‹ Méthode pour étudier la langue latineChapitre 187 sur 260 · DU VOCATIF · texte numérisé non relu

DU VOCATIF

Le vocatif, comme son nom l'indique , sert pour appeler quelqu'un , pour lui adresser la parole. Souvent il ne fait pas partie de la proposition : Quanquam, o dii boni! quid est in hominis vita diu? Cic. (du reste, bons dieux! qu'est-ce que longtemps dans la vie de l'homme?) Quid est le sujet, diu l'attribut; le vocatif, dii boni, n'appartient ni à l'un ni à l'autre.

Cependant , avec un verbe à la seconde personne , il peut être regardé comme le sujet de ce verbe , à moins qu'on n'aime mieux sous-entendre tu : Urbem3 mi Rufe , cole3 Cic. (habitez la ville , mon cherRufus).

Quelquefois il forme une proposition à lui seul : Salve, primus omnium parens patriœ appellate ! Plin. (je te salue, ô toi qui le premier fus nommé père de la patrie !) Appellate équivaut à qui

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SYNTAXE PARTICULlEitE. 227

I appellalus es; voilà pourquoi primus, apposition de l'attribut, i est au nominatif.

Le vocatif est rarement le premier mot d'une phrase. •

§ 305. du GÉNITIF.

D'après ce que nous avons dit § 199 , le génitif sert à déterminer et à compléter le sens du nom substantif auquel il se rapporte I. Le génitif suppose donc en général un substantif qui le régisse et dont il soit le complément. Lorsque ce substantif n'est pas exprimé, il est sous-entendu ou renfermé implicitement dans un autre mot.

§ 306. Génitif exprimant la possession.

L'idée de possession , de propriété , d'appartenance , est souvent exprimée en latin par le verbe esse, construit avec un génitif qui sert d'attribut à la proposition. Ce cas est régi par l'idée elle-même d'appartenance , ou par le mot res sous-entendu : Tota Syria Macedonum erat, Q. C. ( toute la Syrie appartenait aux Macédoniens) ; res Macedonum.

Divitias sine divitum esse; tu, virtutem prœfer divitiis, Cic. (laisse aux riches leurs trésors ; toi , préfère la vertu aux richesses) ; rem divitum.

Rem. Ce rapport est souvent marqué en français par être a : Omnia, prœter Capitoliùm etarcem, hostium erant, T. L. (tout, hormis le Gapitole et la citadelle , était aux ennemis) .

Au lieu du génitif des pronoms personnels , on emploie l'adjectif possessif : « Ce livre est à moi (est mien), * Hic liber est meus.

§ 307. A l'idée d'appartenance se rattachent les manières de parler suivantes , où l'on peut sous-entendre proprium :

Cujusvis hominis est errare; nullius , nisi insipientis, in errore perseverare , Cic. (tout homme peut se tromper; il n'appartient qu'à l'insensé de persévérer dans son erreur); cujusvis hominis proprium.

In tranquillo tempestatem adversam optare démentis est, Cic. (c'est une folie , c'est le propre d'un fou , de désirer la tempête au milieu du calme) .

Rem. 1. La locution française il est de correspond exactc-

1. Il unit tellement ces deux termes, que leur ensemble ne forme plus qu'une seule idée, comme ferait un mot composé. Comparez stalio solis et solstitium , ruris coJo?ius cl ruricola ,'eonsultum senatûs et senatuscon suit uni.

ment à ce latinisme : « Il est d'un malhonnête homme de tromper par le mensonge. » ïmprobi hominis est mendacio fallere ,

2. C'est a se rend également par est avec le génitif : « C'est aux consuls de veiller aux intérêts de l'État, » Consulum est providere reipublicœ (s. munus ou officium, qui se trouvent souvent exprimés) .

Ici encore les adjectifs possessifs remplacent le génitif des pronoms , et, comme ils servent toujours d'attribut à un infinitif, on les met au neutre : Tuum^., Cato , vider e quid agatur ', Cic. (c'est à vous, Caton , de prendre garde à ce qui se fait). — Non est nostrum œstimare quem supra ceteros extollas, Tac. (ce n'est pas à nous d'examiner qui vous élevez au-dessus des autres). — Sciât discipulus suum esse parère magistro, (que l'élève sache que c'est à lui d'obéir au maître).

Nota. Suum ne peut s'employer que dans une proposition infinitive ; ailleurs il faudrait se servir tfejns.

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