DEUXIÈME PARTIE
Manière de Conduire les enfans que l'on prépare à la première communion»
iS ous parlerons dans cette seconde partie , i.® du temps où Ton doit admettre les enfans à la première communion-, 2.« des dispositions que Ton doit exiger dans un enfant de douze à treize ans , pour l'admettre à la première communion ; 3.®du teips et de la mapière de faire la confes-^ sion générale ; 4*^ à^e la manière de traiter les péchés d'habitudes-, 5.» de la conduite à tenir envers un pénitent qui est dans l'occasion pro^ chaîne; enfin, des pénitences que le confesseur doit imposer.
Article premier.
Bans quel temps est-îl à propos
d'admettre les enfans à la première
communion ?
n faut admettre le plus tât pos--^ sibleles enfans à la première com-* niunion , . depuis Tâge de onze an»
par exemple jusqu'à treize , surtout dans les collèges. Dès que les enfans de cet âge ont les dispositions essenr tielles , il n'est point à propos de différer. Ce sentiment est fondé sut deux raisons.
La première , c'est qu'à cet âge les enfans ont besoin de secours ]!K)ur éviter les dangers auxqueb ils sont exposés , pour ne pas contracter de mauvaises habitudes dont ils trau-t
Ycnt alors les occasions. Or, c^est surtout dans la première con^munion qu'ils trouvent ces secours z faute de ces grâces , ib laisseront entrer le vice dans leurs cœurs , et il sera très-dîfficile de les en guérir dans la suite , et c'est la seconde raison. Si on diftere trop la première communion , sans qu'il y ait nécessité de le faire , il est à craindre que les mauvaises habitudes ne viennent et que , de volages, d'espiègles (fa* ils étaient , on ne les trouve libertins l'année suivante , et que le moment qu'on a laissé 'échapper ne revienne plus ; en un mot ils sont moins disposés : à mesure qu'on retarde , les iiabitudes croissent avec Tâge ^ et l'obstacle devient presqu'insurmonlable.
Maïs , dit-on , il est à propos d'attendre que leur raison soit plus développée, pour qu'ils apportent à cette action plus de discernement 5 et moi je réponds : il vaut mieux qu'ils apportent Finnocence qu'un discernement parfait à cette sainte action. Les jeunes gens qu'on applique aux ^tudes sont toujours assez instruits à douze oiji treize ans. D'ailleurs, dans les collèges, l'instruction continue après qu'ils ont fait leur première communion. Dans les paroisses , c'est autre chose , et peutêtre cette règle ne leur conviendroit pas ; mais il s'agit ici des maisons "d'éducation.
On ajoute que la première communion est un moyen, et même l'unique moyen de guérir les enfand-
de leurs mauvaises habitudes; <fc^e si on la fait faire avant que les habitudes soient contractées , il n'y aura plus de ressource pour les corriger.
Mais i,° ne vaut-il pas mieux garantir les enfans de leurs mauvaises* habitudes , que d'attendre qu'ils les aient contractées pour les guérir ensuite ? combien n'y a-t-il pas de jeunes gens que la nécessité de faire leur première communion ne corrige pas , et que l'on est obligé de remettre tous Jes ans ? combien n'y en a-t-il pas qui cachent alors leur$ péchés pour n'être pas différés ? combien qui ne s'abstiennent que pour un temps , et se trompent ainsi euxmêmes ? et Dieu veuille qu'il n'y en ait pas tpii osent approcher de la sainte table sans absolution^ et mal-
gré la défense de leur confesseur !
Voilà où aboutit cette prétendue exactitude qui attend une raison plus développée, un discernement plus parfait.