‹ Methode generale du catichisme v.2Chapitre 3 sur 65 · M. BOUÛOX · texte numérisé non relu

M. BOUÛOX

tour saint Tlioiiias, quà une personne qui aurait gardé la loi naturelle par le bon usage des secours divins qui lui auraient été accordés pour ce sujet, si elle ne pouvait être instruite par aucune créature de la terre des mystères de la religion, Dieu, très-bon et très-miséricordieux, lui enverrait un ange du ciel pour la lui enseigner); quand on pense, dis-je, à un nombre presque innombrable de personnes qui s'en vont dans l'éternité malheureuse par l'ignorance des vérités de la foi, il est bien difficile qu'on n'en soit vivement touché.

Mais, lorsque l'on considère des gens que Ton connaît, que l'on voit tous les jours s'en aller en enfer, parce qu'ils sont dans l'ignorance de ce qu'ils doivent savoir à l'égard des vertus fondamentales de notre religion; quel moyen de les connaître dans un état si déplorable, sans y apporter le remède? Y a-t-il rien de plus barbare? se peut-on figurer une plus horrible cruauté ? Ne faut-il pas dire qu'il faut être ou dans des ténèbres épouvantables, ou dans un endurcissement achevé? Un pauvre berger voit une génisse de son troupeau s'égarer dans quelque penchant de précipice; il va après elle, il se met en danger de perdre la vie pour tirer cette béte du péril où elle est, et quelquefois même, non-seulement il expose sa vie, mais il la donne en tombant dans le précipice , dont il tâche de préserver un pauvre animal , comme il en fut rapporté un exemple bien touchant au grand saint François de Sales, lorsqu'il faisait ses visites épiscopales. Ah! Dieu, scra-t-il dit que l'on fera pour une bête ce que l'on ne voudra pas faire pour des âmes immortelles qui ont coûté le sang d'un Dieu? Mais après tout, il ne s'agit pas de donner ni d'exposer sa vie ; il n'est question que de prendre le soin d'enseigner comme il faut la doctrine chrétienne.

Cette vue du salut des âmes est capable de nous animer d'une manière indicible à ne leur pas refuser leur nourn. 1.

riture spirituelle, qui est la doctrine de Jésus-Christ; mais il faut avouer que la considération de ce qu'un Dieu a fait etsoulFert pour leur faire avoir cette grâce, nous doit presser au delà de tout ce que l'on peut dire et de tout ce que Ton peut penser. Les hommes apostoliques se sont tellement emhrasés dans la méditation d'une conduite si adorahle, qu'ils ont quitté tout ce qu'ils avaient de plus cher, leurs amis, leurs parents, tout ce qu'il y a de plus doux dans la vie, pour aller annoncer la science sacrée du catéchisme à des peuples qui vivaient dans Tignorance; et nous, que faisons-nous? que quittons-nous? Ils ont fait des voyages de cinq à six mille lieues, et à peine se lèvet-on de sa place ; ils ont passé du bout du monde à l'autre par des terres inconnues , par des déserts affreux , dans toutes les incommodités possibles ; par des mers orageuses, s'exposant tous les jours à perdre leur vie, et la donnant quelquefois au milieu de tous les tourments que la barbarie la plus cruelle peut inventer; et nous, quel voyage entreprenons-nous? A peine a-t-on le courage d'aller dans quelques hameaux d'un village pour y chercher les âmes et les instruire des mystères de notre sainte religion. On entendra dire souvent: Que ne viennent-ils? suis-je obligé de les aller chercher? Je demande quelle obligation avaient les hommes apostoliques de courir au bout du monde après les âmes? Mais quelle obligation avait Dieu de descendre du ciel en terre? Certainement ni Dieu ni ces missionnaires n'y étaient obligés; mais il est très-vrai que les pasteurs le sont, et c'est pour cela qu'ils jouissent du revenu de leurs bénéfices. Mais disons encore : Hélas ! que leur en coùte-t-il? faut-il qu'ils essuient les tempêtes et les orages d'une mer irritée? faut-il perdre la vie sur des gibets, sur des roues, au milieu des feux et des flammes?

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