reste, les équations (12) et (10) peuvent facilement se déduire. La somme minimum, que nous désignerons désormais par S, est égale, d'après l'équation (i4)î à
AX+B\ii, + Ce +
La détermination des erreurs les plus plausibles étant indépendante de /, l','l f \ etc., fournit la préparation la plus commode, quel que soit l'usage que Ton veuille faire ultérieurement des observations. En outre, on voit sans peine que, pour atteindre ce but, il n'est pas nécessaire d'effectuer l'élimination indéfinie y c'est-à-dire de calculer (aa), (a/3), etc., il suffît de déduire des équations (12), par une élimination définie, les quantités auxiliaires A, B, C, etc., que nous nommerons, dans ce qui va suivre, les corrélatifs des équations de condition
ces quantités seront ensuite substituées dans l'équation (10).
Cette mélhode ne laisse rien à désirer lorsqu'on demande seulement les valeurs les plus plausibles des quantités fournies par l'observation. Mais il en est autrement lorsqu'on * désire, en outre, le poids de chacune des valeurs trouvées. Quelle que soit alors celle des quatre formules précédentes que l'on veuille employer, il est indispensable de connaître L, I/, L", etc., ou, ce qui revient au même, x°, y 0 , z°, etc. ; par cette raison, il sera utile d'étudier, de plus près, l'élimination qui fournit ces quantités et d'obtenir une méthode plus commode pour la détermination des poids
Les relations qui lient les quantités dont nous nous occupons sont notablement simplifiées par la considération de la fonction indéfinie du second degré
(aa)x i H- 2 (ab)xy -+- 2 (ac) xz . . .
-h (bb)y 7 -h i(bc)yz -h . . . -+- ( ce) z* -h . . . ,
que nous désignerons par T.
Cette fonction est évidemment égale à
(ax + bjr + cz+...y {„' X -\-b'y->re'z+...y • (15) - t -, H- ...
De plus, on a évidemment
( 16) T rr \x m y -h 4- . . . ?
et si , enfin , on exprime x , ^, z , etc. , au moyen des équations (7) , en fonction de £, ry , f , etc., on aura
T = + a (ap)&r-h 2(a 7 ) ÇÇ -f- . . . + (pp)
La théorie développée plus haut fournit deux systèmes de valeurs déterminées pour les quantités x,y,z, etc., I , >? , Ç , etc. Le premier est
% = -(«/), «=-(*/), ? = ..; à ce système correspond la valeur
ainsi qu'on le voit en comparant à l'équation (16), la troisième forme du poids P, ou par la considération directe de la forme (4).
Le second système de valeurs est
la valeur correspondante de T est
comme cela est évident par les formules (10) et (i5), et encore parles formules (14) et (16).
Nous devons, avant tout, faire subir à la fonction T une transformation semblable à celle qui a été indiquée (Theoria Motus , art. 182), et, avec plus de développements , dans les Recherches sur Pallas.
Posons , à cet effet ,
(if , l) = (6c) (^Hf£],
■ ' (aa)
(bd, 1)(W) ^y-,
(ce, 2) — [ce ) — — yj- j
(aa) (bb f 1)
(i' si ='(,«)'- ^ - ^4* 1' £4,
v y (on) (bb,i) (cc t n)
et, ensuite (*) ,
{bbj 1)/ + (0**, 1) z -+- (M, i)tv-h. . . =
(ce, 2) 3 H- (crf, 2) (v . .= Ç",
on aura
n' 1 «p w * et y}', Ç", <p'", etc., se déduiront de £, y; , f . 9, etc., par les
(* ) Dans les calculs précédents il suffisait de trois lettres de chaque série pour faire apercevoir la loi des formules ; il a paru nécessaire d'en faire ici figurer une quatrième, pour rendre l'algorithme plus manifeste.
