‹ Méthode élémentaire de plain-chant, à l'usage des séminaires, des chantres et organistesChapitre 33 sur 37 · XII · texte numérisé non relu

XII

Du chaut des parties de la mease*

102. Le chant (le l'office divin se divise en deux parties principales qui sont : 1* la messe; 2" l'office du soir et de la nuit ou du matin, qui comprend les vêpres, compiles, salut, matines divisées en trois nocturnes : landes, les heures, divisées en prime , tierce, sexte et none.

103. Tout le chant de la messe est renfermé dans un livre auquel on donne le nom de Graduel. Un autre livre, appelé Antiphonaire, contient tout le chant de l'office du soir et de la nuit ou du matin. D'autres livres, qui ne sont que des divisions de celui-ci, renfermant des parties séparées de l'office, sont aussi en usage ; tels sont le Vespéral, qui ne contient que le chant des vêpres; le Proccssional, où l'on trouve les litanies et autres pièces de chant en usage dans les processions, etc.

10/i. La liturgie, dont les usages varient dans les diverses parties du monde chrétien, règle l'ordre dans lequel chaque portion de l'oflice divin doit être célébrée. De môme le chant a subi diverses modifications, suivant les temps et les lieux. Tout cela est indiqué dans les livres imprimés pour l'usage de chaque diocèse, avec approbation des évêques.

105. Le chant grégorien, qui est le chant par excellence, a malheureusement subi de graves altérations, par diverses circonstances qui ne peuvent être détaillées ici. Ce qui reste de plus pur de ses formes s'est conservé à Rome, dans la chapelle pontificale, et porte, à cause de cela, le nom de plain-ckant romain. Ce chant est généralement en usage dans les églises de l'Italie, de l'Allemagne, de la Belgique et d'une partie de la France, mais avec des variantes introduites par le caprice des chantres, oy par l'ignorance et l'incurie des copistes qui travaillaient à la confection des livres de chant.

En Espagne , le rit Eugénien, combiné avec les ornements du chant arabe, a donné naissance au chant mozarabique. Les églises qui n'ont pas adopté en entier celui-ci n'ont pu cependant empêcher qu'il ne se glissât dans leurs livres quelque chose de ses formes exotiques.

Enfin, dans quelques diocèses de la France , notamment à Paris , les formes du chant romain ont commencé à subir de notables altérations dès la fin du seizième siècle ; dans les dix-septième et dix-huitième, le mal est devenu beaucoup plus considérable par les réformes que des hommes peu instruits , nonseulement dans ce qui constitue la pureté du chant romain , mais dans la théorie de la tonalité de ce chant, ont tenté d'y introduire , et par la composition d'une multitude de chants vicieux et de mauvais goût.

L'usage de toutes ces variétés de chant s'est établi par le temps et par les éditions multipliées des différentes versions. Or, il n'appartient à personne d'entreprendre l'épuration des livres de chant, encore moins de ramener toutes les églises à l'unité, sans le concours de l'autorité ecclésiastique. Je ne donnerai donc pas ici des modèles de chaque genre de pièce puisés aux meilleures sources , parce qu'ils ne seraient pas utiles aux lecteurs de cette méthode. Ce que j'en ai présenté jusqu'ici n'a eu pour obet que de faire bien comprendre le mécanisme du véritable système de la tonalité régulière. Quant au reste -, quiconque se destine à la profession de chîintre ou d'orga-

niste devra se procurer le Graduel et Y Antipkonaire du diocèse où il doit être employé, et y chercher les formes usitées des chants.

106. On comprendra, d'après ce que je viens de dire, qu'en traitant des diverses pièces de chant de l'office divin , je me propose de faire connaître la place qu'elles occupent , et quelques règles relatives à leur tonalité.

107. Les principales parties chantées de la Messe sont : \^V Introït, suivi d'un verset de psaume et du Gloria Patri; 2° le Kyrie; 3° le Gloria in excelsis Deo; If le Graduel *, suivi de V Alléluia ou du Trait; 5° la Prose, quand il doit y en avoir une; 6° le Credo; 7° Y Offertoire ; 8° le Sanctiis ; 9° YAgniis Dei; 10° la Communion,

108. Le Graduel, ainsi que Y Amiphonaire , est divisé en deux parties appelées Prope du Temps, et Commim des saiîits : l'office de chaque jour ou de chaque fête de saint fait connaître le chant de Y Introït , du Graduel, de Y Offertoire et de la Communion. Le Kyrie, le Gloria, le Sanctus et YAgnns Dei se trouvent rangés par classes placées ordinairement à la fin du Graduel. Ces classes comprennent les solennels majeurs et mineurs, ou fêtes de première et seconde classes , les fêtes de la vierge Marie , les doubles, semi-doubles et simples , les dimanches et doubles du temps pascal , les semidoubles du même temps , la Messe des Anges , etc. La cartabelle, que doit avoir tout chantre ou organiste, indique la classe de la messe et de l'office du jour. A défaut de cartabelle , il faut s'informer de l'office à la sacristie de l'église où l'on est attaché.

Le chant du symbole ou Credo se trouve séparément au commencement ou à la fin de chaque Graduel : il est le même pour toutes les messes. Cependant on fait usage aux grandes fêtes , dans quelques églises de France, d'un Credo composé par Dumont, maître de la chapelle du roi (Louis XIV), et qui porte son nom.

109. Le chant de Y Introït est toujours dans le ton du verset du psaume et du Gloria Patri qui le suivent. Il suffit donc d'avoir la connaissance des intonations des psaumes pour trouver immédiatement le ton de Y Introït , quelque incertitude que puissent laisser les formes de ce chant.

110. Tout Graduel est divisé en deux parties dont la seconde porte le nom de verset. Dans quelques églises, on reprend le graduel après le verset. Cet usage est fondé sur ce que la finale du verset n'est pas toujours celle du ton , et que celle-ci ne se trouve qu'à la fin de la première partie du graduel. On voit souvent le verset dans le plagal d'un ton quand le graduel est dans l'authentique , et vice versa. Voici un exemple de cela pris dans le graduel de la messe du troisième dimanche de l'Avent.

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H hBI

Qui Se- des. Do- mi-ne, su- per Che- ru-bim.

ex- ci- ta po-ten- ti-am tu- am, et ve-

* C'est celle pièce de chant qui a donné son nom au livre du chant des messes.

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