‹ Methode generale du catichisme v.2Chapitre 45 sur 65 · RÈGLEMENT · texte numérisé non relu

RÈGLEMENT

POUR LKS

\. On fera le catéchisme dans toutes les églises paroissiales de notre diocèse, tous les dimanches et toutes les lôtes, à commencer depuis le premier dimanche du mois d'octobre jusqu'à la fin du mois de juin. On pourra le discontinuer pendant les mois de juillet, août et septembre.

IL Pendant le carême on fera le catéchisme, outre cela, les lundis, les mercredis et les vendredis de chaque se* maine ; et pendant l'avent, les mardis et les vendredis seulement, outre les dimanches et les fêtes.

III. Pour ce qui est des écoles, on suivra le règlement qui est dressé par l'autorité de feu monseigneur de Pradel, notre prédécesseur, auquel nous n'ajoutons rien pour le présent.

lY. Il y aura partout deux ordres et comme deux classes de catéchismes. La première classe sera pour les enfants confirmés, auxquels on apprendra le plus étendu des petits catéchismes. La seconde classe sera pour les enfants non confirmés, auxquels on apprendra le plus petit catéchisme, qui est l'abrégé du premier.

Y. Les catéchistes s'appliqueront à faire apprendre par

cœiir à tous les enfants le plus petit catéchisme tout eutiei'. Pour ce qui est du catéchisme destiné pour les enfants déjà confirmés, on commencera par leur en faire apprendre la troisième partie, qui traite des sacrements et de la prière. De là on les fera passer à la seconde partie, qui traite des péchés et des vertus, des commandements de Dieu et de ceux de Tfilglise. Et enfin on leur fera apprendre la première partie, qui contient l'histoire ahrégée de la religion dans l'explication du symbole. La raison qui nous détermine à prescrire cet ordre est que, quand les enfants savent bien ce que contient le plus petit catéchisme, ils sont instruits de ce qu'il y a de plus essentiel dans notre croyance : il est juste, par conséquent, de leur apprendre ensuite ce qui est lopins d'usage dans la religion, savoir, les sacrements et la prière, et de leur expliquer après cela les principes de la morale renfermés dans ce qui concerne les péchés, les vertus et les commandements. Enfin, il faut leur apprendre d'une manière un peu plus étendue l'histoire de la religion. On peut suivre, si l'on veut. Tordre naturel des trois parties du catéchisme, en commençant par la première , à l'égard des enfants qui sont instruits avec le plus de soin par des maîtres particuliers, et qui ont le plus d'ouverture d'esprit. Mais si l'on en usait ainsi à l'égard des autres enfants qui vont aux petites écoles, il arriverait souvent que le temps destiné à leur instruction serait employé à leur apprendre l'histoire de la religion, et ils n'entendraient presque point parler de ce qui est de pratique pour eux : ainsi il faut s'en tenir à leur égard à ce que nous prescrivons ici. Mais néaninoinSj atiii que la première partie, qui traite de l'histoire de la religion, ne soit pas entièrement ignorée, même par ceux des enfants qui auraient l'esprit le moins ouvert, nous enjoigons à tous les maîtres et à toutes les maîtresses d'école de leur faire apprendre à lire dans le catéchisme, à

CATÉCHISME i>E MUiNTrELLlEU. .'Jil

luiJiineucer par cette première partie ; et une des principales attentions des maîtres doit être de leur bien faire comprendre ce qu'ils liront, et de le leur expliquer d'une manière très-intelligible. Ainsi, à force de lire et d'entendre lire et répéter leur catéchisme, à force de l'entendre expliquer, ils apprendront leur religion par principe et par jugement, plus encore que par mémoire ; ce qui doit être le principal but de Tinstruction. Car un enfant qui , >achant son catéchisme par cœur, ne pourrait pas comjjrendre les choses qu'il aurait apprises, si elles lui étaient i)roposées en d'autres termes, ne devrait pas être regardé 'onnne sachant sa religion. Ceci demande du zèle et de l'application dans le maitre qui instruit. Et si l'on est iidèle à le suivre avec uniformité, on en verra de grands fruits dans tout le diocèse.

VI. Il y aura dans la ville, pour chaque classe, des catéchismes séparés pour les garçons et pour les tilles ; car il n'est pas de la bienséance que les enfants de différent sexe soient dans une même classe. Ainsi il y aura deux ordres de catéchismes pour les garçons , et deux ordres pour les filles.

