INTRODUCTION
Chers enfants ! c'est avec une joie bien grande que je vous vois réunis en ce jour, où je vais commencer des instructions pour vous préparer à la première Communion. Je remercie de tout mon cœur le bon Dieu, de m'avoir accordé de nouveau, cette année, la grâce de pouvoir vous instruire et vous préparer. Et pourquoi donc ma joie est-elle si grande? Pourquoi remercié-je le bon Dieu? — Parce que je puis aider à disposera l'aimable Jésus, une habitation dans vos cœurs; parce qu'il m'est permis, chers enfants, de vous préparer au plus grand bonheur que vous puissiez jamais goûter sur la terre, de vous préparer au jour, qui sera le plus beau de toute votre vie. On demanda autrefois à l'empereur Napoléon, quel avait été le plus beau jour de toute sa vie? C'était, vous le savez peut-être, un monarque très grand et très puissant, qui commandait à plusieurs millions d'hommes, qui avait de l'or en abondance, en un mot qui avait tout ce qu'on peut désirer. Et cependant, malgré toutes ses richesses, toute sa gloire et sa puissance, il avouait 'devant ses généraux, qu'il n'avait jamais eu pendant toute sa vie un jour aussi beau , aussi heureux que celui où, étant encore petit garçon simple, mais pieux et innocent, il avait fait sa première Communion. Il y a deux ans, j'ai vu une petite fille malade; elle allait très mal et souffrait beaucoup. On croyait qu'elle devait mourir. Comme je lui adressai la parole, elle se mit à pleurer très fort. Je lui demandai alors pourquoi elle pleurait, si c'était
parce qu'elle souffrait beaucoup, ou parce qu'elle craignait de mourir? Quelle fut, croyez-vous, la réponse de l'enfant? « Je crains de mourir avant le dimanche après Pâques, avant d'avoir pu recevoir le bon Dieu. » — « Mais ma petite, si tu pouvais communier maintenant, serais-tu contente de mourir? » lui demandai-je. « Oh oui! » répliqua la pauvre petite, la joie dans les yeux, « alors je serais contente de mourir. » On lui permit donc de communier sur son lit, et au milieu de toutes ses souffrances, elle était toujours contente et heureuse comme un ange. Cependant elle n'est pas morte, car le bon Jésus lui a rendu la santé.
Une autre fois je vis une enfant qui pleurait, deux jours avant le dimanche où elle devait faire sa première Communion; je lui demandai la cause de ses larmes. Elle pleurait, chers enfants, elle pleurait de joie et de bonheur, en pensant à ce beau jour qui l'attendait, mais elle s'attristait aussi parce que, après deux jours, sa première Communion serait passée. Je l'ai consolée alors, en lui montrant que, pour un enfant bien sage, ce grand bonheur de la première Communion revient toujours, aussi souvent qu'il le veut.
Vous voyez, chers enfants, comment ceux dont je viens de vous parler, étaient heureux ce dimanche-là. Mais vous-mêmes vous en aurez déjà pressenti quelque chose au dedans de vous, j'en suis sûr. Lorsque l'année passée, vous étiez à pareil jour dans l'église, où se trouvaient les enfants qui devaient faire leur première Communion, et que vous voyiez comment ils étaient bien mis, remplis de piété et de bonheur, n'est-il pas vrai que vous vous êtes dit en vous-mêmes: Ah ! je voudrais bien que le jour de ma première Communion fût bientôt arrivé! Et si l'un de vos frères, l'une de vos sœurs plus âgés que vous, ont reçu la sainte Communion, vous aurez vu peutêtre, quel était leur bonheur ; comment votre père ou votre mère pleurait de joie !
