‹ Méthode pour étudier la langue latineChapitre 225 sur 260 · Cf. Méth. gr., §365, n · texte numérisé non relu

Cf. Méth. gr., §365, n

3. Ou « que je verse le sang de mes fils 1 » comme Polyeucte dit dans Corneille : « Que je sois tout ensemble idolâtre et chrétien ! p

/t. Cic. ad Quint. fr.f I, 3, dit avec l'imparf. : Ego tibiirascerer! libi ego possem irasci' mais il s'agit du passé : Moi, je me serais fâché, etc. !

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idée de doute que notre conditionnel; c'est pour cela qu'il est si souvent traduit par ce mode, et que, dans les interrogations , le subjonctif présent peut remplacer avec élégance le futur de l'indicatif : Ubi istum invenias, qui honorem amici anteponal suo? Gic. ( où trouvère z-vous un homme qui préfère l'élévation de son ami à la sienne propre?) cf. § 469.

§ 400. IMPÉRATIF

1. Des deux formes de l'impératif (lege, legito; legite, legitote ) , la seconde sert à commander pour l'avenir i ; la première commande pour le 'présent : Gras petito , dabitur; nunc abi, Plaut. (demande demain ; on te donnera ; maintenant, va-t'en) .

La seconde forme s'emploie surtout dans les textes de loi : Regio imperio duo sunto, tique consules appellantor. Cic. (il y aura deux magistrats revêtus du pouvoir royal, et ils seront appelés consuls) ; — et dans les prescriptions dont l' effet doit toujours durer : Cœlestia semper spectato , humana contemnito, Gic. (attache tes regards sur le ciel, méprise les choses humaines) .

2. Dans le discours ordinaire, on °ommande à la seconde personne par la première forme : Tiens, vent; Cours, curre; Hâte-toi, pr opéra; Venez, .venue; Hâtez-vous , properate 2.

A la troisième personne, on emploie le présent du subjonctif: Qui dédit beneficium, taceat; narret, qui accepit, Sén. (que l'auteur d'un bienfait le taise ; que celui qui l'a reçu, le raconte) .

On l'emploie également pour commander à la première personne du pluriel : Meminerimus etiam adversus infimos justitiam esse servandam , Gic. (souvenons-nous qu'il faut observer la justice, même envers les plus petits).

On s'en sert encore , même à la seconde personne , pour exprimer un conseil, une invitation, plutôt qu'un ordre précis : Sic cum inferiore vivas , quemadmodum tecum super iorem velles viverc, Sén. (vivez avec votre inférieur, comme vous voudriez que votre supérieur vécût avec vous).

o. Au lieu de l'impératif pur et simple, on peut employer, surtout dans le style épistolaire, la périphrase cura ut^ avec le subjonctif: « Venez le plus tôt possible, » Cura ut quamprimum venias, Cic. (cf. § 223) .

On se sert également de foc avec ou sans ut : « Ayez bon

1. De là le nom de futur de l'impératif donné par les grammairiens latins à la forme ea 10 , tute , nto.

2. Cependant Cieéron, en «'adressant aux juges, leur dit toujours seitotc (sachez) et non scitc.

courage et bonne espérance, » Magnum fac animum habeas, et spem bonam 9 Cic.

4. La défense de faire quelque chose s'exprime par ne avec le subjonctif: In re rusticà, operœ neparcas^ Plin. (dans l'agriculture, n'épargnez pas votre peine) ; — ou par noli et nolite suivis de l'infinitif : Noli pati litigare frafres, Cic. (ne laissez pas des frères plaider l'un contre l'autre) ; Nolite id velle, quod fieri non potest^ Cic. (ne veuillez pas une chose qui ne peut s'accomplir).

INFINITIF

§ 401. Infinitif construit avec des substantifs ou des adjectifs.

2. Nous avons établi1 que l'infinitif pouvait servir ou de sujet I ou de complément direct à un verbe; il a donc la valeur d'un | nominatif et celle d'un accusatif. Les exemples où il paraît em- I ployé pour d'autres cas peuvent tous se ramener à l'un de ces deux-là : Tempus est majora conari^ T. L. (il est temps de faire de plus grands efforts) ; conari est le sujet, tempus l'attribut ; tempus est équivaut à opportunum est. — Gonsilium capit equitatum a se dimitterc, Ces. (il prend le parti de renvoyer sa cavalerie) ; consilium capit équivaut à statuit, et dimittere en est le complément 2 : il prend pour résolution — quoi ? renvoyer. .. .

Consilium capere se construit presque toujours ainsi , à moins que consilium ne soit qualifié par un adjectif; dans ce cas , comme il ne formerait plus avec capere une seule idée , il faudrait employer le gérondif en di : Audax consilium capit equitatum dimiîtendi; cf. § 409.

2. Quant aux constructions comme œtas aptaregi , Ov. (âge facile à gouverner), peritus cantare, Virg. (habile à chanter), dignus eligij, Plin. le j. (digne d'être choisi) , contentas ostendere, Qtl. (content de montrer), et autres semblables, l'infinitif peut y être considéré comme un accusatif complément de l'adjectif; cf. § 362. Ces constructions , ne se trouvant d'ailleurs que dans les poètes, et dans les écrivains postérieurs à Cicéron, ne doivent être imitées qu'en vers.

Paratus , seul parmi les adjectifs ou les participes pris adjectivement, est d'un grand usage, dans la prose classique, avec l'infinitif: Paratus audire, Cic. (disposé à entendre) ; Quod parati suntfacerc, Cic. (ce qu'ils sont préparés à foire); Omnia perpeti paratus , Ces. (prêt à tout souffrir).

L Cf. §§ hli, 221, 223. — 2. Vovez des exemples pareils, Cic, pro Quint., 16. Corn, Nep., vi, :). Cic, Topic, 1 ; Ofllc, r, 11, T, Liv., m, h.

§ 402. Infinitif de narration.

Souvent, dans une narration vive et rapide, on emploie le présent de l'infinitif au lieu de l'indicatif: Verres unumquodque vas in manus sumcre, laudare , mirari ; rex gaudere.... Cic. (Verres prend chaque vase dans ses mains, il loue, il admire; le roi est enchanté. . . ) . On dit de même en français , surtout dans le style familier : « Aussitôt les ennemis de s'enfuir et de jeter leurs armes. » Dans l'une et dans l'autre langue, l'infinitif est régi par un verbe facile à suppléer : 77 se mit à prendre ; Ils se hâtèrent de s'enfuir.

§ 403. Infinitif d 'étonnement ou d'indignation.

Une proposition infinitive est quelquefois mise seule et avec ellipse de la proposition principale, pour exprimer l' étonnement, l'indignation ou quelque autre sentiment vif de l'âme: Têne hoc,Atti, dicere, tali prudentiâ prœditum? Cic. [se peutil bien, Attius, qu'avec les lumières dont vous êtes doué , vous teniez ce langage?) — Mené incepto désister e victam? Virg. [faut-il que je renonce à mon entreprise? que je sois vaincue?) On dirait de même en français : Vous, Attius, tenir ce langage! Moi renoncer à mon entreprise î moi , vaincue !

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