‹ Méthode pour étudier la langue latineChapitre 233 sur 260 · Plaut. Stich. 1, 2. Sur le genre de canes , cf. § 18G · texte numérisé non relu

Plaut. Stich. 1, 2. Sur le genre de canes , cf. § 18G

aura de mieux à faire, vous ie ferez); Quo brevior, eo dilucidior et cognitu facilior narratio fiety Cic. (plus la narration sera courte, plus elle sera claire et facile à saisir).

On voit par ces exemples que le supin en u se rend en français par à suivi de l'infinitif. Il peut être remplacé par d'autres tournures : « Une bonne cause est facile à défendre, » Justœ causœ facilis est defensio, Cic. — « Le véritable attachement n'est pas facile à distinguer du faux, » Non facile dijudicatur amor verus et fictus, Cic.

Rem. Le supin en u se joint encore aux substantifs fas, nef as, et au verbe pudet : Si hoc fas est dictu, Cic. ( s'il est permis de ie dire). — Pudet dictul Tac. (cela fait honte à dire ! )

§ Zt25. Les prépositions sont destinées à exprimer ceux des rapports qui ne seraient pas suffisamment déterminés par les cas. Des quarante-deux prépositions énumérées, § 85, les unes expriment un seul genre de rapport et régissent un seul cas ; les autres expriment deux rapports différents et régissent deux cas.

Prépositions à un seul cas.

Accusatif; Yingt-huit prépositions, savoir :

Ad, per, ob, post, cis, trans, ante;

Apud, inter, praeter, propter;

Erga, circum, pênes, versus; Adversus , secundum , pone , prope , juxta ; Enfin, contra, citra, et six autres en à. (cf. § 85 , II).

Ces prépositions ayant déjà figuré dans beaucoup d'exemples, nous n'en expliquerons ici qu'une partie, et nous nous bornerons aux remarques les plus importantes.

§ ^26. Ad portas. — Ad Bettonae. — Ad unum.

Ad s'emploie quelquefois dans le sens d'apudj, comme le français a dans celui d' auprès : Ad portas urbis pugnatum est (on combattit aux portes de la ville) .

Avec œdem (temple) exprimé ou sous-entendu , ad tient lieu de in : Ad œdem Bellonœ , ou simplement, ad Bellonœ (au temple , dans le temple de Bellone ) .

Avec les adjectifs numéraux, il signifie environ, a peu près : Ad ducentos (à peu près deux cents). — Jusqu'à : Ad umun

omnes perierunt (ils périrent tous jusqu'au dernier) ; c'est-à-dire qu'il n'en resta pas un seul.

§ kll. Per iram. — Per nuntios.

Per indique souvent la cause d'une action : Per iram aliquid facere, Cic. (faire quelque chose par colère)1; — ou le moyen dont on se sert pour l'exécuter : Galli per virtutem, non per clolum dimicare consuerunt 2 (les Gaulois disputent la victoire par le courage et non par la ruse) .

En ce sens , il peut régir un nom de personne : Per nuntios cognoscere (apprendre par des messagers) .

Joint à un verbe passif, il désigne la personne qui, sans faire elle-même l'action , est cependant cause qu'elle a lieu : Plura possim pro ferre detrimenta publias rébus, quam adjumenta, per eloquentissimos homines importata, Cic. (je pourrais citer plus d'exemples du mal que du bien fait aux États par des hommes très-éloquents).

Permettre une chose, c'est en quelque sorte être cause qu'elle arrive; de là, Idper me licet (je permets cela, je ne l'empêche pas) ; Si per cetatem vestram liceret (si votre âge le permettait).

Remarquons encore Jurare per deos (jurer par les dieux ) ; Hoc vos per deos immortales oro (je vous en conjure par les dieux, au nom des dieux immortels).

§ U28. Ob oculos. — Ob rem judicandam.

