LE DEJEUNER DE JEANNE
Jeanne s'est levée de bonne heure ce matin ; il est 7 heures et la voilà déjà debout ; c'est qu'elle attend la visite de plusieurs amies qui viennent déjeuner et passer la matinée avec elle. Aussitôt habillée, elle court à la salle à manger et gronde la domestique parce que la table n'est pas encore dressée ; la bonne lui répond que ces demoiselles n'arriveront qu' à 9 heures, elle a donc encore 2 heures pour mettre le couvert. Mais Jeanne n'écoute rien, elle va chercher une nappe de belle toile blanche et l'étend sur la table, puis elle s'arrête ; combien aura-telle de convives? Comptons: Julie, une — Berthe, deux — Amélie, trois — Louise, quatre — Marie, cinq — Laure, six — Fannie, sept, et elle : huit personnes en tout, car son papa et sa maman ne sont pas à la maison. Elle met donc sur la nappe : 8 assiettes, 8 verres, 8 tasses et leurs soucoupes, 8 couteaux, 8 cuillères et 8 fourchettes, c'est-à-dire 8 couverts complets.
Après une attente bien longue pour Jeanne, voici la société qui arrive. Bonjour Marie, bonjour Louise, comment allez-
vous ? On s'embrasse, on s'examine pour voir celle qui a la plus belle robe, le plus beau chapeau.
La petite Berthe, une fillette de 8 ans, dit qu'elle a faim, car hier au soir sa maman l'a mise au pain sec et elle n'a pas soupe. A table, Mesdemoiselles, dit Jeanne ; placez-vous ici, Berthe, vous là, Marie — Bien, tout le monde est placé. Buvez-vous du thé ou du café, Amélie? — Je bois du café. — Et vous Ju ie? — Moi, je préfère du thé. — Mettez plus de sucre dans votre café, Louise. — Non, merci, j'en ai mis assez ;je n'aime pas le café bien sucré. — Oh ! moi, j'aime tout bien sucré, reprend la petite Berthe, le thé, le café, le chocolat ; passez-moi le sucrier, Fannie, ce café est très-amer. — Oh! elle a déjà mis 5 morceaux de sucre. — Vous vous trompez, Mademoiselle, je n'en ai mis que 3. — Faites passer les gâteaux à Laure. — Merci, je n'aime pas les gâteaux, je préfère du pain et du beurre. — Avez-vous déjà vu une petite fille u'aimaut pas les gâteaux ? — Comment trouvez-vous ces biscuits ? — Ils sont très-bons. — Moi, je les trouve trop secs et trop durs. — Ils sont d'hier. — Bon, vous avez renversé ma tasse avec votre coude ; voilà la nappe tachée de café ! — Ce n'est rien, la bonne lavera cela. — Tout le monde a fiai de manger? personne n'a plus faim ? — Sortons de table. Avez-vous apporté vos poupées, Mesdemoiselles? — Oui, voici la mienne. — Voilà les deux miennes. — Où est la vôtre, J ulie ? — Elle est à la maison, Maman n'a pas voulu me la laisser emporter. — Louise lui prêtera une des siennes. — C'est bien ; maintenant allons jouer dans le jardin. Et la petite troupe se dirige en courant vers uu grand jardin aux longues allées, plantées de gros arbres. Berthe, qui est plus jeune que ses camarades, veut cependant courir aussi vite qu'elles, mais son pied glisse sur une pierre et elle tombe la figure sur le sable ; elle se relève en pleurant, car elle s'est lait bien mal à la main. Ce n'est rien, ce n'est rien, dit Jeanne ; Berthe s'essuie les yeux et elle ne pense déjà plus à sa main écorchée, quand elle s'aperçoit qu'en tombant, elle a cassé sa poupée. Elle fond encore en larmes, mais cette fois, ce D'est pas le mal qui la fait pleurer, c'est le chagrin de voir sa
belle Marguerite, comme elle appelle sa poupée, la tête ouverte et le nez écrasé. — Pauvre, pauvre Berthe, ses amies la plaignent et cherchent à la consoler, en lui disant que c'est daus 2 jours sou anniversaire et que sa maman lui achètera ce jour là une autre poupée plus grande et plus belle.
Le chagrin de Berthe ne peut résister à de telles paroles et elle ue pense plus qu'à la poupée nouvelle.
Un nouveau personnage vient se mêler aux jeux des eufauts, c'est Tom, uu beau chien épagneul aux poils longs et soyeux. Il tire la langue et respire très-fort, car il a couru toute la matiuée après les oiseaux. Berthe, qui le voit venir de loin a peur et fuit du côté de Jeanne. Oh ! la peureuse, lui crie celleci, Tom n'est pas méchant, il ne mord jamais. Quelques minutes après, Tom est attelé à la voiture aux poupées qu'il traîne lentement, tout le long de la grande allée, au milieu des rires et des cris joyeux de toute la troupe.
Exercice 17.
1. Jeanne s'est-elle levée de bonne heure? — 2. Pourquoi s'est-elle levée de bonne heure? — 3. Que viennent faire ses amies? — 4. Où court-elle aussitôt habillée? — 5 Pourquoi gronde-t-elle la domestique? — 6. Grondez-vous vos domestiques quelquefois? — 7. A quelle heure arriveront les amies de Jeanne? — 8. Que va-t-elle chercher? — 9. Combien aura telle de convives? — 10. Dans quoi buvez-vous l'eau ? — 11. Dans quoi buvez-vous le café et le thé? — 12. Quel âge a Berthe?
