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PRÉPARATION IMMÉDIATE

Les instructions catéchistiques doivent être terminées, au moins une semaine avant le jour de la première communion, afin qu'on puisse employer le reste du temps aux exercices . spirituels de la Retraite. Dans les paroisses où les enfants subissent un examen public, celui-ci doit être fini une quinzaine de jours avant que les enfants s'approchent de la sainte Table, afin de ne pas les laisser dans l'inquiétude et leurs parents dans l'embarras. Dans les paroisses populeuses surtout, il faut bien cet intervalle de temps pour qu'ils puissent s'occuper des habillements nécessaires. Qu'on se garde bien de transformer cet examen en une espèce de torture pour les enfants, ou en une sorte de spectacle, où ils vont faire parade d'esprit; encore moins doit-on profiter de cet examen, pour adresser aux ignorants des reproches qui puissent les blesser ou les irriter. D'ailleurs, même sans cet examen, le catéchiste doit déjà savoir quels enfants sont capables ou non, d'être admis à communier. Cet examen auquel assistent parfois un grand nombre de parents, peut servir d'occasion pour leur dire que, dès ce jour, ils doivent éviter et empêcher, en présence de leurs enfants, tout ce qui pourrait les scandaliser, tout ce qui pourrait détruire leurs bonnes dispositions et troubler leur recueillement; qu'ils doivent leur accorder le loisir nécessaire pour vaquer aux exercices de la retraite ; qu'ils doivent redoubler avec les autres paroissiens, leurs prières pour les enfants qui se préparent à recevoir Jésus-Christ (4).

Mais en quoi consistent les exercices spirituels à donner aux enfants, après que les instructions ont pris fin? Faut-il qu'on fasse avec les enfants une retraite en règle? Dans quelques pays, comme en Italie et en France, cela se fait bien souvent. Les enfants se retirent pendant plusieurs jours dans des maisons particulières, ou dans des couvents, pour s'y li-

(1) Au reste, ce que nous avons dit touchant l'examen public des enfants [tour l'admission à la première Communion, ne doit pas être regardé comme une justification ou un éloge de cet exercice. Ces examens, je les regarde comme inutiles, et je voulais seulement donner quelques indications pour les lieux où ils ont été introduits et où il ne serait pas aisé de les abroger.

vrer aux exercices spirituels. Si avantageux et si désirable (jue cela puisse être, ce n'est guères praticable dans toutes les paroisses; il est inutile d'en dire les motifs, on les connaît assez. Néanmoins on peut parvenir au même but, sans avoir Jes mêmes facilités.

Ainsi en supposant que la première Communion se fasse quinze jours après Pâques, les enfants, après avoir assisté pendant la Semaine Sainte aux méditations sur la Passion et aux Offices de l'Eglise, pourront être réunis dans le temple, quand le temps pascal sera expiré ; alors les nefs seront libres et le prêtre n'aura plus qu'à s'occuper des enfants. Il les réunira le matin et l'après-midi, et les préparera à la sainte Communion, les excitera à la persévérance par des allocutions courtes mais chaleureuses, mais énergiques, par des exercices pratiques sur la confession générale.

Je doute qu'il y ait encore parmi nous un pasteur, s'il a quelque expérience et l'amour des âmes, qui n'approuve pas la coutume d'engager les enfants à faire, avant leur première Communion, une confession générale.

En effet les motifs les plus graves sont pour elle, et il n'en est pas un seul solide qui soit contre elle. D'ailleurs l'Eglise a fait connaître d'une manière assez claire, son intention à cet égard (par des prescriptions épiscopales, par l'enseignement de cette coutume dans des catéchismes approuvés, par la pratique des pontifes et des prêtres les plus zélés). L'importance même de la circonstance semble devoir y conduire naturellement. L'expérience en effet montre qu'une confession générale est parfois absolument nécessaire, — parce qu'il y a des enfants qui ont caché des péchés très graves, de propos délibéré,oubien des fautes légères, mais qu'ils regardaient comme graves à cause de leur conscience erronée; — parce qu'il y en a d'autres aussi qui se sont confessés à la légère, sans douleur surnaturelle, ou sans propos sérieux de se corriger. Bien des enfants, après les instructions qui leur ont été faites, se persuadent (est-ce à tort ou à raison?) ou du moins craignent que leurs confessions précédentes n'ont pas toujours été bonnes» de sorte que la confession générale devient pour eux un véritable .besoin du cœur. Mais alors même, que chez beaucoup d'en-

