I. DES SUBSTANTIFS
§ 28. Nombres. — Il y a en sanscrit trois nombres : le singulier, le duel et le pluriel. Leur emploi, dans le discours, est de rigueur, suivant le nombre de personnes ou de choses dont il s’agit.
§ 29. Genres. — Il y a aussi trois genres : le masculin, le féminin, le neutre. Malgré celte division des substantifs, la langue sanscrite attribue, sans raison apparente
moins aisée en latin, en grec et en allemand, parce que ces langues s’éloignent davantage de la primitive langue âryenne. Enfin, quand on tente de l’appliquer aux langues néolatines, on est sans cesse arrêté par les plus étonnantes métamorphoses. Comment, en effet, reconnaître quadragesima dans carême , et xuSwvwv dans coing ?
Si
SECONDE PARTIE
(comme le font toutes les langues de l’Europe, excepté l’anglais), le genre masculin ou féminin à des objets naturellement neutres. Elle aussi, malgré sa régularité, intervertit ou confond souvent ces deux genres quand il s’agit d’animaux, et n’en réserve l’emploi rigoureux qu’aux deux sexes de l’espèce humaine,
S 30. Cas. — H y a huit cas : nominatif, vocatif, accusatif, instrumental, datif, ablatif, génitif, locatif (1).
L’emploi de six de ces cas est connu de toute personne qui sait le grec ou le latin ; quant aux deux autres, sans être particuliers à la langue sanscrite, ils seront nouveaux pour l’étudiant. L 'instrumental indique que l’objet désigné par le nom joue le rôle d’instrument ou de moyen ; et le locatif, que cet objet joue le rôle de lieu ou de partie déterminée. Ex. : « 11 le frappa d’un bâton (instrum.) à la tète (locatif) ; Dieu produit en nous (locat.) son amour par l’idée (instr.) de sa beauté. »
Ces deux cas expriment des rapports d’idées extrêmement fréquents ; aussi ne sont-ils pas moins usités que les autres dans les livres indiens.
§ 31. Déclinaisons. — Il faut, avant tout, connaître le thème du nom, forme absolue, qui n’est d’ordinaire celle
(t) Habituellement, au lieu de leur donner des noms, les grammairiens indous les numérotent. Faisant abstraction du vocatif (qui ne leur semble qu’une nuance du nominatif), ils appellent ainsi les modifications du thème décliné : Nominatif, premier cas; accusatif, second cas ; instrumental ou causatif, troisième; datif, quatrième; ablatif, cinquième) génitif, sixième ; locatif, septième.
DES NOMS
d’aucun cas, et qui par conséquent ne s’emploie pas dans le discours. Le thème sert à présenter le mot dépouillé de toute flexion casuelle, de même qu’en grec et en latin on présente d’abord le nominatif. Ainsi, frrf^. montagne, est un thème qui fait au nominatif frrfpT, giris; ainsi encore, ftpr, çiva, heureux, fait aux trois genres çivas, cwâ, civam.
C’est d’après les thèmes, que l’on distingue en sanscrit six déclinaisons. La première comprend les thèmes finissant par a ou a; la seconde, les thèmes en i, u; la troisième, les thèmes en î, û ; la quatrième, les thèmes en y ; la cinquième, en æ, 6, so ; la sixième, les thèmes finissant par une consonne.