ADIEU
J'ai relevé votre courage : votre sympathie, je le sens, augmente mes forces, j'ai enfin ce qu'il est bon d'avoir, Tespërance. — Vivraije assez pour voir renaître le véritable art français?... Je le vois venir, ah! que vous êtes heureux d'être jeunes.
Tout me l'annonce, cet art ([ue j'ai tant rêvé : rindiftérence du public pour celui qui existe est d'un bon augure, — pourquoi lui , si vivant, s'intéresseroit-il à cette peinture issue des tom beaux.
Il n'3' a plus que quelcpies peintres, clients d'un monde qui s'éteint, qui produisent encore pour la satisfaction de petits appétits bourgeois. L'art national est à naître ou du moins à continuer, car depuis Gros et Géricault il est interrompu, et même je dirai malgré mon admiration pour i'art de la révolution, qu'ils n'avoieiit pas complètement trouvé l'art français, ils sembloient n'aborder les sujets modernes
qu'à regret, ils n^'étoient pas francs d'allure, l'étude et les fleurs de rhétorique se montroient trop, enfin cet art nouveau fàisoit encore ses classes.
Reprenez aujourd'hui cette belle peinture interrompue, et soyez encore plus du sol, plus franchement français par la forme, et votre art égalera en grandeur, en majesté, les plus splendides pages vénitiennes. Vous deviendrez non les copistes, mais les égaux des Grecs.
Regardez autour de vous et produisez. . . .
Pour moi, j'ai suivi l'ordre de la nature, j'ai planté en vous le grain de la vérité, je ne doute pas qu'il germe; en simplifiant les moyens, en vous garantissant du trouble résultant des complications, vous ferez un bon travail souterrain. Lorsque votre tige sortira de terre, entourez-la comme la plante d'un manteau protecteur, cet abri, cette protection, ce tuteur , c'est votre INSTINCT. — Grandissez, fortifiez-vous, cliargezvous de feuilles et de fruits, et donnez-nous de beaux ombrages.
Th*' Couture.