La contrition
La contrition est la partie la plus importante et la plus nécessaire, quand il s'agit de recevoir le sacrement de Pénitence. Sans la contrition il n'est jamais possible d'obtenir le pardon des péchés que l'on a commis. Elle ne peut jamais être remplacée par quoi que ce soit. C'est donc à la contrition surtout, que vous devez faire attention. Or qu'est-ce que la Contrition ? La contrition est une douleur de lame et une dêtestation des péchés commis. C'est une douleur ; il faut que vous soyez tristes, affligés d'avoir fait le péché. Mais ce n'est pas une douleur du corps, c'est au contraire une douleur de l'âme ; c'est donc intérieurement dans l'âme, dans le cœur, que vous devez être tristes. Il n'est pas nécessaire précisément que vous sentiez cette douleur, que vous versiez des larmes, comme vous le faites quand votre père ou l'un de vos frères est mort ; mais ce qui est nécessaire (et c'est à cela que vous
Hill MÉTHODE POL« PRÉPARER LES ENFANTS
pouvez reconnaître si vous avez la contrition), ce qui est né- ( essaire, dis-je, c'est que vous détestiez, que vous ayez en horreur le péché, comme une bête féroce ou venimeuse qui se serait accrochée à vos habits ; c'est que vous soyez plus peines d'avoir péché, que de tous les maux de ce monde, plus peines que si on vous avait punis ou injuriés gravement; c'est q je vous soyez fermement résolus à ne plus commettre de péchés (au moins graves).
Vous savez encore que la contrition doit être 1° intérieure. Celui qui se contente de réciter froidement et seulement de bouche, l'un ou l'autre de ces actes de contrition qu'on trouve dans les livres de prières, mais qui dans le fond de son cœur ne hait, ne déteste pas le péché, celui-là n'a pas de contrition. 2° La contrition doit être universelle, c'est-à dire que vous devez vous repentir de toutes vos fautes, au moins de toutes les fautes graves. Celui qui se repent de ses péchés, à l'exception d'un seul péché mortel, pour lequel il conserve de l'affection, de l'attachement, et qu'il ne veut pas quitter, n'a pas de vraie contrition et n'obtient le pardon d'aucun péché. 3° La contrition doit être surnaturelle, c'est à dire que vous devez être tristes d'avoir commis le péché et que vous devez le détester, non par des motifs purement naturels, pour des causes temporelles, par exemple, parce que vous vous êtes couverts de honte, parce que vos parents vous ont punis, parce que ces péchés vous ont causé certains torts.
Ce serait alors une douleur purement naturelle, et celui qui n'aurait que celle-là, n'obtiendrait le pardon d'aucun péché. Non le péché doit vous causer des regrets pour des motifs surnaturels, c'est-à-dire pour des motifs que nous enseigne la Révélation divine et que nous expose la foi, par exemple : parce que nous avons offensé, insulté par nos péchés Dieu notre bon Père, notre Sauveur, parce que nous avons perdu son amitié et le ciel, mérité l'enfer etc.
Mais voici maintenant la question principale, chers enfants; que devez-vous faire pour avoir cette douleur surnaturelle, qui est absolument nécessaire et indispensable à la confession ?
D'abord vous devez prier bien le bon Dieu de vous accorder sa grâce.
Le vrai repentir n'est possible que par la grâce de Dieu; sans elle il vous est aussi peu possible d'avoir la contrition surnaturelle, qu'à quelqu'un devoir, s'il est sans yeux. Oui, la grâce d'un vrai repentir est une des plus grandes grâces (jue Dieu puisse mous accorder. Or celui qui veut obtenir de Dieu une grâce, doit la lui demander en priant. Priez donc de tout votre cœur, priez dès maintenant, chaque jour, pour obtenir cette grâce. Surtout, chers enfants, assistez pieusement à la sainte Messe, comme je vous l'ai déjà dit, et pensez à tout ce que le bon Jésus a souffert pour vos péchés ; car, par la sainte Messe, nous obtenons principalement la grâce du repentir et de la pénitence, pour la rémission des péchés.
Cependant il ne suffit pas de prier pour obtenir la contrition, de même qu'il ne suffit pas au laboureur de prier, pour obtenir une abondante moisson. Non, il faut que le cultivateur fasse de son côté ce qui est nécessaire, et c'est ainsi que vous devez coopérer à la grâce divine, travailler aussi bien que vous le pouvez, pour obtenir une véritable contrition. C'est pourquoi vous devez d'abord réfléchir, penser sérieusement à ce que la Foi nous enseigne touchant la malice et les suites funestes du péché. Car si vous connaissez une bonne fois ce que c'est que le péché et quels sont les châtiments du péché, vous le haïrez et vous le détesterez de luimême.