fiants elle ne serait pas nécessaire, elle peutleur être utile, parce qu'elle leur sert à mieux se connaître, à devenir plus humbles et vraiment contrits, à se mortifier, à recevoir avec plus de dévotion et de fruits la sainte Communion, mais surtout à retrouver le calme et la paix pour la suite. Le seul prétexte qui pourrait faire croire que la confession générale n'est pas à conseiller, c'est que par elle on rend les enfants inquiets, soucieux, scrupuleux ; mais cette raison ne peut être admise comme sérieuse. Les enfants, et c'est la grande masse, ne sont pas tels qu'on ait à craindre chez eux une anxiété hors de saison et de vains scrupules ; quand même d'ailleurs ce danger serait à craindre, un confesseur sensé et prudent pourrait facilement y obvier avec un peu de peine.

Cette confession générale, quand doit-elle être faite? Dans quelques paroisses existe l'habitude de la faire quatre ou six semaines avant la première Communion, mais cette pratique, je ne l'approuve guères. Non, une confession générale faite sitôt, ne peut être aussi bien faite quelle devrait l'être, puisque les exercices spirituels qui doivent y servir depréparation, ne peuvent avoir lieu que plus tard. Puis l'impression salutaire produite par la confession générale, certains motifs qui ébranlent le cœur et le touchent, perdent une grande partie de leurs effets , quand elle est trop éloignée de la première Communion, tandis qu'ils devraient toujours subsister. Je crois que cette confession doit être faite, quelques jours seulement avant la première Communion, et qu'il faut la faire coïncider avec les exercices de la retraite dont nous avons parlé. La veille du grand Jour, les enfants font une seconde confession pour s'y accuser des fautes commises depuis la confession générale, ou de celles qu'ils ont oublié de déclarer, et pour en recevoir l'absolution. Mais que doit observer le catéchiste, afin d'aider à la préparation et à l'audition de cette confession générale?

Il doit de nouveau exposer la doctrine sur le sacrement de Pénitence lors et pour autant que c'est nécessaire, mais surtout appliquer ses soins à ce qui est pratique. Il faut qu'il fasse d'abord une instruction préliminaire sur la confession générale dans son ensemble; qu'il dise en quoi elle consiste,

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quand et à qui elle est nécessaire, pourquoi il est à désirer, dans tous les cas, que les enfants la fassent. Qu'on excite dans les enfants le désir de la faire, en montrant les avantages qui en résultent, en étouffant dans son germe la crainte qu'ils auraient de ne pas la faire assez bien. On doit leur montrer pratiquement que ce n'est pas si difficile qu'on se l'imagine parfois, que, les années précédentes, d'autres enfants l'ont faite aussi, et en ont été très satisfaits ; insinuez aux enfants, de la manière la plus affable et la plus douce, que l'on fera tout pour les aider, en les instruisant et en les interrogeant ; qu'ils doivent seulement écouter et obéir, qu'alors tout ira bien.