Ob (devant). Cette signification primitive s'est conservée dans les composés; et dans la locution ob oculos : Rabirio mors ob oculos sœpe obversata est, Cic. (Rabirius a eu souvent la mort devant les yeux) .

Ob (pour, à cause dej : Flagitiosum est ob rem judicandam pecuniam accipere, Cic. (c'est une indignité de vendre la justice; mot à mot: de recevoir de l'argent pour un procès à juger). Ob est extrêmement usité en ce sens , comme synonyme de propter causa, gratiâ.

% 429. Cis Padum. — Citra usum.

Cis, beaucoup moins usité que citra, ne s'emploie que devant | les noms de lieu: Cis Padum (en deçà du Pô). Du reste, il entre | seul en composition : Cisàlpina, Cispadana Gallia.

Citra, synonyme de cis, se prend de plus pour sine, mais

1. On pourrait traduire aussi, clans la colère; alors per indiquerait la durée. — I 2. Hirtius, de Bell. Afric, 73.

seulement chez les écrivains postérieurs au siècle d'Auguste : Plus nsus sine doctrinâ, quant citra usum doctrinâ valet, QuintU. (la pratique sans la théorie fait plus que la théorie sans la pratique); proprement, qu'une théorie qui reste en deçà de la pratique.

§ 430. Trans Tiberim. — Ultra fidem.

Trans est opposé à cis, comme ultra l'est à extra. Il signifie au delà, de l'autre côté, et ne se dit que des lieux : Trans Tiberim, trans Euphratem (de l'autre côté du Tibre, de l'Euphrate) .

Ultra veut dire au delà , par delà : Protulit magnitudo populi romani, ultra Rhenum ultraque veteres terminos, imperii reverentiam, Tac. (la grandeur du peuple romain a étendu par delà le Rhin , et par delà les anciennes limites , le respect de ses lois) .

Il se prend au figuré : Julius Cœsar làboris ultra fidem patiens erat, Su et. (Jules César supportait la fatigue au delà de toute croyance = plus qu'on ne saurait le croire).

§ 431. Aputî praetorem rîicere. — Apud Ciceronem legitur.

Apud (chez, auprès) s'emploie au figuré aussi bien qu'au propre : Plus apud me antiquorum auctoritas valet, Gic. (l'autorité des anciens a plus de force auprès de moi = j'en crois plus volontiers le témoignage des anciens) .

Il se prend pour devant , en présence de : Apud prœtorem causam dicere (plaider devant le préteur) .

Outre l'idée de proximité , il peut encore désigner, comme in, l'intérieur d'un lieu : Apud Germaniam, apud Britanniam, Tac. (en Germanie, en Bretagne). — Augustus apud urbem Nolam eœstinctus est1 (Auguste mourut à Noie). — Effigies Sejani apud theatrum Pompeii locatur, Tac. (la statue de Séjan est placée dans le théâtre de Pompée) .

On doit toujours s'en servir pour exprimer le français dans avec un nom d'auteur: « On lit dans Gicéron, dans Térence, » Apud Ciceronem, apud Terentium legitur.

Nous remarquerons encore , mais comme appartenant au langage familier : Vix apud me sum, Ter. (je me possède à peine). Dans le style soutenu, la même idée s'exprime par vix compos animi sum.

1. Cf. Tac. Afin, 1} 5, Cet emploi d'apud est fréquent chez les historiens postérieur: siècle d'Auguste.

§^32. Inter cœnam. — Amant inter se.

Inter (entre, parmi) se dit également du temps et du lieu : Inter ludendum (en jouant, pendant que l'on joue) ; inter cœnam ( pendant le souper) ; inter epulas (au milieu du festin) .

Avec le pronom se, il indique une action réciproque , l'action de deux sujets l'un sur l'autre : Cicérones pueri amant inter se, Gic. ( les jeunes Gicérons 1 s'aiment entre eux , s'aiment mutuellement). — Conjurati furtim inter se aspiciebant ^ Gic. (les conjurés se lançaient entre eux des regards furtifs).