Je vais vous expliquer rapidement une manière bien facile de vous exciter à la contrition. C'est la manière dont se servait S. Charles Borromée, lorsqu'il voulait aller à confesse. Comme ce saint Évêque, faites quatre stations.
1° D'abord mettez-vous en esprit devant un cercueil, qui a été descendu en terre depuis quelques mois; imaginez-vous qu'on soulève les planches et que vous y voyez un cadavre en putréfaction, dévoré par des millions de vers, et tellement hideux, tellement laid que vous osez à peine le regarder du coin de l'œil. Voilà, chers enfants, ce que devient l'homme, le roi de la terre, la plus noble et la principale créature de ce monde: un amas d'ossements corrompus, la proie des vers. Et
qu'est-ce donc qui l'a réduit à cet état si affreux? C'est la mort. Mais qui a introduit la mort dans le monde? Le péché, rien que le péché. Sans lui, il n'y aurait pas eu de mort; c'est lui, le péché qui a changé le corps si beau de l'homme, en un tas de pourriture hideuse ; c'est le péché qui a fait des anges du ciel, en un seul moment, ce qu'il y a de plus affreux, des démons. Pensez donc, chers enfants, ce que doit être le péché? combien il doit être affreux lui-même, puisqu'il rend horrible et affreux tout ce qu'il touche ! On raconte qu'anciennement un prince féroce et barbare, pour faire souffrir cruellement son ennemi, l'avait fait enchaîner tout vivant à un cadavre. Ah, cher enfants! quelle torture, quel supplice ! devoir traîner jour et nuit avec soi un cadavre hideux et puant! Mais elle est infiniment plus äff eus e qu'un tel cadavre, l'âme en état de péché mortel. Et une âme de ce genre, une âme souillée et couverte de péchés mortels, vous l'avez peut-être portée depuis longtemps au dedans de vous ! Peutêtre qu'elle est encore en cet état! Quel doit être votre état aux yeux de Dieu? N'en frissonnez-vous pas de terreur? et ces péchés si horribles, voudrez-vous encore les commettre? Allons! regardez encore une fois entre les planches de ce cercueil ! Voilà ce que deviendra un jour votre corps luimême, la dégoûtante nourriture des vers. Et c'est à cause de ce misérable corps, c'est pour lui procurer un moment de plaisir, pour l'amuser et satisfaire ses mauvais penchants, que vous avez péché, oublié et négligé votre âme immortelle, que vous l'avez livrée au démon !
2° Montez en esprit jusque dans le ciel! Représentez-vous, chers enfants, tout ce qu'il y a de plus beau, de plus ravissant; un jardin plein de délices, orné des plus magnifiques fleurs, une ville, où les rues, comme l'écrit S. Jean, sont d'or, les portes de perles, les murs de pierres précieuses étincelantes; tout cela en comparaison de la magnificence et de la gloire du ciel, est comme la flamme d'une petite lampe à côté du soleil rayonnant. Puis imaginez-vous qu'un homme ait goûté, dans l'espace d'une heure, toutes les joies, tout le bonheur, que tous les hommes ensemble, à commencer d'Adam, ont ressenti en ce monde; — toutes ces joies,
tout ce bonheur, comparés aux joies et au bonheur du ciel, sont comme une petite goutte d'eau comparée à l'immensité de la mer. Et voyez: toute cette magnificence, toutes ces joies, Dieu les a destinées à chacun d'entre nous, à chaque homme. Il n'est personne si petit, si misérable qu'il soit, que Dieu ne veuille y laisser entrer. Rien ne peut nous priver de ce bonheur, rien que le péché. Un seul péché mortel... et tout est perdu! Ah mon Dieu! que doit-ce donc être que le péché, puisqu'il nous enlève de si grands biens ! Vous le saviez, chers enfants, et malgré cela vous avez péché! Vous avez su que, lorsque vous commettiez un vol, lorsque vous fesiez de vilaines choses contre Ja modestie, vous perdiez le ciel, et cependant vous avez osé pécher. Pour avoir quelques pièces d'argent, pour goûter un sale plaisir, vous avez vendu votre ciel! Lorsque Esaü, tourmenté par la faim, revint à la maison, il vendit, pour un plat de lentilles, son droit d'aînesse et tous les grands avantages qui y étaient attachés. N'est-il pas vrai qu'il avait agi comme un insensé, comme un fou? C'est pourquoi, dit l'Ecriture, « quand il eut reconnu sa folie il pleura en poussant de grands cris. » Hélas ! chers enfants, vous avez agi d'une manière bien plus insensée, car vous avez vendu votre droit à l'héritage céleste, droit qui vaut plus que tous les biens de la terre, vous l'avez vendu pour quelque chose qui, ne vaut pas de loin autant qu'un plat de lentilles, vous l'avez vendu pour un coupable plaisir, dont maintenant vous rougissez de honte. Et si Dieu vous avait laissé mourir, Je ciel aurait été, pour toujours, oui pour toujours, perdu pour vous. Cela ne doit-il pas vous causer des regrets? Et vouiez- vous encore perdre le ciel par tel... et tel péché?
