‹ Methode generale du catichisme v.2Chapitre 43 sur 65 · PREMIÈRE INSTRUCTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE INSTRUCTION

^ 1. Sur le choix (run catéchismo.

Les personnes peu éclairées dans les mystères de la religion s'imaginent assez ordinairement qu^il est fort aisé de composer un catéchisme ; les savants, qui ne sont guère expérimentés dans l'exercice de l'instruction , n'en goûtent presque point , et se persuadent qu'ils en feraient de bien plus beaux que ceux que nous avons, s'ils voulaient s'en donner la peine ; et, parmi le grand nombre de ceux qu'on a mis au jour, chacun ne trouve à son gré que celui peut-être dont il est l'auteur ; et en effet on n'en a point vu jusqu'ici qui ait mérité l'approbation générale, et qui soit devenu d'un usage universel, quoiqu'on en ait fort désiré de semblables et qu'on en ait imprimé plusieurs dans cette vue. Il est vrai que, comme la doctrine chrétienne est la science la plus relevée, la plus excellente, la plus nécessaire et la plus admirable de toutes, aussi faut-il avouer que tout aisée qu'elle est à croire en elle-même par une foi simple, elle est néanmoins difficile à bien entendre et à bien faire entendre par voie d'inn. i8

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struction méthodique : car, afin de réussir parfaitement dans un tel dessein qui, plus qu'aucun autre, demande une mûre considération , une doctrine exacte , un sens rassis, une parfaite connaissance de la religion et de la langue dans laquelle on écrit, il faut savoir à fond la plus haute théologie ; autrement les expressions ne seront ni justes ni même catholiques. Il faut s'expliquer sur les mystères et sur les sujets du monde les plus sublimes et les plus obscurs, dans un style familier, intelligible, populaire et net, qui néanmoins ne soit ni bas, ni rampant. Il faut de plus être extrêmement méthodique, et savoir rendre raison en général, et de Tordre de son livre, et du partage des traités, et du rang de chaque leçon et même de chaque demande; autrement il y aura de la confusion dans la mémoire des enfants et dans l'esprit des lecteurs. Enfin, il faut être extrêmement clair et succinct, quoiqu'il s'agisse de développer la doctrine la plus profonde et la plus vaste qui fut jamais; ajoutez qu'il n'est pas donné à tous de trouver sur chaque point de doctrine l'idée nette et Vexpref^sion juste; et avec tout cela, quand même vous auriez atteint ces perfections, .vous ne contenterez pas tout le monde, parce que chacun s'est formé une idée particulière de catéchisme toute différente des autres, qu'il est par conséquent impossible de remplir par un seul ouvrage. L'un, qui est curé de campagne et qui n'a sous sa charge qu'un peuple grossier, voudrait un petit catéchisme qui ne contint que le pur nécessaire, mêlé d'histoires et de comparaisons familières; l'autre, qui travaille dans une ville médiocre, demande une explication plus étendue et plus forte; un troisième, qui enseigne dans une grande ville où se trouvent plusieurs enfants de condition, grands et spirituels, et même des personnes âgées et considérables, cherche un grand catéchisme, qui le soutienne toute une année, et qui explique au long nosmys-

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tères. Les religieuses qui instruisent de jeune filles pensionnaires ou externes, et même quelquefois de nouvelles converties, les maîtres et maîtresses d'école, les pères et mères de famille, en désireraient un qui fût extrêmement instructif, touchant et dévot ; de sorte qu'il faudrait presque autant de catéchismes différents qu'il y a de paroisses et d'écoles; comme en effet chacun, s'il avait bien du zèle, en devrait composer un proportionné à ceux qu'il instruit. Enfui, un grand et illustre prélat, qui sait l'extrême besoin qu'on a de science, par le digne et continuel usage qu'il fait de la sienne, en a demandé un autre qui put servir aux curés et aux ecclésiastiques de son diocèse, comme d'un livre où fût contenu tout le fond delà doctrine chrétienne expliquée, et dans lequel ils vinssent puiser des instructions dont ils se nourriraient premièrement euxmêmes, et qu'ils digéreraient ensuite par leurs réflexions; dans lequel ils trouvassent de quoi faire un bon prône et de quoi faire un bon catéchisme, pourvu qu'ils s'appliquassent à le lire avec attention, à le bien comprendre, à se le rendre propre, et à proportionner ensuite cette manne spirituelle à la qualité, à la capacité et aux dispositions de ceux qui l'écouteraient; semblables aux nourrices qui changent les viandes solides en lait pour nourrir leurs enfants, et aux abeilles qui, des fleurs d'un parterre, composent leur miel, qu'on sait pourtant être d'une substance ditïérente des fleurs. Il est hors de doute qu'un catéchisme de cette dernière espèce serait d'une grande utilité; d'ailleurs, comme ce siècle est devenu plus éclairé, les ecclésiastiques plus savants, les peuples mieux instruits, l'esprit des enfants plus avancé et plus ouvert, les petits catéchismes dont on s'était servi jusqu'ici ne suffisent communément plus à présent : ce sont des sommaires dont la sécheresse rebuterait et qu'on ne goûterait pas; on les avait dressés principalement pour la mémoire, et

