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FORMATION DES TEMPS

On verra plus loin les règles pour la formation du présent et de l’imparfait dans les dix classes de verbes (1) : nous n’allons parler ici que des autres temps.

SECONDE PARTIE

§ 81. Futur premier. Ce futur, étant composé d’un nom en tr et du présent asmi, je suis, se trouve quelquefois coupé en deux chez les poètes. Ainsi on lit dans le Râmâyana : trâtâ parasutân asi, tu sauveras les fils d’un autre,

pour trâtâsi parasutân.

Pour former ce mot, la voyelle de la racine reçoit le gouna : xêptâsmi, de xip; krâddâsmi, de

krud, s’irriter. De plus, les racines monosyllabiques des neuf premières classes (Voy. § 94) obéissent aux règles suivantes :

Les racines qui finissent par une voyelle reçoivent immédiatement la terminaison tâ : inHiffJL yâtdsmi, de yâ, aller; hartâsrni, de hr, prendre. — Il faut excepter les racines en û et en f, lesquelles insèrent un i de liaison, bref ou long, devant le suffixe : b'avitâsmi, de Bu, être ; taritâsmi, de tf, percer.

Les racines qui finissent par une diphthongue la remplacent par un â, qui s’unit immédiatement au suffixe : ÏÏI rT lffH , ffâtâsmi, de gæ, chanter.

Quant aux racines qui finissent par une consonne, elles insèrent généralement 17 de liaison. Il faut en excepter celles qui peuvent, sans blesser l’euphonie, laisser omettre aisément cette voyelle. Nous en donnerons la liste au Supplément, § 116.

Les racines polysyllabiques, et celles de la dixième classe, insèrent 17 devant le suffixe.

§ 82. Futur second. La voyelle de la racine reçoit

DES VERBES

le gouna au futur second. Ex. : HÏrUflfrb Vôtsyâmi, de bud, savoir ; ^rrfrf, êsyâmi, de i, aller.

En ce qui concerne l’insertion de 17 de liaison entre la racine et le suffixe, ce futur suit les règles du futur premier; il présente aussi les mêmes exceptions. Seulement les racines en y, devenu ar par le gouna, insèrent toujours 17' euphonique, et celles qui sont en f insèrent à volonté i bref ou î long. Ex. : gâsyâmî, de gæ, chanter; gamisyâmi, de gam, aller; tariêyâmi ou tarîsyâmi, de tf, percer.

§ 83. Conditionnel. Les règles de formation du futur second sont en tout applicables au conditionnel.

§ 84. Aoriste tremier. Nous allons étudier successivement les quatre formes de l’aoriste premier, lesquelles ont été analysées ci-dessus.

Première Forme : > ?fhT , ÇftcT , sam, sis, sît. On

remarquera l’absence de la caractéristique s à plusieurs personnes de ce temps. Quand la flexion dwam du moyen est précédée d’une voyelle autre que â, le d, se change en E , d cérébral : , astôdwam, vous ftttes célébrés

(de stu ). — A l’actif, la voyelle radicale prend la vriddhi. Au moyen, les racines terminées par une voyelle (excepté f) prennent le gouna; celles qui finissent par une consonne ou par f, restent pures. (Voy. les Tableaux.) Les racines en f suivent à l’actif la seconde forme d’aoriste ; au moyen, elles admettent aussi la première, mais changent f en îr ou en ûr : Ex. ;

SECONDE PARTIE

a kir si, je ftts répandu (de kf) ; abûrsi, je fus choisi (de bf) (1).

Seconde Forme : ëFT , TFT , TTrT , sam, sas, sat . Toutes

les racines qui suivent cette formation ont pour voyelle i, u ou f, et cela sans changement aux deux voix. Ces racines se terminent par e, s ou h, qui par euphonie se changent en k devant IV de la terminaison. Die, montrer (SsiVvuut ) : sfepr, adixam, je montrai.

Quelques racines suivent cette seule forme d’aoriste premier à l’actif, et peuvent suivre aussi la première au moyeil. Ex. : lih, lécher (2) alîâds ou alixatâs, tu léchas.

Troisième Forme : , ièam, is, ît. Les

racines dont l’aoriste premier suit cette forme et qui se terminent par une voyelle, prennent la vpddi à l’actif et le guna au moyen. Ex. : pû, purifier; apâvisam,

iiqifctfa, cipâvisi. — Les racines qui se terminent par une consonne prennent le gouna aux deux voix. Vid, savoir , avêdisam, avêdisi.

