‹ Méthode pour confesser les enfansChapitre 6 sur 9 · Il faut mettre les enfans dans · texte numérisé non relu

Il faut mettre les enfans dans

Tusage de faire souvent des actes de

foi , d'espérance et de charité ; leur

indiquer Tendroit du catéchisme où

se trouvent ces actes , les leur donner

de temps en temps pour pénitence.

4.^ Pour garantir les enfans du péché mortel , et surtout des mauvaises habitudes, il faut leur dire souvent de ne pas aller avec ceux qui ne sont pas sages , leui" demander si les camarades qu'ils fréquentent sont bien sages , bien modestes dans leurs petits jeux , s'ils ne font jamais rien qu'ils ne voudraient qu^on vît ; les exhorter eux-mêmes à être bien sages partout , à ne jamais rien faire quUls ne voudroient pas qu'on aperçut.

S.^ Pour leur inspirer la piété ,

ïi faut lenr parler avec, effusion de cœur de la bonté de Dieu, leur dire i « Le bon Dîeu vous aime bien ; » pouvez- vous en douter ? Qui est- » ce qui vous a créé ? qui est-ce qui » vous envoie tous les jours ce qui » vous est nécessaire pour vous » nourrir. »

Quand on interroge sur le mystère de rincaniation , leur dire :

» C'est peur vous que le FiJs de >» Dîeu s'est fait honirae , c'est pour » vous qu'il «st mort sur une croix.

» Oh ! il faut qu'il vous aime bien !

^ ne voulç^-yous pas l'aimer aussi » de tout votre cœur ? flh bîen !^ >> aussitôt que vous êtes éveillé le •V matin., faites le signe de la croix » et dites : Mon Dieu , je vous donne » mon cœur; je vous demande votre

vt bénëdiction pendant cette jour-^

» née. »

QuESTiois I/* 7-Fant-îl interroger les enfans sur le sixième précepte ,' quand ik ne disent rien qui puisse faire soupçonner qull$ sont coupables ?

Réponse. — Ce n'est pas mon avis^ Il est à craindre que Tinterrogation qu'on leur ferait ne fut pour enx une occasion d'apprendre le mal qu'ils ignorent. On ne saurait trop prolonger cette heureuse ignorance , qui est la meilleure sauve-garde des moeurs : I^/us profuit ignorantia mali quant cognitio boni La con-* npissance du mal les porterait plus, à la commettre qu« vos paroles ne.

pourraient les en détourner.

Mais, dîra-t-on , ce silence est' souvent cause qu^ils ne s'en accusent' pas , et qu'ils contractent Fhabitude d'un vice , qu'on a bien de la }>eine à guérir ensuite. Je réponds que vos exhortations ne pareroîent point à cet inconvénient , et qu'il y a des cnfans à qui ces interrogations sexoient pernicieuses.

Je me contente de demander à un enfant , s^il a été bien modeste , si les camarades avec qui il va sont bien sages , de lui recommander beaucoup la modestie dans ses petits jeux , et partout.

Tout au plus , je demanderoîs à un enfant s'il n'a pas eu de mauvaises pensées ; s'il me dit oui, je me donnerois bien de gajrde de spécifier moi-m^e ces mauvaises pensées ;

inaîs }e lui demanderoîs , h quoiper^ siez-vouSf mon fils? s'il me répond cpi'il songeoit à se venger , à faire de la peine à ses camarades , je m'en tiendrôis la. Il y a plus à perdre qu'à gagner en allant plus loin.

Question II. — Faut -il donner l'absolution aux enfaiis avant leur première communion ?

Réponse. — Je supppse qu'ils nt soient ni malades ni dans le cas d'être infirmes ; et \è, réponds qu'il est rare qu'on puisse donner l'absolution aux petits enfans. Voici une raison:

Si l'enfant n'a commis que des fautes vénielles , il y a d'autres moyens que l'absolution pour les effacer j

d'ailleurs îl est très-rare qu'un enfant en conçoive un véritable regret et surtout le bon propos de n'y plus retomber ; l'absoudre , ce seroit l'exposer sans nécessité à profaner un sacrement.

Si l'enfant a commis des péchés mortels, je conçois qu'il est du devoir du confesseur de travailler à mettre son pénitent en état d'être absous ; mais il est rare qu'il réussisse, s'il y a déjà habitude. Â cet âge on est bien ptus capable de commettre un péché riiortel que de s'en repentir : l'attrait du vice se fait sentir de bonne heure ; niais les motifs de contrition agissent foiblement sur ces âmes légères , volages et dissipées.

Je ne dis pas cependant qu'il ne faille jamais les absoudre ; je dis

i3 seulement que cela est rare : car îl se trouve des enfans que la promesse de l'absolution anime à bien faire ; et , à leur égard , si je parvenais à faire cesser l'action du péché pendant six semaines ou deux mois , à obtenir des efforts pour remplir leurs petits devoirs avec plus de fidélité ( nous indiquerons dans la suite une méthode sur cet objet ) , je n'hésiterais pas à les absoudre.

Communément on ne leur donne pas Vab^olution , et cela pour deux raisons ; la première , c'est la difficulté d'exciler en eux une véritable contrition ; la deuxième , c'est que l'expérience apprend que très-souvent ils ne disent pas certains péchés , comme le vol et l'impureté , avant la confession généralequi pré-

Page 1