on avait eu peu d'égard au jugement et aux réflexions : aujourd'hui on en veut qui expliquent le fond de la doctrine chrétienne et les principes de la religion d'une manière plus raisonnée et plus suivie, et qui traitent un peu au long les matières de controverse, comme celles de FEucharistie, de TÉglise, de l'invocation des saints, des images, des reliques, etc., en faveur des nouveaux convertis, et pour les détromper de leurs préventions, ainsi qu'on peut voir par les amples catéchismes qu'on a mis au jour dans la plupart des diocèses, auxquels on a jugé très à propos de se conformer, et surtout à l'égard du mystère de la trèssainte Trinité, que de nouveaux hérétiques attaquent aussi vivement que faisaient les anciens ennemis de la divinité de Jésus-Christ. C'est pourquoi il est bon d'expliquer un peu au long en quel sens il faut entendre certaines expressions dont ils abusent : par exemple , que le Fils est le conseiller, le messager, l'apôtre, l'ange du Père ; que le Père est plus grand que le Fils; langage qu'on trouve dans saint Athanase et d'autres savants Pères, très-zélés défenseurs de la consubstantialité , même après le concile de Nicée : ce qui seul devrait confondre ces impies, lorsqu'ils veulent tirer à conséquence de semblables termes dans les auteurs plus reculés, et dont les docteurs de l'Église ont cent et cent fois donné le véritable sens.

En effet, pour revenir à ce qui a été dit, on veut et on ordonne même, sous peine de censure, qu'on fasse le catéchisme tous les dimanches et toutes les fêtes de l'année. | Cependant un curé assidu à instruire son peuple a épuisé en sept ou huit leçons ces petits abrégés, après quoi il ne sait plus que dire à ses enfants, qui d'ailleurs les ayant bientôt appris, les oublient souvent avec la même promptitude : de sorte qu'il faut qu'il ait recours à d'autres livres pour y suppléer et dire quelque chose de nouveau, ou qu'il compose de plus amples instructions, de quoi

tout le inonde n'est pas capable, ou qu'il se désiste de ce saint exercice, de peur d'ennuyer le monde à force de redire les mêmes choses ; et c'est le plus grand et le plus ordinaire inconvénient. Il est donc incomparablement mieux de prendre un catéchisme qui soit très-ample, laissant à la discrétion du catéchiste de supprimer et les demandes et les leçons, et les instructions mêmes tout entières qu'il jugera trop longues ou trop savantes, eu égard à son auditoire, et de les réserver pour ses prônes, ou lorsqu'il l'en aura rendu capable, comme il est arrivé à plusieurs curés zélés, et qui ont rendu fort savants les peuples qu'ils avaient trouvés grossiers et ignorants, par la tidélité infatigable qu'ils ont eue à les instruire, et surtout par leur attachement à former et à élever la jeunesse dès le plus bas âge.

§ 2. Divers avis aux catéchistes.

Préparez-vous à vos catéchismes pendant la semaine, prévoyez votre matière d'un dimanche à l'autre, lisez-la avec attention, et, la plume à la main, abrégez les demandes trop longues , suppléez à celles qui sont trop courtes, retranchez les superflues, éclaircissez les obscures, ajoutez les omises, conférez le petit catéchisme avec le grand, choisissez votre histoire, et proportionnez le tout à la capacité de vos enfants; car si vous n'ouvrez ! votre livre que quand la cloche sonne, comme devant y i trouver des matières tellement digérées que vous n'ayez ! besoin d'aucun autre travail que de lire, vous ne vous ! échaufferez point et n'échautferez personne. Ne regardez i donc ces instructions que comme des matériaux que vous devez arranger, façonner et placer.

Parlez peu de suite; car si vous faites de longs discours, les enfants s'ennuieront, se lasseront, s'endormiront, se u. 18.

dégoûteront, seront peu modestes et n'apprendront rien.

Interrogez beaucoup, et qu'aucun enfant ne se plaigne, au sortir du catéchisme, que vous ne lui ayez rien demandé ; par ce moyen, vous les rendrez attentifs et appliqués; ils auront de l'émulation, et leurs parents viendront les entendre avec plaisir; et pour cela ayez un catalogue exact, et parcourez-le tout en interrogeant.

Quand vous aurez demandé, par exemple : « Combien « y a-t-il de gens qui pèchent contre la foi? » et qu'on vous aura répondu : « Il y en a cinq , » ne faites pas nommer ces cinq sortes de personnes à. un seul enfant; mais dites à un : « Qui sont les premiers qui pèchent « contre la foi? » Et après qu'il l'aura dit, demandez à un autre : « Quels sont les deuxièmes qui pèchent contre la « foi? » Et faites toujours répéter à plusieurs la même réponse.