Le catéchiste fera lui-même Yexamen de conscience devant les enfants. Après avoir invoqué d'abord le Saint-Esprit, les enfants doivent examiner avant tout si leurs confessions précédentes ont été bonnes ou mauvaises ; ici il faut qu'on leur explique avec brièveté, précision et clarté, qu'on leur indique par des exemples, en quels cas les confessions sont nulles et mauvaises. Le catéchiste montrera ensuite, de quelle manière l'enfant doit s'y prendre pour savoir exactement si ses confessions ont été nulles, et combien il en a faites de ce genre. Après cela, on passe en revue les dix commandements de Dieu. D'abord on expose ce qui est prescrit et défendu par chaque commandement ; ceci donnera maintes fois l'occasion de dépeindre en quelques traits frappants, d'un côté la beauté des vertus qui sont commandées, telles que la piété, l'obéissance, la charité, la pureté, et de dire combien elles sont agréables à Dieu; d'un autre côté de faire ressortir vive- *ment tout ce qu'il y a d'odieux et de funeste dans les vices opposés à ces vertus, surtout quand on pense à la première Communion ; c'est un bon moyen d'exciter à la contrition. En outre on doit traiter plus spécialement des péchés qui se rencontrent d'ordinaire chez les enfants, ou qui sont plus fréquents dans tel endroit, et dire clairement qu'il convient de déclarer le nombre approximatif des péchés qui, sans être mortels, sont cependant assez graves. Le catéchiste expliquera aussi, de temps à autre, ce qui de sa nature ou à cause des circonstances, est péché mortel ou péché véniel. S'agit-il du

sixième commandement, qu'il parle avec une sainte joie et une pieuse admiration de la pureté, qu'il flétrisse, avec une espèce de dégoût, par quelques paroles sévères et mesurées, le vice contraire. Dans l'explication de ce commandement, on doit se tenir strictement au texte du catéchisme, et inculquer fortement aux enfants, que s'ils ont quelque doute, ils doivent interroger le confesseur. Entrer dans des particularités, parler en détail et trop clairement de certains péchés, ce serait inconvenant, si pas dangereux, et commettre un^ grande imprudence. C'est le Confessionnal qui est le lieu, où étant seul à seul avec l'enfant, on doit l'interroger sur cette matière ou s'en expliquer, quand on soupçonne avec raison que c'est nécessaire. Après avoir parcouru les dix commandements de Dieu et ceux de l'Eglise, pour autant qu'ils peuvent regarder les enfants, (quant aux péchés capitaux, la plupart se rattachent à l'un des commandements de Dieu) on apprend aux enfants à connaître quelle est la source de la plupart de leurs défauts, quel est leur défaut principal, quelles sont les tentations et les dangers auxquels ils sont le plus exposés. On ne doit pas permettre aux enfants de se servir de ces examens de conscience que l'on rencontre dans les livres de prières, écrits pour de grandes personnes. 11 vaut mieux de leuren dicter un. S'ils veulent écrire leurs péchés, on peut le leur permettre; seulement ils doivent avoir soin de tenir bien caché ce qu'ils ont écrit, de le déchirer ou brûler de suite après la confession.

Lorsqu'on voudra exciter les enfants à la contrition, point sur lequel on devra le plus insister, il faut qu'on leur mette vivement sous les yeux les motifs de la contrition, qu'on leur montre comment ils peuvent s'exciter à la douleur de leurs péchés en refléchissant à ces motifs, et que l'on fasse un acte de contrition en leur présence; ensuite, si on a lieu de croire les enfants bien disposés, on les fait prier en silence (dans l'église où les motifs de contrition ont été exposés sous forme de sermon) et l'on récite devant eux une prière qui y corresponde. Pour l'explication de ces motifs de contrition, on peut recourir au catéchisme diocésain, ou faire les différentes stations que S. Charles Borromée avait l'habitude de

faire, quand il voulait s'exciter au repentir de ses fautes. Le catéchiste déclarera que le ferme propos de renoncer au péché et de se corriger, est la preuve de la sincérité de la contrition et doit ne faire qu'un avec elle. Un autre point sur lequel on insistera, c'est que les enfants, outre le ferme propos général de plutôt tout perdre que de vouloir commettre encore un péché mortel, outre la résolution bien décidée d'éviter même, selon leurs forces, les fautes moins graves, prennent des résolutions spéciales touchant les points suivants :

1° Pour leurs défauts capitaux : comment ils s'y opposeront et les combattront.