— 13. Mettez-vous beaucoup de sucre dans votre café? — 14. Quel est le goût du café sans sucre? — 15. Quel est le goût du café avec beaucoup de sucre? — 16. A quelle heure dejeûnezvous? — 17. Buvez-vous du café ou du thé à votre déjeuner?
— 18. Que mettez-vous dans votre café? — 19. Les petites filles aiment-elles les gâteaux? — 20. Qu'a fait une des petites tilles avec son coude? — 21. Le café a-t-il taché la nappe? — 22. Que fera la bonne pour enlever la tache de café? — 23. Qu'ont apporté les petites filles? — 24. Où est la poupée de
Julie? — 25. Pourquoi Julie n'a-t-elle pas sa poupée? — 26. Qui prêtera une poupée à Julie? — 27. Qui empruntera une poupée à Louise? — 28. Où vont jouer les petites filles ? — 29. Se dirigent-elles lentement vers le jardin? — 30. Vers quelle espèce de jardin se dirigent- elles? — 31. Quelle est la plus jeune des petites filles? — 32. Les camarades de Berthe sontelles plus âgées qu'elle? — 33. Berthe s'est-elle fait mal en tombant? — 34. Où s'est-elle fait mal? — 35. Que lui dit Jeanne? — 36. Que fait Berthe après ces paroles de Jeanne?
— 37. Pense-t-elle encore à son mal après ces paroles de Jeanne? — 38. De quoi s'aperçoit-elle alors? — 39. Que siguifîe l'expression fondre en larmes? — 40. Est-ce le mal qui, cette fois, la fait pleurer? — 41. Pleurez-vous quand vous avez du chagrin? — 42. Comment Berthe appelle-t-elle sa poupée? — 43. Les amies de Berthe la plaignent-elles? — 44. Que cherchent les amies de Berthe? — 45. Comment cherchent-elles à la consoler? — 46. Qu'est-ce que c'est que Tom?
— 47. Pourquoi Tom tire-t-il la langue et respire-t-il très-fort ?
— 48. Qu'est ce que c'est qu'une peureuse? — 49. Tom est-il méchant et mord-il quelquefois ? — 50. A quoi l'attelle- t-on? 51. Avez-vous plusieurs chevaux?
Exercice 18.
1. Oui, je me lève de bonne heure. — 2. Elle attend la visite de plusieurs amies — 3. Elle court à la salle à manger. — 4. Non, la table n'est pas encore dressée. — 5. Parce que ces demoiselles n'arriveront qu'à 9 heures. — 6. Oui, monsieur, vous nous grondez quelquefois. — 7. Une belle nappe de toile blanche. — 8. Elle est en toile blanche. — 9. Elle l'étend sur la table. — 10. Oui, je bois beaucoup d'eau. — 11. Elle dit qu'elle a faim. — 12. Oui, Jeanne fait placer les petites filles à table. — 13. Non, Louise n'aime pas le café bien sucré. — 14. Non, au contraire, je préfère le chocolat au café. — 15. On fait le chocolat avec le cacao. — 16. Non, je ne bois pas de café le soir; cela m'empêche de
dormir. — 17. Oui, je mets du lait dans mon café. — 18. Oui, le lait est blanc. — 19. On fait le beurre avec la crème du lait. — 20. Oui, les petites filles maladroites renversent souvent les verres et les tasses sur la nappe. — 21. Avec son coude. — 22. Non, quand on a fini de manger on n'a plus faim. — 23. Oui, la poupée de Julie est à la maison. — 24. Elle lui prêtera une des siennes. — 25. Elle se dirige vers un grand jardin. — 26. Oui, Berthe est la plus jeune. — 27. Elle veut courir aussi vite que ses camarades. — 28. Oui, elle tombe en courant. — 29. Oui, je tombe quelquefois en patinant. — 30. Oui, je me fais mal quelquefois en tombant. — 31. Sur une pierre. — 32. Elle s'essuie les yeux avec son mouchoir. — 33. Non, elle n'y pense plus. — 34. Elle s'aperçoit qu'en tombant elle a cassé sa poupée. — 35. Oui, elle pleure trcs-fort, elle fond eu larmes. — 36. Oui, on pleure quand on a du chagrin. — 37. C'est un beau chien épagneul aux poils longs et soyeux. — 38. Parce qu'il a couru toute la journée après les oiseaux. — 39. Oui, si je cours je respire très-fort. — 40. Oui, elle voit venir Tom de loin. — 41. Elle fuit parce qu'elle a peur. — 42. Du côté de Jeanne. — 43. On appelle ceux qui ont peur des peureux, des poltrons. — 44. Non, il n'est pas méchant. — 45. Oui, les chiens mordent quelquefois. — 46. Oui, j'ai une voiture. — 47. Non, je n'attelle pas un chien à ma voiture; j'y attelle un cheval. — 48. Non, je n'ai qu'un cheval. — 49. Il traîne la voiture aux poupées. — 50. Il la traîne tout le longr de la grande allée.