Quand vous voudrez expliquer à vos enfants un traité, par exemple, les sacrements en général, apprenez-leur d'abord deux ou trois questions des plus importantes et des plus aisées du connnencement, autant du milieu, et autant de la lin, omettant exprès beaucoup de demandes moins claires entre deux : et quand ils répondront facilement à ces sept ou huit questions, et qu'ils croiront qu'il n'y a plus rien à savoir là-dessus, ajoutez les autres en leur lieu successivement d'un catéchisme en un autre, jusqu'à ce que vous ayez tout dit; car on a vu par expérience que cette méthode est utile, et qu'ils apprennent et retiennent bien mieux ainsi, que quand on s'attache à vouloir leur enseigner tout de suite une grande instruction, dont la longueur les ennuie, et fait qu'ils se perdent dans une matière dont ils ne voient pas assez promptement le bout.

Quand vous aurez connu par expérience de quoi votre

.M. DE LA OUÉTAHDIE. 31'J

uLiditoire est capable, tenez-vous eu là; il vaut mieux ne lui donner que les instructions sut'tisantes et proportionnées, que de Ten surcharger au delà de sa portée. C'est ici que la prudence est requise pour trouver ce degré. Il est toujours certain en général que ce que les enfants ont peine à redire les surcharge : ainsi, retranchez-vous à ce que vous voyez qu'ils apprennent avec facilité, et qu'ils redisent avec plaisir.

Quand les réponses soulfrent une petite morale sur les péchés auxquels les enfants sont sujets, comme sur la désobéissance sux parents, sur les mensonges, sur la vanité des habits, sur l'immodestie, sur le défaut d'intégrité à la confession, etc., ne la laissez pas échapper; appuyez un peu là-dessus, et faites-en parler plusieurs sur ce sujet. < -ette présente instruction donne un champ bien ample pour cela; si vous la lisez avec attention.

Louez un peu, et encouragez ceux qui sont naturellement timides ; et ne les faites pas parler les premiers, et ne souffrez pas que jamais ils tombent en confusion, ni qu'on se moque d'eux.

Quand celui que vous interrogez n"a pas bien répondu, adressez-vous à un autre plus savant, et suivez-les ainsi jusqu'à ce que vous ayez trouvé quelqu'un qui enfin dise < omme il faut, et ne vous hâtez pas de résoudre la difficulté. Que s'ils se partagent dans leurs sentiments, cela les tiendra encore en suspens, et comme vous eu serez mieux écouté, quand après quelque temps vous leur direz ce qu'ils doivent croire, aussi retiendra-t-on mieux votre décision.

Quand une réponse est difficile pour sa longueur, ou pour son obscurité, faites-la dire et redire à plusieurs, jusqu'à ce qu'elle soit devenue familière et intelligible à tous, et cela pendant plusieurs catéchismes.

Ne faites jamais , s'il se peut, de correction à aucun

entant en particulier pendant le catéchisme; mais plaigiiez-vous en «général, si quelques-uns ne sont pas assez sages. *

Tâchez d'entremêler toujours aux instructions que vous donnez aux enfants quelques hons avis pour les grandes personnes qui vous écoutent , mais sans que cela paraisse affecté. Vous en trouverez ici de toutes propres à ce dessein.

Ne parlez jamais des péchés opposés aux sixième et neuvième commandements, sans beaucoup de réserve, de sérieux et de gravité, et sans un grand choix de paroles, de peur que vous n'appreniez aux enfants ce qu'ils ignorent, ou que vous n'excitiez leur curiosité, ou que vous ne leur donniez lieu de vous faire des questions imprudentes, ou que vous ne vous embarrassiez vous-même, et de peur aussi de faire quelque peine aux grandes personnes. Ne craigniez pas tant de nuire à l'intégrité de la confession de quelques-uns que de préjudicier à l'innocence de plusieurs.

Quand un enfant a bien répondu à votre demande, ne manquez pas vous-même aussitôt de redire fort distinctement et fort intelligiblement sa réponse, atin qu'on l'écoute, et qu'on la retienne mieux ; car d'ordinaire la la voix des enfants ne se fait pas assez entendre.

Trouvez toujours dans la demande que vous faites et la réponse qu'on vous donne le sujet de votre morale, en étendant l'une et l'autre, et ne l'allez pas chercher hors de propos; il y en a assez qui se rapportent au sujet; et surtout qu'elle soit courte.

N'engagez jamais un enfant à vous faire une réponse qui soit longue ; coupez votre demande en plusieurs petites questions, et n'exigez d'eux que peu de paroles suivies, à moins qu'ils ne les aient apprises par cœur. Par exemple, on demande : « Quels sont les sacrements des morts? » On

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répond : « Ceux qui sont établis pour les pécheurs morts « à la grâce de Dieu. D. Et les sacrements des vivants? « II. Ceux qui sont institués pour les justes vivants à la « grâce de Dieu.» Il faut de ces deux demandes et de ces deux réponses faire une douzaine de questions, et dire : « D. Quelle est la mort de Tàme? R. C'est le péché. « D. Quel péché? R. Le péché originel et le péché mor- « tel. D. Que dites-vous de ceux qui ont le péché originel, M ou qui sont en péché mortel? R. Qu'ils sont morts spiri- « tuellement devant Dieu. D. Qui donne la vie spirituelle « à ceux qui sont morts par le péché originel? R. Le bap- « témc. D. Et à ceux qui sont morts par le péché actuel ! « R. La pénitence, etc. »

Ne donnez point de billets à apprendre aux enfants que sur des sujets que vous leur aurez déjà appris par raison et jugement, parce qu'alors ils entendront ce qu'ils diront, et ils rangeront mieux leurs idées.