Pourquoi donc tous ceux-là ont-ils été si heureux, si contents? Pourquoi donc le jour de la première Communion estil un jour si beau? Oh! vous le savez, chers enfants, c'est parce que Jésus-Christ, votre aimable Sauveur, veut venir au dedans de vous. Lui qui est infiniment grand et puissant,
devant qui la terre tremble et les saints Anges se prosternent en l'adorant, lui qui est en même temps infiniment aimable, doux et humble, il veut venir à vous, il vous invite à sa table, il veut s'unir à vous par un lien d'amour si étroit, qu'aucune langue ne saurait l'exprimer. Avec quelle joie et quels pieux désirs les bergers de Bethléem ne s'élancèrent- ils pas vers la crèche, quand un ange leur dit : « Voici que je vous annonce un grand sujet de joie Vous trouverez un enfant
enveloppé de langes et couché dans une crèche, c'est le Christ, le Seigneur! » Une nouvelle aussi joyeuse vous est annoncée, chers enfants ! Vous trouverez le doux Sauveur, couché sur l'autel, et caché sous l'apparence du pain. Non-seulement vous pourrez l'adorer, comme le firent les bergers, le contempler comme eux avec des yeux remplis de joie, non-seulement le prendre dans vos bras, mais il viendra dans votre cœur ; c'est là qu'il veut reposer, comme autrefois dans la crèche; c'est là qu'il veut établir sa demeure. Chers enfants! Que votre bonheur est grand !
C'est pourquoi réjouissez-vous, réjouissez-vous de toute votre âme, en voyant venir le jour de votre première Communion. Réjouissez-vous, non parce que vous aurez alors de nouveaux habillements, une belle couronne, que sais-je? Non, chers enfants, réjouissez-vous, de ce que le bon et divin Jésus veut venir en vous, lui qui apportera pour votre âme une robe plus belle que tous les habillements de la terre, une couronne plus belle que les fleurs les plus précieuses, et des présents bien plus riches que ceux dont le plus grand roi de la terre pourrait vous faire cadeau. Si vos parents vous promettaient, lorsque vous seriez bien sages, de vous conduire dans quelques semaines, avec eux en ville, pour y voir beaucoup de belles choses; s'ils vous promettaient de vous donner de beaux habits, de vous acheter de beaux livres, comme vous seriez contents, que vous seriez soumis! Et à l'approche de ce jour, comme vous penseriez sans cesse à tout cela! Oui, la nuit même vous en rêveriez et vous ne pourriez plus dormir. 0 chers enfants ! Combien plus ne devez-vous pas vous rejouir maintenant, puisque le bonheur qu'on vous promet est bien plus grand! Oui pensez-y souvent et avec plaisir.
Cependant, sachez-le bien, le jour de la première Communion n'est un beau jour, un jour de joie céleste que pour les enfants qui reçoivent dignement Jésus-Christ dans la sainte Communion ; au contraire, pour ceux qui le reçoivent indignement, c'est le jour d'un crime épouvantable, un jour de malédiction et de damnation. Chers enfants, vous savez tous que je vous aime du fond de mon cœur. Cependant j'aimerais mieux vous voir morts, que de vous voir communier indignement. Pour moi doue, il y a une obligation bien stricte, de veiller autant que je puis, à ce que personne ne s'avance vers la Table sainte, étant mal disposé. Aussi suis-je fermement résolu à n'admettre personne d'entre vous, qui se montrerait indigne de cette grâce. Ceux-là seulement, qui se donneront vraiment des peines et feront des efforts pour se rendre dignes, seront admis à communier.
Mais, me demanderez-vous, que devons-nous faire, pour nous rendre dignes? Voici ce que j'ai à vous dire pour aujourd'hui :
a) Il est entendu, et c'est d'ailleurs facile à comprendre, que vous devez tous assister bien exactement aux instructions, que je ferai pour vous préparer. Personne ne peut y manquer, à moins qu'il n'en soit empêché pour cause de maladie, ou pour un cas de besoin extraordinaire. De même, je m'attends à ce que vous soyez bien attentifs et recueillis pendant les instructions; puis, que vous appreniez ponctuellement par cœur ce que je vous indiquerai; ce serait une grande peine pour moi, si j'en remarquais un seul parmi vous, qui fût paresseux, inattentif ou bavard. Ce serait une preuve à mes yeux, que cet enfant n'a ni désir ni goût de faire sa première Communion.