2° Pour la prière : quelles sont les prières qu'ils se proposent de dire tous les jours ; quand et comment ils pratiqueront chaque semaine certaines œuvres de piété ; quelles sont ces œuvres? (Par exemple de bonnes lectures, des visites au S. Sacrement. La plupart des enfants pourraient peut-être, du moins en général, se proposer une espèce de règlement pour chaque jour, ou une règle de vie.)

3° Pour la fréquentation des Sacrements, surtout chez ceux qui vont quitter l'école ou partir à l'étranger. Même ceux qui continueront de fréquenter les classes, peuvent, selon les circonstances, se proposer d'aller à la sainte Table, plus souvent qu'ils n'y sont tenus (1).

De plus, on doit recommander aux enfants, de ne pas vouloir entreprendre trop ou des choses trop difficiles. Mieux vauts'imposer peu et y tenir. Les résolutions qu'ils veulent prendre, ils doivent les communiquer à leur confesseur, lors de la confession générale, et les soumettre à son approbation. Peut-être sera-t-il bon à cette occasion, ou lors de l'instruction sur la persévérance, d'avertir les enfants qu'ils tomberont peut-être de nouveau dans plusieurs fautes, mais que ce

(1) On a déjà conseillé aux enfants de faire, au jour de leur première Communion, le vœu d'aller à la sainte Table, 4 fois par an, pendant toute leur vie. Il me semble, pour ne pas trop dire, qu'en général cela n'est pas à conseiller, puisque pour un bon nombre ce serait un péché, s'ils ne gardaient pas leur vœu. Mieux vaudrait de recevoir, dans le confessional, ce vœu pour un an chez ceux qui le veulent et cela d'après les circonstances. Ce vn'ii pourrait se renouveler chaque année pour celle qui va suivre.

n'est pas une raison pour se décourager, qu'ils doivent plutôt se relever de suite, etc.

Quant à l'accusation ou confession proprement dite, on doit insister sur le point suivant : C'est que les enfants aient soin de s'accuser de leurs péchés dans un certain ordre, d'indiquer, aussi exactement que possible, d'après le témoignage de leur conscience, le nombre et les circonstances des péchés mortels, et même des péchés qui ne sont pas évidemment mortels, parce que, si les enfants ne s'habituent pas à cette franchise et à cette exactitude, ils ne l'auront pas plus tard, mêm<; lorsqu'ils auront à déclarer des fautes très graves. Mais ce qu'il faut spécialement avoir en vue, c'est de dissiper toute crainte, toute fausse honte qui porterait les enfants à cacher leurs péchés. On y parvient, en montrant de quels faux prétextes le démon se sert pour essayer de les tromper ; quelle paix et quelle tranquillité sont la récompense d'une confession sincère; de quelles suites épouvantables est punie bien souvent la confession sacrilège. Qu'on encourage les enfants, en les assurant que le confesseur ressentira la plus grande joie à la vue de leur sincérité, que loin d'avoir pour eux le moindre sentiment de mépris, il n'aura pour eux que de l'estime et de l'affection. S'il y a quelque chose qui leur pèse particulièrement, on les engage à le déclarer tout d'abord, ou à dire du moins : Mon père, j'ai une chose qui me gêne beaucoup. — De même, qu'ils exposent leurs doutes, et s'ils ont quelque forte tentation, ou s'ils sont exposés au danger de pécher, qu'ils formentpourl'avenir, larésolution desefaireconnaître, le plus tôt possible, à leur confesseur. Nécessairement, avant de commencer leur confession générale, les enfants devront déclarer les fautes qu'ils ont commises depuis la dernière confession ; cela s'entend.