Quatrième Forme : FTFT , FFT , sisam, sîs, sit. Cette forme n’est usitée qu’à l’actif; le moyen suit la forme première. Elle est suivie par la plupart des racines en «, ê, ô et par toutes celles en æ ; la voyelle d ne

(1) On a dit aussi, par une forme plus développée, astâvidwam, akârisi, abânsi ; mais les autres formes semblent plus antiques.

(2) C’est le h i%o> des Grecs, lesquels prononcent le comme le ch allemand; les trouvères disaient licher, mot qui existe encore dans le français populaire.

DES VERBES

HS

subit aucun changement ; mais les diphthongues perdent leur i et leur u et se changent en â. Vê, tisser, coudre : ggTÎTPPT» avâsisam. — De toutes les racines finissant

par une consonne, trois seulement suivent cette forme quatrième : nam, incliner, anansisam ; ram, plaire, aransisam ; yam dompter, ayansièam.

$ 85. Aoriste second. — Seconde Forme : JT, 7 ^/ m, s, t. Au moyen, l’aoriste second ressemble presque entièrement à la troisième forme de l’aoriste premier. La seule différence consiste en ce qu’à l’aoriste second on rejette la lettre s devant les flexions commençant par t, t, d, et que cette dernière lettre est toujours un s, d cérébral. On peut donc considérer cette forme moyenne comme faisant le passage entre les deux aoristes.

La simplicité extrême de la terminaison active, fait qu’un très-petit nombre de mots, en sanscrit, comme en grec, prennent cette forme à l’aoriste second. Ce sont quelques racines en â, é, 6. Ici les deux diphthongues se changent en â, et se retranchent devant us à l’actif, et devant * au moyen. — B'û, être, réunit la première et la seconde forme ; il change û en ûv devant les voyelles des flexions: aBûvam , aüûs, atiût ; atiûma, aMta, aüûvan; atiûva, atiûtam, atiûtâm.

Première Forme : 3PT, 57^, am, as, at. La plupart des verbes qui possèdent cet aoriste second, prennent au moyen les formes de l’aoriste premier.

A l’actif, les racines ne subissent dans le second aoriste aucun changement, non plus qu’en grec. Ex. :

SECONDE PARTIE

sfp, aller : aoriste second, 3J7TCPT , asfpam, tandis que l’imparfait donne asarpam. Si donc la racine a pris un suffixe ou une lettre de conjugaison au présent et à l’imparfait, elle les rejette à l’aoriste second. -JET, mué, dégager ; imparf. , ÏPT3EITT , amuncam : aor. second, îPT^FT,

amucam. (C’est ce qui se passe pour éVutov comparé à

STUTTTOw) .

Cependant les racines en â, i, ê, perdent ces voyelles devant les flexions commençant elles-mêmes par une voyelle : aâam, je bus, de dê. — Ii final se change en ar, et f en i r : asaram, j’allai, de sf ; ajiram, je vieillis, de jf.

§ 86. Optatif aoriste premier. Ce mode sert pour les deux aoristes ; il n’a que deux formes, une pour chaque voix. Ces deux formes, par la présence constante de IV, appartiennent évidemment à l'aor. premier. La seconde et la troisième pers. sing. actif, sont presque partout des abréviations de formes plus complètes; et par l’analyse, on montrerait aisément que IV s’est trouvé primitivement dans yât comme dans les autres personnes.

1° A l’actif, la présence du y, transforme ordinairement en é l’d final des racines qui n’ont qu’une consonne. Ex. : dâ, donner : dêyâsam. Mais après

deux consonnes, on peut conserver cet â sans changement. Sïâ, se tenir debout : slâyâsatn. — Les finales i, u, s’allongent. Nu, louer ; nûyâsam. — Le p, après

une consonne, se change en ri consonnant. Ex. : 37 , kr, faire : kriyâsam. Après deux consonnes, il de-

DBS VERBES.

vient ar : de suif, se souvenir, on forme smaryâsam (1). —

Quant au f, il se change en ir, et, après la labiale, en ûr. Ex. : pf, remplir : pûrydsam. — Pour ce qui est des finales ê, 6, l’usage varie; on ne possède aucune règle fixe. — Les racines terminées par une consonne demeurent invariables; mais les radicaux de la dixième classe perdent l’a de 5 ^, ay, et prennent en revanche le gouna.