6) Mais ce qui est encore plus important, c'est que votre cœur soit dûment préparé, chers enfants. Vous savez bien que le divin Jésus, votre Sauveur, ne déteste rien tant que le péché, et qu'il n'aimera pas de venir en vous, si vous n otez le péché de votre cœur. Vous savez que Dieu n'aime au contraire que les enfants vertueux et pieux ; conséquemment il viendra volontiers en vous, si vous faites des efforts pour devenir réellement tels. Ensuite, le jour de votre première Commu-
nion,vous devrez renouveler la promesse solennelle de renoncer au démon et au péché, de rester fidèlemeut attachés à Jésus-Christ, pendant tout le cours de votre vie. Mais pour que vous puissiez faire cette promesse en conscience, il faut qu'auparavant vous ayez déjà renoncé au péché, purifié votre cœur, rompu toutes les attaches au péché, c'est-à-dire, que vous devez avoir quitté l'habitude de mentir, de vous fâcher, de faire ou de dire de vilaines choses. Croyez-vous donc, chers enfants, qu'il suffise de vous en confesser le jour avant votre première Communion? Oh non. Ces mauvaises habitudes doivent être vaincues bien longtemps avant cela. Et pour ceux qui jusqu'ici ne l'ont pas fait, il est grand temps de le fairedès maintenant. Dès aujourd'hui vous devez vous appliquer à vous corriger de vos défauts et à devenir d'autres hommes. Avez-vous été jusqu'ici colères et emportés, — vous devez ne plus l'être ; avez-vous eu la mauvaise habitude de mentir, — il faut ne plus le faire; avez-vous été désobéissants, — vous devez obéir avec ponctualité dès ce jour. Il ne faut plus que les gens aient besoin de demander: Est-ce là un enfant qui va faire sa première Communion? Non, on doit pouvoir le remarquer chez vous, dans toute votre conduite. Vos parents, vos frères et sœurs, vos maîtres, vos camarades, tous doivent s'en apercevoir. Et si j'apprenais de vos parents et de vos maîtres (d'ailleurs je m'en informerai), si j'apprenais que l'un ou l'autre d'entre vous est demeuré méchant comme autrefois, qu'il ne veut pas se corriger, je n'oserais et je ne pourrais admettre un tel enfant à la sainte Communion.
Que devez-vous donc faire pour travailler à vous corriger?
4) Pendant le courant de la semaine prochaine, vous irez tous vous confesser (1). Il convient que vous receviez, avec un cœur pur, les instructions sur le plus saint des Sacrements; que vous fassiez disparaître d'abord les anciens dé-
(1) S'il est plus convenable de faire aller les enfants à confesse tous ensemble le même jour, dès qu'on commence à les préparer à la première Communion, où s'il faut leur fixer une semaine pendant laquelle ils pourront choisir un jour à volonté, c'est ce que chaque curé doit examiner et décider en particulier.
fauts, et que vous commenciez ainsi par vous corriger. Lors de votre examen de conscience, de la contrition et du ferme propos, faites principalement attention à deux sortes de péchés; aux péchés contraires à la pureté et aux péchés de la langue, tels que les jurements, les malédictions, les mensonges, etc., car le corps et l'âme destinés à recevoir le bon Dieu, qui est la pureté même, doivent être purs aussi ; et puis, comment seriez-vous assez téméraires pour recevoir sur votre langue le corps du Seigneur, si, un peu auparavant, vous aviez encore abusé de votre langue, pour l'offenser et l'insulter? S'il s'en trouve donc parmi vous, qui aient péché contre la pureté (en pensées, paroles ou actions) ou bien abusé de leur langue, qu'ils prennent fermement la résolution d'éviter ces péchés à l'avenir. Demandez à votre confesseur comment vous devez vous y prendre pour les éviter, et faites fidèlement ce qu'il vous aura prescrit (i).