Se est régi par la préposition et ne peut pas être répété avec le verbe ; car se amant signifierait qu'ils s'aiment eux-mêmes , et non qu'ils s'aiment l'un l'autre 2.

§ Zt33. Prœter mœnia. — Prœter modum. — Prœter voluntatem.

Prœter indique mouvement pour passer devant ou à côté d'un objet : Amnis prœter ipsa urbis mœnia fluebat, T. L. (un fleuve coulait devant les murs mêmes de la ville) .

A l'idée de passer devant, se rattache celle d'aller au delà, de dépasser, au propre ou au figuré: Lacus Albanus prœter modum creverat, Gic. (le lac d'Albe s'était gonflé outre mesure). — Ille terrarum mihi prœter omnes angulus ridet, Hor. (ce coin de la terre me sourit au delà de tous les autres == plus que tous les autres) .

Ge qui est à côté ou au delà d'un objet est aussi en dehors de cet objet; de là les significations suivantes de prœter :

Contre : Nihil adhuc ci prœter voluntatem accidit, Gic. (rien ne lui est arrivé jusqu'ici contre sa volonté = en dehors de sa volonté) .

Outre, indépendamment de; en ce sens, prœter a pour corrélatif etiam ou quoque : Prœter auctoritatem , vires quoque ad coercendum habet, Gés. (outre l'autorité, il a encore des forces pour se faire obéir) .

Excepté, si ce n'est : Infra lunam, nihil est nisi mortale et caducum, prœter animos hominum, Gic. (dans la région sublunaire, il n'y a rien que de mortel et de périssable, excepté les âmes des hommes) .

Rem. Excepté, si ce n'est, se rendent encore par l'adverbe

1. Le fils et le neveu de Cicéron. ■ — 2. La locution française ils s'entr'aiment, où il n'y a qu'un pronom, se rapproche donc plus du latin que ih s'aiment entre eux , où le pronom est exprimé deux fois.

prœterquam , après lequel on met le même cas que devant: Nullum ego a vobis prœmium postulo, prœterquam hujus diei memoriam sempiternam, Cic. (je ne vous demande aucune récompense, si ce n'est un souvenir éternel de cette journée).

Excepté que* suivi d'un verbe, s'exprime par prœterquam quod : Omnes mihi labores fuere levés, praeterquam quod tui carendum erat, Ter. (toutes les peines m'ont été légères, excepté qu"A me fallait être séparé de vous). Nota. L'emploi du génitif tui est un archaïsme qu'il ne faut pas imiter.

§ hlh. Adversus. Contra. Erga.

Adversus, contra, erga, marquent direction vers un objet.

Adversus se prend en bonne et en mauvaise part : Pietas est justitia adversus deos, Gic. ( la piété est la justice envers les dieux). — Quinctius dictator adversus Gallos missus est (le dictateur Quinctius fut envoyé contre les Gaulois). Cette dernière acception est de beaucoup la plus ordinaire.

Contra, vis-à-vis ( en parlant des lieux ) , (contre en parlant des personnes et des choses) . Il se prend en mauvaise part : Contra aliquem arma ferre, C. N. (Porter les armes contre quelqu'un) . — Detrahere alteri aliquid magis est contra naturam, quam mors, quam paupertas , quam dolor, Cic. ( faire tort à autrui est plus contraire à la nature que la mort, que la pauvreté, que la douleur) .

Erga (envers, à l'égard de, pour) se prend en bonne part ; M eus erga te amor ( mon affection pour vous) .

Rem. Contra, pris adverbialement , se construit ( comme alius, § 286) avec quam ou atque, suivis d'un verbe : Faciam contra atque fieri solet, Cic. (je ferai le contraire de ce qu'on fait ordinairement) .

§ 435. Orientem versus.

Versus (vers , avec ou sans mouvement) se place après son régime : Orientem versus (vers l'Orient); Cassius Ambraciam versus iter facere cœpit, Ces. (Cassius se mit en marche vers Ambracie).