Quant à la satisfaction sacramentelle, les enfants doivent s'efforcer, déjà même avant de se confesser, de satisfaire pour leurs péchés, surtout pendant la semaine sainte, par des œuvres de pénitence propres à leur âge, par exemple : par des prières, des visites au saint Sacrement, de légères abstinences dans le boire et le manger (quelquefois en s'abstenant de déjeuner le matin, ou plutôt en ne prenant que la

moitié de leur ordinaire, afin de s'habituer à rester à jeun), par le silence, par des marques d'humilité vis-à-vis du prochain; puis, lorsque c'est possible, en demandant pardon à leurs parents (1) ; quant à la réparation des injustices ou des dommages causés au prochain, si tel est le cas, il faut que ce point ait été réglé dans les confessions précédentes.

Pour entendre les confessions, on prescrira exactement aux enfants une heure fixe, et on ne les fera pas venir en trop grand nombre à la fois. Mettre de la précipitation à expédier ces confessions, ce serait une faute plus déplorable que dans toute autre circonstance. Le jour de la confession, les enfants devraient assister à la sainte Messe, après qu'on leur aurait indiqué les prières à y réciter. Ils doivent, en entrant au confessionnal, garder exactement l'ordre et lerang désignés. Que le confesseur les reçoive alors avec toute la mansuétude et la charité possibles, qu'il les encourage et se garde bien de montrer de l'impatience, de l'ennui, ou d'employer des expressions dures, qui pourraient les effaroucher. Que la pénitence imposée ne soit ni trop longue ni trop forte; qu'elle soit dirigée, d'un côté, contre le défaut capital, et, destinée d'un autre côté à conserver les bons sentiments dans lesquels ils se trouvent. Si on le juge nécessaire, qu'on avertisse aussi les enfants, en général et en particulier, de ne pas avoir peur en se confessant. Si après la dernière confession, ils se rappellent encore quelque chose, sans savoir au juste si c'est un péché grave, ou s'ils l'ont déjà confessé, ils doivent aller tranquillement à la sainte Table.

Quelques jours avant la première Communion, on doit leur expliquer les cérémonies de la communion et les y exercer avec soin. Qu'on leur prescrive quelques règles pour bien se conduire la veille de ce grand jour, dans la rue et à la maison ; qu'on leur indique les pensées dont ils doivent occuper leur esprit, soit en s'endormant le soir, soit en s'éveillant le matin, soit pendant qu'on les habille et qu'ils vont au lieu de réunion. Les enfants qui sont voisins les uns des autres, doi-

H) Parfois il est des cas où cela est impossible, moins à cause des enfants que des parents.

vent se rendre en ordre, deux à deux, au local indiqué ; là, ils seront moins exposés au danger d'entendre des bavardages inutiles. Après cela on les congédie en leur adressant encore quelques paroles du cœur, qui excitent en eux une joie tranquille et de pieux désirs.

Les cérémonies avec lesquelles se fait la première Communion, doivent être conformes aux prescriptions diocésaines, s'il en existe à cet égard; en tout cas, et toujours faut-il qu'elles se fassent avec la plus grande solennité et beaucoup de gravité.

Peu de temps avant que la messe commence, on réunira les enfants dans la salle d'école ou au presbytère, mais en ayant soin de ne pas y laisser pénétrer les curieux et de faire garder le recueillement aux enfants. Là on vient les prendre processionnellement pour les conduire à leurs places dans l'église (1). Celles-ci doivent leur être indiquées d'avance. Que le curé se garde bien de fournir un aliment à la vanité, ou de faire entrer en ligne de compte des considérations humaines, en donnant les premières places aux enfants des familles riches ou notables. « Le mieux, c'est de placer les enfants d'après leur taille, en commençant par les plus petits. Le Veni Creator est chanté avant la Messe. Mais doit-on chanter la Messe ou célébrer une Messe basse? Les pratiques varient sous ce rapport. Certes il serait préférable de chanter la Messe, et cela n'a pas d'inconvénient quand le nombre des communiants est assez restreint, parce que, dans ce cas, il n'y a pas de danger qu'on les retienne trop longtemps à l'église. Mais si, au contraire, leur nombre est fort élevé et

(i\ Si le nombre des enfants n'est pas trop grand et que le chœur de l'église soit assez vaste pour les contenir à l'aise, il vaut mieux les y placer que dans la giande nef. On met les garçons à droite et les filles à gauche, ou bien celles-ci avant ceux-là. Le chœur est préférable à la nef, parce que dans celle-ci les enfants sont exposés à se distraire facilement, ou a être obsédés par les parents et les curieux qui jugent les toilettes, bavardent à leur aise et troublent ainsi la dévotion des enfants. D'ailleurs dans le' chœur on pourra mieux les observer et surveiller leurs mouvements. (Observation du traducteur.)

