‹ Méthode pour l'enseignement de la langue francaise dans les écoles BerlitzChapitre 16 sur 87 · UNE VISITE · texte numérisé non relu

UNE VISITE

Mais je ne me trompe pas, c'est bien Bernard ! Comment Ça va, mon ami? Qu'est-ce donc qui vous amène à Boston?

— D'abord les affaires, ensuite le désir de voir votre ville dont on m'a dit tant de bien. — Votre visite est pour moi, je vous assure, une surprise bien agréable. — Est-il besoin de vous dire que j'éprouve le même plaisir à vous rencontrer?

— Vous avez bien choisi votre jour: c'est justement mon

anniversaire aujourd'hui. — Alors mes félicitations sincères.

— Merci, mon ami. Maintenant dites-moi, pour combien de jours êtes- vous à Boston ? — Je ne sais pas exactement, mais je compte y passer au moins une semaine. — Une semaine ! mais c'est magnifique cela ! Et naturellement vous resterez chez moi. — Avec plaisir si cela ne doit pas vous gêner. — Pas le moins du monde. — Et votre femme ... ? — Elle sera très-contente de faire votre connaissance. Mais excusezmoi un instant, je vais dire à la domestique de mettre un couvert de plus. — Soit. — Bien, tout est arrangé maintenant ; voici votre chambre, mettez-vous à l'aise, vous êtes chez vous.

— A quelle heure est votre dîner? — A deux heures. Mais si vous avez faim . . . — Ce n'est pas cela, je désire seulement faire un peu de toilette. — Oh ! ne faites donc pas de cérémonie, votre costume de voyage est assez bon. — Tant mieux alors, car j'avoue que je suis un peu fatigué.

J'ai le plaisir, ma chère amie, de te présenter Mr. Bernard Planchet. — Je suis enchantée, Monsieur, de faire votre connaissance ; mon mari m'a tant parlé de vous ! — En bien ou en mal? — C'est méchant cela, Monsieur, vous savez bien que mon mari est incapable de dire du mal de ses amis. — Je sais que Jules est la bonté même et je vois qu'il a épousé une charmante femme. — Mille remercîments pour le compliment ! Mais je vous prie de me faire passer le sel. Ne trouvez-vous pas, Jules, que le potage n'est pas assez salé?

— Je ne suis pas de ton avis, ma chère amie, tu sais que je n'ai jamais aimé les mets bien salés ou bien épicés. — Puisje vous offrir du pain, Madame? — S'il vous plaît, Monsieur. Merci. Trouvez-vous ce poisson à votre goût? — Oh ! il est excellent. — Et que dites- vous, Bernard, de ce petit vin blanc ?

— Je le trouve très-bon. — Tendez-moi votre verre. — Non, merci, j'en ai encore. — Ah ! voici mon plat de prédilection : un filet de bœuf aux champignons. — Je vois que vous n'avez pas mauvais goût, cependant pour moi, je préfère un canard aux olives. — Vous êtes servi à souhait, voilà justement

la domestique qui apporte votre mets favori. — Servezvous doue des légumes, Monsieur Bernard : il y a près de vous des petits pois et des haricots verts. Si vous le permettez, Madame, je prendrai des légumes après le rôti. — Comme vous voudrez, Monsieur, ne vous gênez pas ; mon mari' est comme vous, il ne mange pas les légumes avec la viande. — Quel dessert as-tu à nous offrir, ma chère amie? — Attends, tu vas voir. Brigitte, servez le dessert et le café. Oh ! Oh ! c'est une surprise que tu m'as faite, tu sais que j'adore la crème au chocolat. Et vous Bernard? — J'en raffole aussi. — Je suis charmée, Messieurs, d'avoir si bien rencontré vos goûts. Mettez-vous du lait dans votre café, Monsieur? — Non, Madame, après dîner je prends du café noir ; mais oserai-je vous prier de me faire passer le sucre? — Oh ! pardon, Monsieur. — Merci bien, Madame. Maintenant, Bernard, vous fumerez un cigare, n'est-ce pas? — Non, pas en ce moment. — Pourquoi? — Je crains d'incommoder Madame. — Pas du tout, Monsieur ; je suis accoutumée depuis longtemps à la fumée du tabac ; outre cela, je suis obligée de vous quitter pour aller faire un tour à la cuisine. Vous reverrai-je cette après-midi? — Pas avant souper ma chérie, car j'ai l'intention d'aller me promener avec mon ami, pour lui montrer les curiosités de la ville. — Alors, Messieurs, bonne promenade. — Merci, Madame, votre serviteur.

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