3° Descendez maintenant en esprit dans Yenfer et considérez les tourments horribles qu'y soutirent les damnés. Quand on se brûle seulement le doigt, on ressent une douleur si grande que, pour tout l'or du monde, on ne voudrait plus tenir son doigt dans le feu, ne fut-ce que pendant une heure. Quand on lit que des hommes ont été brûlés vivants, et qu'on réiléchit à ce qu'ils ont dû souffrir, on se prend à
frissonner de tous ses membres, et cependant ces souffrances
ont été courtes. Or les damnés souffrent, dans un feu mille fois plus brûlant, des douleurs bien plus horribles et pendant combien de temps? Judas brûle déjà depuis 1800 ans, sans avoir eu un seul instant de repos ou de soulagement, et après qu'il aura encore souffert 1800, oui 18,000 et 18 millions d'années, il n'aura pas goûté un moment de repos ; jamais ses souffrances ne finiront, — ses douleurs, ses tourments dureront toujours — éternellement ! Oh ! que cette pensée est épouvantable ! Elle serait en état, si quelqu'un y pensait longtemps, de le jeter dans le désespoir. Et maintenant, chers enfants, demandez à un damné, qui l'a précipité au milieu de ces affreux tourments? — C'est Dieu. Comment? Dieu qui est si bon, si miséricordieux? Oui, Dieu lui-même. Et pourquoi? à cause du péché ; peut-être à cause d'un seul péché mortel. Ah, chers amis! que le péché doit donc être quelque chose d'horrible, puisque nous ne pouvons comprendre comment Dieu, ce père aimant et si clément, impose un châtiment aussi redoutable au pécheur! Et vous, chers enfants, n'avez-vous pas des motifs de craindre que vous n'ayez commis aussi de tels péchés? Pensez-y! Si vous étiez venus à mourir, vous aussi vous auriez été plongés dans cet étang de feu, — perdus, damnés — pour toute l'éternité! Ne frémissez-vous pas à cette pensée? N'avez-vous pas la moindre horreur pour le péché qui peut vous faire éprouver un sort aussi lamentable? Et voudriez-vous encore commettre un seul de ces péchés ? Non, jamais ! 11 en est temps encore ; Oh ! promettez-le fermement; plutôt mourir que de commettre désormais un seul péché mortel.