2) Pendant ce temps, jusqu'au jour de votre première Communion, dites exactement et dévotement vos prières; ainsi récitez avec attention les prières du matin et du soir, etc., surtout la prière avant et après l'instruction. Mais cela ne suffit point. Vous prierez avant tout pour obtenir la grâce de bien vous préparer à la sainte Communion. Ajoutez donc, dans cette intention, à vos prières du matin encore un Pater avec ces paroles : Loué et béni soit à jamais le très saint Sacrement ; pendant la sainte Messe, à laquelle vous tâcherez d'assister tous les jours, priez chaque fois pour obtenir cette grâce. Quand vous passez devant l'église et que vous en avez le temps, allez adorer pendant quelques minutes, Jésus- Christ dans le très saint Sacrement, et invoquez souvent la très sainte Vierge; comme elle a reçu avec un cœur pur et innocent le divin Sauveur, elle vous obtiendra aussi cette grâce. — Après chaque instruction, nous irons ensemble nous mettre à genoux devant le saint Sacrement, pour le sa-
(1) Si le catéchiste est en même temps le seul confesseur des enfants, comme cela arrive dans les petites paroisses de campagne, il est inutile de faire les questions qui précèdent. D'après les circonstances, on pourrait attirer particulièrement l'attention des enfants sur d'autres fautes qu'ils commettent le plus souvent.
luer et l'adorer. Quant aux prières que nous y réciterons et que vous y direz en silence par vous-mêmes, je vous les indiquerai dans la suite.
3) Mais il ne suffit pas de prier, chers enfants; que faut-il encore?
Si vous aimez vraiment votre divin Sauveur , si vous cherchez à lui devenir semblables, vous devez également vous rendre agréables à ses yeux, et lui plaire par de bonnes œuvres. Il faut que partout, mais surtout dans la rue, sur le chemin de l'école, vous soyez modestes, honnêtes, tranquilles et réservés. Sans doute, il vous est permis d'être gais et joyeux; mais il ne convient pas que, pendant le temps où vous vous préparez à la première Communion, vous vous livriez à des jeux bruyants, que vous vous poussiez comme de petits sauvages, ou que vous fassiez des grossièretés, etc. De temps à autre, renoncez à quelque jeu qui vous est pourtant permis, et consacrez ces moments à la prière et à l'étude. A certains jours, ne touchez pas à tels mets que vous pourriez manger, ou bien mangez un peu moins que de coutume, en disant en vous-même: «0 bon Jésus, par amour pour vous, je ne mangerai pas de cela, afin que je puisse vous recevoir d'autant plus dignement. » Il y a surtout une chose, que je vous prie d'observer, et par laquelle vous pourrez vous rendre particulièrement agréable au divin Jésus : c'est de ne pas penser aux habillements que vous mettrez le jour de votre première Communion. Le bon Dieu ne fait pas attention aux habits, mais au cœur. Lui aussi a été pauvre et n'a porté que des habits pauvres et communs. Un enfant, si misérable qu'il soit dans ses habits, mais qui est pieux et sage, voilà l'enfant que Jésus aime et près de qui il vient volontiers, tandis qu'il n'aime pas un enfant qui a de beaux habits, mais en est orgueilleux et n'est pas sage.
Chers enfants, procurez donc à votre divin Sauveur ce plaisir, faites-lui le sacrifice que vous vous proposez maintenant, c'est-à-dire, de ne pas faire la moindre question sur les habillements que vous porterez, encore moins de tourmenter à ce sujet vos parents. Ceux-ci en auront assez de soin. Alors même que vos parents vous demanderaient, ce
il) MÉTHODE POUR PRÉPARER LKS ENFANTS
qu'ils doivent vous acheter, dites leur : « Chers parents, c'est à vous de savoir ce qui me convient ; tout ce que vous achèterez sera bon pour moi ! » — Si d'autres personnes vous questionnent à ce sujet, dites-leur : « Je ne m'en inquiète pas; on nous a dit, que nous ne devions pas du tout y penser. » De plus, vous ne devez pas, entre vous autres, parler des habillements qu'on vous fera. Ayez seulement soin que votre âme ait la robe de l'innocence. Maintenant, chers enfants, je vous ai dit la chose principale, j'ai dit ce que vous devez, pour le moment, savoir et observer, — je vous ai dit combien est grand le bonheur etc. (ici le catéchiste résumera brièvement les différents points, et pourra se convaincre par quelques questions, si les enfants ont retenu ce qui est nécessaire) (1).