Cur, dérober î côryâsam, et non côrayâsam.

2° Au moyen, tes racines en i, î, u, û, reçoivent le gouna.

Ni, conduire : q*rhi, nêsîya. — Celles qui finissent en f ou f, ne le prennent que lorsqu’elles insèrent 17 (ou 17) de liaison (ex. : ip, choisir : cjf^rfnj, varisiya ) ; autrement, f demeure invariable, et f se change en îr, ûr.

— Les finales ê, æ, 6, se changent en â. Vé, if, tisser : vâsîya. — Les racines qui finissent par une consonne, prennent le gouna quand elles insèrent 17 de liaison. Ex. : ppc, mêler: parcisjya. Elles restent pures ! L jfnnJi dans le cas contraire. Bucl, savoir : Batsiya. /-

Quant à l’insertion de 17, beaucoup de verbes suivent les règles du futur second, dont l’aoriste est le temps secondaire.

§ 87. Parfait. Nous ne répéterons pas ici, touchant le redoublement, les règles déjà énoncées. Quant aux faits particuliers, l’usage les apprendra. Nous dirons seulement que les verbes qui commencent par une voyelle

(1) La racine f, aller, fait aussi aryâsam.

SECONDE PARTIE

longue ou par i, u, f, devant deux consonnes, forment ordinairement leur parfait par circonlocution.

Aucun temps ne présente autant de variété dans sa formation que le parfait. 11 ne se compose jamais que de la racine, du redoublement et de la flexion; mais la racine y est sujette à des changements nombreux, dépendant de sa constitution.

1° Les racines qui ont pour voyelles t, u, et qui finissent par une seule consonne, prennent le gouna au sing. actif (par ex. : tfp. se réjouir : HrPT, tatarpa ).

Aux autres nombres et dans toute la voix moyenne, ces racines restent pures et suivent l’euphonie.

Si la voyelle de la racine est un a qui soit précédé d’une ou de plusieurs consonnes et suivi d’une seule, cet a s’allonge à la troisième pers. sing. actif. Ex. : gam, aller : ffifpq, jagâma, il est allé. A la première personne, il est à volonté bref ou long : jagâma ou jagama, je suis allé. Il reste bref à tourtes les autres personnes. — Mais entre deux consonnes simples (comme dans^rç-, car, aller) l’a de la racine se change en ê, quand la première de ces deux consonnes n’est ni un v, ni une lettre qui doive, dans le redoublement, être suppléée par une autre ; et dans ce cas, pour compenser le changement d’a en é, le redoublement est supprimé. Cette règle toutefois ne s’applique ni à la première ni à la troisième personne du sing. actif. Ainsi, conjuguez : , éacâra, cêrtta, cacdra;

cêrima, etc. Cependant on peut aussi, pour cêri'ta, dire cacarïa, tues allé; les valeurs des syllabes se trouvent

DES VERBES

de la sorte également bien balancées. (Voyez pour la loi d’équilibre le § 88.)

Les racines qui finissent par une voyelle, .brève ou longue, prennent à volonté le guna ou la tyddi à la première pers. sing. actif. Mais à la seconde pers., elles prennent toujours le gouna, et à la troisième pers., toujours la vriddhi. Ex. : ci, rassembler •• ciéâya, ou

cicaya, j’ai rassemblé ; cicayàa ou cicêïa, tu as rassemblé ; cicâya, il a rassemblé. Aux autres personnes et au moyen, la racine reste pure.

2° Les racines en i, î, u, û, f, f, devant les terminaisons graves du parfait (c’est-à-dire au duel et au pluriel de l’actif, et aux trois nombres du moyen), suivent simplement les lois d’euphonie. Ainsi donc, u, û, se changent en av, et r en ar : — çuçruvus, de cru, écouter ;

tastarus, de s tri, étendre à terre (lat. stemo, stravi ).

A final se contracte irrégulièrement en so avec la terminaison a de la première et de la troisième pers. sing. actif; devant les autres voyelles il est rejeté. Dâ, donner : dadso, j’ai donné; dadima, nous avons donné;

dada, vous avez donné; dadus, ils ont donné Cette

règle est également suivie par toute racine que termine une double ou une diphthongue; car celle-ci se transforme d’abord en â. Ex. : dadso, de dê, protéger; jagso, de gæ, chanter.