4° Venez en esprit sur le Calvaire et contemplez Jésus- Christ sur la croix. II souffre des douleurs si terribles que s'il eût été votre plus grand ennemi, vous en auriez eu compassion. Considérez-le de la tête jusqu'aux pieds ; — pas un membre de son corps qui ne soit torturé et brisé de coups ; pas une place dans toute sa personne qui soit intacte ! partout ce sont des lambeaux de chair, du sang mêlé de boue et de crachats ! sa tête est percée d'épines pointues , sa bouche est dévorée d'une soif brûlante; ses mains et ses pieds sont troués par des clous, et son âme est en même
temps plongée dans la désolation et dans les affreuses angoisses de la mort. Un ver, quand on l'a foulé aux pieds, peut encore se mouvoir et se tortiller, mais Jésus ne peut plus faire le moindre mouvement sur la croix. Et quel est donc celui qui est maltraité aussi horriblement? Est-ce un malfaiteur, un brigand? Et quand même ce serait le plus criminel des malfaiteurs, encore devriez-vous avoir compassion de lui. Mais non! C'est celui qui est le plus pur, le plus innocent, le plus saint de tout ce qui existe, c'est le Fils du Dieu tout-puissant. Il était assis dans les hauteurs des cieux, sur le trône de sa puissance, et maintenant il soupire, il se lamente dans les affreuses souffrances de la mort, noyé en quelque sorte dans un enfer de douleurs. Et qui donc l'a traité ainsi? Ce sont les juifs. Qu'ils soient maudits! Maudit soit le traître qui l'a livré à la mort! Arrêtez, chers enfants ! Vous avez tort. Ce ne sont pas proprement les juifs, ni Judas qui ont été la cause de sa mort, car il n'auraient pu lui faire le moindre mal, s'il l'avait voulu. Non, c'est le péché et le péché seul qui a été cause de sa mort. Car c'est à cause de nos péchés, que Dieu l'a frappé, qu'il a laissé couler la dernière goutte de sang sur Ja croix; c'est pour expier nos péchés, pour nous arracher à l'enfer, que, dans son amour sacré et divin, il a sacrifié sa vie. Et vous le saviez, mes amis, vous saviez que le péché cause à votre divin Sauveur de si cruelles souffrances, que par vos immodesties vous le frappez de verges, que par de mauvaises pensées vous le couronnez d'épines , que par des jurements vous le chargez de la croix etc., et malgré cela vous avez fait ces péchés. Le Sauveur cependant vous priait, vous conjurait si vivement par la voix de votre conscience, de ne pas lui faire subir ce cruel traitement, et néanmoins vous l'avez fait. Ah! chers enfants! Hegardez-le, comme il est là attaché à la croix. Il vous regarde avec des yeux pleins de larmes et noyés dans le sang, il vous|demande avec des reproches remplis de tristesse et d'une^inexprimable douleur : « Pourquoi m'avez-vous traité ainsi? Je vous ai aimé d'un amour si dévoué et si ardent, j'ai tant lait pour vous, et comment m'en avez-vous remercié? » — J'ai connu autrefois des enfants qui, après avoir entendu
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pour la première fois, comment les juifs maltraitèrent le bon Jesus, avaient voulu mutiler et briser les figures des juifs représentés dans le Chemin de la Croix, et cela par Maine et par colère contre les bourreaux de l'aimable Sauveur. Ces enfants n'en savaient pas mieux; mais vous! vous savez qui a fait souffrir Jésus-Christ : le grand bourreau de Jésus, c'est le péché. Jurez donc haine au péché ; détestez-le du fond de vos entrailles. Aujourd'hui encore, à genoux, à genoux devant la croix! et suppliez votre divin Sauveur d'avoir pitié de vous; maudissez vos péchés et promettez-lui de ne plus l'offenser, dites-lui:« 0 Jésus! Non jamais, plus jamais je ne veux vous causer ces souffrances ! Je suis triste, de tout mon cœur de vous avoir maltraité ainsi, de vous avoir causé de tels tourments ; je préfère me laisser clouer moi-même sur la croix, plutôt que d'affliger encore une seule fois sciemment et volontairement votre cœur par un péché mortel (i).»
Et maintenant, chers enfants, je voudrais encore attirer votre attention sur un point, à savoir sur l'acte de contrition parfaite. Celle-ci est surtout de la plus grande importance. En effet, quand on a commis un péché mortel et qu'on n'est plus en état de se confesser, on peut en obtenir le pardon, même sans se confesser, par la contrition parfaite avec le désir et la sérieuse résolution d'aller à confesse le plus tôt possible (2).
Or quand avez-vous une contrition parfaite? Je vous le dirai
(1 On raconte qu'un vieux campagnard avait résolu d'aller voir son fils en garnison dans une ville. Il y arriva fort tard dans la soirée, et apprit que son ûls était en faction près d'un magasin à poudre. Aussitôt il se dirigea de ce côté pour aller l'embrasser. Le fils qui ne savait pas que c'était son père qui s'approchait, cria : Qui vive? et demanda le mot de passe. Le vieillard qui ne connaissait pas ce mot, et désirait surprendre son fils, continua d'avancer, sans soupçonner la moindre chose. Le soldat tira et tua raide le vieillard. Lorsqu'on accourut et que le fils découvrit à la lueur des lanternes qu'il avait donné la mort à son père, il devint fou de douleur et perdit la raison. — Nous aussi dans un aveugle oubli de Dieu, nous avons tué le meillenr des pères, nous l'avons cloué à la croix. Que devrions nous donc ressentir, si nous le voyions suspendu à la croix et si nous reconnaissions le crime que nous avons commis?