;îi méthode pour préparer les enfants

que la saison est froide et mauvaise, il vaut mieux, à notre avis, de célébrer une 3Iesse basse, pendant laquelle on pourrait chanter des hymnes et des motets en l'honneur du saint Sacrement. Un peu plus tard, s'il y a une grand' Messe, ils pourraient y venir, et y assister en action de grâces (4). » Si, après l'évangile, le curé fait aux enfants et aux paroissiens, une allocution, elle doit être courte, s'adresser moins à l'esprit qu'au cœur des enfants, afin d'exciter en eux des sentiments pieux, de les enflammer d'amour, et d'éveiller, chez les autres auditeurs, des pensées et des résolutions conformes à la solennité. Faire trois ou quatre instructions, prêcher en cette circonstance de grands sermons, ce serait un abus, cela nuirait à l'attention, et deviendrait un fardeau aussi bien pour les enfants que pour les autres personnes présentes.

Il me semble qu'on ne doit pas permettre aux enfants de chanter pendant la sainte Messe; cela nuirait au recueillement et à la piété. Que les enfants prient en silence, qu'ils laissent parler leur cœur, ou bien qu'ils se servent de leur livre de prières (2). Quant à la récitation des actes avant et après la Communion, on ne doit pas en charger l'un des enfants, parce que cela trouble la piété de celui qui récite, et peut lui donner occasion de s'enorgueillir, tandis que d'autres en seront jaloux. Il vaut mieux, s'il y a plusieurs ecclésiastiques attachés à l'église, que l'un d'eux s'en charge, ou que l'instituteur, s'il est pieux, remplisse cet office.

(1) Observations du traducteur.

(2) Le curé doit avoir soin que Ton procure aux enfants des livres de prières qui conviennent à leur âge. C'est plus important qu'on ne pense. Il y a parfois de ces livres de prières d'un ascétisme trop relevé, d'autres où règne une phraséologie romantique à laquelle les enfants ne comprennent rien.

Peut être serait -il bon de charger une personne de la paroisse, par exemple le clerc, d'avoir un choix de ces livres fait par le curé, et de les vendre aux enfants. A quelques enfants le curé pourrait les donner en récompense déjà avant leur première Communion.

« Pendant la messe de la première Communion, le curé devrait interdire aussi aux maîtres de confrérie, de venir collecter parmi les enfants, pour ne pas les distraire à chaque instant. » (Observation du traducteur.)

« A l'offrande du pain et du vin, il est d'habitude dans quelques paroisses, que les enfants munis d'un cierge blanc, orné de fleurs, se présentent successivement à l'autel pour offrir à Dieu, sous l'emblème de ce flambeau brûlant, leur cœur fervent d'amour, et pour déposer dans un plat une offrande, comme marque de reconnaissance pour celui qui les a instruits. Cette cérémonie, lorsqu'elle se fait lentement, avec ordre et modestie, est imposante, mais parfois aussi elle est accompagnée de grands inconvénients que l'on pourrait éviter.

