H. DES ADJECTIFS
En sanscrit, ainsi qu’en grec et en latin, il n’y a pas de déclinaison particulière pour les adjectifs. Ils rentrent, suivant les terminaisons de leurs thèmes, dans quelqu’une des six déclinaisons de substantifs. Il faut donc seulement connaître : l°les thèmes des trois genres; 2° les suffixes des degrés de comparaison.
§ 48 . — I. Thèmes des genres. 1° La plupart des adjectifs sont en 5, a, pour le masculin et le neutre, et en 57, a, pour le féminin ; celte grande catégorie a pour type
DES NOMS
çivaa, çivd, çivam, première déclinaison. En prononçant civas, civâ, civam, on voit combien est grande l’analogie avec les formes gréco-latines ( 1 ).
Quelques-uns de ces adjectifs font aussi le féminin en i ( 2 ), et le déclinent comme tiadi (troisième déclin.). Ex.: sundara, beau : fém. TpiÇiJT, sundarâ ou sundarî.
Cela a lieu surtout pour les adjectifs composés qui expriment l’état ou la qualité d’une partie du corps.
2° Les thèmes en i , sont des trois genres et suivent la
seconde déclinaison (remarq. 4). Ce sont, presque tous, des adjectifs composés possessifs dont le second membre est un mot en i : mahâdyuti, qui a un grand éclat.
La classe en est peu nombreuse.
3° Les thèmes en 3 , u (masc. et neut.) font le féminin en ~£, û, ou en cft, vî. Ex. : mrdu, tendre : JqiTT, mydwi. Quelquefois ils ont le féminin semblable au masculin. Pyïu, large : rrgt, prlwî ou tjïj, pria. — Quand l’« es précédé de deux consonnes, le féminin est toujours en û. Pdndu, pâle : fém. fjRi^ , pdndû. Cette classe est plus nombreuse que la précédente.
4° Les adjectifs terminés par y, par une voyelle longue ou par une diphthongue, sont des adjectifs composés. Ils suivent la déclinaison indiquée par leur terminaison. Toutefois, la diphthongue étant considérée comme une
(t) Il a suffi, comme on voit, d’articuler l's qui est caché sous le visarga, et de faire abstraction de la nasalité de l’wi du neutre.
(3) Comparez ici les féminins grecs en « et ».
72 SECONDE PARTIE
vj-ddi, le thème neutre est le plus souvent terminé par la brève correspondante et en suit la marche ordinaire. Ainsi (seconde déclinaison), on dit, au masculin et au féminin, bakuræ, qui a beaucoup de biens : neutre, bahuri.
5° Les thèmes finissant par une consonne ont le féminin en î. Danin, riche : daninî. Ou bien, servant
pour tous les genres, ils suivent entièrement la sixième déclinaison, Darmavit (m. f. n.), qui connaît la loi.
Quand le thème est multiple, le féminin se fait ordinairement en î et se tire de la forme la plus atténuée. Rurudvas : rurudusî ; tudant : tudatî.
S 49. Degrés de comparaison. — 1° Le comparatif a pour suffixe <q, tara (re^o;) et le superlatif, Lama (roro;, timus), lesquels font au féminin tard, tamâ et suivent la première déclinaison, çivas, çivâ, çivam (1).
Ces suffixes s’ajoutent, suivant les lois d’euphonie, au thème commun du masculin et du neutre. Punya, pur ; punyatara, punyatama. Danin, riche : jlanitara, danitama.
Quand on les ajoute au thème féminin, ils n’ont d’emploi qu’au féminin, de sorte que ce genre se trouve exprimé deux fois dans le même mot.
Enfin, ces mêmes suffixes peuvent s’ajouter, comme en
(I) Dans le latin primitif, la finale tumus ou timus (qui pouvait aussi perdre sou t initial) possédait cette valeur superlative. Postumtis ou postimus (que l’ignorance a défiguré plus tard en posthumus, comme s’il se fût agi de l’humus, de la terre), signifiait simplement « le tout-àfait dernier. »
DES NOMS
latin et en grec, à des prépositions ou particules inséparables. Ut, en haut : uttara, pins élevé ; 3^77, ut-
tama, le plus élevé.
