‹ Methode generale du catichisme v.2Chapitre 2 sur 65 · M. BULKLN. O · texte numérisé non relu

M. BULKLN. O

tous ces fameux philosophes, tous ces orateurs célèbres avec tous leurs disciples, et là, dans la vue des tourments de l'enter qu'ils soutFriront éternellement, demandez-leur, et demandez-le à vous-mêmes, ce que leur ont servi, et ce que leur servent encore toute leur science et toute leur éloquence. Il n'appartient qu'à la science sacrée du catéchisme chrétien de faire des hommes; mais écoutez-lc, ô hommes ! ( ô mon Seigneur et mon Dieu î faites-le entendre), des hommes bienheureux (ô vérité capable de nous faire mourir d'amour et de joie!) du bonheur de Dieu même par une divine participation, et cela pour jamais. Ah î à jamais être heureux du bonheur d'un Dieu î

Cependant, le dirons-nous? Ehî quel moyen de le dire et d'y penser sans répandre beaucoup de larmes? On a vu les hommes aller en foule à l'école de ces malheureux damnés dont nous venons de parler : on les a comptés, dans la seule école d'Aristote, jusqu'au nombre de plusieurs mille tout à la fois! On y accourait de toutes parts : les princes et les monarques tenaient à honneur et se faisaient gloire d'être au nombre de leurs disciples; il fallait se donner bien des peines; et voici que la science sacrée du catéchisme est proposée à tous les hommes : elle est aussi bien pour les plus simples et les plus pauvres, que pour les plus forts génies et les personnes les plus considérables ; il n'est pas nécessaire d'avoir un grand esprit pour y faire quelque progrès ; il suffit d'avoir une bonne volonté avec les lumières les plus communes ; il ne faut qu'être petit à ses yeux et n'être pas fâché de le paraître aux yeux des autres; ce que tous les hommes peuvent fairc avec le secours de la grâce. Peut-on s'imaginer une félicité plus grande? Mais peut-on concevoir des avantages plus considérables que ceux qui sont attachés à cette divine science? et après tout, elle est négligée de tous côtés, elle

est abandonnée. 0 pasteurs, qui prenez si peu de soin de renseigner et qui le pouvez faire avec si peu de peine ! 0 peuples, qui êtes si négligents à vous en faire instruire et qui le pouvez faire souvent avec tant de facilité! hélas! à quoi pensez-vous?

CHAPITUE U.

Do la nécessite du catéchisme.

La nécessité de la science sacrée du catéchisme est bien grande, puisque sans elle il n'y a point de salut. Celui qui concevra Timportance du salut pourra concevoir la nécessité d'une science si divine 1 Hélas! il est très-peu connu ; mais aussi il n'est que trop vrai que l'affaire du salut est trop ignorée. Nous portons un aveuglement effroyable à l'égard même des plus grandes vérités ; et au milieu de toutes les lumières des plus beaux jours de la grâce, nous vivons et demeurons plongés dans les ténèbres et parmi les ombres de la mort. Voici des preuves incontestables de tout ce que j'avance. Toute la théologie enseigne que la connaissance de la doctrine chrétienne à l'égard de ses vérités fondamentales, est d'une nécessité extrême, puisque sans cette connaissance on ne peut être sauvé : c'est ce qui est enseigné universellement par tous les docteurs; mais ce qui est de la dernière force, c'est que cette doctrine est même établie par le Saint-Esprit dans les divines Écritures. Le Fils de Dieu, qui est la vérité même, nous dit que la vie éternelle consiste dans la connaissance du véritable Dieu et de celui qu'il a envoyé , Jésus-Christ; sa divine parole nous rend ce témoignage, que sans la foi il est impossible de plair'e à Dieu. Or, la foi est une lumière des vérités que Dieu nous a révélées, et l'on ne peut avoir cette lumière sans la connaissance de

