‹ Méthode pour dessinerChapitre 13 sur 61 · TRAVAIL ACHARNÉ · texte numérisé non relu

TRAVAIL ACHARNÉ

s’abîmerait, et il ne faut pas qu’il s’abîme. Ne croyez pas pour cela avoir fait un chef-d’œuvre qui mérite de passer à la postérité. Non, mais il faut que vous puissiez toujours vous rendre compte de vos progrès en comparant ce que vous faites au moment, avec ce que vous avez fait antérieurement. De loin en loin on fait une revue de ses précédentes études. On les juge alors comme on jugerait le travail d’un autre, et souvent on reçoit une bonne leçon de cette revue rétrospective. — Il y a six mois, il y un an, j’ai fait ceci, — il me semble que le dessin que je viens de faire aujourd’hui ne vaut guère mieux. — Je n’ai donc pas fait de progrès? — n’aurais-je pas assez travaillé?

— On retaille son crayon, on fait de nouveaux efforts, on pense, on réfléchit, et alors il y a lieu d’espérer qu’après une nouvelle période, en refaisant la même comparaison, vous pourrez vous rendre à vous-même le témoignage que cette fois le temps a été bien employé et que votre acharnement a abouti à un progrès considérable. Ce jour-là vous éprouverez une des plus grandes jouissances qu’il soit donné à l’homme de ressentir.

Page 1