‹ Méthode élémentaire de musique vocaleChapitre 149 sur 191 · MESURE MIXTE · texte numérisé non relu

MESURE MIXTE

Dans ces exemples, que l’on peut multiplier à l’infini, l’œil reconnaît de suite la mesure qu’on lui présente: le nombre de groupes ou de signes isolés pus entre deux barres verticales lui montre de suite deux temps , trois temps ou

quatre temps, sans qu’il soit besoin d’aucune autre indication. Avec la môme facilité, on reconnaît si la division est binaire ou ternaire en voyant deux ou trois signes sous une seule barre horizontale ; les subdivisions sont reconnues avec la rnôme facilité. Enfin, l’esprit n’éprouve jamais le moindre embarras à reconnaître les uns des autres les sons articulés, les sons prolongés et les silences. Il est donc toujours prévenu (rès vite, très-nettement, sans aucune ambiguité, de l’idée qu’a voulu exprimer le compositeur : le but est donc pleinement atteint.

Du coup fort et du coup faible dans les subdivisions de l’unité de temps.

L’oreille, avons-nous dit, a besoin d’un coup fort de temps en temps pour pouvoir mesurer sûrement la durée des sons. Il en résulte que, quand toutes les unités d’une mesure sont subdivisées, l’oreille a besoin d’un plus grand nombre de jalons, c’est-à-dire de coups forts; si on les lui refusait, la confusion serait souvent inévitable, et léchant perdrait son véritable caractère, puisque la mesure ne serait plus appliquée d’une manière rigoureuse Pour éviter la confusion dont je parle, on considère chaque temps comme étant une mesure complète ; et, s’il provient de la souche binaire, on le regarde comme composé d’un coup fort et d’«« coup faible, tandis que s’il provient de la souche ternaire, on le regarde comme composé d’M« coup fort et de d.iix coups faibles. Seulement, pour que la mesure, elle aussi, conserve son caractère, le coup fort qui marque le commencement du premier temps de la mesure, est plus prononcé que le coup fort qui marque le commencement des autres temps; d’après cela, vodà ce que nous donnent la souche binaire et la ternaire, sous le point de vue des coups forts et des coups faibles. (Les numéros qui surmontent les groupes indiquent la place qu’occupent ces groupes dans le tableau général de la page 256.)

Ce que je viens de dire du coup fort relativement à la division binaire et à la division ternaire, s’applique exactement aux mômes subdivisions binaires et ternaires ; c’est à-dire que dans une subdivision binaire, le premier coup est fort, et le 'deuxième faible; que dans une subdivision ternaire, le premier coup encore est fort, et les deux derniers sont faibles , et toujours ainsi, quelque loin que l’on pousse la subdivision. Exemple :

SOUCHE BINAIRE

cr

SOÜCHE TERNAIRE

1 rt' Zi c*

♦îl * * * ’

§ S IP pi 5;

Mr ■

Èt ainsi des autres coupes du tableau général de la page 556; la subdivision binaire donnant un coup fort et un coup faible, et la subdivision ternaire, un coup fort et deux coups faibles, (les nos 4^ 5, 6, 7), placés au-dessus des quatre coupes, indiquent les groupes du tableau général de la page 256)

^ C’est le nombre et la position de ces coups forts qui caractérisent les mesures *, à deux et à trois temps et les coupes binaires et ternaires. Ce sont eux qui éta- ; blissent une différence si grande entre les sixièmes , n° 5 ( tableau de la page 256), deux coups forts et quatre faibles, et les sixièmes, n° 6, trois coups forts et trois coups faibles. Ce sont encore les coups forts qui font différer les trois coupes, nos 9^ 10 et 12, qui offrent chacune douze douzièmes; et enfin les trois coupes, nos 13 et 14, composées chacune de dix-huit dix-huitièmes. Je laisse au lecteur le plaisir de les analyser lui-même; c’est dans ce but que j’ai omis de les comprendre toutes dans les exemples précédents.

Des prolongations et des syncopes. — Quand un son , articulé sur le temps fort d’une mesure ou sur le coup fort d’un fi'mps, se prolonge sur un temps faible ou sur un coup faible, on dit qu’il y di prolongation. Exemple :

Quand un son articulé sur un temps faible de la mesure se prolonge sur un temps fort, ou quand un son articulé sur un coup faible se prolonge sur un coup fort, on dit qu’il y a syncope. Exemple ?

Cu

Qé a

® Cfl

Ces deux mots prolongation et syncope indiquent donc tou»' Jeux la prolonga-

faible,

faible.

tion d’un son ; mais le premier spécifie que le son a commence sur un temps ou sur un coup plus fort, et s’est prolongé sur un temps ou sur un coup plus faible; tandis que le second dit, au contraire, que le son a commencé sur un coup faible et s’est prolongé sur un coup plus fort.

Une observation remarquable est à faire sur les syncopes: c’est qu’elles privent l’oreille de son jalon en lui enlevant l’articulation des coups forts; auss* rendent-elles la mesure beaucoup plus difficile. Quand elles sont très-multipliées, elles impriment à la musique un caractère tout-à-fait étrange, caractère qui tient à la contrariété qu’éprouve l’oreille d’être privée de tous ses jalons, et à la difficulté qui en résulte de mesurer sans eux un grand nombre de durées.

Quant à la manière de distinguer les prolongations des syncopes, rien n’est plus simple avec norre écriture, puisqu’il suffit de remarquer si l’articulation a commencé sur un coup plus faible (syncope), ou sur un coup plus fort (prolongation) que celui où se trouve le point de prolongation.

Nous verrons bientôt qu’avec l’écriture sur la portée musicale, la chose n’est pas aussi claire; quelquefois môme elle est assez difficile à reconnaître, et partant fort difficile à exécuter. A la partie pratique , nous verrons le moyen fort simple de faire sentir les syncopes.

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