‹ Méthode nouvelle pour le traitement des déviations de la colonne vertébrale; précédée d'un examen critique des divers moyens employés par les orthopédistes modernesChapitre 6 sur 11 · DEUXIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME OBSERVATION

Marie Howel , âgée de cinij ans et demi , née de parens exempts de toute affection scrophuleuse , fut admise, le 9 août 1821, à rhospice de INTarie-la-Bonne. Depuis cinq mois l’épine avait éprouve une excurvation toujours croissante , et qui , au moment de l’entrée, offrait les mêmes apparences que*

telles que nous avons décrites dans le cas précédent. Le point le plus saillant de la courbure était aussi entre la quatrième et la cinquième vertèbres lombaires *, les symptômes étaient semblables, seulement la malade conservait encore de l’appétit. Elle fut soumise au même traitement, c’est-à-dire , qu’on l’assujétit à rester en pronation sur deux coussins. Le même appareil de constriction fut appliqué autour du corps ^ il était enlevé trois fois par semaine, afin de pratiquer avec plus de facilité l’extension de la colonne vertébrale et la compression des parties saillantes. La malade , très - indocile , résistait ordinairement de toutes ses forces à l’emploi de ces divers moyens mécaniques •, cependant , au bout de trois mois , quelque incomplète qu’en eût été l’application, elle avait recouvré la faculté de se tenir debout et de marcher sans fatigue et sans s’incliner en avant. L’appétit, les forces et l’embonpoint étaient revenus. On continua le même traitement, en faisant alterner le coucher en pronation avec le décubitus en sens inverse. La déviation de l’épine n’avait pas encore entiè-

renient tlisparii, loisquVn octobre la malade^ commença à ressentir dans le genou droit des douleurs très-vives qui se manifestaient surtout pendant la nuit ; on ne remarquait aucun changement dans le vol urne et l’apparence de l’articulation. Ces douleurs éveillèrent le soupçon d’une affection imminente de la hanche , quoique nul autre symptôme ne se fût encore déclare. Le 20 novembre , la maladie de l’articulation coxo-fémorale était évidente; le membre avait éprouvé un allongement remarquable; il était amaigri, la fesse correspondante aplatie ; les parties situées derrière le grand trochanter étaient sensibles à la pression ; les douleurs nerveuses du genou arrachaient des cris à la malade, et la privaient entièrement du sommeil. Comme elle ne voulait prendre aucun médicament , on se l)orna à lui appliquer , à diverses reprises , de^ sangsues autour de l’articulation de la cuisse , mais on ne put prévenir la suppuration. Une tumeur se forma par degrés dans le voisinage de la hanche; la peau devint luisante, le membre se raccourcit, et la Iluctuntion parut manifeste. Le 2 février

1822, l’abcès se fit jour derrière et sous lé grand trochanter, et une grande quantité de pus séreux j mêlé de flocons caséiformes , s’écoula par l’ouverture. Le i5 avril, là matière de la suppuration s’ouvrit^ au-dessous du petit trochanter , une seconde issue qui permettait un écoulement plus facile j à cause de la position de la malade. Ori ïïe mit en usage d’autres topiques que les cataplasmes ordinaires, et l’on ne put administrer aucun remède intérieur. Il ne se manifesta aucun symptôme de fièvre hectique J l’amai»grissement était considérable , mais l’appétit restait fort bon. Le gonflement et la suppuration diminuèrent lentement ; la maladie paraissait déjà marcher vers une terminaison plus favorable qu’on n’avait espéré ,1 lorsque l’enfant fut prise de la variole , avec une éruption considérable de boutons. Pendant le cours de cette affection on administra quelques laxatifs ^ et la malade fut ensuite fortement purgée. Il est à remarquer que la suppuration devint promptement moins abondante aussitôt que l’éruption variolique eut apparu , et , trois semaines après la guérison

de cet oxanllièmo , elle /tait complètement tarie; la malade pouvait marcher sans la moindre apparence de claudication ; les vertèbres ax-aient repris leur direction naturelle, ou plutôt lepine paraissait légèrement renverst'e en arrière. Comme dans le cas précédent^ les apophyses épineuses des troisième et quatrième lombaires restaient un peu plus volumineuses.

Cette observation est fort remarquable sous plus d’un rapport, et l’auteur a su en faire r.essortif quelques inductions pratiques qui peuvent paraître nouvelles. Après avoir rappelé que, dans le début des maladies de l’articulation coxo-fémorale , on voit souvent les fléchisseurs de la cuisse frappés d’une contraction permanente , et la tête du fémur chassée de la cavité cotylbide , double cause de claudication , il demande si le décubitus en pronalion n’est |xis le meilleur moyen de prévenir cette terminaison fâcheuse. L’extension forcée des muscles psoas dans cette attitude' paraît propre en cftet à retenir en contact les surfaces articulaires ; et dans le cas particulier dont il s’agit, elle remplissait

une autre intlieation non moins utiie , celle d’attirer en avant les vericbres lombaires auxquelles ces muscles s’attachent. L’heureuse révulsion produite par l’éruption variolique n’est pas un fait unique dans son espèce , mais il est cependant fort remarquable. Nous répéterons, du reste , les mêmes observations que nous avons déjà faites sur le traitement employé ; il seicompose de deux moyens, dont un seul nous semble digne d’approbation. Maintenir l’épine dans la meilleure situation , et supprimer par-là une cause puissante d’irritation, en même temps que l’on rétablit sans violence le rapport des parties , voilà qui est parfaitement rationnel et conforme au procédé introduit de nos jours , par les plus grands chirurgiens, dans le traitement des fractures ; mais exercer sur cet axe atteint d’inflammation ou de carie des tractions et des pressions , quelque ménagées qu’on les suppose , c’est exposer le malade à des accidens très-graves 5 et peut-être l’indocilité de la jeune fille dont nous venons de rapporter l’histoire, l’a-t-elle seule soustraite à un pareil danger. '

Pour établir un tenue pratique de coiii- })araison entre le décubitus sur le dos et le coucher en pronation , nous rapporterons encore, d’après le docteur Bampbeld , un troi-r sième cas où ils ont été employés successif ement.

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