la doctrine chrétienne. Nous parlons de la foi des personnes qui ont l'usage de raison ; c'est pourquoi la sainte Église crie hautement à tous les fidèles, que quiconque veut être sauvé doit avant toutes choses avoir la connaissance de la foi catholique. Cette vérité n'est pas une de ces opinions prohables qui partagent les sentiments des docteurs; mais elle est publiée dans les conciles généraux et particuliers , elle est soutenue par les Pères , elle est reçue, comme nous l'avons déjà dit, par tous les docteurs de l'Eglise; elle est appuyée du témoignage même du Saint-Esprit. Après cela , ne disonsnous pas, avec bien de la justice, qu'une vérité ne peut pas se faire voir dans un plus grand jour, et qu'il faut que les personnes qui ne l'aperçoivent pas vivent dans un aveuglement bien extraordinaire? Qui pourra donc dire ici les ténèbres étranges et les sombres nuits où vivent et demeurent les pauvres peuples de la campagne de grand nombre de paroisses, et les pasteurs qui les conduisent? La science sacrée du catéchisme est d'une nécessité extrême, comme il a été montré; elle est d'une conséquence infinie, et cependant elle est négligée dans ces lieux comme une chose de nulle conséquence ; elle y est traitée comme une affaire de peu de considération. Adorable Jésus , notre Dieu et Sauveur, ouvrez mes* yeux, ouvrez-les âmes frères, afin qu'en votre lumière nous voyions la nécessité de la science que vous cvez révélée si miséricordieusement aux hommes. Venez, mes frères , venez, allons tous ensemble en esprit sur le calvaire, et à la vue du spectacle infiniment surprenant d'un Dieu-Homme crucifié , qui y expire sur une croix pour établir cette science sacrée du salut, persuadons-nous une bonne fois de sa nécessité. Ah! je ne la connaissais pas assez, s'écrie un Père de l'Église; mais \% sang d'un Dieu- Homme m'en a donné de véritables lumières. Qu'il serait

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à dcsiier que nous prissions nos coiniaissanccs avec ce Père dans le luèiue sailg' de cet adorable Sauveur! Mais il est vrai que parmi les chrétiens, il est rare de trouver un chrétien qui adore Dieu en esprit et en vérité, qui mène nnc vie véritablement intérieure. Malheur à nous, dit le f^rand saint Jérôme , qui nous trouvons dans les mêmes vices des Pharisiens, qui étaient des gens tout extérieurs! L'Église , dans son usage , fait placer de grandes images d'un Dieu-Homme mourant sur une croix dans les lieux les plus élevés de nos temples, ahn qu'elles y soient vues de tous les fidèles, et qu'ensuite le mystère qu'elles représentent fasse le sujet de nos considérations; nous entrons dans nos temples, mais nous regardons ces images sacrées, nous arrêtant ordinairement à quelque respect extérieur, sans entrer dans l'intention et la fin que l'Église se propose dans leur exposition. Ah ! Dieu! si nous avions un peu du véritable esprit du christianisme , que cette vue serait capable de nous découvrir efficacement les plus saintes vérités de notre religion! mais qu'elle nous montrerait d'une manière toute-puissante la nécessité de la science sacrée du catéchisme! Ah! si les pasteurs, si les peuples voulaient étudier dans les plaies qu'elles représentent combien cette nécessité est grande ! Un Dieu , un Dieu meurt pour le salut de nos âmes , et ce salut ne se peut faire que par la science de la doctrine chrétienne. Cette pensée est capable de nous encourager à tout faire, atout souffrir pour l'établissement du catéchisme, à moins que d'avoir un cœur entièrement endurci.

Quand on fait de sérieuses réflexions sur l'importance du salut des âmes, quand on regarde avec attention l'interminable éternité que ce salut renferme, quand on pense d'autre part à tant de millions d'âmes qui périssent par le défaut de la science de leur salut et par leur propre malice (car c'est une doctrine tenue par l'angélique doc-

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