Voyez §§ 329 et 373 ; cf. Méth. gr
2. On peut également dire, d'après le § &19, Quum Cicero consul esset.
Cette forme de proposition se nomme ablatif absolu. Elle se traduit en français de diverses manières, selon le sens de la phrase. Nous en donnerons plusieurs exemples avec le participe présent actif, avec le participe parfait passif, et sans participe.
Participe présent actif à V ablatif absolu.
Solon et Pisistratus Servio Tullio régnante viguerunt, Gic. (Solon et Pisistrate fleurirent pendant le règne de Servius Tullius). — Nihil prœcepta atque artes valent , nisi adjuvante naturâ, Quintil. (les préceptes et les théories ne peuvent rien sans le secours de la nature).
A l'ablatif absolu , le participe présent prend toujours la terminaison e.
Participe parfait passif à l'ablatif absolu.
Quœ potest esse jucunditas vitœ , snblatis amicitiis? Cic. (quel peut être l'agrément de la vie, si l'on en bannit l'amitié?) — Natura dédit usuram vitœ , tanquam pecuniœ, nullâ prœstitutâ die, Cic. ( la vie est comme un prêt que la nature nous a fait , sans nous fixer de -terme 1 ) .
• . . Absence de participe à l'ablatif absolu.
Natus est Augustus Cicérone et Antonio consulihus, Suét. (Auguste naquit sous le consulat de Cicéron et d'Antonius). — Naturel duce, errari nullo pacto potest, Gic. (en prenant la nature pour guide,, on ne pe,ut jamais s'égarer). — Sereno quôque cœlo, aliquando tonat, Sén. (il' tonne quelquefois, même par un ciel serein =*== quand le ciel est serein) . — Tu nihil invita faciès dicesve Minervâ, Hor. (tu ne feras rien, tu ne diras rien malgré Minerve 2 ) . — Paupertate magistrâ virtutes discuntur (on apprend la vertu à l'école de la pauvreté). — Me ignaro (à mon insu). — Annihalevivo (du vivant d'Annibal). — Nullâ rhedâ, nullis impeclimentis , Gic. ( sans voiture , sans bagages ) .
§ hll. Cas où l'on ne peut employer l'ablatif absolu.
Dans les propositions exprimées par l'ablatif absolu , le sujet du participe ne se rattache jamais ni au sujet ni au complément
1. Mot à mot, La nature a donné la jouissance delà vie, comme d'une somme d'argent, aucun terme n'étant fixé [pour la restitution].
2. Ne forçons point notre talent; Nous ne ferions rien avec grâce, La Fon laine, IV, 5.
du verbe principal. On n'emploiera donc pas cet ablatif pour traduire le participe français dans des phrases comme la suivante : « Pyrrhus attaquant Argos fut tué d'un coup de pierre. » C'est Pyrrhus qui attaquait; c'est Pyrrhus qui fut tué; les sujets sont identiques; il faut dire : Pyrrhus, quum Argos oppugnaret, lapide ictus interiit,C. N. (cf. §418).
Ou comme celle-ci : « Auguste se préparant à passer en Afrique, des tempêtes continuelles l'en empêchèrent. » Auguste se préparait ; des tempêtes empêchèrent Auguste ; le sujet du participe est le même que le complément du verbe principal ; il faut tourner : empêchèrent Auguste se préparant : Augustum in Africain transir e apparantem continuœ tempestates inhibuerunt, Suét. (cf. §417).
DU SUPIN.
§ UT5. Spectatum ludos veniunt.
Le supin, comme le gérondif, supplée aux cas de l'infinitif. Le supin en um est un accusatif (§ 44), et, comme tel, il se joint aux verbes ire, venwe, proficisci, mittere, et autres semblables, pour marquer le but du mouvement, que nous exprimons d'ordinaire par l'infinitif avec ou sans préposition : « Ils viennent voir, ou , pour voir, » Spectatum veniunt.
Le supin conserve le régime de son verbe : « Ils viennent voir les jeux , » Spectatum ludos veniunt.
Il se rend quelquefois en français par un substantif : Stullitia est venatum ducere invitas i canes (c'est une folie de mener des chiens à la chasse malgré eux) .
Rem. Le supin se remplace de diverses manières , toutes fort usitées : Veniunt ad spectandum, — spectandi causa, — ad ludos spectandos, — ludos spectaturi, — ut ludos spectent.
Les poètes y substituent quelquefois l'infinitif : Non nos aut ferro libycos populare pénates vënimus, etc. , Virg.
§ lilk. Incredibile dictu.
Le supin en u est un ablatif qui sert de] complément à certains adjectifs, comme facilis, difficilis, incredibilis , jucundus , honestus, turpis , et quelques autres : Incredibile dictu (chose incroyable à dire) ; Mirabile visu (chose admirable , ou , étonnante à voir) ; Quod optimum factu erit, faciès, €ic. (ce qu'il y