2° Plusieurs adjectifs ont le comparatif en . îyas (gr. tcov, lat. ior), f. îyasî, et le superlatif en ièïa (gr. wroç), f. îèïâ. Ces suffixes s’ajoutent le plus souvent à une racine ou à un thème soit inusité, soit sensiblement diffé-
rent du positif :
bahu, nombreux
bûyas
bûyiita
Babîyas
Bahisla
Vf ça, nombreux
Braçiyas
Braeista
uni, large (sÿpùç) varîyas
varista
gu.ru, vénérable
garîyas
garièla
çrî (?), bon
çréyas
çrêsta
yuvan, jeune
yavîyas
yavista, etc.
Plusieurs d’entre les exemples précédents montrent clairement la modification subie par la racine du positif : ainsi varîyas n’est qu’une autre forme de uru suivie du suffixe îyas; çréyas (* petm) nous offre le gouna de çrî, inusité comme adjectif déclinable ; braçiyas, un gouna de Br ça. On ajoute quelquefois à la seconde forme superlative ( isla ) les désinences ordinaires du comparatif et du superlatif {tara, tama) . Ainsi, de pâpista, qui est déjà beaucoup plus fort que le positif papa, pervers, et qui veut dire tout-à-fait criminel, on peut faire pâpisïatara, pins scélérat, et pâpislatama, très-scélérat.
Quant à l’emploi du comparatif, il faut observer qu’en
SECONDE PARTIE
sanscrit (comme en latin et en grec), cette forme remplace souvent le positif sans ajouter aucun degré à sa signification. 11 en est quelquefois de même du superlatif.
g 50. NOMS DE NOMBRE.
Les Indiens suivent la numération décimale et écrivent les nombres comme nous. C’est d’eux que nous avons reçu, quoique par l’intermédiaire des peuples musulmans, les chiffres improprement nommés arabes, qui, dans les livres arabes eux-mêmes, s’écrivent de gauche à droite, à rebours du texte où ils se trouvent intercalés. Les mots qui expriment les nombres doivent être assimilés aux autres noms substantifs et adjectifs, puisqu’ils en suivent les déclinaisons selon les genres, les nombres et les cas.
§ 51. I. Nombres cardinaux. — Voici la liste de leurs thèmes ; nous en donnerons ensuite les déclinaisons.
un
êka
vingt
vinçati
deux
dwi
vingt-un
ékavinçati, etc.
trois
tri
trente
trinçat
quatre
catur
quarante
catwdrinçat
cinq
pané an
cinquante
panéâçat
six
sas
soixante
sasti
sept
saptan
soixante-dix
saptati
huit
astan
quatre-vingt
açîti
neuf
navan
quatre-vingt-dix
navati
dix
daçan
cent
çata ou ckaçata
onze
êkadaçan
mille
sa/iasra ou êkasahasra
DES NOMS
douze
divddaçan
dix mille
ayuta
treize
trayôdaçan
cent mille
laxa (1)
quatorze
calurdaçan
un million
niyula
quinze
pancadaçan
dix millions
kôti
seize
èôdaçan
cent millions
arbuda
dix-sept
saptadaçan
un billion
mahârbuda
dix-huit
astâdaçan
dix billions
padma
dix-neuf navadaçan
cent billions
mahâpadma
(ou ûnavinçati)
un trillion
k’arba
Les quatre premiers
nombres ont une déclinaison par-
ticulière :
1° êka, un, se décline comme çiva aux trois genres. 11 a un comparatif, êkatara, seul entre deux; et un superlatif, êkatama, seul entre plusieurs.
2° fs*. dwi, deux, forme, en se déclinant, un duel, que voici en entier :
MASCULIN
tt
N. Y. Ac.