YII. Dans les paroisses où il n'y a pas assez d'enfants ou de catéchistes pour faire ces quatre catéchismes , on rangera les enfants dans le même catéchisme selon ces deux classes ; en sorte que les enfants du premier ordre seront sur un banc, et les enfants du second ordre sur un autre ; et on séparera au moins, s'il est possible, le catéchisme des garçons de celui des filles.

VIII. 11 serait à souhaiter que les curés qui sont seuls dans leurs paroisses voulussent ou pussent prendre deux heures différentes pour le catéchisme des garçons et pour celui des filles. Nous nous contentons de le leur conseiller. Mais s'ils sont hors d'état de pratiquer cet avis, dont ils voient l'importance, il feront au moins ranger les

garçons d'un côté et les filles de l'autre, et ils mettront toujours les enfants selon les deux ordres ci-dessus marqués.

IX. Les maîtres et les maîtresses d'école ne manqueront pas conduire les enfants de leur école au catéchisme, comme il est porté par le règlement de notre prédécesseur, et de se tenir à l'église pendant tout le temps que le catéchisme se fera. Et comme dans la ville de Montpellier les petits catéchismes ne se font pas dans les mêmes églises que les grands, les maîtres et les maîtresses d'école conduiront d'abord les plus petits enfants où se fait leur catéchisme; ils les laisseront là sous la conduite d'un autre maître ou maîtresse, et ils iront ensuite conduire les autres enfants à l'église où se fait leur catéchisme, et demeureront là avec eux.

X. Il est d'une nécessité absolue qu'il y ait dans chaque église où le catéchisme se fait des bancs suffisamment pour faire asseoir tous les enfants. L'expérience fait voir qu'il est impossible sans cela d'éviter le trouble et la confusion.

XI. Le catéchiste assignera à chaque enfant sa place, et il ne sera pas permis aux enfants d'en changer. Ils se mettront toujours aux mêmes places.

XII. Si l'on pouvait avoir à chaque catéchisme un assistant en surplis pour faire taire les enfants et pour les contenir dans la modestie pendant que le catéchiste instruirait, cela serait excellent. S'il n'est pas possible de le faire, les maîtres et les maîtresses d'école feront cette fonction sous l'autorité du catéchiste, de qui ils recevront les ordres.

XIII. Outre le directeur général des écoles et des catéchismes du diocèse, il y aura sous lui deux préfets des catéchismes, qui iront, chaque fois qu'on fera le catéchisme, visiter les églises où on le fait, et examiner si toutes choses

sont dans Tordre et si le présent règlement est observé. Ces préfets, conjointement avec le directeur, examineront les eniants pour voir de quelle classe ils sont capables, et ils assigneront à un chacun la classe où il doit être mis ; car on pourra arrêter dans la classe inférieure les enfants confirmés qui ne seront pas capables de la supérieure, et les enfants qui recevront la confirmation vers le temps de Pâques ou de la Pentecôte ne monteront à la seconde classe que l'année suivante; ils demeureront jusqu'alors aux petits catéchismes pour s'affermir de plus en plus dans ce qu'ils ont appris.

XIY. A la fin de chaque année, c'est-à-dire avant les vacances, on fera un examen général de tous les enfants, et on tiendra un catalogue exact de ceux qui doivent être admis l'année suivante dans la classe supérieure. Chaque catéchiste aura un catalogue des enfants qu'il instruit, et en donnera un double au préfet de son département. Dans ce catalogue on mettra le nom, le surnom, l'âge et la demeure de l'enfant. On veillera avec soin pour empêcher que les enfants ne s'absentent du catéchisme, et les préfets iront chez les parents des enfants s'informer des causes de l'absence et y remédier. A la campagne chaque curé fera dans sa paroisse ce que les préfets font à la ville.

XV. On n'admettra à la confirmation que les enfants qui sauront exactement le plus petit catéchisme, et à la première communion, que ceux qui sauront au moins la seconde et la troisième partie de l'autre. Si cependant il se trouve des enfants qui aient l'esprit moins ouvert que les autres, qui d'ailleurs soient sages et assidus au catéchisme, on pourra se contenter à l'égard de ceux-là, pour les admettre à la communion, qu'ils sachent le plus petit catéchisme et les questions de l'autre qui regardent la réception de la sainte eucharistie.

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