On y joint quelquefois in ou ad : Catilina ad urbem modo , modo in Galliam versus, castra movere, Sali. (Catilina porte son camp tantôt vers Rome, tantôt vers la Gaule).

§ 436. Post. Pone.

Post se dit du lieu, du temps , des choses, et des personnes.

L'usage en est si fréquent , qu'il est inutile d'en citer ici des exemples.

Pone ne se rapporte qu'au lieu, et il est beaucoup moins usité : Pone œdem Castoris, Plaut. (derrière le temple de ! Castor).

Post est une préposition qui s'emploie quelquefois comme adverbe; cf. §373, R. — Pone est un adverbe qui ne devient préposition qu'accidentellement.

§ ^i37. Secundum.

Secundum, dérivé de sequi, signifie proprement le long de: | Legiones secundum flumen duxit, Ces. (il conduisit ses légions | le long du fleuve) ; elles marchaient en suivant la rive du fleuve. I Appliqué au temps , il signifie a la suite de , aussitôt après : I Secundum comitia (aussitôt après les comices).

Il exprime le rang des personnes et des choses, comme le français après : Secundum te ? nihil est mihi amicius solitudine, Cic. ( après vous , je n'aime rien tant que la solitude). Secundum deos, homines hominibus maxime utiles esse possunt , Cic. (après les dieux , ce sont les hommes qui peuvent faire le plus de bien aux hommes ) . Post ne pourrait pas être employé en ce sens.

A l'idée de suivre , se rattache celle de conformité : Secundum naturam vivere (vivre selon la nature).

§ 438. Suite des prépositions à un seul cas.

Ablatif; Dix prépositions, savoir :

Ab , ex , de , prae , pro , cum ; Absque, sine, tenus, coram.

Ab. En traitant de l'ablatif, nous avons fait connaître les emplois les plus ordinaires de a ou ab. Nous ajouterons ici quelques locutions où entre cette préposition ; elles s'expliquent toutes par l'idée de point de départ :

A prima œtate, ab ineunte œtate (dès le premier âge) ; et avec le nom concret a puero , au lieu de l'abstrait a pueritia: Diodotum stoicum a puero audivi (j'ai entendu dès mon enfance le stoïcien Diodote) , proprement, a me puero , depuis moi enfant.

Alexander a tergo et a fronte hostem habebat (Alexandre avait l'ennemi en tête et en queue = par derrière et par devant. )

Stare ab senatu, a bonorum causa ( être pour le sénat , être du parti, du côté des honnêtes gens).

Nihil est ab omni parte beatum, Hor. (rien n'est heureux de tout point, sous tous les rapports; et mieux : il n'est point de bonheur parfait).

Ab hosle otium fuit, T. L. (on fut en repos du côté de l'ennemi == on ne fut point inquiété par lui).

§ 439. A manu, ab epistolis.

Depuis le siècle d'Auguste, l'usage s'introduisit de désigner certains titres et emplois par a suivi d'un substantif; ainsi : a manu, ab epistolis, a secretis (un secrétaire), a Ubellis (un maître des requêtes), a rationibus (un maître des comptes, un trésorier) : Claudius libertorum maxime suspexit Narcissum ab I epistolis, et Pallantem a rationibus, Suét. (parmi ses affranchis, Claude distingua surtout Narcisse, son secrétaire, et Pallas, son trésorier). Les anciens sous-entendaient servus ou libertus; ces mots sont même quelquefois exprimés : a manu servus, Suét.

§ kUO. E ou ex. De.

Ex n'est pas d'un usage moins fréquent que ab. Nous citerons seulement quelques expressions françaises dans la traduction desquelles entre cette préposition :

De près, de loin, ex propinquo , exlonginquo.

En face , vis-a-vis , ex adverso, e regione.

au sortir du repas, du sommeil , statim e cœna, e somno.

A l'improviste , ex improviso, ex inopinato.