Quand vous voulez commencer à faire parler et répondre un jeune enfant, et à lui donner du courage, proposez toujours la demande que vous avez à lui faire à deux ou à trois autres plus savants ; et après qu'ils auront bien répondu , interrogez celui que vous voulez enhardir, louez un peu sa réponse , donnez-lui quelque petit prix, et faites ensuite parler un autre qui ne s'en acquitte pas aussi bien , puis revenez au premier. On a remarqué que les plus petits enfants, à foi'ce d'entendre les demandes qu'on fait aux grands, et les mêmes réponses, les apprennent mieux que si on les interrogeait.

N'admettez à votre catéchisme, autant que vous le pouvez, (|ue des enfants d'une même force et d'un même degré de capacité.

Inspirez-leur la sagesse, la modestie, l'attention et le désir d'apprendre, en les piquant d'honneur ; en prenant une mine sérieuse quand ils font quelque faute ; en les

32i2 MÉTHODE GÉNÉRALE DE CATÉCHISME.

prenant du côté de la raison, de la présence de Dieu et de la bienséance; en les menaçant, s'ils n'entrent dans cet esprit, de les enx*oyer à leurs parents : et vous verrez qu'ils deviendront, avec un peu de temps et de patience, posés, arrêtés et réglés. Il est vrai que l'ordre ne s'établira pas parmi eux aussi promptement qu'en introduisant les premières places des bancs , les points blancs et noirs, les châtiments et les récompenses; mais ils se feront plus solidement sages, et ils ne seront pas aussi longtemps entants.

Engagez les plus anciens et les plus sages de votre catéchisme à vous amener quelques enfants plus jeunes qu'eux, à les instruire et dresser à vos manières; et reprochez-leur qu'après plusieurs mois ils ne vous ont encore attiré personne.

A chaque catéchisme que vous faites, apprenez à vos enfants quelque courte sentence de l'Écriture, ou quelque avis instructif, ou quelque pratique de piété; faites-les leur répéter, et qu'ils l'emportent dans leurs maisons, afm d'en édifier leurs parents.

Faites toujours les mêmes questions, et dans les mêmes termes; et que vos enfants fassent toujours les mêmes réponses et dans les mêmes mots. Choisissez ceux qui sont les plus naturels, les plus simples et les plus en usage, et ne les changez point : par ce moyen, les enfants répondront avec hardiesse, facilité, promptitude et plaisir ; ils rangeront leurs idées, ils s'habitueront au langage doctrinal, et en grandissant, leurs lumières ainsi placées et conservées croîtront et s'étendront par les sermons, les lectures et les rétlexions ; ils trouveront au dedans d'euxmêmes ce qu'on leur dira au dehors : par exemple, quand vous demanderez : « Qu'est-ce que le Décalogue? » et qu'ils- vous auront répondu : « C'est l'abrégé de la loi de c( Dieu, contenue en dix commandements; » ne variez

jamais, et déterminez-les à répondre toujours ainsi. Il semble qii'il est plus utile de diversifier de jour à autre les demandes, de se servir de paroles différentes, et de renverser sa méthode ordinaire, parce que, dit-on, autrement les enfants ne parleront que comme des perroquets, et dès (fu'ils changeront de catéchiste, ils ne sauront plus rien; mais la pratique apprend que c'est une erreur, et fait voir que, par ce changement et ce renversement fréquent, on efface en un jour dans Tesprit des enfants ce qu'on a imprimé dans un autre ; on édifie et on détruit, on embrouille leur mémoire ; leurs idées se troublent ; ils ne savent plus à quoi s'en tenir, ni que croire ou dire ; en un mot, ils ne retiennent rien , leur science n'est plus que confusion et incertitude; ils se chagride ne pas paraître savants et de ne pas comprendre ce qu'on exige d'eux.

Quoique vous n'ayez à votre catéchisme que de petites filles, n'en soyez pas moins sur vos gardes. Souvenez-vous de cet avis du Saint-Esprit : « Fuyez le péché comme devant la face d'une couleuvre. » Il ne dit pas comme devant la face des lions ou des ours, qui ne peuvent nous tuer, s'ils ne sont grands, mais du serpent ou du basilic, qui, quelque petits qu'ils soient, peuvent nous donner la mort. Il peut même arriver que les enfants, pour faire croire à leurs parents que vous les aimez bien , leur diront que vous leur en donnez des marques, à quoi vous n'avez pas pensé. Profitez de cet avis , veillez sur vousmême, soyez prudent, modeste, retenu, sérieux et réservé, et recommandez-vous à Dieu dans la prière : a Filiae tibi « sunt, non ostendas hilarem faciem tuam ad illas. » C'est encore un avis du Saint-Esprit.