( Note de M. Gaiss. ^
équations suivantes :
(an)
, (" c ) r l > bc > „' ' ~ (™) ' (l'b, ') '
t - = ¥ (fl) 5 (Mil) „'
(cd, 2}
(aa) * (bb y i) " (ce, i)
et l'on en tirera facilement toutes les formules utiles à notre but. Ainsi , pour déterminer les corrélatifs A , B, C, etc., nous poserons
( ri ri ) ( M, I
(aa) (bb 9 i) {ce, 2)
et enfin A, B, C, D, etc., s'obtiendront par les formules suivantes, en commençant par la dernière :
(aa) A 4- (ab) B-H (ac) C-h (ad) f) -h . . . = ^ ,
(^,i)b+(/^i)c + i ) r ) -+- . . . = uv,
( l 9) [ (ce, 7.) C-h (cri, 2 )1)+ .. = ©",
Pour exprimer S, nous aurons la formule nouvelle
(aa) (bb,i) (ce, 2.) [dd, A)
enfin , le poids P, qu'il faut attribuer à la détermination la plus plausible de la quantité //, sera donné par la formule
[aiy (bi 9 jy (r/,2)- - (di,3)>
(aa) \bl,i) (rr,?.) (r7r/\3)~
dans celte formule, on fait
(««) (ii, l) («, 2)
Les formules (i 7), (ai), dont la simplicité ne laisse rien à désirer, fournissent la solution complète de notre problème.
. Après avoir résolu le problème que nous avions en vue, nous allons aborder quelques questions secondaires qui éclaireront davantage l'ensemble de cette théorie.
Nous chercherons, en premier lieu , s'il peut arriver que l'élimination qui fournit y y -z, etc., en fonction de J, y} y Ç, etc., devienne, dans certains cas, impossible*. Cela aurait évidemment lieu si les fonctions £, y;, f , etc., n'étaient pas indépendantes les unes des autres. Supposons, pour un instant, qu'il en soit ainsi, et que l'une d'elles puisse s'exprimer en fonction des autres, de telle sorte que l'on ait la relation identique
aÇ H- pu -h 7$ -h . . . = o ,
a, (3, 7, etc., désignant des nombres déterminés. On aura alors
a (an) -h p (ab) -h 7 (ac) -f- . . . = o ; ot(ab) 4- $(bb) -h f{bc) . . = o, u(ac) -h bc) -h y (ce) -4-, . . = o,
et si nous posons
art -h p& +yc +..
art' + p6' -4- 7c' -t~. . . =p'e\
on en déduira
aG 4- a'®' 4- a" Ç>" 4- . . = o ,
Oe 4- b'e'+ b"%" -+-.. =o,
et, par suite,
/jO' H- //©'» 4- />"0" J 4- • • = o;
/>, p', />", etc., étant, par leur nature, tous positifs, cette équation exige.
Si nous considérons les différentielles complètes dX, dY, d7j, etc., répondant aux valeurs de y, v\ v'\ etc., immédiatement fournies par les observations, ces dilîcrenti elles
adv 4- «' dv' 4- a" dv" 4- . . . , ^4- ^'r//4- £"rfp"4-..., cdv 4- c' rf/ 4- c" dv" 4- • • . ,
d'après les résultats précédents, seront liées, les unes aux autres, de telle sorte qu'en les multipliant respectivement par «, (3,y, etc., la somme des produits sera identiquement mille, en sorte que, parmi les équations
il eu est une au moins que l'on peut regarder comme inutile , car elle sera satisfaite dès que les autres le seront.
En examinant la question de plus près, on voit que cette conclusion n'est applicable qu'à des valeurs des variables infiniment peu différentes de celles que fournit l'observation. Il y a , en effet, deux cas à distinguer : le premier est celui où l'une des équations
X = o, Y = o, Z — o 7 . . . , est renfermée dans les autres d une manière générale cl
absolue, et peut, par conséquent, être supprimée; le second est celui où , pour les valeurs particulières de y, v' ', \J\ etc., auxquelles se rapportent les observations, Tune des fonctions X, Y, Z, etc., X par exemple, acquiert une valeur maximum ou minimum, ou, plus généralement, une valeur dont la différentielle s'annule lorsque les autres équations restent satisfaites.
Mais comme nous ne considérons pour nos variables que des variations dont les carrés soient négligeables, ce second cas (qui dans les applications ne se présentera que bien rarement) , pourra être assimilé au premier, et l'une des équations de condition pourra être supprimée comme surabondante.
Si les équations restantes sont indépendantes dans le sens que nous venons d'indiquer, on peut, d'après ce qui précède, être certain que l'élimination est possible. Nous nous réservons, du reste, de revenir sur cette matière qui mérite d'être examinée comme subtilité théorique plutôt que comme question d'une utilité pratique.
