COMPARATIFS ET SUPERLATIFS
Comparaison défective.
§ 135. 1. Les adjectifs en eus, ius, uus, dans lesquels le concours | des voyelles aurait produit un son désagréable , manquent de comparatif et de superlatif. On y supplée par les adverbes magis (plus) , maxime (très ou le plus) :
ïdoneus, propre à..., magis idoneus, plus propre. nëcessarius, nécessaire , maxime necessarius, le plus nécessaire. perspïcûus , évident, res maxime perspicua , chose très-évidente.
Exceptez antïquus (ancien) , où le premier u ne sert qu'à soutenir : la consonne précédente, et qui fait régulièrement antiquior , anti- s quissimus.
On trouve également le comparatif neutre propinquius de propin- j quûs (proche); longinquius de longinquûs (éloigné), le superlatif, vacuissima de vâcûûs (vide) , exigûissima à'exigûûs (petit). Assïdûûs j (assidu), strënûûs (brave), pius (pieux), font, dans de fort bons au- , teurs, assidûissimus s strenûissimus, pïissimus , quoique ce dernier ait été blâmé par Cicéron. Les autres comparatifs ou superlatifs des i adjectifs en ius et en uuss qui se rencontrent çà et là , doivent être \ considérés comme des néologismes. On n'en trouve aucun de ceux en eus.
2. Beaucoup d'adjectifs, que l'usage apprendra, n'admettent ni l'un ni l'autre degré de comparaison, comme degener, inops, compas, prœceps. On emploie au besoin magis et maxime avec le positif.
D'autres n'ont que l'un des deux degrés, comme alacer, alacrior, sans superlatif ; sâcer, sacerrimus , sans comparatif. Des douze adjectifs de la seconde classe en er, ris, re (§ 130) , les seuls qui aient un superlatif, sont acer, celer, celeber , saiuber : acer rimus, celer rimus, etc. <
Rem. Très-souvent per, et quelquefois prœ, joints à un positif d'ailleurs susceptible des formes régulières, lui donnent la valeur d'un superlatif absolu : percârus (très-cher) , pergrâtus (très-agréable), perdiffïcïlis (très-difficile), prœaltus (très-élevé), prœdives (très-riche), prœpôtens (très-puissant).
Comparaison irrégulière.
§ 136. Quatre adjectifs empruntent leur comparatif et leur superlatif à des racines autres que celles du positif1 :
i. Cf. Méth. grecq. § 197.