Sur-le-champ : Parler sur-le-champ , parler d'abondance , improviser : ex tempore dicere.

A cheval : Combattre à cheval , ex equo pugnare.

D'après les lois, le décret , ex legibus, ex decreto.

De : Il est de mon intérêt , de l'intérêt public, e re meà est, e re publicâ est.

De pauvre, devenu riche; d'esclave, devenu libre, e paupevc dives , e servo liber.

A mon gré ( comme je le désirais ) , ex animi sententiâ.

De : Un homme du peuple, du commun, unus e plèbe, e mullis. On dit aussi de plèbe , demidtis.

L'usage apprendra les autres acceptions de la prépos. de.

S UÙi. Prœ.-

Prœ etpro ne s'emploient pas indistinctement; « Conduire un troupeau devant soi, » se rendra par Prœ se armentum agere , T. L. On ne dirait pas pro se.

Au figuré, prœ se se dit des sentiments que l'on fait paraître, que Ton met en avant: Fiduciam orator prœ se ferai, Qtl. (que l'orateur montre de la confiance). Si le sentiment est faux, prœ se ferre se rendra par affecter ; s'il est mauvais , par afficher : Conlemptmn religionum prœ se ferre pusilli animi est ( afficher l'irréligion annonce un petit esprit).

Prœ signifie en comparaison , au prix de , cf. § 252.

Prœ indique la cause qui empêche une action de se faire : Prœ dolore, prœ lacrimis loqui non possum (la douleur , les larmes m'empêchent de parler). Quelquefois, mais plus rarement , il indique pourquoi elle se fait : Manantibus prœ gaudio lacrimis, consalntant eum, Q. G. (ils le saluent en versant des larmes de joie).

S hh% Pro.

Pro , appliqué aux lieux , signifie devant , sans mouvement : Cœsar legiones pro castris constitua (César place ses légions devant le camp). Pro œde Castoris (devant le temple de Castor).

Toutefois, en parlant d'un magistrat ou d'un orateur, Pro tribunali sedêre veut dire : Être assis sur le tribunal ( eî non devant) ; Pro suggestu , pro rostris dicerc, Parler à la tribune, du haut de la tribune.

Au figuré , Pro a tous les sens du français pour : Dimicare propatriâ, pro legibus (combattre pour la patrie, pour les lois). — Aliquidpro certo habere (tenir quelque chose pour certain) ; pro nihilo ducere ( le compter pour rien ) .

Joint à esse ou haberi, il signifie tenir lieu de : Esse alicui pro pâtre (tenir lieu de père à quelqu'un). — Inprœliis, audacia pro muro habetur, Sali, (dans les combats, le courage tient lieu de rempart ) .

Pro signifie encore selon , en proportion de : Quidquid agas, agere decet pro viribus, Cic. (il faut agir en tout selon ses forces ) .

De là l'expression Pro se quisque , laquelle rend bien le français a l'envi : Pro se quisque, quod ceperat, afferebat, Cic. (chacun apportait à l'envi ce qu'il avait pris).

De là aussi Pro virili parte, par exemple : Quisque, pro virili parte, rcipublicœ considère débet (chacun doit servir son pays autant qu'il est en lui , en ce qui dépend de lui , en ce qui le concerne ) .

C'est à l'idée de proportion que se rapporte quant pro après un comparatif; cf. § 256.

Il en est de même des locutions suivantes : Reliquâ pro tuâ prudentiâ considerabis , Gic. (vous pèserez le reste dans votre sagesse) ; proprement, selon votre prudence, selon vos lumières.

Pro tuâ admirabili ac singulari sapientiâ 4 ( avec votre rare et admirable sagesse, ou : étant doué d'une aussi rare et aussi admirable sagesse que vous l'êtes, ou encore: tant votre sagesse est grande et admirable).