Si vous donnez des images aux enfants, choisissez celles qui représentent les mystères et les saints les plus connus, comme du Crucifix, du Saint-Sacrement, de la

sainte Vierge, etc. Donnez des petits livres de dévotion, etc.; mais où il n'y ait rien de singulier, de bizarre, d'immodeste, de ridicule?, etc.

Abstenez-vous de toute préférence : car on remarquera si vous favorisez les enfants de condition, les mieux vêtus ou les mieux faits, et on ne s'en édifiera pas. Donnez tellement des prix aux riches, que vous en donniez en même temps aux pauvres, et qu'on voie que vous ne considérez que la sagesse, la science, Tassiduité. Que si, pour ne pas rebuter les riches, vous leur donnez quelque place ou rang, usez d'adresse, et que cela ne paraisse pas affecté.

Prenez soin de faire apprendre par cœur à vos enfants des actes de foi , d'espéi'ance , de charité, de contrition, d'adoration, etc.; et de les leur faire réciter tout haut à chaque catéchisme, de quoi les plus petits sont capables ; car outre que tout fidèle est tenu en conscience de faire souvent ces actes, c'est que les enfants s'en occupent toute la semaine, pour les bien dire le dimanche suivant, les parents prennent plaisir à les leur faire répéter à la maison, leur famille s'en édifie, on vient les leur entendre dire dans l'église, et cela les encourage beaucoup. On fait imprimer les principaux de ces actes dans une feuille à part pour être coupés séparément : écrivez le nom de l'enfant à qui vous le donnerez, au haut du billet, afin qu'il vous le rende en revenant au catéchisme, et que vous l'appeliez quand vous le jugerez à propos pour le lui faire réciter. On a vu un grand fruit de cette pratique.

Il serait beaucoup mieux de faire le catéchisme aux filles à part, et aux garçons à part, que de les assembler en un même lieu et à une même heure ; évitez cela le plus que vous pourrez. Il faut du moins les séparer, mettant les uns à droite et les autres à gauche, ou en biais, en sorte qu'ils ne se voient pas bien : car autrement ils badineront ensemble, et ils se familiariseront. On a

M. I.E LA CHÉTARDIE. ',i2^\

remarqué que les enfants sont beaucoup plus modestes quand ils n'en voient point d'autres de différent sexe à leur instruction.

Il est bon d'obliger les parents à vous présenter leurs enfants, et à venir de temps en temps les entendre, de savoir d'eux comment ils se comportent à la maison, et de les informer de ce qu'ils font au catécbisme.

Gardez-vous de recevoir, ni de garder aucune fille à votre catéchisme, qui ne soit modestement vêtue et couverte , et qui ne se tienne dans une posture décente. Représentez aux parents leur devoir là-dessus. N'interrogez point celles qui sont trop mondainement ajustées, ne leur donnez rien, dites-leur en doucement la raison ; ne les regardez pas, parlez en général contre les vains ornements, et ayez des histoires là-dessus, qui leur fassent peur, sans néanmoins les rebuter : il y en assez dans les saints Pères.

Faites le catéchisme des tilles au milieu de la nef, et jamais dans les chapelles retirées, ni dans les lieux m I Técart ou obscurs, et qu'il y en ait toujours grand nombre I ensemble : ne vous attachez à l'instruction d'aucune en I particulier. Tout en plein jour, en pleine église, en pu- I blic et à la vue de tout le monde. Que si vous leur donnez des billets à apprendre, ne les faites point venir les jours ouvriers en particulier, pour les réciter : elles les réciteront suffisamment bien à l'église.

Ne prenez jamais aucun présent, ni étrennes, sous quelque prétexte que ce soit, ni de quelque nature qu'il puisse être, à cause de plusieurs notables inconvénients qu'on voit assez.

Vous trouverez quelquefois des gens^ si hébétés et si

>tupides, qu'ils vous paraîtront incapables de comprendre

<'t de retenir aucune vérité : après que vous leur aurez dit

vntfois qu'il n'y a qu'un Dieu, si vous leur demandez en-

suite combien il y en a, ils vous répondront qu'il y en a trois, et ainsi di? reste, de sorte qu'on ne sait à quoi se résoudre quand il faut leur administrer les sacrements.

A cela deux avis. Le premier, qu'entre ces personnes-là il y en a plusieurs qui, dans leur entendement, conçoivent fort bien ce que vous leur dites, et qui cependant répondront faux quand vous les interrogerez. Ne croyez donc pas toujours qu'ils sont incapables d'apprendre, parce qu'ils sont incapables de s'exprimer; car même si vous y faites attention, vous trouverez en les examinant de près, qu'ils entendent fort bien leurs afï'aires temporelles, et qu'ils s'en expliquent tout de travers et à contre-» sens.