Bientôt nous irons à l'église pour y prier. D'abord les petits garçons s'avanceront deux à deux, puis les petites filles.
A l'entrée de l'église (2) prenez de l'eau bénite et en même
il) Ou pourrait appeler l'attention des enfants sur les exemples des Saints, et leur montrer comment ceux-ci se sont préparés dans leur enfance à la première Communion.
Lorsque S. Marie Madeleine de Pazzi eut dix ans, on lui annonça qu'elle était admise à communier pour la première fois, à la prochaine fête de l'Annonciation. Sa joie était indescriptible, mais aussi sa préparation se fit avec le plus grand soiu et la plus grande ferveur. Sa plus vive préoccupation était de communier le plus dignement possible. Elle examina d'une manière sévère et sérieuse sa conscience, et fut tellement pénétrée de repentir, qu'elle ne cessa de pleurer pendant tout le temps de sa confession, quoiqu'elle n'eût que des fautes légères à confesser.
La vénérable Marie de l'Incarnation remercia chaque jour de la manière la plus vive le bon Dieu, quand elle eut appris quelle était admise à communier pour la première fois à Pâques. Elle se prépara avec le plus grand soin. Tous les jours elle s'excitait à la contrition de ses péchés. Outre la pénitence imposée par le confesseur, elle accomplissait encore d'autres pénitences volontaires et redoublait ses prières toujours plus ferventes. Aussi quand elle commuuia , elle ressentit un bonheur si grand, qu'elle avoua ne pas vouloir céder cette joie pour tous les trésors du monde.
(2) L'auteur suppose que l'instruction se donne à l'école.
temps demandez à Dieu qu'il daigne purifier votre cœur, afin que vous puissiez dignement recevoir Jésus-Christ. Avant d'entrer dans les bancs, courbez respectueusement le genou (ainsi qu'on vous l'a appris) devant l'autel où le saint Sacrement repose. Quand vous serez tous à vos places, je réciterai à haute voix une prière, que vous répéterez en silence, au fond de votre cœur. Ecoutez-la bien :
« Aimable Jésus, qui êtes ici présent dans la sainte Eucharistie sur l'autel ; lorsque vous étiez encore sur la terre, vous avez réuni avec tant de bonté les enfants autour de vous, et vous les avez bénis. Pauvres enfants que nous sommes, nous voici également réunis autour de vous, nous vous adorons avec un cœur respectueux et reconnaissant, et nous vous demandons en toute humilité et sincérité, votre bénédiction. Vous voulez nous accorder la grâce de venir habiter bientôt dans nos cœurs. Nous vous remercions beaucoup de cette grande marque d'amour. Mais hélas ! Nous sommes encore remplis de tant de défauts qui vous déplaisent! nous sommes dépourvus des vertus, par lesquelles nous devrions vous être agréables ! Personne ne peut nous rendre purs, pieux et sages que vous seul. C'est pourquoi nous vous en prions humblement : visitez-nous par votre grâce, et aideznous à préparer si bien notre cœur, que vous puissiez venir en nous avec joie. Nous vous promettons dans toute la sincérité de notre âme, de faire, avec le secours de votre grâce, tous les efforts pour renoncer à nos défauts et pour devenir des enfants sages et pieux, qui vous plaisent. » — Après que j'aurai récité cette prière à haute voix et que vous l'aurez répété en vous-mêmes, nous resterons tranquilles environ deux minutes. Pendant ce temps, que chacun de vous prie en silence le bon Jésus, et lui dise, combien il l'aime, combien il désire d'être sage et vertueux; dites-lui, que vous vous repentez de vos péchés, surtout de votre défaut principal, et faites la résolution de l'éviter jusqu'à la prochaine visite dans l'église. Celui, par exemple, qui a le défaut d'être désobéissant, peut dire comme cela : « 0 bon Jésus! quand vous étiez encore enfant, vous étiez toujours si obéissant, si soumis, et vous n'aimez que les enfants qui obéissent,
tandis que moi je suis si désobéissant, j'ai une si mauvaise tête, et cependant bientôt je devrai vous recevoir. Vous savez que je suis bien triste d'avoir été si méchant. Je vous en conjure, ô bon Jésus, assistez-moi pour que je devienne à l'avenir un enfant très obéissant. Dès aujourd'hui je veux faire des efforts tout particuliers pour le devenir. Quand je serai tenté de désobéir, je penserai : Jésus, par amour pour vous, j'écouterai, j'obéirai. Et si jamais, soit par légèreté, soit par irréflexion, j'étais de nouveau désobéissant, je dirai de suite pour pénitence un Ave Maria. » De même celui qui a le défaut d'être colère, emporté, etc.