Quant à la voyelle i qui se place entre la racine et la terminaison, presque tous les verbes la prennent quand cette terminaison commence par une consonne. Quelques-

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uns, que l’usage fera connaître, ne l’insèrent pas ; quelques-uns aussi la prennent ou la rejettent à volonté (1).

§ 88. Plus-que-parfait. Bien que nous ayons donné, dans notre paradigme, le plus-que-parfait régulier de xipâmi comme s’il était en usage, ce temps n’est réellement usité que dans les cinq verbes f®, çri, aller; frjj, çwi, croître; hu, sacrifier;^, çni, écouter; çr, mu, couler, et dans les verbes en ayâmi (dixième classe).

Sa formation est bien plus voisine de celle du parfait que de celle des aoristes. Elle peut se ramener aux éléments qui suivent : le plus-que-parfait se compose de la racine pure, précédée de l’augment et du redoublement, et suivie de la terminaison am, as, at, etc., des temps secondaires. Seulement, l’équilibre qui, en sanscrit, cherche toujours à s’établir plus ou moins complètement entre les parties des mots, donne lieu aux faits suivants :

Ici les terminaisons étant graves, la racine tend à rester ou à devenir légère ; or, quand elle est grave au parfait, elle reporte en quelque sorte son poids sur le redoublement. Gam, aller : jagâma, j’allai ; ajîgamam,

j’avais fait aller (du factitif gamaydmi). Ç il, visiter s açîçilam, j’avais visité. Yu, joindre : ayîyavé, j’avais fait joindre (de yâvayâmi ). Telle est la règle générale. Com-

(1) En général, on peut dire qu'entre le dhâtou et la flexion, c’est chose rare que l’insertion de l’i lorsque les racines finissent par â, par f, ou par une diphtliongue. Il en est de même quand elles sont monosyllabiques, excepté pour les verbes de la dixième classe.

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parez le redoublement attique du parfait, àhtyu, îWXupa ;

ccmvoù) âx ^ xoa .

Dans le redoublement, 17 long remplace l’a -long radical du parfait. Au contraire, les racines qui ont r pour voyelle médiane prennent a au redoublement. Ex. : xrflN rnfg, chercher (dixième classe) : amamfgam,

j’avais cherché. Et cependant, même dans ce cas, on peut suivre aussi la règle générale. Dfà (dixième classe), faire violence : adadarsam ou adîdfsam, j’avais fait violence.

L’augmentation compensative de la voyelle du redoublement ne va pas au delà d’un simple allongement, soit par nature, comme celui d’i en t, d’w en û ; soit par position, lorsque cette voyelle est suivie de deux consonnes. On ne dit donc pas arôrujam (avec gouna), mais arûrujam, de ruj (dixième classe), briser, dont le présent a le gouna : rôjayâmi. On ne dit pas avûvrusam, mais avuvrusam, de vrûs (dixième classe), pousser; et l’on écrit de même (par 17 bref) acic'catam, et non aciccatam, de

cat, briser.

Si la racine commence par une voyelle, l’augment se contracte d’abord avec elle, pour produire d, æ, so, dr ; le redoublement se place ensuite, composé de la consonne et de i. Ex.: 5^, at, aller (factitif atayâmi) : ïUÎ&'i'ZTj âtitam, j'avais fait aller. Ici, louer (10* cl.) : ædidé, j’avais loué. Comparez l’aor. grec rryor/ov de Rapportez à la même analogie ânjigam, de aÿg, noter

(dixième classe) .

S 89. Parfait par circonlocution. Le temps passé peut

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s’exprimer par une forme complexe, composée d’un accusatif abstrait en WTH , âm, jouant en quelque sorte le rôle d’adverbe* et indiquant l’action ou l’état, et du parfait de l’un des verbes kf, faire, as, ou Bû, être. Ainsi, à la racine îç, commander, se rattache le mot içâm, signifiant d’une manière absolue et invariable la même idée; îçân cakâra, içâm baüûva,

r^TFTRT» içâmâsa, signifient donc j’ai commandé (1).

Si la racine verbale du mot n’a que le moyen, kf se met au moyen: ^3Ta%5, iddn cakré, il célébra; de îd, louer, qui est un verbe moyen.

Les verbes qui forment leur parfait par circonlocution, sont en général ceux dont la racine se prête mal à un redoublement. — Il s’en trouve pourtant dans le nombre plusieurs pour lesquels cette raison n’existe pas ; notamment les verbes dérivés et beaucoup de verbes de la dixième classe? L’usage les fera connaître.

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