Ainsi, il y a des églises, où les cierges d'offrande sont placés devant les enfants ; à tout moment ils risquent de les renverser; ils osent à peine se permettre un mouvement, de peur de les briser ou de souiller leurs habits de taches de cire ; puis c'est tout un remue-ménage quand il est question de venir les allumer. On le comprend, c'est là une occasion de distractions continuelles et de préoccupations presque incessantes pour les enfants. Ne pourrait-on pas placer ces cierges le long des murs du chœur, les fixer sur des récipients ou sur des chandeliers, pour les remettre seulement aux enfants, lorsqu'ils quittent leur place et s'avancent vers l'autel? Mais pour arriver à cela, il faudrait avant tout que les cierges eussent une autre forme que celle qu'ils ont bien souvent aujourd'hui ? Il y a des villes et des villages où ils ont acquis un développement ridicule ; pour les manier, il faut une adresse toute spéciale, et pour les porter à l'offrande, il faudrait bien à côté de chaque enfant, un domestique ou une servante qui servissent d'aide. D'un autre côté, ces cierges démesurément gonflés, sont bien souvent une cause de vanité et d'orgueil pour l'enfant riche qui voit ses voisins plus pauvres munis d'un maigre flambeau. On pourrait, me semble-t-il, éviter tous ces inconvénients en déterminant la grosseur des cierges, auxquels on est libre d'ailleurs de donner l'épaisseur qu'on désire. »

« L'après-midi, les enfants doivent de nouveau se trouver aux offices. De suite après le Magnificat des Vêpres solennelles, on rallume les cierges qui ont servi le matin à l'offrande, on les remet aux enfants qui se dirigent processionnellement vers les fonts baptismaux pour y renouveler leurs pro-

Ob MÉTHODE POUR PRÉPARER LES ENFANTS

messes de baptême; la récitation de la formule doit être coniiée à un enfant qui possède une voix claire et qui ne se trouble pas facilement. Des fonts baptismaux, on se rend ensuite au pied de l'autel ou de l'image de la sainte Vierge, devant laquelle une des petites filles récite l'acte de Consécration à Marie, que tous les enfants répètent à haute voix (1). » Puis, pour marquer leur reconnaissance et leur attachement au Dieu eucharistique qui s'est donné à eux, les enfants se font recevoir solennellement dans la Confrérie de l'Adoration perpétuelle. On finit par la bénédiction avec le saint Sacrement et le chant du Te Deum. Après les offices, le curé distribue aux enfants des souvenirs de la première Communion, soit des livres, des images, des chapelets ou des médailles, etc.

Une chose qui révolte, c'est de voir, de quelle manière, les enfants qui ont fait leur première Communion, passent quelquefois leur temps après les offices du soir. 11 y a des endroits où ils s'amusent l'après-midi dans les cabarets, sans surveillance aucune (le mal serait déjà assez grand quand même les parents les y accompagneraient), et là ils vont quelque fois jusqu'à s'enivrer; nous pourrions nommer une grande ville, où l'un de ces malheureux enfants, après avoir roulé avec son père, plus malheureux encore, dans les cafés et tavernes, expira le soir, au milieu des vomissements provoqués par l'ivresse (2). Je me rappelle aussi, que dans certaines communes, les enfants allaient visiter toutes les familles dont un enfant avait communié avec eux, s'y régalaient de gâteaux et de vin, et s'en retournaient le soir à la maison, Dieu sait en quel état! Que le pasteur s'efforce donc, par tous les moyens qui sont en son pouvoir, de s'opposer à ces abus. S'il y a possibilité, qu'il tâche de garder les enfants sous sa surveillance jusqu'au soir, qu'il les amuse dans son jardin ou dans son salon. Ce qu'il y aurait peut-être de mieux à faire et de plus conforme à la sainteté de ce beau jour, ce serait de le finir, en allant avec les enfants en pèlerinage à une église ou à une chapelle voisine ; pendant le chemin on égayerait les enfants par des récits joyeux, des histoires inté-

(1) Observations du traducteur. — (2) Idem.

ressantes; à l'église on ferait quelques prières en commun, on chanterait quelques beaux cantiques qui réjouiraient et édifieraient à la fois cette intéressante jeunesse.

