Tit. Liv. II, 2. — 3. Cic. de Orat. II
être la passion de l'envie est-elle la plus ardente de toutes) == je ne sais si elle n'est pas la plus ardente , je suis porté à croire qu'elle l'est.
C. Gracchus, si dintius vixisset, eloquentiâ nescio an habuisset parem neminem l (si C. Gracchus eût vécu plus longtemps , peutêtre n'aurait-il pas eu de rival en éloquence) = je ne sais s'il aurait eu son pareil, je crois qu'il ne l'aurait pas eu.
Rem. Nescio suivi de ne est le contraire de nescio on : Hœc nescio rectenë sint litleris commissa12 (je ne sais si j'ai bien fait de confier ces réflexions à une lettre).
Pour en sentir la raison, il suffit d'ajouter la seconde partie de l'alternative : an imprudenter (ou si j'ai commis une imprudence). A présent, de cette même alternative, ainsi présentée : Hœc nescio [rectene] an imprudenter sint litteris commissa, retranchez le premier terme, rectene; et vous comprendrez comment le reste signifiera : « Peut-être ai-je commis , je ne sais si je n'ai pas commis une imprudence, en confiant ces réflexions à une lettre. » An marque toujours le second membre d'une interrogation indirecte , dont le premier est dans la pensée de la personne qui parle *.
§ 476. Dubitare an.
An, après le verbe dubitare , a généralement le même sens que dans la formule haud scio an : Darius dabitasse dicitur , an fugœ dedecus honestâ morte vitaret** (on dit que Darius douta, balança s'il n'éviterait pas la honte de la fuite par une mort honorable) =il songea à l'éviter.
§ kll. Dubitare né, num. — Douter si, douter que.
On dit en français « Je doute si mon ami viendra , » lorsqu'on est à cet égard dans une incertitude absolue ; et « Je doute que mon ami vienne , » si l'on présume qu'il ne viendra pas. Le latin dira, dans l'un et dans l'autre cas : Dubito venturusne sit, ou num venturus sit amicus.
Si où que après douter s'exprime donc par ne ou par numh: Dubitabam tu lias litteras essesnë accepturus; erat enim incertum