Après cela nous allons faire ensemble la Communion spirituelle. Plus tard je vous en parlerai plus au long. Pour aujourd'hui, faites seulement attention à ceci : La Communion spirituelle vous la faites, chers enfants, quand vous excitez dans votre cœur repentant, le désir de recevoir votre divin Sauveur. La Communion spirituelle est très agréable au divin Jésus, et l'un des meilleurs moyens de vous préparer à la communion réelle et véritable (i). Voici de quelle manière nous ferons cette Communion spirituelle : « O mon Jésus! Je crois d'une foi ferme et vive que vous êtes présent dans la très sainte Eucharistie, aussi réellement présent que lorsque vous étiez couché dans la crèche de Bethléem, attaché à la croix pour nous, et que vous l'êtes maintenant dans la gloire, au plus haut des cieux. Je vous adore avec le plus profond respect et je voudrais vous adorer comme le font les hommes les plus pieux, comme le font les anges et les saints, comme le fait Marie, votre mère bien-aimée. C'est avec le désir le plus ardent que je soupire après le moment de vous recevoir. Je me repens de mes péchés, par lesquels je vous ai offensé, o Dieu de bonté, qui êtes mon Sauveur ! et je souhaite d'être aussi pur que votre bien-aimée mère Marie, afin que je puisse vous recevoir clignement dans mon cœur; puis je suis fermement résolu de ne plus jamais vous offenser
(l,i Dans l'une des instructions suivantes le catéchiste indiquera aux enfants, en expliquant brièvement les actes) la manière dont ils pourront la faire.
volontairement ou de propos délibéré. Puisque je ne puis vous recevoir réellement en ce jour, je vous en prie bien humblement et de tout mon cœur, venez en moi spirituellement, demeurez en moi, et disposez mon cœur de telle manière, que vous puissiez venir en moi réellement et avec joie, le jour de la première Communion. C'est ce que je vous demande par l'amour avec lequel vous avez institué cet auguste sacrement, et par les mérites de tous les saints qui l'ont reçu avec la plus digne préparation. 0 Jésus, pour vous je veux vivre ! — 0 Jésus, pour vous je veux mourir ! 0 Jésus, je suis à vous, à la vie et à la mort. Ainsi soit-il (i).
Maintenant, chers enfants, disons à haute voix, cinq Pater (2), afin que vous puissiez faire tous une bonne première Communion, et que le divin Jésus vous laisse plutôt mourir que de permettre, qu'un seul d'entre vous fasse une mauvaise Communion. Dans cette prière, vous pouvez comprendre tous les enfants qui, cette année, s'approcheront pour la première fois de la Table sainte. Après cela nous dirons : Loué et béni etc., et ensuite, quand chacun de vous aura salué encore une fois Jésus-Christ, sortez deux à deux de l'église et retournez tranquillement à la maison (ou à l'école).
Rendons-nous à l'église, chers enfants...