Le second avis est d'instruire ces sortes de gens par voie d'acquiescement, et non d'interrogation et de réponse : par exemple, dites-leur : « Mon enfant, ne croyez- « vous pas bien qu'il n'y a qu'un Dieu ? — Oui, mon-» « sieur. — Ne croyez vous pas qu'il y a trois personnes (( en un seul Dieu? — Oui, monsieur, je suis prêt à don- « ner mavie pour cela. — N'étes-vous pas bien fâché d'avoir i « offensé Dieu , parce qu'il est bon, etc. ? — Oui, mon-I « sieur, et de tout mon cœur, etc. » Faites-les ainsi ac-i quiescer par de semblables réponses que vous leur suggé-, rerez, aux vérités de la foi, et n'exigez pas qu'ils vous répondent d'une manière suivie , puisqu'ils n'en sont pagj capables. " j

Plusieurs disent que, quoi qu'ils fassent pour engagera; venir au catéchisme et à y envoyer les enfants, personne n'y! vient. En voici la raison : c'est que peut-être on ne s'ap-j plique à cet exercice que légèrement; on n'aime que \ei\ compagnies et les visites ; on n'étudie point, on ne s'v' prépare point, on fuit le travail et la peine, on le fai j mal, on ne le regarde point comme son soin capital ei son plus doux plaisir, on n'y apporte aucune industrie

telle que de donner des images , des actes , etc. ; d'avoir des bancs bien disposés, afin que les enfants s'y tiennent commodément ; on ne fait pas la moindre dépense pour cela, quoiqu'on n'épargne point l'argent pour d'autres choses moins importantes ; on n'y fait pas venir les enfants dès leur tendre jeunesse; on ne choisit pas le lieu ni l'heure commode , on néglige les petites écoles, on ne s'attire pas la soumission, la croyance et l'attention des peuples par une vie exemplaire, sérieuse et vertueuse; on ne va ni les exhorter par les villages et les maisons, ni écrire leurs noms, ni les solliciter à venir; on a honte de cet emploi, on craint les railleries du monde, quoique saint Paul compte ses paroles pour si peu de chose, qu'il ne les met pas même au rang de celles qui peuvent nous séparer de Jésus-Christ et nous détourner de notre devoir. Et voilà souvent les véritables causes de ce que personne ne vient au catéchisme ; car on voit que ceux qui pratiquent ces choses sont extrêmement suivis, et qu'on les écoute avec plaisir. Au reste, quand il y viendrait peu de personnes, il ne faut pas s'abstenir de répandre la doctrine chrétienne ; le soleil ne laisse pas d'éclairer les déserts, ni les sources de couler sur le sable aride, dit saint Chrysostome.

Vous demanderez peut-être à quel âge il faut que les enfants fassent leur première communion. On vous répond qu'il faut exiger d'eux pour cette sainte action cinq choses : 1° la science; 2° la sagesse; 3° la vertu ; 4" un esprit un peu mûr; 5" un désir dévot de communier. Ces qualités ne se trouvent presque jamais au-dessous de dix ans. Il est bon aussi de consulter auparavant leurs parents, pour savoir d'eux comment ils se comportent à la maison, et de le faire avec leur agrément.

N'interrogez que les enfants , et non les grandes per- ^^onnes.

:i:28 MÉTHODE GENERALE DE CATÉCHISME.

Exhortez les pères et les mères d'envoyer leurs enfants au catéchisme, akisi que les maîtres et les maîtresses leurs domestiques.

Ahstenez-vous de toute question nouvelle et curieuse, et par conséquent dangereuse ou frivole : vous souvenant de cette parole du prophète : « Je suis le Seigneur votre « Dieu, qui vous enseigne des choses utiles ^ »

Terminez votre instruction par quelque histoire ; pesezen les circonstances, faites-la un peu durer, rendez-la utile, en mêlant au milieu du récit quelques réflexions morales; n'en dites point qui ne soient sûres, et rapportées par des auteurs dignes de foi, et finissez votre catéchisme avec l'histoire et la prière.

Enfin un curé zélé s'excitera à bien faire le catéchisme par la considération fréquente et sérieuse des vérités suivantes : 1° qu'il fait l'office de Notre-Seigneur Jésus- Christ, qui a employé toute sa vie à faire connaître, aimer et glorifier son Père éternel, et à enseigner aux hommes les vérités nécessaires à leur salut; 2" qu'il est indispensablement obligé de le faire, l'instruction de ses paroissiens étant un des principaux devoirs de sa charge pastorale, dont l'omission le rend criminel devant Dieu, indigne d'olFrir le saint sacrifice de la messe, de recevoir et d'administrer les sacrements ; 3° que la foi explicite des principaux mystères de notre religion étant absolument nécessaire aux adultes pour recevoir la grâce, les peuples sans cette foi sont incapables des sacrements, leurs confessions sont nulles ou sacrilèges, et ils passent ainsi toute leur vie dans l'état malheureux du péché mortel, à la ruine entière de leurs âmes, à la honte et à la confusion de leurs pasteurs ; 4° qu'il est coupable de la perte de ses paroissiens qui, par sa faute, périront dans

1 lsi\i., XLViil, 17.

