PREMIÈRE SORTIE
l’étude sur nature
L’hiver s’est passé à nos études préparatoires. Tout doucement le printemps est venu, ce doux printemps si vanté, si chanté par les poètes et qui, s’il nous apporte des fleurs nouvelles et la verdure, nous les fait souvent payer par tant de bourrasques, de giboulées et de grêle, qu’il mériterait plutôt des malédictions et le renom de saison des rhumes et des coryzas. Sa bonne réputation lui vient de trois ou quatre adorables journées comme celle qui se prépare, douces, tièdes, discrètement ensoleillées et pleines de fleurs, qui chaque année marquent les mois d’avril et de mai et nous font attendre plus patiemment la belle saison. Nous sommes ainsi faits. Un sourire, un gai propos nous font oublier un moment nos soucis et nos tracas.
Mettons à profit cette belle journée ; allons à la campagne ; un album et un crayon formeront tout notre bagage. Nous pouvons y joindre un pliant. Mais, à son défaut, nous trouverons bien quelque pierre pour nous asseoir, et même le soleil a assez de force déjà pour avoir séché la rosée quand nous arriverons sur le terrain ; nous nous assiérons dans l’herbe.
Éloignons-nous de Paris d’une douzaine de kilomètres et mettons-nous en campagne.
Nous aurons bien du malheur si nous ne trouvons pas quelques motifs à croquis.
Ce serait probablement notre faute, nous aurions man-