Rem. Dans ce dernier sens , au lieu de pro tuâ sapientiâ , l'on peut dire, quœ est tua sapientiâ, et la traduction sera la même. La construction pleine serait: pro eâ sapientiâ, quœ tuâ sapientiâ est. L'exemple suivant donnera une idée de ce latinisme: Spero , quss tua prudentiâ et temperantia est, te jam, ut volumus , voler #2 (je me flatte qu'avec votre prudence et votre sobriété , ou , qu'étant aussi sobre et aussi prudent que vous l'êtes, vous vous portez maintenant comme nous^e désirons).

On pourrait dire également avec l'ablatif de qualité , quâ es prudentiâ et temperantia, ce qui s'expliquerait de la même manière. Exemple : Quâ mollitià sum animi et lenitate , nunquam Autronii iacrimis et precibus restitissem 3 ( avec la. facilité et la douceur de mon caractère, je n'aurais jamais résisté aux larmes et aux prières d'Autronius) ; pro eâ mollitià, quâ mollitià sum.

§ khZ. Sine , Absque.

Sine est l'opposé de cum, et n'offre aucune difficulté.

Absque, avec le verbe sum, forme chez les comiques la locution absque me, -te, -Mo, esset ou foreth, qui signifie sans moi , sans vous , sans lui, dans des phrases comme « Sans moi, vous étiez perdu ; sans lui, je serais heureux. » Mais cette locution est tout à fait familière , et absque n'appartient pas à la langue classique.

Sans moi, sans vous , se rendront, dans le style soutenu , par Si ego non essem, nisi tu esses. Exemple : Pons sublicius iter

1. Cicéron, Atiic, IX, 11, A. — 2. Cic, Attic, VI, 9. — 3. Cic. pro Syll. 6. à. Construction pleine : Si res absque me esset.

pœne hostibus dédit, ni unus vir fuisset , Horatius Codes > T. L. ( sans un seul homme , Horatius Goclès , le pont de bois livrait passage à l'ennemi).

§ hlvh. Tauro tenus. — Nomine tenus.

Tenus se place après le substantif; il signifie jusqu'à , avec l'idée accessoire d'une limite qu'on ne dépasse point : Antiochus Tauro tenus regnare jussus est, Gic. (le mont Taurus fut donné pour limite au royaume d' Antiochus) ; il reçut ordre de régner jusqu'au Taurus , et non au delà.

De même au figuré : Nomine tenus (de nom seulement). Grœcâ doctrinâ ore tenus eœercitus ^ Tac. ( exercé à la philosophie grecque , qu'il ne professait que de bouche ) .

Tenus se trouve en poésie avec le génitif, surtout du plurid : Crurum tenus, laterum tenus11.

§ 445. Prépositions à deux cas.

Accusatif et ablatif ; Quatre prépositions , savoir :

In, sub, super, subter.

In, avec F accusatif ^ indique, 1° Mouvement pour entrer dans un lieu ; cf. § 368 , Question Quo.

2° Dimension en longueur, en largeur , etc. : Decem pedes in longitudinem (dix pieds de longueur) ; cf. § 371.

3° Destination relative au temps : In multos menses subsidia vitœ habere (avoir des moyens de subsistance pour plusieurs mois). — In diem vivere (vivre au jour le jour) = n'avoir de quoi vivre que pour un jour à la fois ; cf. § 376 , R. 2.

4° Destination relative aux choses : Pecunia data est in rem militarem (de l'argent fut donné pour les besoins de la guerre).

5° Tendance favorable ou contraire d'un sentiment ou d'une action : Liber alis in amicos (généreux envers ses amis). Odium in malos cives (haine contre les mauvais citoyens).

6° Mode de division : Numa , ad cursum lunœ , in duodecim menses describit annum , T. L. ( Numa partage l'année en douze mois lunaires ) .

Remarquons encore : In dies crescere ( s'accroître de jour en jour) ; Mirum in modum, d'une manière surprenante) ; In Bruti locum consulatum petere ( demander le consulat à la place de Brutus) ; et autres locutions que l'usage apprendra.