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leur igiioraijce ; qu'il en rendra un compte rigoureux au jugement de Dieu, lorsque ces pauvres âmes, se voyant privées pour jamais de la gloire, porteront leurs plaintes au tribunal de la divine justice, où, avec des voix de sang, elles demanderont vengeance contre leurs pasteurs négligents et mercenaires, qui, par leur ignorance, par llur paresse ou par leur cruauté, seront la cause de leur damnation éternelle; o- qu'il est honteux aux pasteurs catholiques de voir le soin des hérétiques à s'instruire et à instruire les autres de leurs erreurs, tandis qu'eux qui sont les enfants de la lumière sont moins savants des vérités chrétiennes, et moins zélés pour en rendre savants leurs peuples, selon cet ancien reproche de saint Jérôme : « Nullus enim ecclesiasticorum tantum habet studii in « bono, quantum han-etici in malo, et in eo se lucrum « putant consequi, si alios decipiant, et ipsi perditi ca?te- « ros perdant ' . )>

Les vertus qu'il doit prati(iuer en taisant le catéchisme sont : [o une modestie accompagnée d'une honnête gaieté ; 2» une douceur qui encourage les timides et les faibles; 3« une gravité qui contienne en leur devoir les esprits légers et peu respectueux; ï^ y^e grande patience pour souffrir les ignorances et les autres grossièretés et manquements des peuples; 5" une charité perpétuelle, pour ne laisser personne sans instruction.

« Negligentia magna pin-ochi in docendo ad salutem « necessaria, nempe symbolum, decalogum, et Pater « noste?' mortalis est : ubi passim magnus est abusus « eorum qui contenti docuisse symbolum latine, non ex- « plicant populo rudi mysteria fidei, prœsertim Trinitatis « et Incarnationis, tantopere ad salutem necessaria. VcC « Parochis, vce Episcopis, vœ Prœlatis. Sa. v. Parochus. »

' ^. Hier, in [«ai., xviii.

DEUXIÈiME INSTRUCTION.

Sur les devoirs d'un curé envers ses paroissiens à l'égard du sacrement de la confirmation.

D. Quels sont les devoirs d'un curé à Fégard du sacrement de confirmation?

R. 1° Il doit avoir de longue main instruit ses paroisde Texcellence et de la nécessité de ce sacrement, et fait plusieurs fois Tannée, particulièrement au temps de la Pentecôte, ses prônes et ses catéchismes sur ce sujet, soit pour disposer ceux qui prétendent le recevoir, soit pour en renouveler Tesprit dans ceux qui Font déjà reçu; ^^ aussitôt qu'il aura le mandement ou su la visite de Monseigneur rarchevéque , et le lieu où la confirmation sera administrée, il le publiera à son prône, et exhortera ses paroissiens à se préparer à la réception d'un si excellent et si important sacrement; et leur déclarera entre autres choses, ainsi que saint Charles l'ordonne dans ses conciles, que selon les canons pénitentiaux, les parents, qui par leur négligence laissent mourir leurs enfants sans leur avoir fait conférer ce sacrement, sont tenus de faire une pénitence de trois ans. Et de plus, il pourra les menacer de ne pas les admettre à la participation des autres sacrements, s'ils refusent, pap honte ou par indévotion, de s'approcher de celui-ci dans une si bonne occasion; 3° il doit aller dans les maisons et familles de sa paroisse prendre par écrit les noms de ceux et celles qui n'ont pas reçu ce sacrement, les noms des hommes à part, et ceux des iilles et des femmes aussi à part; et savoir qui veut prendre encore le nom d'un saint outre celui qu'on a reçu au baptême, ce qui se peut, si on a cette dévotion; que s'il s'en trouve quelqu'un qui n'ait pas le nom d'un saint

reconnu par l'Église, il le remarquera, afin de le lui faire chano^er quand on le confirmera ; 4° il doit assembler ses paroissiens au son de la cloche, et leur faire un catéchisme exprès pour les préparer à la digne réception de ce sacrement; 5" s'il s'en trouve quelqu'un qui n'ait pas les dispositions convenables, et qui ne se mette pas en peine de les avoir, ou qui soit scandaleux, ou autrement indigne, et qui ne veuille pas se corriger, il doit l'exclure de son catalogue.

D. Si c'est dans son église qu'on doit administrer ce sacrement, que doit-il faire?

R. 1° Il doit l'orner avec soin, la tenir extrêmement propre, et prévoir les choses nécessaires pour une si grande cérémonie ; 2° la veille, il la fera bien nettoyer, la parera le mieux qu'il pourra, et, le soir, il fera sonner les cloches, pour en avertir le peuple; 3° le jour de la confirmation , il fera encore sonner toutes les cloches ; 4° il préparera, pour servir de crédence, une table qu'il posera dans le sanctuaire du côté de l'épitre, et qu'il couvrira d'une grande nappe blanche; 5° il mettra sur cette table une aiguière pleine d'eau avec un bassin pour laver les mains, deux ou trois serviettes bien blanches, bien pliées, pour les essuyer, une mie de pain pour frotter et nettoyer le pouce, et du coton blanc ou de l'étoupe bien déliée, avec une patène pour recevoir du saint chrême; 6° quand Monseigneur sera prêt à venir dans l'église pour conférer ce sacrement, il fera de nouveau sonner les cloches et allumer au moins deux cierges sur l'autel principal de l'église.

