OBSERVATIONS GÉNÉRALES SUR LES NOMS GRECS
§ 118. 1. Le vocatif singulier, à tous les genres , est généralement semblable au nominatif. Cependant les noms propres en as, G. antis, le font en à long : Atlà, Pallâ l. Ceux en es le font quelquefois en ë, comme s'ils étaient de la première déclinaison ; ainsi l'on trouve, o Socratës, Periclës, Calliclës, Patroclès, et o Socratë, Periclë, Damoclë, Sophocle.
Ceux en ïs bref et en ys retranchent Ys : Alexï, Amaryllï, Daphnï, et Chëly (de chelys-yos, un luth). Tibrisy. Tiberis est traité comme un mot grec , et fait Tïbrï. — Plaute et Térence conservent s au vocatif: Zeuxis, Bacchis, Mysis, Thaïs.
2. Le génitif pluriel n'admet la forme grecque on que dans les titres délivres, comme Epigrammatôn , Metamorphoseôn liber, et dans deux ou trois noms de peuples, comme Chalybôn pour Chalybum, Malieôn pour Maliensium.
3. Ovide et Properce ont employé dans quelques mots féminins le datif pluriel grec en si et sin : Leinniâsï, Trôâsïn, herôïsïn, Dryâsïn.
h. L'emploi des mots grecs dans la langue latine offre encore d'autres particularités que l'usage apprendra. Nous ne ferons plus qu'une remarque, c'est que, à l'exception à' aéra, â'œthera, et de quelques autres , Cicéron préférait en général les formes latines. On ne voit qu'un peu plus tard les désinences grecques passer de la poésie dans la prose, et devenir d'un usage assez ordinaire. L'accusatif pluriel en as est, au reste, le cas le plus usité, principalement dans les noms géographiques , soit grecs , soit barbares : Macedonâs, jElhiopâs , Allobrogâs , Lingonâs, Vasconâs.
1. Pallàs, Pallantis, nom d'un guerrier, différent de P allas , Pallâiïs, nom d'une
• QUATRIÈME DÉCLINAISON. ïïo
§ 119. Génitif singulier. Ce cas est quelquefois en i au lieu à'ûs, surtout clans les poêles comiques et dans Salîuste ; senati, tumulti, pour senatùs, tumultùs. Cet archaïsme n'est pas à imiter.
Nous avons , suivant l'usage , donné comme indéclinables au singulier les neutres en u ; mais on cite quarante-quatre exemples certains ojv le génitif est en us contre cinq où il est en u1 ; on dit donc cornus v assi bien et peut-être mieux que cornu.
Datif singulier. Nous avons déjà remarqué que le datif sing. en ui se contractait souvent en û ; cette contraction est ordinaire dans César : equitatu, magistratu s usu, pour equitatui, etc.
Génitif pluriel. On trouve passum pour passuum dans Plaute et dans Martial. Plusieurs éditions de Virgile portent currum dans un vers où les meilleures lisent curruum , en deux syllabes seulement (jEWtYfe,VI,653).
Datif et Ablatif plur. Les noms suivants ont le datif et l'abl. plur. en ûbus au lieu de ibus :
acûs , f. aiguille, artûs , m. pi. les membres, tribus , f. une tribu. arcûs, m. arc. partûs, m. enfantement. spëcûs, m. caverne. lâcûs, m. lac. quercûs, f. un chêne. pëcu, n. troupeau.
Rem. 1. On voit que ces mots joignent la désinence bus immédiatement à la voyelle finale du radical, arcu-s, arcu-bus. Dans les autres, cette voyelle est élidée et remplacée par un i de liaison, fructu-s, fruct-ibus. La voyelle u des datifs arcubits, artubus, parlubus empêche qu'on ne les confonde avec arcibus , artibus, partibus, d'arx, ars, purs.
2. Portas, m. (un port), fait porlubus etporlibus; tônïtrus, m. (le tonnerre), tonitribus, quelquefois tonitrubus ;veru, n. (broche), verubus et veribus. — Le mot tonitrus a aussi une forme neutre fort usitée au pluriel, tonitrua; quant au neutre singulier tonitru, il est douteux que les anciens l'aient employé.
Mélange de la quatrième et de la deuxième déclinaison.
§ 120. I. Le nom féminin domus (maison) suit en partie la quatrième déclinaison et en partie la seconde.
Sing. N. V. dômûs. Pl. domùs.
G. domus, domî. domuum, domorum.
D. domui (domo). domibus.
Ace. domum. domûs, domos.
Abl. (domu), domo. domibus.
Rem. 1. Domina le sens du génitif que dans les comiques ; partout ailleurs il est pris adverbialement, et signifie à la maison, au logis.