:> Il y a quelques années, je fus appelé pour administrer un homme qui avait ele frappé d'un coup de sang. Quand j'arrivai il était déjà mort. Son
en quelques mots: c'est lorsque vous vous repentez de vos fautes pour Dieu, c'est-à-dire parce que vous êtes tristes d'avoir offensé Dieu, le souverain bien, d'avoir peiné Dieu qui. est infiniment grand, glorieux, saint, aimable et bon, Dieu votre meilleur père, votre plus grand bienfaiteur, votre généreux Sauveur, que vous aimez par-dessus tout; conséquemment lorsque votre douleur provient d'un amour parfait de Dieu.
Si au contraire vous vous repentez de vos péchés, parce que par là vous vous êtes fait beaucoup de tort à vous-même, parce que vous avez perdu l'innocence, la grâce de Dieu, le ciel, mérité l'enfer, etc., par conséquent quand vous les détestez surtout par crainte, parce que vous craignez la perte de l'amitié de Dieu, l'enfer, en ce cas, votre contrition est imparfaite. C'est ainsi que la contrition de l'enfant prodigue était d'abord imparfaite, — il regrettait d'avoir offensé son père, parce que par là il était tombé dans le malheur; plus tard il eut,. il est vrai; la contrition parfaite, il était triste en effet d'avoir causé tant de peines à un père si bon et si digne d'être aimé. C'est ainsi que saint Pierre eut une contrition parfaite, car il était affligé d'avoir offensé son cher et bon maître qu'il aimait tant.
Or, que devez-vous faire, chers enfants, pour avoir une contrition parfaite?
D'abord, tâchez d'aimer toujours Dieu avant tout, parce que la contrition parfaite vient de l'amour de Dieu. C'est pourquoi chaque matin, faites un acte de foi, d'espérance et
fils qui venait de taire sa première communion, me raconta plus tard que, pendant que les autres étaient à se lamenter autour du lit, il avait pris promptement un crucifix sur la cheminée, l'avait tenu devant son père qui se mourait, en l'exhortant à s'exciter à la contrition parfaite avec le désir de se confesser et de recevoir le saint Viatique, et en récitant l'acte de cou trition tel qu'il l'avait appris au catéchisme. Cet événement devint pour moi une nouvelle preuve qui montrait combien il est important de rendre les enfants attentils sur ce point. (Dans les paroisses où il y a des houillères, des carrières, etc., où à chaque instant, il arrive des accidents terribles, où le ministère du confesseur devient souvent inutile, parce que d'ordinaire il arrive trop tard, il faut que le catéchiste revienne souvent sur ce point et le grave dans la mémoire des enfants et des ouvriers )
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de charité. Lorsque vous recevez quelque chose qui vous fait plaisir, pensez combien Dieu est infiniment bon, lui qui vous accorde tant d'excellentes choses. Pensez souvent à la Passion de Jésus-Christ et à l'amour qu'il vous a porté. Alors vous ne tomberez pas facilement dans le péché mortel. Et si vous aviez le malheur d'y tomber, vous vous en repentiriez bientôt. Pensez de suite à ses bienfaits...., à l'amour de Jésus, à sa croix, à ses douleurs, et à l'ingratitude que vous lui témoignez, à sa colère que vous excitez, à la peine que vous lui causez, et proposez-vous de ne plus le faire, de vous confesser le plus tôt que vous pourrez.
Et quand devez vous faire un tel acte de contrition parfaite? Chaque fois que vous êtes tombés dans un péché mortel. C'est effrayant de voir avec quelle insouciance les hommes continuent parfois de vivre dans le péché. Ils ne sont jamais sûrs de leur vie; à chaque instant la mort peut les renverser; ils savent que, s'ils meurent dans le péché mortel, ils sont damnés pour toute l'éternité! Et néanmoins ils viventdes jours, des semaines, des mois, desannées entières dans leurs péchés mortels, comme s'ils avaient une lettre d'assurance contre la mort. Ah! chers enfants! n'imitez pas cette effrayante et pernicieuse folie, mais au contraire, dès que vous avez eu le malheur de tomber dans un péché mortel, excitez-vous de suite à la contrition parfaite. — Faites la même chose, si jamais vous vous trouvez en danger de mort, dans les houillères, sous une charrette, dans l'eau, etc., afin que, si vous aviez un grand péché sur la conscience, Dieu daigne vous le pardonner. Mais comme vous ne savez pas quand vous mourrez, et que vous êtes toujours en danger de mourir, habituez-vous, à vous exciter chaque soir, après votre examen de conscience, à la contrition parfaite.