D. Et si c'est dans une autre église que la sienne?

R. Quand le jour désigné sera venu, 1° il doit faire sonner les cloches la veille et le matin pour assembler ceux qu'il veut faire confirmer et qu'on suppose avoir reçu le sacrement de pénitence, et même celui de l'eucharistie, s'il y a lieu; :2° après les avoir réconciliés, si

33l^ .MÉTH01>E GÉiNÉRALE 1>E CATÉCHlSilE.

([uelqiiuiL en a eu besoin, exhortés pour la dernière ibi^^, et fait la prière, il les conduira processionnellenient, chantant quelques prières de FÉglise, deux à deux s'il peut, les hommes et les garçons séparés des filles et des femmes, au lieu où se donne la confirmation; 3° il fera ranger ceux-là du côté de Tépître, et celles-ci du coté de l'évangile, les uns et les autres ayant à la main un bandeau large environ de trois doigts, de toile nette et blanche, en double ou en triple, sur le milieu duquel il y ait une croix cousue et de petits cordons aux quatre coins pour rattacher.

J). Et quand le temps de les confirmer est arrivé?

H. Il doit J° les présenter à Monseigneur avec décenceet les retenir par sa présence et par sa gravité dans la modestie et dans la dévotion que ses soins et ses instructions leur auront imprimées; îl" s'appliquer à ce qu'ils reçoivent la confirmation avec un extérieur et un intérieur qui correspondent à la dignité de ce sacr-ement, prenant garde qu'ils aient le front bien net, et que leur bandeau soit bien attaché ; 3" avoir un registre à la main, et, s'il y en a d'absents, les marquer soigneusement ; que si quelqu'un non compris dans le catalogue se mêle parmi les autres, il les fera retirer; 4" les ranger avec ordre et les retenir jusqu'à ce que soit donnée la bénédiction qu'il aura soin de leur faire recevoir avec beaucoup de respect.

D, Et quand la cérémonie est achevée?

y/. Si la confirmation n'a pas été donnée dans son église, il doit 1" les ramener dans le même ordre qu'ils sont venus; ^" leur faire faire une courte, mais fervente action de grâces; 3° les exhorter à conserver le bienfait qu'ils ont reçu, et à se souvenir de ce jour-là, afin d'y avoir dévotion le reste de leur vie, d'y fréquenter les sa-, crements, et de s'y renouveler dans les promesses qu'ils ont faites et dans les engagements qu'ils ont contractés.

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D. Et si la coiitirmation s'est donnée dans son église ?

//. I" 11 jettera dans la piscine Teau et la mie de pain qui auront servi à laver les mains de Monseigneur; ^" il purifiera dans de Teau pure les serviettes dont il se sera essuyé les mains, comme on fait les purificatoires avant que de les mettre à un autre usage; y"* il fera brûler le coton ou les étoupes qui ont touché aux saintes huiles, sur la piscine dans laquelle il jettera les cendres; 4" il nettoiera la patène sur laquelle les saintes huiles auront été mises, la purifiera avec de l'eau et de la mie de pain, et après Favoir essuyée avec une des serviettes qui auront servi à essuyer les mains, il jettera Teau et la mie de pain dans la piscine.

/>. Que lui reste-t-il à faire?

R. A tenir un registre de ceux et de celles qui auront été confirmés dans la même forme que celui du baptême, y écrivant leur nom, leur âge, le nom de leurs père et mère et le reste ; et, à Tégard des enfants illégitimes, il tiendra aussi le même ordre qu'au baptême.

D. Doit-il ôter le bandeau des enfants?

lî. Oui, mais pour éviter d'aller trop souvent à Téglise, il pourra leur indiquer une heure commode, dans le second ou troisième jour après qu'ils auront été confirmés, à laquelle tous se rendront dans son église. Lorsqu'ils y seront assemblés, il prendra son surplis, aura un bassin ou un grand plat plein d'eau, que lui tiendra un clerc, et K's confirmés étant à genoux devant l'autel, il y fera sa prière, puis il se lèvera et dira les oraisons marquées dans le rituel du diocèse ; ensuite, se retirant du c(jté de l'épitre, et les confirmés s'approchant de lui, il ôtera le bandeau d'un chacun, le mouillera par un bout dans le bassin ou plat d'eau, en lavera le front du confirmé, et de l'autre bout l'en essuiera. Quand il aura ôté les bandeaux, il jettera l'eau dans la piscine, purifiera lesdits bandeaux, et en jeti'M-a l'eau aussi dans la piscine; que si les bandeaux sont

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