Dans le premier Mémoire, art. 37 et suivants, nous avons montré le moyen de fixer, à posteriori, d'une manière très-approchée, le poids d'une détermination. Si les valeurs approchées de xs quantités sont fournies par des observations également précises, et qu'on les compare avec les valeurs qui résultent pour elles des hypothèses les plus plausibles qu'on puisse faire sur les p éléments dont elles dépendent, on a vu qu'il fallait ajouter les carrés des différences obtenues, diviser la somme par gj — /o, et que le quotient pouvait être regardé comme une valeur approchée du carré de Terreur moyenne inhérente à ce genre d'observations.
Si les observations sont inégalement précises, la seule modification que Ton doive apporter aux préceptes précédents, consiste en ce que Ton doit multiplier les carrés des
d byJttoogle !
différences par les poids respectifs des observations correspondantes, et Terreur moyenne obtenue de cette manière se rapporte aux observations dont le poids est pris pour unité.
Dans le cas actuel , la somme des carrés dont nous parlons se confond évidemment avec la somme S, et la différence u — p avec le nombre a des équations de condition. Par suite, pour Terreur moyenne des observations dont le
poids est i, nous aurons l'expression y/^, et la détermination sera d'autant plus digne de confiance que a sera plus considérable.
Mais il e3t bon d'établir ce résultat, indépendamment des raisonnements du premier Mémoire; pour y parvenir, nous introduirons quelques notations nouvelles. Supposons qu'aux valeurs
répondent
de sorte que l'on ait
a = a (aa) b (ap) + c (ay )-+-... ,
P = "(«P) + *(W)H-'(P7) 7 = «(a 7 ) + b{fa)-hc[- n ) +
et, en outre, qu aux valeurs
répondent
x = a', Y — p', 3 = 7%...; enfin, qu'aux valeurs
répondent
j: = a", j = P", z = 7 ", . . . , et ainsi de suite.
La combinaison des équations (4) et (9) fournit
A = «t?+ a!é -h ct."e" -h . . . , B=p*+pV-+-p'V-H..., C — ye 4-7V + y" e" 4-...,
et, comme on a
S= A, A -h Db B -H e C H- . • • ,
on aura
S=(fl«+«V + «"«"-4-.. •) (ac+«V 4- a'V-K ..) .+-(6*4- iV4-tV + ...) (pff -t-pV + p^^-f-...) i ( C e -h cV 4- c'V-h. ..) (7e + 7V +7 / V /, H-. . .)-»-••••
La série des observations qui fournissent les quantités v, S, v", etc., affectées des erreurs fortuites e, e f , <?", etc., peut être considérée comme une épreuve qui ne fait pas connaître, il est vrai, la grandeur de chaque erreur, mais qui, par le moyen des règles exposées plus haut, permet de déterminer la quantité S, fonction connue de toutes les erreurs. Dans une telle épreuve, les erreurs peuvent être les unes plus grandes, les autres plus petites; mais plus sera grand le nombre des erreurs employées, plus il y aura une grande probabilité que S diffère peu de sa valeur moyenne : la difficulté revient donc à trouver la moyenne de S.
Par les principes exposés dans le premier Mémoire et qu il est inutile de reproduire ici , on trouve pour cette valeur moyenne
{a a 4- b p -h cy 4- . . . ) m- 4- (*' a -h V p' 4- c' y' 4- . . ) w" 4- . . . .
En nommant l'erreur moyenne qui coi respond aux observations dont le poids est 1 , de telle sorte que Ton ait
= pm* = p'm" = p"m" 3 = . . . ,
l'expression précédente peut s'écrire comme il suit :
Mais on a trouvé
«a a'*' a" ce"
+ -7- 4-...= (an) (aa) + (ao) (af) 4- (ac) (a 7 )
or, le second membre est l'unité, comme on le reconnaît facilement par la comparaison des équations (6) et (7).
On trouvera de même
ip b'W b" S"
et ainsi de suite.
D'après cela , la valeur moyenne de S devient <7jm*, et si 1 on juge permis de regarder la valeur fortuite de S comme égale à la valeur moyenne, on en conclut
On peut apprécier la confiance que mérite cette détermination en calculant Terreur moyenne à craindre, soit pour sa valeur propre, soit pour celle de son carré. La seconde sera la racine carrée de la valeur moyenne de l'expression
dont le développement s'obtiendra par des raisonnements semblables à ceux qui ont été exposés dans le premier Mémoire (art. 39 et suivants). Nous les supprimons pour abréger, en nous contentant d'indiquer le résultat.
L'erreur moyenne à craindre dans la détermination du carré s'exprime par
si