1. Cf. Méth. gr. § 385 ,5. — 2. Cela prouve que ce mot était primitivement adverbe, puisque aucune préposition latine ne régit le génitif.

§446. In, avec l'ablatif, indique le lieu où l'on est, et il régit ce cas toutes les fois qu'il n'y a pas mouvement , c'est-à-dire passage d'un lieu ou d'un état dans un autre ; cf. § 364 , Question Ubi.

Il s'applique aux choses considérées sous un rapport local : Verres coronam habebat unam in capite, altérant in collo, Cic. (Verres avait une guirlande sur la tête , une autre autour du cou ) .

Il se prend quelquefois pour inter : Dolor in maximis malis ducitur, Cic. (la douleur est comptée parmi les plus grands maux).

Appliqué aux temps , il ne s'emploie qu'après les adverbes numéraux: Ter in anno , Cic. (trois fois dans l'année); ou avec les substantifs qui n'expriment le temps que par extension : in senectute , in bello , in vita ; ou enfin avec les termes généraux îempus , tempe stas, œtas , dies, lorsqu'ils sont accompagnés de quelque déterminatif, par exemple, in tali tempore , Sali, et T. L. (dans un temps comme celui-là, dans de telles circonstances). Si l'on voulait seulement désigner l'époque, et non la qualifier , on dirait , sans préposition , eo tempore.

§ 447. Sub régit l'accusatif quand la phrase indique mouvement , soit au propre , soit au figuré : Is sub jugum misit juvenem, T. L. (il fit passer le jeune homme sous le joug). — Res quœdam ita parvœ sunt , ut sub sensum cadere non possint, Cic. (il est des choses si petites qu'elles ne peuvent tomber sous les sens).

Il régit l'ablatif lorsqu'il n'y a pas de mouvement : Si essent qui sub terra semper habitavissent , Cic. (s'il y avait des hommes qui eussent toujours habité sous terre).

Sub marque souvent une simple proximité ; 1° Avec mouvement, Milites Cœsaris sub montem succédant, Ces. (les soldats de César vont se ranger au pied de la montagne); 2° Sans mouvement : Àscanius aliam urbem sub Albano monte condidit, T. L. ( Ascagne fonda une autre ville au pied du mont Albain).

En parlant du temps, l'accusatif désigne le moment avec moins de précision que l'ablatif : Sub ortum lucis , T. L. (à l'approche du jour); Sub luce , Id. (au point du jour). — Sub vesperum, Ces. (vers le soir) ; Sub ipsâ profectione , Id. (au moment du départ).

§ 448. Subter est beaucoup moins employé que sub. 11 se joint d'ordinaire à l'accusatif, même sans mouvement : Grues dormiunt capite subter alam condito, Plin. (les grues dorment la tête cachée sous F aile). On ne le trouve guère avec l'ablatif que dans les poètes.

§ 449. Super régit l'accusatif, qu'il y ait mouvement ou non : Multi Carthaginiensium , ruentes super alios alii , in angustiis portarum obtriti sunt, T. L. (beaucoup de Carthaginois , se précipitant les uns sur les autres , furent écrasés au passage étroit des portes). —Mneas super Numicium flumen situs est, T. L. (le tombeau d'Énée est sur le bord du Numicius) ; super indique qu'il est à une certaine distance du fleuve, et qu'il le domine.

Super prend aussi l'ablatif quand il n'y a pas de mouvement, mais c'est principalement en poésie : F 'ronde super viridi requiescere , Virg. ( reposer sur un vert feuillage ) .

Pour qu'il le régisse en prose , il faut qu'il y ait contact immédiat des deux objets : Navis , super quâ turris effecta erat 1 (un navire sur lequel on avait construit une tour).

Il le régit encore , soit en prose , soit en vers , dans le sens de de (touchant, au sujet de) : Hac super re ad te scribam Rhegio2 (je vous écrirai là-dessus de Rhégium).

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