Comme il est plus aisé de produire dans une paroisse, au moyen d'une mission des fruits de salut, que de conserver après la mission ses fruits et ses effets, ainsi il est également plus facile de préparer les enfants à s'approcher dignement de la sainte Table, que de conserver chez eux les fruits de la vie nouvelle que la Communion a produits dans leur âme. Aussi avec la fête de la première Communion, ne se termine pas la sollicitude du pasteur des âmes pour ceux qu'il a préparés à ce grand acte. Non-seulement il doit revenir souvent sur ce grand jour et sur les impressions qu'il a laissées, y rattacher leurs actions, leur rappeler les résolutions qu'ils ont prises alors, etc., mais il doit avoir soin surtout que le premier usage de la sainte Communion, devienne chez eux une pratique qui continue, et que les enfants s'identifient aveclaviechrétienne, avec la vie de l'Église, avec le fréquent usage de la sainte Communion, comme avec une sainte habitude. C'est pourquoi il prendra soin de conduire souvent les enfants, tous ensemble, à la sainte Table, et de les y préparer chaque fois en commun, en ravivant dans leur souvenir et dans leur cœur, les sentiments particuliers qui les animaient au jour de la première Communion, en les aidant à examiner leur conscience sur leur fidélité aux bons propos qu'ils avaient formés en ce jour ; sur la tiédeur qui, peutêtre, s'est déjà glissée dans leur manière de vivre ; et en tâchant de ranimer leur première ferveur. Qu'on fasse tout ce qui est possible, pour réunir en ces circonstances, les enfants qui ont quitté l'école et ceux qui vont travailler, car ceux-ci ont surtout besoin d'être soutenus. Qu'on nourrisse par tous les moyens, la dévotion envers la sainte Eucharistie et la très-sainte-Vierge (1).

(1) J'ai entendu plusieurs curés, hommes d'expérience, exprimer le désir que l'instruction religieuse fût continuée encore pendant deux ou trois semaines après la première Communion des enfants, si toutefois les eir-

Le pasteur doit avoir un œil vigilant sur ceux qui entrent dans un collège, dans un atelier d'apprentissage ou en service. Qu'il tâche de s'entendre auparavant avec les parents, afin que leurs enfants n'entrent pas dans des maisons ou des établissements où leur foi et leurs mœurs courraient des dangers, où ils n'auraient pas la faculté d'assister aux offices religieux et de fréquenter les sacrements. Si son intervention peut servir aux pauvres enfants qu'on envoie à l'étranger, surtout dans les villes, il doit l'employer et ne rien négliger pour les recommander aux ecclésiastiques de l'endroit, etc. Quant aux soins à donner dans le confessionnal aux jeunes gens et à ceux qui sont plus avancés en âge, de même quant à l'attention du confesseur pour découvrir et éloigner les défauts naissants, les dangers qui les menacent, ce n'est pas le lieu d'en parler ici au long.

Que le curé insiste, avec prudence et fermeté, sur la fréquentation du catéchisme de persévérance de la part de ceux qui ont fait leur première Communion, mais de son côté aussi qu'il tâche de rendre cette fréquentation agréable aux enfants, en rendant ses instructions aussi pratiques et aussi attrayantes que possible. Il est également utile et salutaire, de voir quelquefois les enfants en dehors du temps des instructions et des confessions, de les faire venir pour causeravec eux, pour leur prêter quelques livres instructifs, agréables et édifiants. En général tout ce qui assure au prêtre une influence durable sur leur cœur et peut lui gagner leur confiance, est un boulevard contre la séduction, et tout prêtre brûlant de zèle pour le salut des âmes, se servira avec soin de tous ces moyens, pour raffermir ses jeunes ouailles dans le bien, et pour les sanctifier.

constances le permettent (on pourrait alors repasser le traité des vertus et de la perfection chrétiennes). C'est d'autant plus à désirer que parfois, de suite après la première Communion, certains enfants que l'on a complimentés et choyés, deviennent un peu espiègles, retombent facilement dans une ancienne faute, et laissent voir des défauts que l'instruction continuée pourra combattre.

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